MÉMOIRES DE BAINS ROMAINS

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Construction d'un lexique qui ne demande qu'à être alimenté.

Nous avons des mots, des expressions, des noms, des qualificatifs qui sonnent comme des cloches de cathédrale, qui nous ensoleillent le mental ou qui nous parfument le cœur.
Pourquoi laisser passer ça !!!

Chounet

Ouvrages consultés et bien souvent copiés, quand les choses sont bien dites nous n'avons pas besoin de les réinventer.

La Parodie du Cid, Editions Baconnier.

Le Pataouète, Editions Jacques Gandini.

L'arrière Goal, Editions Les Images Prises aux Mots.

J'ai été fellagha, officier français et déserteur, Editions du Seuil.

Le Roro, dictionnaire pataouète, Editions Denoël.

Dictionnaire du français d'Algérie, Editions Bonneton.

http://tournantsrovigo.free.fr/nos%20expressions.htm

http://perso.wanadoo.fr/bernard.venis/mon_algerie/humour/pages_liees/pataouete_pn95.htm

http://afaulxbriole.free.fr/mon_dictionnaire.htm

http://membres.lycos.fr/entre2rives/page%20parler%20piedsnoirs.htm

http://perso.wanadoo.fr/saida/reperes01/mots.htm

http://bahdja.com/aintik/dictionaire.html

Ne craignez surtout pas d'enrichir ce lexique !!

 

"Jamais un Pied-Noir n'a pu parler les mains attachées derrière le dos" (G. Kopp, 1979), citation extraite du livre de Jeanne Duclos : Dictionnaire du français d'Algérie.

J’ai fouillé dans ma mémoire le maximum d’expressions que nous n’employons plus et qui, pourtant, faisaient partie de notre folklore quotidien. Parfois, lors d’une rencontre entre nous, l’accent s’installe, les mains s’agitent, et ces mots imagés entrent en scène. C’est le partage des jours d’insouciance. Et si, en cadeau, Roro, entonne une chanson reprise par sa bande et que Jean-Yves nous parle de la paella de chez Taboni, là c’est le délire assuré ! S’ils pouvaient tous deux répondre à mon invitation et les transmettre à la postérité, " Dieu les bénisse !"

Michèle Pastor-Mari

EXPRESSIONS

- Un couple se marie. Sept mois plus tard naît leur enfant : on disait " Ils ont fait Pâques avant les Rameaux "

- Une coiffure négligée qui laisse apparaître la raie mal dessinée " t’cha vu ta raie ! on dirait le tournant Rovigo " - virage prononcé du boulevard Rovigo à Alger -

- " Tu sors avec les épaules torse-nu ? " interrogation d’un parent qui s’inquiète des méfaits du soleil.

- Qualifiant une personne un peu sotte " Elle est un peu jobasse ! " (jobard, jobarde)

- Une expression employée par les hommes, et pour cause ! il s’agit du derrière imposant du sexe opposé " Elle a le derrière comme une malle arabe ! Quel tafanar "

- Après une vexation soudaine ou un acte regretté " La honte elle me monte à la figure ! "

- D’un locuteur prolixe on disait " il m’a fait la tête comme une pastèque ! Quel tachtcharone "

- Il arrivait fréquemment en regardant un feu d’artifice d’entendre des " oh ! la belle bleue… " et puis quelquefois " Celui-là, il a fait Tchouffa ! " (Echec)

- Exprimant une colère, une rage " Il m’a fait attraper une rabia "

- " Elle est maigre comme un stockafisch " déformation du mot stockfisch qui signifie morue séchée, ou par extension tout autre poisson séché

- " Patin-couffin " employé pour etc

- " Quel bovo !" se disait d’un benêt. Origine peut-être espagnole ou italienne, voulant peut-être signifier bovin. S’emploie aussi au féminin

- " Il se tenait une bufa " Une ivresse excessive (mot espagnol).

