MÉMOIRES DE BAINS ROMAINS

Le Scorbail

| A | B |
| C | D |
| E | F |
| G | H |
| I | J |
| K | L |
| M | N |
| O | P |
| Q | R |
| S | T |
| U | V |
| W|X |
| Y | Z |

 

Retour à l'index lettre S

Méditer. : Corb, Corbeau. Scientifique : Gorvina Negra

Sans doute le poisson le moins connu de tous les sédentaires, l’un des meilleurs sur la table aussi et l’un de ceux pour lesquels les noms sont aussi variés que nombreux.

Il vit généralement en famille dans des endroits escarpés et rocheux, dans des trous profonds et sombres. Il ne chasse que la nuit et ne se rencontre que tard le soir ou très tôt le matin.
On dirait un poisson d’aquarium égaré dans la mer. C’est l’aristocrate par son allure générale et la séduisante harmonie qui se dégage de sa forme et de la couleur de sa robe.
Comme aspect général, il ressemble beaucoup à l’ombrine commune avec laquelle on pourrait le confondre facilement, à l’habitat près. L’allure du corps est en effet la même, seules les couleurs diffèrent : le brun est beaucoup plus foncé et tire sur le noir, avec de somptueux reflets bronze et or ; de là son nom de corbeau. Les nageoires, généralement de bonne taille, sont en général noires ou d’un brun très foncé ; les ventrales sont caractérisées par un rayon blanc qui tranche nettement sur le bord antérieur.

Le corb ou corbeau – dont les noms scientifiques sont Corvina Nigra (Bloch) ou Sciaena Umbra (Linné) – présente un intérêt extra-culinaire, il faut le signaler aux amateurs de médailles, fétiches et autres babioles du même acabit. Il s’agit d’un osselet blanc, dur, à forme caractéristique que l'on trouve dans ses joues. C’est – paraît-il – un porte bonheur très apprécié des chasseurs sous-marins sentimentaux et/ou dames qui flirtent avec la chasse sous-marine. Il en existe.

Les Pieds Noirs l’appellent Scorbaï ; dans le Roussillon, il devient Courbail, en Provence Verdo, ou Peï-Coua ; à Nice, il devient Cuorp mais aussi Corvine, Loup de rocher, Cœur tandis qu’en Corse on le nomme Beccu ou Guarda Secca. Nos voisins méditerranéens le désignent : les Italiens, Corvo ; les Espagnols, Corvallo.

Il peut atteindre 75 cm et 10 kilos, parfois plus, car c’est un poisson qui vit très vieux (20 ans) et qui évolue majestueusement dans l’eau, qui se laisse facilement approcher – comme tous les prédateurs d’ailleurs – mais qui a parfois, et au dernier moment, la faculté de littéralement s’effacer. Il nous est arrivé ainsi, et nombre de fois, de les rater.
Sans compter que, devant tant de majesté, on a parfois quelque scrupule à appuyer sur la détente. Cuit, au four, sur un lit d’oignons rouges et de tomates, il est tout simplement délicieux bien que certains gourmets ne trouvent que très peu d’attraits à ce poisson moins estimé que sa cousine, l’ombrine.
Nous le tenons comme l’un des tous premiers sur la table. Subjectivité oblige.

Gérard STAGLIANO

 

 

Index

Toutes nos pages :

Faune sous-marine

 

Planche d
     
 
Haut de page