Méditer. : Corb, Corbeau. Scientifique : Gorvina
Negra
Sans doute le poisson le moins connu de tous les
sédentaires, lun des meilleurs sur la table aussi et lun
de ceux pour lesquels les noms sont aussi variés que nombreux.
Il vit généralement en famille dans
des endroits escarpés et rocheux, dans des trous profonds et
sombres. Il ne chasse que la nuit et ne se rencontre que tard le soir
ou très tôt le matin.
On dirait un poisson daquarium égaré
dans la mer. Cest laristocrate par son allure générale
et la séduisante harmonie qui se dégage de sa forme et
de la couleur de sa robe.
Comme aspect général, il ressemble
beaucoup à lombrine
commune avec laquelle on pourrait le confondre facilement, à
lhabitat près. Lallure du corps est en effet la même,
seules les couleurs diffèrent : le brun est beaucoup plus
foncé et tire sur le noir, avec de somptueux reflets bronze et
or ; de là son nom de corbeau. Les nageoires, généralement
de bonne taille, sont en général noires ou dun brun
très foncé ; les ventrales sont caractérisées
par un rayon blanc qui tranche nettement sur le bord antérieur.
Le corb ou corbeau dont les noms scientifiques
sont Corvina Nigra (Bloch) ou Sciaena Umbra (Linné)
présente un intérêt extra-culinaire, il faut
le signaler aux amateurs de médailles, fétiches et autres
babioles du même acabit. Il sagit dun osselet blanc,
dur, à forme caractéristique que l'on trouve dans ses
joues. Cest paraît-il un porte bonheur très
apprécié des chasseurs sous-marins sentimentaux et/ou
dames qui flirtent avec la chasse sous-marine. Il en existe.
Les Pieds Noirs lappellent Scorbaï ;
dans le Roussillon, il devient Courbail, en Provence Verdo,
ou Peï-Coua ; à Nice, il devient Cuorp
mais aussi Corvine, Loup de rocher, Cur
tandis quen Corse on le nomme Beccu ou Guarda Secca.
Nos voisins méditerranéens le désignent :
les Italiens, Corvo ; les Espagnols, Corvallo.
Il peut atteindre 75 cm et 10 kilos, parfois plus,
car cest un poisson qui vit très vieux (20 ans) et qui
évolue majestueusement dans leau, qui se laisse facilement
approcher comme tous les prédateurs dailleurs
mais qui a parfois, et au dernier moment, la faculté de
littéralement seffacer. Il nous est arrivé ainsi,
et nombre de fois, de les rater.
Sans compter que, devant tant de majesté,
on a parfois quelque scrupule à appuyer sur la détente.
Cuit, au four, sur un lit doignons rouges et de tomates, il est
tout simplement délicieux bien que certains gourmets ne trouvent
que très peu dattraits à ce poisson moins estimé
que sa cousine, lombrine.
Nous le tenons comme lun des tous premiers sur la table. Subjectivité
oblige.
Gérard STAGLIANO