La pêche et les pêcheurs en Algérie, mémoire,
Edgar Scotti et Joseph Palomba.
Avec laccord et la complicité bienveillante de Bernard
Venis
Un grand merci à tous les trois pour ces lignes qui sentent autant
le sel que liode.
La palangre
" J'ai cherché, mais en vain, pourquoi dans les nombreux
dictionnaires et encyclopédies, "palangre" était
féminin alors que nous, en Algérie, disions, et partout,
de l'Est à l'Ouest "un palangre" ".
Françoise Bernard Briès
Là je suis tout à fait en accord avec Françoise
Bernard Briès et je rajouterai que, à notre époque,
il ny a que dans les films de Cousteau que lon entendait
parler de mérou, pour nous cela à toujours était
un mérot. Cest comme le bromitch que les puristes écrivent
" Brou " alors que jai toujours prononcé "
Bro " dans ma petite enfance, mais cest bien comme ça
que lon fait évoluer une langue. Cest ce qui me console
!
Chounet
Qui peut encore se souvenir du métier de la Senne ou Bouliche,
si populaire sur les plages des " sablettes " à Hussein-Dey
ou de " la Consolation " à Bab el Oued. Du Tartanon,
du Retz volant, du Bagdassou, du filet mugière, du Boguière
et du Gangui, ancêtre du chalut encore en usage sur la côte
varoise, des Thonnaires et des Bonitières, toutes sortes de filets
flottants, maintenant rangés au fin fond de nos souvenirs. Parmi
ces métiers, seul subsiste à ce jour le filet Trémail
ou trois mailles dont nous ne parlerons pas et la pêche à
la palangre dont nous dirons un mot.
La palangre est un cordage très long auquel on suspend perpendiculairement
par intervalles réguliers de courtes lignes avec hameçons
à leur extrémités. Elle servira à la pêche
pratiquée sur une barque motorisée nommée palangrier.
On désigne patron palangrier, le marin propriétaire de
cette embarcation qui pratique le métier de la palangre et aussi
la pose de nasses sur les fonds rocheux à la recherche de quelques
problématiques langoustes.
Cette fonction était dans le passé, de très grande
importance pour laide fournit par ces hommes au développement
de la pêche au chalut. En effet, le patron dun palangrier,
de par la nature de son métier, connaissait la position des roches
éparses sur le fond de la mer, pour y avoir souvent accroché
ses lignes. Il connaissait les fonds disait-on " les yeux fermés
". Ce savoir transmis au maître de pêche dun
chalutier , souvent un parent ou un ami, permettait à celui-ci
détablir avec sûreté un parcours de traîne
sans danger pour son chalut.
Ce métier riche de sa production de beaux et gros pageots, dantis,
sars, dorades, mérous, badèches, ombrines, rascasses,
voir congres et missoles, fut importé sur le littoral algérois
par les premiers pêcheurs venus de Sicile, comme à Castiglione,
ou de Ischia et Gaèta à Alger. Cette pêche était
aussi très développée sur la côte de la petite
Kabylie où de Bougie à Djidjelli, les pêcheurs musulmans
étaient les premiers à la pratiquer. Nous avons encore
le souvenir du retour de pêche dans ce dernier port, des palangriers
locaux chargés à ras bord de gros mérous et de
badèches dépassant couramment les 60 à 80 Kgs.
Edgar Scotti et Joseph Palomba