Avec ce que je viens de trouver (ça cest de la théorie
ou je ne my connais pas !), je ne peux mempêcher douvrir
une page spéciale " natation ", nous aurons bien des
choses à dire et notamment parler des concours de natation des
fêtes de Bains Romains.
Chounet
Principes dAnatomie et de Physiologie appliqués
à la gymnastique et aux sports, par Le docteur L. Roblot, éditions
J. Lamarre Paris.
Acheté par mon père à Alger en 1932.
Cours professé à lÉcole normale militaire de
gymnastique et descrime de Joinville-le-Pont.
LE BAIN
Il se présente sous des formes extrêmement diverses et
comporte deux grandes variétés : le bain chaud et le bain
froid.
LE BAIN FROID
Cest celui dont la température oscille de 6° à
20°. Ce bain est surtout utile, sous réserve dêtre
manié prudemment, dans lentraînement à la
résistance au froid. De par lui, on obtient avec du doigté
une accoutumance qui nest point négligeable puisquelle
augmente la robustesse générale de lindividu.
LE BAIN DE MER
Son efficacité tient à un certain nombre de causes :
percussion réalisée par la vague, composition chimique
de leau, action adjuvante du climat marin.
Pub pour Hydra-Flash, marque Sisley Paris.
NATATION
Cest sur le principe dArchimède quest basé
ce mode de progression : tout corps plongé dans un fluide perd
une partie de son poids, égale au poids du volume du fluide quil
déplace. Par conséquent, pour quun corps reste suspendu
en équilibre dans un liquide, il faut quil soit de même
densité (rapport du poids au volume) que lui ; sil est
plus dense, il senfoncera avec une force égale à
la différence entre son poids et celui du liquide déplacé.
Or, le poids spécifique du corps (rapport de son poids au poids
du même volume deau distillée) diffère peu
de celui de leau, auquel il est cependant légèrement
supérieur. Il suffira donc de très légers mouvements
des membres, exerçant une pression de haut en bas sur le liquide,
pour se maintenir à la surface de leau.
En outre, ainsi que nous lavons dit à propos de la respiration,
nous pouvons, par une inspiration forcée, introduire dans nos
poumons une nouvelle quantité dair, ce qui augmentera le
volume deau déplacé et diminuera le poids spécifique
du corps.
Il faut aussi tenir compte de linfluence exercée par la
densité du liquide dans lequel le corps est plongé. Ce
dernier tendra dautant moins à senfoncer que la densité
du liquide sera plus considérable : cest ce que lon
constate quand on se baigne dans leau de mer, beaucoup plus dense
que leau de rivière, à cause de la forte proportion
de sel quelle contient en solution.
Si le corps tend réellement à senfoncer dans leau
pendant la natation, cela tient surtout à ce quil nous
est impossible de limmerger complètement et que nous devons
forcément laisser au dehors une partie de la tête, pour
respirer. Complètement immergé dans leau, nous nous
rendons bien compte de la perte de poids subie par notre corps : il
faut alors des efforts réels pour aller au fond de leau.
Par conséquent, des différents modes de natation, le plus
favorable sera celui qui immergera la plus grande partie du corps, ce
que nous réalisons en faisant la planche, position dans laquelle
tout le corps est immergé, sauf une faible partie de la face.
La planche, position dans laquelle tout le corps est immergé.
Photo trouvée dans un magazine.
La natation proprement dite, cest-à-dire la progression
dans leau, consiste essentiellement en ce que nous prenons un
point dappui sur leau au moyen des quatre membres, pour
chasser le corps en avant. A cet effet, les membres antérieurs,
préalablement étendus en avant, et les membres postérieurs,
repliés sous le ventre, sont projetés rapidement en arrière.
Mais leau constitue un point dappui mobile qui cède
sous cette pression, ce qui retarde dautant la progression ; il
se passe ici quelque chose danalogue à ce que nous avons
signalé pour la marche sur terrain mou : une partie de la force
employée est détournée de son but. En outre, le
report des membres en avant vient sans cesse gêner la progression
; il est donc nécessaire de nexécuter ce mouvement
de report des membres en avant que quand le corps aura terminé
tout à fait son mouvement de progression, de façon à
ne pas détruire leffet de la brasse. Cest la précipitation
dans ce mouvement qui entrave les efforts des débutants.
