Les sauterelles et le petit fennec
Par un beau matin de printemps, lair était déjà
tiède, et pourtant le ciel bleu de Bains Romains avait disparu,
caché par un long manteau jaune en mouvement ; de tous côtés
de grandes vagues jaunes ondulaient dans le ciel. Pour la première
fois de ma vie jassistai à une invasion de sauterelles,
de grosses sauterelles (
jaunes
vous lavez deviné).
Cette variété migratrice forme dimportantes colonies
et, pour peu que le vent leur soit favorable, tous ces insectes senvolent
et peuvent parcourir de très longues distances, et parfois même
franchir des mers.
La Sicile fut victime de cette espèce que les Italiens baptisèrent
" la sauterelle algérienne ".
Larmada passa au-dessus du village et tous ces insectes allèrent
sabattre, tels des kamikazes, sur les campagnes et les coteaux
de toute la région où, cultures, céréales,
fruits et feuilles, tout allait être dévoré, en
un temps record !
A cette époque là, javais en pension pour quelques
jours, un mignon petit fennec qui, lui, allait être
à
la noce !
Attaché sur le balcon par une longue corde, il sautait dans tous
les sens, se saisissant avec habilité, et parfois à la
volée, des nombreuses imprudentes qui passaient à sa portée
ou atterrissaient sur le balcon ; il maintenait la sauterelle de ses
2 pattes avant et croquait dedans avec délectation, recrachant
par ci, par là, quelques ailes translucides. Il me regardait
de ses gros yeux ronds littéralement chavirés de bonheur
et il nen perdait pas une miette, le gourmand !
Avait-il déjà eu une telle abondance de chair fraîche
dans son désert ?
En tous cas, je pense quil se souviendra de son week-end aux Belombras,
le petit fennec.
Hélène
Hélène Penain
Je voudrais dire à Hélène Soubielle
qu'il n'y avait pas que son fennec pour se régaler des sauterelles
d'AFN, dont le noms est d'ailleurs criquets. J'ai vu des chats s'en
pourlécher les moustaches, des chiens loups également
leur faisaient une chasse incessante. Mais surtout des humains m'ont
affirmé sans rire les avoir mangées, frites ou grillées
au barbecue, et que cela avait le même goût que les crevettes.
Dans mon imaginaire d'enfant j'en avais eu à l'époque
le cur soulevé, mais j'avoue qu'aujourd'hui j'aurais bien
tenté l'expérience
mais voilà, il n'y a plus
de criquets le Sahara ne nous envoie plus sur la Côte d'Azur que
des pluies boueuses, la dernière en date tout particulièrement.
Nostalgériquement vôtre.
Gérard Stagliano.
Les sauterelles et le petit fennec
Un CEM à Baïnem envahi par d'énormes
sauterelles
Les Bestioles de mon pays
Le Macareux
Panorama : UN CEM A BAINEM ENVAHI PAR D'ENORMES SAUTERELLES
Le criquet pèlerin arrive à Alger ?
Les premières vagues de criquets pèlerins ont-elles déjà
gagné Alger ? Tout porte à le croire. Très récemment,
un essaim de sauterelles dune taille impressionnante a semé
la panique parmi les élèves dun CEM implanté
à la lisière de la forêt de Baïnem. Lincursion
des criquets dans cette zone dhabitation a coïncidé
avec la sortie des écoliers aux environs de midi. Lalerte
était générale.
