- Un couple se marie. Sept mois plus tard naît
leur enfant : on disait " Ils ont fait Pâques avant
les Rameaux "
- Une coiffure négligée qui laisse apparaître
la raie mal dessinée " tcha vu ta raie ! on dirait
le tournant Rovigo " - virage prononcé du boulevard
Rovigo à Alger -
- " Tu sors avec les épaules torse-nu
? " interrogation dun parent qui sinquiète
des méfaits du soleil.
- Qualifiant une personne un peu sotte " Elle
est un peu jobasse ! " (jobard, jobarde)
- Une expression employée par les hommes, et
pour cause ! il sagit du derrière imposant du sexe opposé
" Elle a le derrière comme une malle arabe ! Quel tafanar
"
- Après une vexation soudaine ou un acte regretté
" La honte elle me monte à la figure ! "
- Dun locuteur prolixe on disait " il
ma fait la tête comme une pastèque ! Quel tachtcharone
"
- Il arrivait fréquemment en regardant un feu
dartifice dentendre des " oh ! la belle bleue
" et puis quelquefois " Celui-là, il a fait
Tchouffa ! " (Echec)
- Exprimant une colère, une rage " Il
ma fait attraper une rabia "
- " Elle est maigre comme un stockafisch "
déformation du mot stockfisch qui signifie morue séchée,
ou par extension tout autre poisson séché
- " Patin-couffin " employé
pour etc
- " Quel bovo !" se disait dun
benêt. Origine peut-être espagnole ou italienne, voulant
peut-être signifier bovin. Semploie aussi au féminin
- " Il se tenait une bufa " Une ivresse
excessive (mot espagnol).
- " Je vais ten donner une, que le mur
y va ten donner une autre " (une gifle, une castagne,
une baffe, une calbotte) là, on était très fâché
- "Tu prends toute la Place du Gouvernement
! " sadressant à une personne encombrante. (Grande
Place dAlger)
Michèle Pastor-Mari
Lorsque j'étais gamin et que je faisais le "difficile"
à table, ma mère avait coutume de me dire :
- Si tu n'es pas content, va manger chez Madame KHALEL "Au couscous
familial".
Je ne sais plus si c'était une expression de son cru ou une
formule courante là-bas.
A vérifier
Jean Trimoulinard
QUELQUES EXPRESSIONS PIED-NOIRES, je ne résiste
pas au plaisir de les faire partager.
Jacqueline Ayache
De la langue de chez nous il nous reste des mots qui habillent
d'Algérie chacun de nos propos. Héritage volontaire
d'un peuple dispersé, par un vent de l'histoire aujourd'hui
oublié.
Extrait de "Images et poésies d'ALGER LA BLANCHE"
Auteur : Hubert
Zakine
Quand tu donnes un coup de poing, tu décroches une BOTCHA
Sur le nez d'une GAMATE, tu lui fais une GOFFA
Si tu rates ton coup, tu préfères dire TCHOUFFA
C'est que certains BADJEDJ n'aiment pas le TCHEKLALA
Tu traites les imbéciles de R'MZARS et de BABAOS
Et pardonnes à ton fils si jamais il tape CAO
Devant une MOUNA tu deviens un MORFAL
Comme au temps YARASLAH sur ta terre natale
Quand tu te GOULAFRAIS la KEMIA au comptoir
Des TRAMOUSES salées à la SEPIA AU NOIR
En vacances pour pêcher, tu prépares le BROUMITCHE
Et tu pointes la pétanque en pointant le BOULITCHE
Dans la mer un peu froide, tu tapes une PANCHA
Il est loin ton pays et sa grosse S'RANAH
Aujourd'hui revêtu d'un costume SOUA SOUA
Au milieu de MERHATES qui jouent les ZARBALA
Tu repenses à l'époque où tu étais OUALIONE
Lorsque tous les copains t'appelaient PAÏGONE
La TACHTCHE du passé est toujours dans ton coeur
Tu racontes des TCHALEFS, tu tapes des BRAS D'HONNEUR
Tes cheveux sont rares et tu deviens FARTASSE
Mais face au souvenir, tu es loin d'être CH'LASSE
Si tes amis d'hier te traitent de SMINA
Devant la belle PANCHA que te vaut la GOBIA
Tu ne peux oublier le gamin un peu GUITCHE
Qui mangeait à sa faim mais restait STOKAFITCHE
