... et
la Vache
La
vache, c'est là encore, un poisson que l'on ne rencontrera
à la chasse sous-marine que pour mémoire. Pas question
de le tirer, il est trop petit. C'est le Serranus Scriba,
donc de la famille des mérous
dont il est loin d'atteindre la taille.
Mais son attrait réside
dans les couleurs de sa robe, zébrée de différents
bruns avec une touche de jaune et de violine, absolument magnifique.
Il fait penser à un poisson d'aquarium égaré
dans la mer. Sa chair est très fine et, quand nous l'attrapions
à la ligne, avec les girelles,
vidroits et autres racaos
(rouquiers de ce côté-ci de la Méditerranée),
il constituait, une fois frit, la convoitise principale des doux " belligérants "
qui devaient se partager les bestioles autour de la table familiale.
En Corse, où le
fonds marin ressemble comme un frère au nôtre, à
celui de " LÀ-BAS ", comme on dit sur la
Côte d'Azur en parlant de l'Algérie, elles sont non seulement
légion mais atteintes parfois de gigantisme. Je crois même
en avoir tiré une, un matin d'égarement, surtout pour
ma flèche tahitienne.
Elles font partie de la
grande famille des sarrans, dont la robe est - elle - résolument
brune avec tous les tons de bruns possible mais avec des rayures transversales
et non pas uniquement verticales comme chez la vache.
Mon jumeau Marc semble
d'ailleurs avoir oublié le sarran dans l'énumération
qu'il fait de sa palette odorante de poissons, étalée
sur la petite plage de sable sous le boulevard Pitolet dans Odeurs,
alors que, dès que nous sortions pêcher en barque, le
sarran constituait, assurément, la majorité des prises
tant sa gloutonnerie est grande.
Ils sont tous deux, la
vache comme le sarran, des éléments incontournables
de la bouillabaisse et ou de la soupe de poissons. Mais au gourmet
que je reste, si vous demandez de choisir un poisson pour l'assiette
et qu'il y a mille sarrans et une vache, vous me verrez prendre sans
aucune gêne, mais alors aucune, la vache ! Pardi.
Pour ceux qui ne
feraient pas le même choix, après tout c'est affaire
de goût.
Bon appétit !
Gérard STAGLIANO