Amir G. Alger (Le Soir) - Alors que les efforts sont déployés
du côté de la wilaya de Béchar, dans la région
sud-ouest du pays, afin de circonscrire lavancée du criquet
pélerin, une "peuplade" de cette race dacridiens
avait déjà élu domicile dans les bois de la forêt
de Baïnem, à Alger. Samedi dernier, les écoliers
du CEM Moubarek-El- Mili, implanté a lentrée de
la forêt de Baïnem, ont vécu une mésaventure
digne des scénarios à la Hitchcock. En effet, à
leur sortie de lécole à midi, ils ont été
surpris par un nuage de criquets. Des enfants relatent que la panique
était générale. Les sauterelles dun gabarit
effrayant voltigeaient dans tous les sens, rasant les têtes des
écoliers. Une petite fille denviron 13 ans raconte pour
sa part, quelle était prise dans une nuée de sauterelles
de couleur kaki : "Lon courait dans tous les sens. Ils étaient
partout, ils nous frôlaient le visage." Pris de panique,
les enfants couraient dans tous les sens. Constatant que les criquets
provenaient essentiellement du côté de la forêt,
les bambins sont instinctivement allés trouver refuge du côté
des immeubles dhabitation. Fort heureusement, lincident
ne sest pas reproduit. Le nuage de sauterelles avait disparu au
courant de laprès-midi. Mais il semble que cette concentration
de criquets est allée fourrager dans les profondeurs des bois
de la forêt en question et les champs de culture voisins. Quelques
sauterelles égarées sont néanmoins visibles près
des zones dhabitation. Selon des témoignages recoupés
de citoyens, des essaims de sauterelles volaient dans le ciel. Il est
cependant à se demander si le phénomène constaté
près de lécole El- Mili à Baïnem ne
préfigure pas une arrivée en masse de criquets pèlerins
à Alger où sil sagit dun simple fait
isolé. Les équipes de lInstitut national de la protection
des végétaux, qui séchinent actuellement
dans la wilaya dAdrar, devraient peut-être inspecter du
côté de la forêt de Baïnem pour en savoir plus
sur la question. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.
A. G.
Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2004/02/25/article.php?sid=6487&cid=8
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Un CEM à Baïnem envahi par d'énormes
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1. Le Scorpion : Un soir dinstruction, à lÉcole
dOfficiers de Réserve de Cherchell, où nous soufflions
entre deux exercices en pleine nature, je métais allongé
à même le sol pour prendre quelques minutes dun repos
bien mérité, quand je fus interpellé par lun
de mes compagnons métropolitains : " Stag, fais attention
cest infesté de scorpions dans ce pays ! ". Et moi,
goguenard et interloqué de lui répliquer : " Tu rigoles,
moi jhabite ce pays depuis 24 ans et je nai jamais vu un
scorpion, il faut aller plus au sud pour en voir. " Et moqueur
dajouter : " Cest comme si je soulevais cette pierre
et que jen trouve un, selon toi ? " Je soulève la
pierre et me trouve nez à nez avec non pas un, mais deux scorpions
alanguis sous la chaleur de ladite pierre chauffée à blanc
durant la journée.
Javais lair fin, ce jour-là. Mais pas découragé
pour un sou, je me mets immédiatement en mesure de vérifier
si la légende du suicide de cette petite bestiole est avérée.
Je fais donc un cercle de pailles sèches, jy place lun
des deux scorpions au centre et à laide dun briquet
je mets le feu à la paille. Eh bien, vous me croirez si vous
voulez, le scorpion sest bel et bien suicidé sous mes yeux
ébahis. Mais pas folle la guêpe, il a dabord fait
plusieurs fois le tour de lintérieur du cercle pour voir
sil ny avait pas une issue, avant de se résoudre
dun coup de sa pointe venimeuse située au bout de
sa queue - à se piquer derrière la tête et
de se raidir instantanément.
2. Le Caméléon : Autre anecdote darmée,
cest encore une bestiole que je navais jamais vue "
in live " durant les 24 années initiales de ma vie dans
ce pays béni que lon appelait lAlgérie. Cette
fois, jai quitté Cherchell et son école et je rejoins
par le train mon corps daffectation, que jai choisi au sortir
de la Promotion Koufra, cest-à-dire le 8° Bataillon
de Zouaves, dont le P.C était situé au Telagh, charmante
bourgade, à 50 km au sud de Sidi Bel Abbès. Laquelle a
vu naître, une célébrité nationale du nom
dAlain Mimoun. Je suis donc dans un tortillard, en pleine chaleur
et esseulé dans un compartiment, entre Saint Denis du Sig et
Sidi Bel Abbès, un tortillard qui sarrête dans toutes
les gares, aussi désertes que surchauffées. Je tiens la
fenêtre grand ouverte pour avoir un peu dair mais à
larrêt, bernique. Jentends des éclats de voix
qui émanent du compartiment voisin. Ce sont des acteurs de la
Tournée Karsenty qui vont jouer une pièce le soir même,
à Bel-Abbès, et sont tous à la fenêtre et
sextasient, il y a là, entre autres, Pierre Mondy et son
épouse de lépoque, Pascale Roberts, que jidentifie
formellement.
Je regarde où portent leurs regards et japerçois
sur une branche dun arbre, dépourvu de la moindre feuille,
un caméléon aussi délavé que la branche
dudit arbre, aussi blanchâtre quelle, qui roule ses yeux
dans tous les sens en économisant le moindre geste sous la canicule.