- " Je vais t’en donner une, que le mur y va t’en donner une autre " (une gifle, une castagne, une baffe, une calbotte) là, on était très fâché

- "Tu prends toute la Place du Gouvernement ! " s’adressant à une personne encombrante. (Grande Place d’Alger)

Michèle Pastor-Mari

Lorsque j'étais gamin et que je faisais le "difficile" à table, ma mère avait coutume de me dire :
- Si tu n'es pas content, va manger chez Madame KHALEL "Au couscous familial".
Je ne sais plus si c'était une expression de son cru ou une formule courante là-bas.
A vérifier

Jean Trimoulinard

QUELQUES EXPRESSIONS PIED-NOIRES, je ne résiste pas au plaisir de les faire partager.
Jacqueline Ayache

De la langue de chez nous il nous reste des mots qui habillent
d'Algérie chacun de nos propos. Héritage volontaire d'un peuple dispersé, par un vent de l'histoire aujourd'hui oublié.
Extrait de "Images et poésies d'ALGER LA BLANCHE" Auteur : Hubert
Zakine

Quand tu donnes un coup de poing, tu décroches une BOTCHA
Sur le nez d'une GAMATE, tu lui fais une GOFFA
Si tu rates ton coup, tu préfères dire TCHOUFFA
C'est que certains BADJEDJ n'aiment pas le TCHEKLALA
Tu traites les imbéciles de R'MZARS et de BABAOS
Et pardonnes à ton fils si jamais il tape CAO
Devant une MOUNA tu deviens un MORFAL
Comme au temps YARASLAH sur ta terre natale
Quand tu te GOULAFRAIS la KEMIA au comptoir
Des TRAMOUSES salées à la SEPIA AU NOIR
En vacances pour pêcher, tu prépares le BROUMITCHE
Et tu pointes la pétanque en pointant le BOULITCHE
Dans la mer un peu froide, tu tapes une PANCHA
Il est loin ton pays et sa grosse S'RANAH
Aujourd'hui revêtu d'un costume SOUA SOUA
Au milieu de MERHATES qui jouent les ZARBALA
Tu repenses à l'époque où tu étais OUALIONE
Lorsque tous les copains t'appelaient PAÏGONE
La TACHTCHE du passé est toujours dans ton coeur
Tu racontes des TCHALEFS, tu tapes des BRAS D'HONNEUR
Tes cheveux sont rares et tu deviens FARTASSE
Mais face au souvenir, tu es loin d'être CH'LASSE
Si tes amis d'hier te traitent de SMINA
Devant la belle PANCHA que te vaut la GOBIA
Tu ne peux oublier le gamin un peu GUITCHE
Qui mangeait à sa faim mais restait STOKAFITCHE
Quand tu vois l'anisette tu revois le CHICHEPOUNE
Un KILO de la rue qui aimait faire le clown
Que chacun envoyait chez DACHE ou chez AZRINE
Avant que la folie des hommes ne l'assassine
Au stade tu te défoules comme au Municipal
Quand tu applaudissais SALVA ou MERCADAL
Les ailiers TCHITCHIQUEURS, les ROUES LIBRES ou les TCHEQUES
Les caramels de COUARD et les coups de T'MENIEK
Pour te faire pardonner tu imites le ZBEROTE
Tu fais ton cinéma ou tu joues le PAROTE
Tu regrettes faussement en faisant le CHETANE
Et ZARMAH tu promets de ne plus faire d'ARKANE
Tu conserves l'amitié des années GAVATCHO
Des rencontres de football, des TCHAP'S et des noyaux
Des CALBOTES aux FALSOS des parties de belote
Des heures éblouissantes du pays de nous z'otes

 

Acaber : Sur un chalutier, art de disposer côte à côte environ 15 kg de poisson dit " noble " dans un casier rectangulaire, en bois à l’époque, afin de favoriser sa présentation pour la vente à la criée.

Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti – Joseph Palomba.
Avec l’accord de Bernard Venis.

Allache : Maigre comme une allatche.
La Voix des allatches : voix enrouée, voix de cinq heures du matin.

De ce poisson, je ne garde à vrai dire que l'expression : " S'étaler comme une allache ! ", qui nous faisait rire lorsque l'un de nos copains et ou amis tombait accidentellement, victime d'un croche-pied, d'une ornière ou d'une marche mal négociée. Rire aux éclats.

Gérard Stagliano

Babao : Simplet-ignare.

Batti-Batte : Variété de pasteras pour la pêche à la battue. C'est une onomatopée qui désigne à la fois le bateau, le filet et le mode de pêche.

Baffagne : Violente bourrasque en Méditerranée. La baffagne elle t'envoie direct à la mer !!

Le Pataouète des éditions Jacques Gandini nous dit : vent du Sud-est, qui s'élève brusquement.

Ce mot " baffagne " est très beau, il sonne bien et si nous ne l’avions pas il faudrait l’inventer. Il est chargé de signification et d’histoire mais on ne trouve pas beaucoup (pour ne pas dire rien du tout) de descriptions, d’explications. C’est un mot que l’on utilise sans avoir de définition (ou alors elles sont très vagues). Pour nos générations c’est pas grave, tout le monde sait ce que c’est, mais pour les générations futures il risque fort de disparaître par manque de définition, c’est pour cette raison que je m’accroche à ce mot, n’ayant pas de parenté avec la famille Larousse (bien que nous soyons très copain avec une descendante), je n’ai pas la prétention de faire un dictionnaire mais je souhaite récupérer tout ce qui est écrit ou tout ce qui pourrait s'écrire à ce sujet.

Dans mes souvenirs de pêcheur il n’y avait pas de jour particulier pour une bonne pêche, par contre il y avait des époques, des lieux, et des méthodes. Les jours de vent d’Est étaient caractérisés par un fort courant et la baffagne est (pour moi) un vent d’Ouest quelque peu exceptionnel et non prévisible. Le ciel devenait subitement très sombre et en l’espace de 10 minutes un vent violant se levait, il durait, selon ma mémoire entre 15 et 30 minutes et disparaissait aussi vite. Mais ces 15 ou 30 minutes étaient très dangereuses quand nous étions en mer, risque de "chavirage" avec des vagues de 2 ou 3 mètres, les pastéras n’étaient pas faites pour ces vagues.
Je me souviens d’une pose de palangre avec mon copain Jean Marc où nous avons été obligé de couper la ligne du palangre pour ne pas être complètement enseveli sous d'énormes de vagues.
On ne dira jamais assez que toutes les mers sont dangereuses et qu’il faut une sacrée expérience pour avoir les bons réflexes au bon moment.

Chounet

Les vents d'Ouest et de Nord-Ouest avaient un nom : La Bafagne. On pouvait prévoir la Bafagne quand le ciel se couvrait de nuages noirs menaçant et que la mer commençait à se plisser. Cela au premier coup de vent devenait vite une redoutable tempête qui, à Sidi-Ferruch, a abattu poteaux électriques, déraciné un énorme aloès, arraché des branches aux arbres. Ça durait une heure au plus ; le calme revenait aussi soudainement qu'était apparu la violence. Quand le vent d'Ouest était sage nous avions droit à 2 ou 3 jours de pluie. Robert s'il était encore parmi nous pourrait confirmer tout ceci et te raconter la bafagne que nous avons vécu tous les 2 en mer, nous avions, lui 16 ans, mois 14.
Un complément d'information : le mois de septembre est le mois de la Bafagne, une, deux, mais jamais “plusse“.

Suzanne Rinaldi-Pinard

Message trouvé sur le livre d'or du site de Marc Morell "alger50.com"

Pour en revenir à J.Manguso : En 1978, il a édité, toujours au Mercure de France "La Bafane" (nom d'un orage violent connu des pêcheurs méditerranéens). Amicalement à tous.

