la réponse :
Méditer. : Saupe. Scientifique : Boops Salpa
Est ce que, par hasard, sous la signature de Gérémi
ne se cacherait pas un des frères Stagliano et pourquoi pas les
deux ?
Dans ta "Noble" et grande bonté,
Marc, tu m'as accordé un droit de réponse que je vais
utiliser aujourd'hui. Dans ma mémoire, la tchelba est une véritable
poésie. Les poissons Méditerranéens sont, en règle
générale, "racés". Certains sont très
colorés, d'autres moins, mais ils sont peu à pouvoir soutenir
la comparaison avec des poissons tropicaux. La tchelba est un de ceux
qui pourraient soutenir cette comparaison avec ces bandes horizontales
jaunes d'or si bien décrites dans l'article de Gérémi,
sans parler de son pourtour argenté et de son il jaune
avec une pupille noire, et avec, en plus, l'architecture d'un poisson
de mer et pas celle d'un poisson d'aquarium. Son corps "ovalaire"
la prédispose à la vitesse, les plus grands "designers",
ceux qui carrossent nos bolides dans lesquels nous nous croyons invincibles
auraient eu beaucoup de mal à faire aussi simple et aussi beaux.
Dans l'eau et en bande la tchelba est un
opéra dansé, par grands mouvements courbes, le banc se
déplace en utilisant largement l'espace sous-marin, du fond à
la surface et de l'Est à l'Ouest de notre champ de vision quelque
peu réduit par le masque qui nous permet de voir, sous l'eau,
comme nous voyons hors de l'eau. Cet opéra est rythmé
par les "bruits" du "monde du silence". Ces bruits
qui ont une musique toute à fait particulière et une résonance
due à une acoustique tellement peu habituelle qu'il faut une
certaine communion avec l'élément marin pour en apprécier
la qualité.
En ce qui me concerne je suis prêt à
la consommer à toute heure du jour et n'importe quel jour de
n'importe quel mois pourvu qu'elle fût vidée dès
sa sortie de l'eau. Elle peut même être préparée
tout simplement avec un peu d'ails et de persil, de l'huile d'olive
et un jus de citron. Je revendique la simplicité dans mes goûts
culinaires et j'assume ce positionnement que beaucoup qualifie de snob,
car aujourd'hui, pour être dans le ton, il faut tout compliquer.
Ça fait très "savant". La viande comme le poisson,
moins c'est "travaillé", meilleur c'est et cela vaut
particulièrement pour la tchelba.
Si mes souvenirs sont exacts, mon initiation
à la plongée à la lampe, de nuit, je l'ai faite
avec Jean Pierre Rozey. Nous partions vers vingt-trois heures du cabanon
Farudja et nous faisions un grand tour au large de la plage Martin.
Un soir je suis revenu avec une très belle tchelba que mon père
a préparé le lendemain. Ce fût un régal,
mais chacun ses goûts.
Je vénère la tchelba, et je continuerais
à la vénérer.
Chounet
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