Si deux sortes de bonites
font le délice des gourmets, il en va tout différemment
des autres thonidés et les petits cousins des thons blanc et
rouge ne présentent pas, loin s'en faut, le même attrait.
Le premier
d'entre eux dont le nom espagnol est Melva, mais que les Italiens nomment Tombarello ; les Pieds Noirs l'appelaient le Tromblon.
À Nice, on lui préfère Strumbu et en Corse
Palamida. On peut le déplorer dans la mesure où
il s'agit là du troisième nom de la vraie bonite.
Son nom scientifique
est "Auxis Thazard" (Lacépède).
Sa taille est réduite, jamais plus de 50 cm. Son museau est
très court, comme remonté vers le haut et surtout sa
chair est d'un rouge soutenu, vineux. Il est aussi quelque peu indigeste.
D'où le danger de le confondre avec le thon.
Les deux nageoires
dorsales sont très nettement séparées et les
dessins de son dos s'apparentent à ceux du maquereau. C'est
aussi le poisson bleu le plus foncé ; il a même
un aspect noir. Tout concourt à le rendre déplaisant :
sa couleur, celle de sa chair, son museau et son goût. Il est
doit être pour beaucoup dans la réputation des thonidés
sur la Côte d'Azur, où ils sont peu appréciés.
La fausse bonite
maintenant ou Thonine, qu'en Algérie on appelait la
Bacorète de son nom espagnol Bacoreta. les Italiens
l'appellent Tonetto. À Nice, quand on ne la confond
pas avec la Bonite, on la nomme Thounnia, Tounnio ou
Tonna, son nom scientifique est "Euthynnus Alletteratus" (Rafinesque),
alletteratus signifiant
griffonnages, comme les marques qui sont sur son dos et celui du maquereau.
Le nom turc, Yazili Orkinos signifie " écrit
sur le poisson", pas moins. Elle se distingue néanmoins
du précédent du fait que sa nageoire pectorale est moins
élancée, que ses deux nageoires dorsales sont moins
séparées et que 4 à 5 points apparaissent sous
sa pectorale.
La chair de la Thonine
n'est pas aussi fine que celle de la Bonite mais elle est loin d'être
désagréable. En Algérie la raison de son achat
résidait dans son prix, modeste.
La Palomète
ou Orcynopsis Unicolor n'existe que dans le sud de
la Méditerranée. Elle très estimée à
Tunis où elle s'achète deux fois plus cher que tous
les autres thonidés. Son corps est plus élancé,
plus mince et se caractérise par l'absence quasi totale de
marques et ou dessins et par la hauteur en voilure de sa première
dorsale.
Pourquoi ne remontent-elles
pas au Nord de la Méditerranée, c'est tout le mystère
de ces poissons, thons compris, dont on a toujours tenté d'élucider
les migrations qui sont essentiellement dictées par la températures
des eaux ou les migrations de leur proie privilégiées.
Gérard STAGLIANO