Alain

Je reviens sur ce mot qui figure en bonne place dans le glossaire d'Edmond Brua à la fin de son inoubliable "Parodie du Cid" et aussi des "Fables Bônoises" Voilà son texte : Baffagne, sf. Violente bourrasque en Méditerranée. Tire son nom ou du moins sa racine de la Provence : bouffer et baffer y signifient en effet souffler ( et une baffe y est précisément… un soufflet). À Bône, on dit la "baffoune" (A. Landy "Le français d'Afrique du Nord").

Gérard STAGLIANO

Blaouette : Muge, mulet, cabot, mulet à grosse tête.

(La) Bolda : Nous avions une couronne de plomb qui servait à décrocher les filets, quant ceux-ci étaient accrochés sur des rochers au fond de l’eau, comment s’appelait cet engin ?

Chounet

Je sais seulement que cet engin, cette couronne de plomb ou mieux de ciment que l'on mettait sur la ligne ne servait pas à la décrocher, mais à sortir un mérou attrapé à l'hameçon mais enroché qui, pour résister au pêcheur, gonflait ses joues et restait donc coincé dans son trou. Cela permettait par exemple de tirer sur le crin non pas verticalement au risque de casser ledit fil mais horizontalement en passant par l'intermédiaire de cette couronne ou bague généralement très lourde. J'avoue ne pas connaître le nom de cet engin, s'il en porte un d'ailleurs, et je ne me suis jamais expliqué comment il pouvait être utile parce qu'ensuite il s'agissait non seulement de monter le mérou mais aussi la couronne en question, et sans esquinter le museau du poisson, une véritable gageure.

Gérard Stagliano

L'anneau des mérous c'était "la Bolda" (mot vraisemblablement d'origine espagnole), qu'on agrémentait quelquefois d'un petit sac rempli de sulfate de cuivre, pour agacer les bestiaux les plus récalcitrants.

Marc Stagliano

Bromitch : Appât pour la pêche. Séduire, et même ensorceler, par glissement semantique.

Bromitcher : Utiliser du bromitche.
Bromitcher dans le bateau : vomir.

Boulitche : Filet traînant le long des côtes et flottant grâce à des boules de liège.
Au jeu de boules, ce terme désigne le “cochonnet“ ou “petit“, petite boule de bois servant de but.

Senne ou Bouliche : La senne ou bouliche que les Italiens appellent " rissole " est un engin traînant bien connu, qui se tire à terre, généralement sur des plages de sable ou de sable vaseux. Il est constitué par deux ailes latérales, faisant suite à une poche centrale, plus ou moins profonde. L’emploi à Alger était réglementé par le décret du 2 juillet 1894 qui indique que la plus petite maille du filet doit avoir 20 millimètres au carré. Son usage était interdit pendant les mois de mars, avril et mai. A Alger il fut beaucoup employé par les pêcheurs sur les plages de la Consolation à Bab el Oued et des Sablettes entre le Jardin d’Essai et Hussein-Dey.

Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti – Joseph Palomba.
Avec l’accord de Bernard Venis.

Bouffa : Une surprise-partie, une boum. " Se faire une bouffa ".

Jean Trimoulinard

Cabassète : panier à provisions. Utilisé plus spécialement pour le casse-croûte lors de parties de pêche en mer. " Emporter le cabassète ".

Jean Trimoulinard

Du mot cabas - panier - qui servait souvent à transporter le pique-nique (Michèle Pastor-Mari)

Cab-cab : Savate en bois.

Cabote : Nom de poisson
Tête : Il a pris un coup sur la cabote.

Cagaron : (de l’espagnol Cagar) crotte, excrément (Michèle Pastor-Mari)

Calamar : Calmar, seiche.
Individu maladroit, bon à rien, imbécile. Personnage ridicule et importun.

