la critique :
Méditer. : Saupe. Scientifique : Boops Salpa
Alors ce nest pas beau un seigneur pareil
? Sais-tu quà table, au niveau de lassiette, il vaut
tous les grands : jentends, loup et daurade royale, que tu nas
pas lair davoir mastiqué aussi souvent que nous pour
proférer lignominie, que jai lue dans un passage
concernant la tchelba. La tchelba et je finirai là-dessus, est
meilleure quelle-même seulement en septembre à lépoque
des vendanges, en gros spécimens de préférence,
grillée ou en "escabèche espagnole". Cela ne
devient pas trop dur pour toi, presque un Breton ? Je tenverrai
peut-être un dictionnaire si tu ne peux pas suivre.
Non je blague et suis sûr que tu piges tout,
en tant que "nostalgérois", comme moi, je le lis entre
tes lignes.
Marc Stagliano
Index Mails
La saupe ou box-salpa (boops salpa)
: il s'agit là du poisson le plus controversé de la Méditerranée.
Certains lui reconnaissent de multiples qualités, d'autres -
dont nous sommes - le dédaignent souverainement sur la table.
C'est néanmoins un spécimen si courant que nous nous attarderons
davantage.
D'abord, sa taille est bien plus imposante,
il va constituer la première prise d'importance pour le chasseur
parce qu'il vit en troupe innombrable ; c'est le "mouton de la
mer" : quand l'une prend peur et s'enfuit, toutes les autres suivent
dans un beau chahut, chahut qui nous vaut parfois de perdre d'autres
occasions bien plus tentantes.
Le corps est ovalaire, avec
un abdomen bien renflé. L'il est jaune avec une pupille
noire ; son pourtour est très argenté, marqué
de traits radiés bruns.
La saupe porte de brillantes couleurs, une dizaine de bandes horizontales
jaune d'or s'étendent le long du corps, sept au-dessous de la
ligne latérale, trois au-dessus.
Les pieds-noirs et les Arabes l'appellent
"chelba" (prononcez tchelba). Ces derniers attribuent à
ce poisson des vertus thérapeutiques qu'il n'a sans doute pas,
mais qui sont dues à sa richesse en phosphore, surtout ceux qui
mangent la tête ; le phosphore en excès favorise les rêves,
voire les cauchemars, et il faut éviter de le manger le soir.
Les amateurs de ce poisson,
il en existe, prétendent qu'il faut le consommer de préférence
à l'époque des vendanges, très frais, après
l'avoir nettoyé et tailladé, le passer au vinaigre en
ayant pris soin de lui enlever toute la peau noire qui recouvre l'intérieur
de l'abdomen. Grillé sur feu de bois, avec une once de beurre
ou d'huile d'olive. Bon appétit, mais pour notre part, ayant
tout essayé, nous préférons nous abstenir.
A remarquer qu'il est vendu
parfois sous le nom de "dorée" et pourquoi pas de "dorade
du
golf". Faut-il le déplorer ? Oui, sans hésitation
ni murmures !
Extrait d'un article paru dans Nice Matin,
intitulé "ET SI NOUS CHASSIONS UN PEU
" Sous-titré
"V. Après la noblesse (de robe)
Le tiers-état
!" et signé "GÉRÉMI"