Dans le genre de natation dit à la coupe, les deux membres antérieurs
sont alternativement portés en avant, ce qui permet leur extension
plus considérable et une progression plus rapide.
On ne saurait concevoir, à tout point de vue, un exercice plus
salutaire que la natation : tous les muscles sont mis en jeu, ce que
lon doit surtout rechercher dans les exercices gymnastiques. Au
bénéfice de lexercice sajoute linfluence
heureuse du bain proprement dit, au point de vue de lhygiène,
dont la propreté du corps constitue la base essentielle.
L. Roblot
Le Bain
"Réponse bain" N° 77. Été
2005
Ils allaient au bord de la mer
Pendant des siècles, les bords de mer ne furent que le domaine
réservé des pêcheurs, des gabelous et des pilleurs
dépaves. Nul naurait eu lidée saugrenue
de sallonger sur une plage pour se plonger ensuite dans lélément
liquide en perpétuel mouvement. Ce ne fut quau début
du XIX è siècle que la pratique des bains de mer sinstalla.
Encore une fois, linitiative était venue dAngleterre
vers la fin du XVIII è siècle. Les premiers bains se prenaient
dans des baignoires que lon remplissait deau de mer réchauffée
ou non. Le remplissage étant fastidieux, il fut jugé plus
simple et plus efficace de mener les baigneurs directement à
leau.
On en parle dans les manuels
En 1825, le Docteur Albert Assegond publie son "
Manuel des Bains de mer ", un ouvrage dédié à
la duchesse de Berry, où Dieppe et ses bains occupent une large
place. Il y préconise un bain par jour, de préférence
le matin, entre 9 heures et midi, dune durée en rapport
avec la fraîcheur de leau mais, affirme-t-il, quelques minutes
suffisent pour obtenir les effets désirés. Le Docteur
Morin, dans son Manuel dHygiène de 1835, semble moins convaincu
par les bains de mer : " On est presque toujours étonné
de les entendre vanter si fort " écrit-il. Ils seront par
la suite souvent recommandés, tant par les médecins hygiénistes
que par les spécialistes du savoir-vivre, comme la baronne Staffe,
mais avec de redoutables précautions.
Tout dabord, sont écartés du bain les moins de 10
ans et les plus de 50 ans. Ils sont formellement déconseillés
aux femmes enceintes, " le spasme de limmersion pouvant tuer
le ftus " (sic). Ils sont également déconseillés
aux personnes souffrant daffections cardiaques, respiratoires
et digestives. Un foie qui fonctionne mal, des articulations douloureuses,
des accès de goutte, suffisent à les interdire. Le "
profil type " serait un tempérament anémique, lymphatique
ou hypocondriaque. Et encore ! Les avis sont partagés entre les
effets stimulants et calmants. Selon le praticien, une personne "
nerveuse " ou " mélancolique " ira ou nira
pas se baigner, se verra prescrire tantôt la Manche, tantôt
la Méditerranée.
Chacun codifie le rituel du bain. La baronne Staffe, en 1891, conseille
de se baigner trois heures après le repas. La mer doit être
calme, mais la baigneuse aussi. Elle doit se déshabiller lentement,
mettre son costume de bain, puis un manteau et se promener un peu sur
la plage. Elle doit entrer dans leau rapidement, y rester quelques
minutes, puis regagner, toujours lentement, sa cabine, sessuyer,
et se rhabiller doucement.
Cette lenteur est de bon ton et nécessaire pour la santé.
Vertus de leau de mer
Il existe une identité physiologique entre leau
de mer et le plasma sanguin. Leau de mer contient en effet une
soixantaine doligo-éléments. Sa densité est
2,5 fois supérieure à celle de leau douce. Les algues
et les boues marines agissent dans leur milieu naturel comme des capteurs
déléments minéraux indispensables. Il y a
autant diode dans un kilo dalgues fraîches que dans
10 000 litres deau de mer.