Calée ou Traîne : Parcours effectué sur le fond de la mer par le filet chalut tracté par un chalutier. Cette traîne pouvait être rectiligne ou sinueuse selon la nature du fond : sans obstacles ou parsemé de roches ou d’épaves dont les emplacements étaient connus du maître de pêche commandant le bateau. Sur la côte algéroise la durée d’un parcours pouvait varier entre une et quatre heures selon le lieu de pêche.
A l’Ouest d’Alger par exemple : " à terre " c'est-à-dire plus proche du rivage, mais en respectant la limite légale des trois miles marins, ou " au large ", sur le plateau des grands fonds, entre Guyotville et le Chenoua pour la pêche à la crevette.

Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti – Joseph Palomba.
Avec l’accord de Bernard Venis.

Taper cao : ( de l'italien manca ora) Faire l'école buissonière.

Casser le roseau! : Reprendre le travail (après les congés d'été).
Voilà une expression que je n'avais jamais entendu avant un courrier de Michèle Pastor-Mari qui date de 2003. Pour moi le roseau était synonyme de sarbacane sans plus.

Chounet

Castagnole : Castagnole noire: poisson, autre nom du trois queues.

Cavalle : (Cavallo) Le maquereau dit espagnol est appelé parfois cavallo à Alger.

Chadi : Nom de poisson appelé aussi chat ou baveuse.

Le Chalut : Dénomination du filet qui donna son nom au bateau servant à son exploitation. Sur les côtes d’Algérie après 1830, les pêcheurs employaient deux sortes de filets chaluts :
L’italien à partir du port de Cherchell et celui de d’Alger en allant vers l’Est, (sauf à Bou-Haroun)
Le filet espagnol, du port de Mostaganem à Nemours, à l’Ouest. Importés d’Italie et d’Espagne, ces filets diffèrent l’un de l’autre par l’armement, le poids des ralingues et la disposition des mailles qui avantages le chalut espagnol pour la pêche à la crevette, alors que le filet italien est plus performant pour la prise du poisson de fond.
Signalons que sur la côte algéroise bien peu de chaluts de fabrication française furent employés.

Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti – Joseph Palomba.
Avec l’accord de Bernard Venis.

Le Chalutier : Bateau de pêche servant à l’utilisation du filet chalut qui lui donna son nom. Ce n’était en Algérie, avant 1914, qu’une grosse barque à voiles et à rames désignée sous le nom de balancelle. Plus tard on trouvera des bateaux plus importants, équipés d’une machine à vapeur, atteignant une longueur de 20 à 25 mètres et jaugeant près de 40 tonneaux. Draguant par paire le même filet sur le fond de la mer, ils étaient appelés " bateaux bœufs ". Ils seront plus de dix paires à pratiquer ce métier en 1930 à Alger.

Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti – Joseph Palomba.
Avec l’accord de Bernard Venis.

Chatine : (Tchatine) Barque de pêche à fond plat.

Chemise : Compter les chemises, avoir le mal de mer.

Chèvre de mer : Nom donné à Bône à certaines variétés du sar.

Chiffon à laver le parterre : une serpillière (Michèle Pastor-Mari)

Cochon de mer : Poisson, autre nom du baliste.

Coq : Poisson, autre nom du trois queues.

Corbina : Poisson, corbine, ombrine de roche.

Je viens de relire ton lexique sur le site www.bainsromains, le dernier mot l'ombrine de roche, la corbina, c'est tout simplement le Scorbaï, son nom pied-noir, ou le Péï Couat des Azuréens. Tu devrais le signaler pour que le lecteur lambda éventuel fasse le rapprochement.

Gérard STAGLIANO

Couffin : (du mot arabe Coufo) Grand cabas en paille tressée (Michèle Pastor-Mari)

Cracra : Nom de poisson, brême de mer, charbonnier.

