La maison des "Demeure"

Devant le palier occupé par les Verdu. On y reconnaît : Émile Verdu, père Bertin, mon père Damélé, Ritou (toujours sympa avec sa cousine), Christian Bertin et moi-même.

Régine

Bonsoir Robert,

J'ai cru comprendre que tes parents avaient été les locataires qui avaient pris la suite de l'appartement occupé précédemment par mon oncle et ma tante, les VERDU. J'y ai moi-même passé toutes les années de guerre lorsque maman et ma tante avaient leur homme au front. C'est dire que je connais parfaitement les lieux , je ne sais si les BERTIN étaient encore vos voisins ? Point de boulodrome à cette époque, il n'y avait que le ravin au-dessous de nous et l'accès à toutes les criques, c'est en fouillant dans les archives de maman que j'ai eu l'heureuse surprise de trouver les deux photos jointes . Que de souvenirs en voyant maman et mon frère devant notre "pergola " !! Ce n'était pas grand mais que de fêtes y avons-nous organisé !
En espérant que ce petit brin de nostalgie te fera trouver le ciel un peu plus bleu ....
Amitié

Régine

Boujour Régine,

Merci pour tes photos incroyables !! Je pensais être seul à connaître la Maison Demeure, et là je vais de surprise en surprise.
Mais je savais que les Verdu avaient habités ici.
Eh bien oui, c' est là que je suis né. Dans la chambre du fond exactement.
Les Bertin étaient toujours nos voisins jusqu'en 1962. Là où je suis étonné, c'est que tu dis que le boulodrome n'y était pas. Si c'était un ravin en bas du parapet de chez moi, y avait-il tout de même les escaliers qui venaient de la nationale ? Quand le ravin a-t-il été recouvert pour faire place au tunnel des égouts ?
Dans ta pergola que j'appelle véranda, nous y avons fait, nous aussi, de nombreuses fêtes qui restent parmi mes meilleurs souvenirs. Te rappeles-tu la vue que nous avions sur le Grand Rocher ? Splendide.

Robert

Bonjour Robert,

Je suis ravie d'avoir réussi à réveiller autant de souvenirs dans ta mémoire et aussi, et surtout, de t'avoir donné un peu de plaisir avec la découverte de mes photos.
Dans cette fameuse chambre du fond mon cousin Jean Marc VERDU y est né lui aussi. Le "pôvre", c'était un prématuré, et je me vois encore penchée sur son berceau, les yeux écarquillés d'effroi à la vue des doigts de sa main qui étaient plus minces que les dents d'une fourchette !!! Et je n'exagère pas. Mais ce qui est incroyable c'est que, plus tard, il a été le plus résistant de nous tous et un pécheur de fusil harpon hors normes !! C'est certainement dû à ces affreux biberons vitaminés que nous allions cherchés pour lui tous les deux jours à l'Institut Pasteur à Alger. Comme quoi .....
Pour répondre à ta question je te précise que nous avons quitté la maison des DEMEURE alors qu'il n'y avait pas encore ni boulodrome, ni escalier descendant de la R.N. Je me souviens encore qu'au-dessus du ravin, prés de la nationale, il y avait un mur de roseaux qui nous protégeait des regards indiscrets de la rue. Par temps de pluie j'y allais ramasser les petits escargots que nous mettions à dégorger dans un panier à salade. Cela devait se situer aux environs de l'année I947 ? Juste un ravin au-dessous que nous franchissions parfois et qui nous servait de raccourci pour aller chez mon autre tante LASSUS. Pendant la guerre , sur sa pente, nous y avions planté des pieds de tomates que nous récoltions et faisions séchées au soleil. Ma grand-mère, qui habitait avec nous, les mettait ensuite dans des bouteilles de verre pour notre consommation d'hiver. C'est fou comme les souvenirs reviennent.
Effectivement sur le palier au-dessus de l'appartement se situait la cave de nos proprios. Pendant la guerre elle nous a servi un temps d'abri. Si les DEMEURE descendaient à la cave en cas d'alerte, nous par contre nous " y montions" !! Fallait-il être naïf pour croire à l'efficacité de cet abri, le seul avantage étant qu'une des parois était constituée par le flanc de la colline.
Pour la petite histoire, avant d'occuper le même appartement que vous, nous avons d'abord été les voisins des BERTIN sur le même niveau qu'eux. Ensuite les Demeure ayant fait aménager le dernier palier, nous avons donc déménagé pour profiter de la terrasse et de son dégagement. C'est vrai qu'au-dessus nous n'avions qu'un petit balcon et les chambres étaient sombres.
Que de choses encore à raconter, mais j'en laisse encore pour plus tard, ne serait-ce que pour entretenir les liens.
Amitiés

Régine

 

Photos collection Régine Guicherd

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