Quand tu vois l'anisette tu revois le CHICHEPOUNE
Un KILO de la rue qui aimait faire le clown
Que chacun envoyait chez DACHE ou chez AZRINE
Avant que la folie des hommes ne l'assassine
Au stade tu te défoules comme au Municipal
Quand tu applaudissais SALVA ou MERCADAL
Les ailiers TCHITCHIQUEURS, les ROUES LIBRES ou les
TCHEQUES
Les caramels de COUARD et les coups de T'MENIEK
Pour te faire pardonner tu imites le ZBEROTE
Tu fais ton cinéma ou tu joues le PAROTE
Tu regrettes faussement en faisant le CHETANE
Et ZARMAH tu promets de ne plus faire d'ARKANE
Tu conserves l'amitié des années GAVATCHO
Des rencontres de football, des TCHAP'S et des noyaux
Des CALBOTES aux FALSOS des parties de belote
Des heures éblouissantes du pays de nous z'otes
Acaber : Sur un chalutier, art de disposer côte à
côte environ 15 kg de poisson dit " noble " dans un
casier rectangulaire, en bois à lépoque, afin de
favoriser sa présentation pour la vente à la criée.
Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti
Joseph Palomba.
Avec laccord de Bernard Venis.
Allache
: Maigre comme une allatche.
La Voix des allatches : voix enrouée, voix de cinq heures du
matin.
De ce poisson, je ne garde à vrai dire que l'expression : "
S'étaler comme une allache ! ", qui nous faisait rire lorsque
l'un de nos copains et ou amis tombait accidentellement, victime d'un
croche-pied, d'une ornière ou d'une marche mal négociée.
Rire aux éclats.
Gérard Stagliano
Babao : Simplet-ignare.
Batti-Batte
: Variété de pasteras pour la pêche à la
battue. C'est une onomatopée qui désigne à la fois
le bateau, le filet et le mode de pêche.
Baffagne : Violente bourrasque en Méditerranée.
La baffagne elle t'envoie direct à la mer !!
Le Pataouète des éditions Jacques Gandini nous dit :
vent du Sud-est, qui s'élève brusquement.
Ce mot " baffagne " est très beau, il sonne bien et
si nous ne lavions pas il faudrait linventer. Il est chargé
de signification et dhistoire mais on ne trouve pas beaucoup (pour
ne pas dire rien du tout) de descriptions, dexplications. Cest
un mot que lon utilise sans avoir de définition (ou alors
elles sont très vagues). Pour nos générations cest
pas grave, tout le monde sait ce que cest, mais pour les générations
futures il risque fort de disparaître par manque de définition,
cest pour cette raison que je maccroche à ce mot,
nayant pas de parenté avec la famille Larousse (bien que
nous soyons très copain avec une descendante), je nai pas
la prétention de faire un dictionnaire mais je souhaite récupérer
tout ce qui est écrit ou tout ce qui pourrait s'écrire
à ce sujet.
Dans mes souvenirs de pêcheur il ny avait pas de jour particulier
pour une bonne pêche, par contre il y avait des époques,
des lieux, et des méthodes. Les jours de vent dEst étaient
caractérisés par un fort courant et la baffagne est (pour
moi) un vent dOuest quelque peu exceptionnel et non prévisible.
Le ciel devenait subitement très sombre et en lespace de
10 minutes un vent violant se levait, il durait, selon ma mémoire
entre 15 et 30 minutes et disparaissait aussi vite. Mais ces 15 ou 30
minutes étaient très dangereuses quand nous étions
en mer, risque de "chavirage" avec des vagues de 2 ou 3 mètres,
les pastéras nétaient pas faites pour ces vagues.
Je me souviens dune pose de palangre avec mon copain Jean Marc
où nous avons été obligé de couper la ligne
du palangre pour ne pas être complètement enseveli sous
d'énormes de vagues.
On ne dira jamais assez que toutes les mers sont dangereuses et quil
faut une sacrée expérience pour avoir les bons réflexes
au bon moment.