Falso : quelqu’un sur lequel on ne peut pas compter, un faux-jeton, une planche pourrie.
" C'est un vrai falso ". Curieux que ce substantif n’ait pas de féminin.

Jean Trimoulinard

Filets Flottants : Les filets flottants sont de deux sortes : ceux qui restent entre deux eaux mais sont amarrés sur un grappin fixe, et ceux qui dérivent au gré du courant marin et peuvent parcourir ainsi de longues distances. Ils sont nommés flottants parce qu’ils sont maintenus par des flotteurs de liège de distance en distance fixés sur la ralingue supérieur, tandis que la ralingue inférieure est lestée de bagues de plomb enfilées sur la corde. Tenu ainsi entre deux eaux ce filet ne racle jamais le fond.
On classe aussi dans cette catégorie, les filets : Sardinal, Trémail ou Trois Mailles, Retz Volant, Bonitiére ou Thonaire appelée aussi dans le midi de la France Tonaille. Ajoutons dans la même famille, le filet Bagdassou qui tient du Sardinal permettant la prise de poissons de surface comme la sardine ou l’anchois et ceux qui se trouvent entre deux eaux. Citons encore le filet Mugière pour la capture des muges ou mulets, le Boguière, le Bati-bati, le Gangui et bien d’autres, tous rangés au musée du souvenir !

Laboureurs et moissonneurs de la mer.Mémoire, Edgar Scotti – Joseph Palomba.
Avec l’accord de Bernard Venis.

Gavatcho : un beauf, quelqu’un de négligé (Michèle Pastor-Mari)

kilo : un ivrogne (Michèle Pastor-Mari)

Le Lamparo : A Alger le pêcheur d’origine italien désigne indifféremment sous le nom de lamparo, le bateau et le filet employé pour la pêche à la sardine.
Toutefois, cette pêche nécessite l’emploi de deux embarcations. L’une, la plus grande, propulsée par un moteur, transporte les hommes d’équipage et le filet. L’autre, petite barque annexe que l’on remorque, est dirigée par un seul homme nommé " lampiste " ; Cette barque est équipée de grosses lampes à abat-jour alimentées à l’acétylène qui seront remplacées, plus tard, par des ampoules électriques branchées sur des batteries d’accumulateurs. C’est pourquoi elle fut appelée autrefois " porte feu ". Elle était, avec le filet, l’outil principal de la réussite de cette pêche pratiquée de nuit. Ses lampes projettent sur la mer une lumière très vive qui attire en surface les sardines autour du bateau, ou elles sont ensuite piégées dans le filet déployé.
Le métier du lamparo connaîtra son apogée en Algérie après 1945 … mais hélas, ne durera pas. L’utilisation du nouveau chalut pélagique par les chalutiers ; la force de traction et les moyens électroniques de détection employés par ces derniers, permettront d’énormes prises de sardines et d’anchois en plein jour qui sonnera le glas de la pêche " au feu " et entraînera le déclin du lamparo en Méditerranée.

Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti – Joseph Palomba.
Avec l’accord de Bernard Venis.

Malle arabe : comparaison peu flatteuse pour certaines chutes de reins (Jean Trimoulinard).

Mévas : des chaussures très simples (Michèle Pastor-Mari)

