Voilà un poisson
à la belle réputation. La mérite-t-il ? C'est
un tout autre problème !
C'est le Pagel commun
ou Erythrinus ou si l'on veut encore être plus clair
le Pageau ou Pageot, le Pageou des Provençaux. Il devient très gros,
quand on lui en laisse le loisir, mais que l'on rencontrera que très
rarement à la chasse sous-marine.
Il apprécie les
grandes profondeurs et le sable, un endroit où l'on ne trouve
guère d'intérêt avec un fusil (arbalète)
à la main.
Comme le marbré,
il ne bénéficie pas d'une renommée gastronomique
prestigieuse. Sûrement à cause des nombreuses arêtes.
Il faut avoir vu les couleurs de sa robe au sortir de l'eau :
tous les tons de rose y sont déclinés, avec des bandes
verticales plus foncées qui ne tardent d'ailleurs pas à
disparaître. Et des points d'un très beau bleu sur le
haut du dos tout aussi éphémères.
C'est, en tout cas, un
des constituants principaux de la fameuse bouillabaisse.
Il existe une autre variété
de pagel : le pagel rousseau (Pagellus centrondontus). Les Arabes et les Pieds-Noirs le dénomment
"Mafroun".
Il est moins rose que le vrai. Il est surtout - peut-être nous
montrons nous trop subjectif - bien meilleur sur la table et surtout
bien moins épineux.
À la chasse sous-marine,
on ne le rencontrera jamais, lui non plus, tant il affectionne les
grandes profondeurs. Les pêcheurs à la ligne le connaissent
bien, et le confondent volontiers avec le vrai. Il a quand même
une caractéristique qui le différencie du vrai, sans
hésitation, pour un oeil averti, car il a le front cassé
et, partant, le museau moins pointu.
Gérard STAGLIANO