Chounet
Les vents d'Ouest et de Nord-Ouest avaient un nom : La Bafagne. On
pouvait prévoir la Bafagne quand le ciel se couvrait de nuages
noirs menaçant et que la mer commençait à se plisser.
Cela au premier coup de vent devenait vite une redoutable tempête
qui, à Sidi-Ferruch, a abattu poteaux électriques, déraciné
un énorme aloès, arraché des branches aux arbres.
Ça durait une heure au plus ; le calme revenait aussi soudainement
qu'était apparu la violence. Quand le vent d'Ouest était
sage nous avions droit à 2 ou 3 jours de pluie. Robert s'il était
encore parmi nous pourrait confirmer tout ceci et te raconter la bafagne
que nous avons vécu tous les 2 en mer, nous avions, lui 16 ans,
mois 14.
Un complément d'information : le mois de septembre est le mois
de la Bafagne, une, deux, mais jamais plusse.
Suzanne Rinaldi-Pinard
Message trouvé sur le livre d'or du site de Marc Morell "alger50.com"
Pour en revenir à J.Manguso : En 1978, il a édité,
toujours au Mercure de France "La Bafane" (nom d'un orage
violent connu des pêcheurs méditerranéens). Amicalement
à tous.
Alain
Je reviens sur ce mot qui figure en bonne place dans le glossaire d'Edmond
Brua à la fin de son inoubliable "Parodie du Cid" et
aussi des "Fables Bônoises" Voilà son texte :
Baffagne, sf. Violente bourrasque en Méditerranée. Tire
son nom ou du moins sa racine de la Provence : bouffer et baffer y signifient
en effet souffler ( et une baffe y est précisément
un soufflet). À Bône, on dit la "baffoune" (A.
Landy "Le français d'Afrique du Nord").
Gérard STAGLIANO
Blaouette
: Muge, mulet, cabot, mulet à grosse tête.
(La) Bolda : Nous avions une couronne
de plomb qui servait à décrocher les filets, quant ceux-ci
étaient accrochés sur des rochers au fond de leau,
comment sappelait cet engin ?
Chounet
Je sais seulement que cet engin, cette couronne de plomb ou mieux de
ciment que l'on mettait sur la ligne ne servait pas à la décrocher,
mais à sortir un mérou attrapé à l'hameçon
mais enroché qui, pour résister au pêcheur, gonflait
ses joues et restait donc coincé dans son trou. Cela permettait
par exemple de tirer sur le crin non pas verticalement au risque de
casser ledit fil mais horizontalement en passant par l'intermédiaire
de cette couronne ou bague généralement très lourde.
J'avoue ne pas connaître le nom de cet engin, s'il en porte un
d'ailleurs, et je ne me suis jamais expliqué comment il pouvait
être utile parce qu'ensuite il s'agissait non seulement de monter
le mérou mais aussi la couronne en question, et sans esquinter
le museau du poisson, une véritable gageure.
Gérard Stagliano
L'anneau des mérous c'était "la Bolda" (mot
vraisemblablement d'origine espagnole), qu'on agrémentait quelquefois
d'un petit sac rempli de sulfate de cuivre, pour agacer les bestiaux
les plus récalcitrants.
Marc Stagliano
Bromitch
: Appât pour la pêche. Séduire, et même ensorceler,
par glissement semantique.
Bromitcher : Utiliser du bromitche.
Bromitcher dans le bateau : vomir.
Boulitche : Filet traînant le long des côtes et
flottant grâce à des boules de liège.
Au jeu de boules, ce terme désigne le cochonnet ou
petit, petite boule de bois servant de but.
Senne ou Bouliche : La senne ou bouliche que les Italiens appellent
" rissole " est un engin traînant bien connu, qui se
tire à terre, généralement sur des plages de sable
ou de sable vaseux. Il est constitué par deux ailes latérales,
faisant suite à une poche centrale, plus ou moins profonde. Lemploi
à Alger était réglementé par le décret
du 2 juillet 1894 qui indique que la plus petite maille du filet doit
avoir 20 millimètres au carré. Son usage était
interdit pendant les mois de mars, avril et mai. A Alger il fut beaucoup
employé par les pêcheurs sur les plages de la Consolation
à Bab el Oued et des Sablettes entre le Jardin dEssai et
Hussein-Dey.
Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti
Joseph Palomba.
Avec laccord de Bernard Venis.
Bouffa : Une surprise-partie, une boum. " Se faire une
bouffa ".
Jean Trimoulinard
Cabassète : panier à provisions. Utilisé
plus spécialement pour le casse-croûte
lors de parties de pêche en mer. " Emporter le cabassète
".
Jean Trimoulinard
Du mot cabas - panier - qui servait souvent à transporter le
pique-nique (Michèle Pastor-Mari)
Cab-cab
: Savate en bois.
Cabote
: Nom de poisson
Tête : Il a pris un coup sur la cabote.
Cagaron : (de lespagnol Cagar) crotte, excrément
(Michèle Pastor-Mari)
Calamar
: Calmar, seiche.
Individu maladroit, bon à rien, imbécile. Personnage ridicule
et importun.
Calée ou Traîne : Parcours effectué sur
le fond de la mer par le filet chalut tracté par un chalutier.
Cette traîne pouvait être rectiligne ou sinueuse selon la
nature du fond : sans obstacles ou parsemé de roches ou dépaves
dont les emplacements étaient connus du maître de pêche
commandant le bateau. Sur la côte algéroise la durée
dun parcours pouvait varier entre une et quatre heures selon le
lieu de pêche.
A lOuest dAlger par exemple : " à terre "
c'est-à-dire plus proche du rivage, mais en respectant la limite
légale des trois miles marins, ou " au large ", sur
le plateau des grands fonds, entre Guyotville et le Chenoua pour la
pêche à la crevette.
Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti
Joseph Palomba.
Avec laccord de Bernard Venis.
Taper cao : ( de l'italien manca ora) Faire l'école buissonière.
Casser le roseau! : Reprendre le travail (après les congés
d'été).
Voilà une expression que je n'avais jamais entendu avant un courrier
de Michèle Pastor-Mari qui date de 2003. Pour moi le roseau était
synonyme de sarbacane sans plus.
Chounet
Castagnole : Castagnole noire: poisson, autre nom du trois
queues.
Cavalle : (Cavallo) Le maquereau
dit espagnol est appelé parfois cavallo à Alger.
Chadi : Nom de poisson appelé aussi chat ou baveuse.
Le Chalut : Dénomination du filet qui donna son nom au
bateau servant à son exploitation. Sur les côtes dAlgérie
après 1830, les pêcheurs employaient deux sortes de filets
chaluts :
Litalien à partir du port de Cherchell et celui de dAlger
en allant vers lEst, (sauf à Bou-Haroun)
Le filet espagnol, du port de Mostaganem à Nemours, à
lOuest. Importés dItalie et dEspagne, ces filets
diffèrent lun de lautre par larmement, le poids
des ralingues et la disposition des mailles qui avantages le chalut
espagnol pour la pêche à la crevette, alors que le filet
italien est plus performant pour la prise du poisson de fond.
Signalons que sur la côte algéroise bien peu de chaluts
de fabrication française furent employés.
Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti
Joseph Palomba.
Avec laccord de Bernard Venis.
Le Chalutier : Bateau de pêche servant à lutilisation
du filet chalut qui lui donna son nom. Ce nétait en Algérie,
avant 1914, quune grosse barque à voiles et à rames
désignée sous le nom de balancelle. Plus tard on trouvera
des bateaux plus importants, équipés dune machine
à vapeur, atteignant une longueur de 20 à 25 mètres
et jaugeant près de 40 tonneaux. Draguant par paire le même
filet sur le fond de la mer, ils étaient appelés "
bateaux bufs ". Ils seront plus de dix paires à pratiquer
ce métier en 1930 à Alger.
Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti
Joseph Palomba.
Avec laccord de Bernard Venis.
Chatine : (Tchatine) Barque de pêche à fond plat.
Chemise : Compter les chemises, avoir le mal de mer.
Chèvre de mer : Nom donné à Bône
à certaines variétés du sar.
Chiffon à laver le parterre : une serpillière
(Michèle Pastor-Mari)
Cochon de mer : Poisson, autre nom du baliste.
Coq : Poisson, autre nom du trois
queues.