La Mouna : (elle fleure bon !)
Extrait de texte sur Oran, par Mireille Attias, envoyé par Georges Lévy :
Le plat du jour est, soit le riz à l'espagnole, soit le "gaspacho", qui est un épais et succulent ragoût de porc, de gibier ou de volaille servi sur une immense fougasse ou "coca" . C'est au dessert qu'apparaît l'événement tant attendu : la "Mouna", pâtisserie briochée surmontée d'oeufs coloriés.
L'origine de cette Mouna est peu connue : Au 16ème siècle, les rois d'Espagne envoyaient dans leurs présidios africains (Ceuta, Malilla ou Oran) ceux de leurs courtisans qui s'étaient rendus indésirables à l'Escurial. Ces présidios ou places fortes avaient leur Bastille . Celle d'Oran se trouvait sur un pennon rocheux, à cheval sur la rade de Mers El Kébir . Parce que les singes ("monos" en espagnol) y étaient aussi nombreux qu'à Gibraltar, cette roche et la forteresse qui s'y dressait portait le nom de la mona. Ce fut ensuite le fort Lamoune, siège de l'Amirauté jusqu'en 1962. Une seule fois l'an, le dimanche de Pâques après la communion, les déportés avaient le droit d'apercevoir leurs famille qui résidaient tout près de là, dans le quartier de la Blanca, en bordure de l'enceinte de la casbah.
Les parents se réunissaient au pied des murs et faisaient passer aux prisonniers, au bout de longues perches, un gros gâteau préparé pour la circonstance et que depuis on continue à appeler la "Mouna".
En échange, les prisonniers embastillés faisaient descendre des plaques de tôle sur lesquelles ils avaient fait cuire une purée de farine de pois chiches, leur maigre pitance toute l'année. Cette espèce de flan de prisonnier devait se manger très chaud car il durcissait en refroidissant . On l'appelait la "calentica" (de "caliente" chaud, en espagnol). La calentica, vendue par des marchands ambulants, est restée longtemps le plat du pauvre.

La Palangre (j’aurais dis LE palangre, Je c'est signé Chounet) : Cordage très long auquel on suspend perpendiculairement par intervalles réguliers, de courtes lignes avec hameçons à leurs extrémités. Elle servira à la pêche pratiquée sur une barque nommé palangrier.

Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti – Joseph Palomba.
Avec l’accord de Bernard Venis.

Bonsoir Chounet
Suite à ton mail, j'ai été rendre une visite à mon voisin, et je t'envoie ce qui suit :
Une palangre ou une palancre, les deux termes étant exacts, signifient un mode de pêche usité en méditerranée et qui donne lieu à un championnat de France souvent disputé en Provence .
Mais le plus intéressant c'est le voisin : un ami et voisin, Roberto Serra 81 ans et marin pêcheur sur le chalutier Luna pendant 40 ans, et espagnol pur-sang comme il se plait à dire, m'a donné
une définition que je trouve originale mais après tout pourquoi pas :
la palangrotte c'est la déformation de palancrotte, quand on ne prenait rien dans les filets, il fallait passer le temps en mer et les marins fabriquaient des lignes à mains qu'ils faisaient monter et descendre comme un palan de chalut, mais le plus intéressant c'est ce qui servait d'appât : les tripes des quelques poissons qu'ils avaient pris, le boyau contenant les crottes faisons le rapprochement déformons un peu les mots suivant la région et l'accent et nous obtenons un palan à crotte ou palancrotte, un palancre au lieu d'une palangre et il affirme que ces lignes leur servaient à pêcher dans les trous (grottes) ou les filets ne pouvaient pas aller palangre grotte et l’on obtient une palangrotte est-ce la définition exacte, je n'en sais rien mais Roberto qui a connu aussi quelques ports de pêche de notre pays dont particulièrement celui de Guyotville en est presque convaincu.
Amitiés

Bernard Cervera

Patron Palangrier : Désigne le marin pêcheur propriétaire de son embarcation pratiquant le métier de la palangre et de la pose de nasse. Signalons la grande importance de cette fonction pour l’aide dans le développement de la pêche au chalut. Le patron d’un palangrier, de par la nature de son métier, connaissait la position des roches éparses sur le fond de la mer, pour y avoir souvent accroché ses lignes. Il connaissait les fonds disait-on " les yeux fermé ". Ce savoir transmis au maître de pêche d’un chalutier, souvent un parent ou un ami, permettait à ce dernier d’établir avec sûreté un parcours de traîne sans danger pour son chalut.

Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti – Joseph Palomba.
Avec l’accord de Bernard Venis.