Cest encore pour moi une première, je navais jamais
aperçu cette drôle de bestiole dans ce pays dont javais
pourtant pas mal inspecté la nature avoisinante du logis et dailleurs.
Et comme pour les scorpions à Cherchell, du côté
de Bel Abbès, il y avait des tas de caméléons.
Ma nature quelque peu torturée mincita, par la suite, à
vérifier si la légende quon lui prête de prendre
la couleur du milieu ambiant est avérée. Un soir que lon
en avait chopé un au poste, où jétais maître
après Dieu sur un territoire aussi vaste que les Alpes-Maritimes
tout entières, jai placé la bestiole sur une toile
cirée, voir
photo, quadrillée de vert, de rouge, de jaune etc. Eh bien,
cette fois, je nai rien vérifié du tout, ledit caméléon
est resté imperturbable, gardant le chatoiement de ses couleurs
initiales sans la moindre émotion.
Gérard STAGLIANO
Les sauterelles et le petit fennec
Un CEM à Baïnem envahi par d'énormes
sauterelles
Les Bestioles de mon pays
Le Macareux
Le Macareux

Photo collection Gérard Stagliano.
Crédit photographique Pierre Brousseau
Un jour où nous traînions sur le boulevard Pitolet, ce
nétait plus tout à fait lhiver, ni dailleurs
tout à fait lété, avec Kinoche, de son nom
Henri Nivière, nous apercevons du côté de la plage
de lIndépendance, un drôle doiseau marin que
nous navions jamais vu dans les parages.
Un oiseau qui ne volait dailleurs pas. Mais qui disparaissait
sous leau sur plus de 40 mètres, sans doute à la
recherche dune pitance quelconque. Notre curiosité naturelle
nous pousse donc à le suivre non seulement du regard, mais à
le suivre tout court. En attendant, à chacune de ses immersions
quil réapparaisse quelque part, généralement
assez loin du lieu de sa disparition sous leau. On avait seulement
remarqué quil avait un bec assez fort et écrasé
verticalement avec une large tache orange, dune couleur orange,
dailleurs assez prononcée
Il nous fallut faire un long, très long chemin, en descendant
parfois sur les rochers des plages, nous appelions ainsi les endroits
de baignades, même sil ny avait pas le moindre grain
de sable. Nous nous retrouvons bientôt aux Deux-Moulins, à
1 km de notre lieu de départ et loiseau en question de
filer toujours plus à louest. Or les Deux-Moulins constituent
un petit cap, une pointe en mer. Nous risquions donc de perdre de vue
lobjet de toutes nos attentions.
Néanmoins, nous passons ledit cap, vaille que vaille pour nous
retrouver bientôt à la plage Lebhar, la plus célèbre
des plages deux-moulinoises, celle-ci avec du sable. Et à notre
grande surprise nous constatons que loiseau, sans doute éprouvé
par ses prouesses sous-marines, sur plus dun kilomètre,
décida de faire une pause et de monter dun pas clownesque
sur le sable de la plage.
Nous descendons le grand escalier qui menait à la plage et avec
des ruses de Sioux, nous entreprenons une manuvre de contournement
et nous nous saisissons enfin de la bestiole, je crois que cest
Kinoche qui eut ce privilège avec une petite mais cruelle morsure
à la clé. Cette curieuse prise, fit lobjet de multiples
clichés dont je ne retrouve pas la moindre trace aujourdhui,
hélas.
Pour le paternel, il nétait bien évidemment pas
question de garder ce genre danimal à la maison. Sa consigne
était que tout animal franchissant le pas de la porte de lappartement
devait pouvoir ensuite passer à la casserole, comme loiseau
en question ne répondait pas à ce critère, on décida
de lamener au Jardin dEssais pour apprendre qil sagissait
dun Macareux, un oiseau des mers du Nord dautant plus rare
en Méditerranée que nous pensions quil ne volait
pas. Or le Macareux vole bel et bien, même si celui-ci nen
avait manifesté ni lenvie, ni le besoin. Le zoo du jardin
dEssais décida de garder la bestiole aux fins dexposition
et nous nous en séparâmes un peu la mort dans lâme.
Vous en avez vu beaucoup vous des macareux dans notre chère Mare
Nostrum, notre mer nourricière ?
Gérard STAGLIANO
Les sauterelles et le petit fennec
Un CEM à Baïnem envahi par d'énormes
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Le Macareux