Corbina : Poisson, corbine, ombrine
de roche.
Je viens de relire ton lexique sur le site www.bainsromains, le dernier
mot l'ombrine de roche, la corbina, c'est tout simplement le Scorbaï,
son nom pied-noir, ou le Péï Couat des Azuréens.
Tu devrais le signaler pour que le lecteur lambda éventuel fasse
le rapprochement.
Gérard STAGLIANO
Couffin : (du mot arabe Coufo) Grand cabas en paille tressée
(Michèle Pastor-Mari)
Cracra : Nom de poisson, brême de mer, charbonnier.
Falso : quelquun sur lequel on ne peut pas compter, un
faux-jeton, une planche pourrie.
" C'est un vrai falso ". Curieux que ce substantif nait
pas de féminin.
Jean Trimoulinard
Filets Flottants : Les filets flottants sont de deux sortes
: ceux qui restent entre deux eaux mais sont amarrés sur un grappin
fixe, et ceux qui dérivent au gré du courant marin et
peuvent parcourir ainsi de longues distances. Ils sont nommés
flottants parce quils sont maintenus par des flotteurs de liège
de distance en distance fixés sur la ralingue supérieur,
tandis que la ralingue inférieure est lestée de bagues
de plomb enfilées sur la corde. Tenu ainsi entre deux eaux ce
filet ne racle jamais le fond.
On classe aussi dans cette catégorie, les filets : Sardinal,
Trémail ou Trois Mailles, Retz Volant, Bonitiére ou Thonaire
appelée aussi dans le midi de la France Tonaille. Ajoutons dans
la même famille, le filet Bagdassou qui tient du Sardinal permettant
la prise de poissons de surface comme la sardine ou lanchois et
ceux qui se trouvent entre deux eaux. Citons encore le filet Mugière
pour la capture des muges ou mulets, le Boguière, le Bati-bati,
le Gangui et bien dautres, tous rangés au musée
du souvenir !
Laboureurs et moissonneurs de la mer.Mémoire, Edgar Scotti
Joseph Palomba.
Avec laccord de Bernard Venis.
Gavatcho : un beauf, quelquun de négligé
(Michèle Pastor-Mari)
kilo : un ivrogne (Michèle Pastor-Mari)
Le Lamparo : A Alger le pêcheur dorigine italien
désigne indifféremment sous le nom de lamparo, le bateau
et le filet employé pour la pêche à la sardine.
Toutefois, cette pêche nécessite lemploi de deux
embarcations. Lune, la plus grande, propulsée par un moteur,
transporte les hommes déquipage et le filet. Lautre,
petite barque annexe que lon remorque, est dirigée par
un seul homme nommé " lampiste " ; Cette barque est
équipée de grosses lampes à abat-jour alimentées
à lacétylène qui seront remplacées,
plus tard, par des ampoules électriques branchées sur
des batteries daccumulateurs. Cest pourquoi elle fut appelée
autrefois " porte feu ". Elle était, avec le filet,
loutil principal de la réussite de cette pêche pratiquée
de nuit. Ses lampes projettent sur la mer une lumière très
vive qui attire en surface les sardines autour du bateau, ou elles sont
ensuite piégées dans le filet déployé.
Le métier du lamparo connaîtra son apogée en Algérie
après 1945
mais hélas, ne durera pas. Lutilisation
du nouveau chalut pélagique par les chalutiers ; la force de
traction et les moyens électroniques de détection employés
par ces derniers, permettront dénormes prises de sardines
et danchois en plein jour qui sonnera le glas de la pêche
" au feu " et entraînera le déclin du lamparo
en Méditerranée.
Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti
Joseph Palomba.
Avec laccord de Bernard Venis.
Malle arabe : comparaison peu flatteuse pour certaines chutes
de reins (Jean Trimoulinard).
Mévas : des chaussures très simples (Michèle
Pastor-Mari)
La Mouna : (elle fleure bon !)
Extrait de texte sur Oran, par Mireille Attias, envoyé
par Georges Lévy :
Le plat du jour est, soit le riz à l'espagnole, soit le "gaspacho",
qui est un épais et succulent ragoût de porc, de gibier
ou de volaille servi sur une immense fougasse ou "coca" .