Palangrier : Petite embarcation à moteur servant à la pêche à la palangre et aussi à la pose de nasses tressées avec de l’osier en Algérie.

Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti – Joseph Palomba.
Avec l’accord de Bernard Venis.

Pancha : Prendre un beau petit rocher assez près de la plage, avec pas trop de fond à cet endroit.
Monter sur ce beau petit rocher bien en vue de la plage.
Faire semblant de chercher une arapède, en prenant soin d'attendre le moment ou les regards des filles se tournent vers soi sans en avoir l'air.
Là, prendre son élan pour plonger et y aller.
Oui mais j'ai glissé sur ce P....... de rocher, et pour pas me tuer à la réception, je suis tombé bien à plat sur le ventre.
C'est ça une pancha (à ne pas confondre avec une fatma : c'est un autre plongeon), et pour pas perdre la face, faire celui qui n'a rien senti.

Jean Charles Valenza

C'est aussi un ventre de rigolade nous dit le Roro et tous les autres. Du catalan, valensien panxa "ventre".

Maître de pêche : En Algérie, le règlement maritime imposait qu’un chalutier devait être commandé par un patron français, détenteur d’un brevet de capacité. En réalité, la majorité des maîtres de pêche que nous avons connus à Alger, surtout les plus âgés, ne purent jamais obtenir ce brevet, faute de scolarisation. Ils étaient inscrits sur le rôle d’équipage comme simple matelots. Toutefois certains purent commander leur bateau par dérogation spéciale. Marins de talent, ils décidaient seuls du lieu de pêche et du parcours à accomplir pour la traîne du chalut. Hommes de métier, ils étaient responsables envers l’armateur de la bonne marche de l’entreprise.

Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti – Joseph Palomba.
Avec l’accord de Bernard Venis.

Popamona : Bateau lamparo dont la poupe arrondie de forme espagnole était très large, avec un pavois en éventail facilitant la mise à l’eau du filet. Nombreux en Oranie après 1945, ce bateau fit son apparition à Alger, où il remplacera, progressivement, le traditionnel " pointu " de type napolitain.

Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti – Joseph Palomba.
Avec l’accord de Bernard Venis.

Sbiber : fayoter, faire de la lèche. " En classe, les sbibeurs étaient aux premiers rangs ".

Jean Trimoulinard

Taouel : lance-pierres. Une branche d’olivier en forme de Y, plus deux élastiques découpés dans une chambre à air, plus un morceau de cuir (de préférence le contrefort d’une vieille chaussure). Et les isolateurs de verre en haut des poteaux électriques pour s’entraîner.

Jean Trimoulinard

Taper : verbe transitif et pronominal, verbe passe-partout, verbe à tout faire, sans la moindre connotation belliqueuse.
" On tapait cinq, on tapait la sieste, on tapait la carte, on tapait cao pour taper le bronzing ".
A défaut de se taper les filles, on se tapait l’anisette, on se tapait le bain et bien d’autres choses.

Jean Trimoulinard

Le Tartanon : Le tartanon est un petit chalut bœuf dont les ailes ne dépassent guère 13 mètres de longueur et la poche, en cul de sac, à peu près 8 mètres. Le bateau qui sert à manœuvrer ce filet était à rames et souvent, à tort, appelé tartane. L’usage du tartanon a été tantôt toléré, tantôt interdit par les réglementations du fait que cet engin était traîné tout près de la côte, dans des fonds qui ne dépassaient pas 30 mètres. Il fut interdit à l’usage après la venue des chalutiers.

Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti – Joseph Palomba.
Avec l’accord de Bernard Venis.

Tchalefs : bobards, mensonges, affabulations. " Raconter des tchalefs ".

Jean Trimoulinard

Tchanklesses : des chaussures ouvertes à l’arrière du pied (Michèle Pastor-Mari)

Téménièque : coup tordu.

 

 

     
     
 
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