C'est au dessert qu'apparaît l'événement tant attendu
: la "Mouna", pâtisserie briochée surmontée
d'oeufs coloriés.
L'origine de cette Mouna est peu connue : Au 16ème siècle,
les rois d'Espagne envoyaient dans leurs présidios africains
(Ceuta, Malilla ou Oran) ceux de leurs courtisans qui s'étaient
rendus indésirables à l'Escurial. Ces présidios
ou places fortes avaient leur Bastille . Celle d'Oran se trouvait sur
un pennon rocheux, à cheval sur la rade de Mers El Kébir
. Parce que les singes ("monos" en espagnol) y étaient
aussi nombreux qu'à Gibraltar, cette roche et la forteresse qui
s'y dressait portait le nom de la mona. Ce fut ensuite le fort Lamoune,
siège de l'Amirauté jusqu'en 1962. Une seule fois l'an,
le dimanche de Pâques après la communion, les déportés
avaient le droit d'apercevoir leurs famille qui résidaient tout
près de là, dans le quartier de la Blanca, en bordure
de l'enceinte de la casbah.
Les parents se réunissaient au pied des murs et faisaient passer
aux prisonniers, au bout de longues perches, un gros gâteau préparé
pour la circonstance et que depuis on continue à appeler la "Mouna".
En échange, les prisonniers embastillés faisaient descendre
des plaques de tôle sur lesquelles ils avaient fait cuire une
purée de farine de pois chiches, leur maigre pitance toute l'année.
Cette espèce de flan de prisonnier devait se manger très
chaud car il durcissait en refroidissant . On l'appelait la "calentica"
(de "caliente" chaud, en espagnol). La calentica, vendue par
des marchands ambulants, est restée longtemps le plat du pauvre.
La Palangre (jaurais dis LE
palangre, Je c'est signé Chounet) : Cordage très long
auquel on suspend perpendiculairement par intervalles réguliers,
de courtes lignes avec hameçons à leurs extrémités.
Elle servira à la pêche pratiquée sur une barque
nommé palangrier.
Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti
Joseph Palomba.
Avec laccord de Bernard Venis.
Bonsoir Chounet
Suite à ton mail, j'ai été rendre une visite à
mon voisin, et je t'envoie ce qui suit :
Une palangre ou une palancre, les deux termes étant
exacts, signifient un mode de pêche usité en méditerranée
et qui donne lieu à un championnat de France souvent disputé
en Provence .
Mais le plus intéressant c'est le voisin : un ami et voisin,
Roberto Serra 81 ans et marin pêcheur sur le chalutier Luna pendant
40 ans, et espagnol pur-sang comme il se plait à dire, m'a donné
une définition que je trouve originale mais après tout
pourquoi pas :
la palangrotte c'est la déformation de palancrotte,
quand on ne prenait rien dans les filets, il fallait passer le temps
en mer et les marins fabriquaient des lignes à mains qu'ils faisaient
monter et descendre comme un palan de chalut, mais le plus intéressant
c'est ce qui servait d'appât : les tripes des quelques poissons
qu'ils avaient pris, le boyau contenant les crottes faisons le rapprochement
déformons un peu les mots suivant la région et l'accent
et nous obtenons un palan à crotte ou palancrotte, un palancre
au lieu d'une palangre et il affirme que ces lignes leur servaient à
pêcher dans les trous (grottes) ou les filets ne pouvaient pas
aller palangre grotte et lon obtient une palangrotte est-ce la
définition exacte, je n'en sais rien mais Roberto qui a connu
aussi quelques ports de pêche de notre pays dont particulièrement
celui de Guyotville en est presque convaincu.
Amitiés
Bernard Cervera
Patron Palangrier : Désigne le marin pêcheur propriétaire
de son embarcation pratiquant le métier de la palangre et de
la pose de nasse. Signalons la grande importance de cette fonction pour
laide dans le développement de la pêche au chalut.
Le patron dun palangrier, de par la nature de son métier,
connaissait la position des roches éparses sur le fond de la
mer, pour y avoir souvent accroché ses lignes. Il connaissait
les fonds disait-on " les yeux fermé ". Ce savoir transmis
au maître de pêche dun chalutier, souvent un parent
ou un ami, permettait à ce dernier détablir avec
sûreté un parcours de traîne sans danger pour son
chalut.
Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti
Joseph Palomba.
Avec laccord de Bernard Venis.
Palangrier : Petite embarcation à moteur servant à
la pêche à la palangre et aussi à la pose de nasses
tressées avec de losier en Algérie.
Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti
Joseph Palomba.
Avec laccord de Bernard Venis.
Pancha : Prendre un beau petit rocher assez
près de la plage, avec pas trop de fond à cet endroit.
Monter sur ce beau petit rocher bien en vue de la plage.
Faire semblant de chercher une arapède, en prenant soin d'attendre
le moment ou les regards des filles se tournent vers soi sans en avoir
l'air.
Là, prendre son élan pour plonger et y aller.
Oui mais j'ai glissé sur ce P....... de rocher, et pour pas me
tuer à la réception, je suis tombé bien à
plat sur le ventre.
C'est ça une pancha (à ne pas confondre avec une fatma
: c'est un autre plongeon), et pour pas perdre la face, faire celui
qui n'a rien senti.
Jean Charles Valenza
C'est aussi un ventre de rigolade nous dit le Roro et tous les autres.
Du catalan, valensien panxa "ventre".
Maître de pêche : En Algérie, le règlement
maritime imposait quun chalutier devait être commandé
par un patron français, détenteur dun brevet de
capacité. En réalité, la majorité des maîtres
de pêche que nous avons connus à Alger, surtout les plus
âgés, ne purent jamais obtenir ce brevet, faute de scolarisation.
Ils étaient inscrits sur le rôle déquipage
comme simple matelots. Toutefois certains purent commander leur bateau
par dérogation spéciale. Marins de talent, ils décidaient
seuls du lieu de pêche et du parcours à accomplir pour
la traîne du chalut. Hommes de métier, ils étaient
responsables envers larmateur de la bonne marche de lentreprise.
Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti
Joseph Palomba.
Avec laccord de Bernard Venis.
Popamona : Bateau lamparo dont la poupe arrondie de forme espagnole
était très large, avec un pavois en éventail facilitant
la mise à leau du filet. Nombreux en Oranie après
1945, ce bateau fit son apparition à Alger, où il remplacera,
progressivement, le traditionnel " pointu " de type napolitain.
Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti
Joseph Palomba.
Avec laccord de Bernard Venis.
Sbiber : fayoter, faire de la lèche. " En classe,
les sbibeurs étaient aux premiers rangs ".
Jean Trimoulinard
Taouel : lance-pierres. Une branche dolivier en forme
de Y, plus deux élastiques découpés dans une chambre
à air, plus un morceau de cuir (de préférence le
contrefort dune vieille chaussure). Et les isolateurs de verre
en haut des poteaux électriques pour sentraîner.
Jean Trimoulinard
Taper : verbe transitif et pronominal, verbe passe-partout,
verbe à tout faire, sans la moindre connotation belliqueuse.
" On tapait cinq, on tapait la sieste, on tapait la carte, on tapait
cao pour taper le bronzing ".
A défaut de se taper les filles, on se tapait lanisette,
on se tapait le bain et bien dautres choses.
Jean Trimoulinard
Le Tartanon : Le tartanon est un petit chalut buf dont
les ailes ne dépassent guère 13 mètres de longueur
et la poche, en cul de sac, à peu près 8 mètres.
Le bateau qui sert à manuvrer ce filet était à
rames et souvent, à tort, appelé tartane. Lusage
du tartanon a été tantôt toléré, tantôt
interdit par les réglementations du fait que cet engin était
traîné tout près de la côte, dans des fonds
qui ne dépassaient pas 30 mètres. Il fut interdit à
lusage après la venue des chalutiers.
Laboureurs et moissonneurs de la mer. Mémoire, Edgar Scotti
Joseph Palomba.
Avec laccord de Bernard Venis.
Tchalefs : bobards, mensonges, affabulations. " Raconter
des tchalefs ".
Jean Trimoulinard
Tchanklesses : des chaussures ouvertes à larrière
du pied (Michèle Pastor-Mari)
Téménièque : coup tordu.