Oursines : avis de recherche
Mon Oursine
La suite du débat
Les oursines, n'est ce pas les gros oursins dont les extrémités
des grosses epines sont blanches ?
C'est comme ça qu'on appelle ces oursins sur Toulon.
A+.
verdier@itrec.com
OURSINES : avis de recherche
" Oursines "
. Un mot écrit ou dit suffit à
faire naître dans notre esprit une image précise, souvent
en mouvement. Cest la magie du verbe.
Lorsque jai lu le mot " oursine " dans le répertoire
du site " bainsromains.com ", aussitôt est apparu dans
ma mémoire un échinidé* violet foncé, encore
humide, gros comme un beignet italien et un peu aplati aux pôles,
avec des piquants courts, trapus, aux extrémités toutes
rondes et très blanches.
Mes années se comptaient encore sur les doigts dune main
lorsque jai vu une " oursine " pour la première
fois. Mon père lavait posée sur sa récolte
doursins faite le long des rochers qui bordaient notre plage des
Bains Romains. Jai pu la prendre à pleines mains, sans
me piquer.
Ce gros oursin pas comme les autres nétait pas comestible.
Jai voulu que mon père louvre
Effectivement,
on ny voyait pas à lintérieur les cinq fuseaux
orangés si goûteux des oursins familiers de nos assiettes
estivales. Mais quy avait-il ? Je ne me souviens plus.
Lorsque je fus en âge de porter un masque, je me mis à
explorer les fonds sous-marins de notre plage, toujours sans tuba, car
je naimais pas parasiter mes oreilles avec le bruit de ma propre
respiration. Il nétait pas nécessaire daller
bien loin pour avoir la vision dun fabuleux spectacle. Dans ces
fonds chaotiques et foisonnants, il marrivait de rencontrer une
" oursine ", isolée au milieux des oursins bien connus,
décrits et montrés si poétiquement sur ce site.
L " oursine ", donc, est un animal rare. Mais pourquoi
ce féminin ? Enfant, je croyais que cétait la maman
des oursins ou encore la reine des oursins, par analogie avec la reine
des abeilles de la ruche.
Depuis, jai appris quil existe 750 espèces doursins
dont le " Paracentrotus lividus " que nous aimions déguster
aux Bains Romains comme de ce côté-ci de la Méditerranée.
Chez toutes ces espèces, les sexes sont séparés.
Il existe donc des oursins mâles et des oursins femelles, mais
extérieurement, rien ne les distingue. Intérieurement,
chez le Paracentrotus lividus, les cinq gonades (ou glandes reproductrices)
ont une forme de fuseau orangé pour les gonades femelles, jaune
pâle pour les gonades mâles. Cest la seule différence
visible à lil nu.
Donc, notre oursine nétait pas une femelle isolée
dans un monde doursins mâles. Et il est fort probable quil
y avait des oursines mâles et des oursines femelles. Ce que mon
père appelait " oursine " était tout simplement
un oursin dune espèce plus rare, non comestible.
En me promenant sur le web, jai trouvé une photo de "
Sphaerechinus granularis "** . Cela ressemble assez à notre
oursine.
Doù mon père tenait-il cette appellation ? Dune
tradition orale familiale, bainsrominoise , ou, plus largement pied-noir
? Il ne se souvient plus.
Jai compulsé les dictionnaires contemporains, le dictionnaire
du français dAlgérie ***, le mot ny est pas.
Dans un Larousse du début du XXème siècle, il désigne
une plante de la famille des ombellifères
qui a dû
changer de nom depuis.
Et pour vous, une " OURSINE
", quest-ce que cest ?
A vos claviers !
Camille Delpla, Dumont-Desgoffe
*Rappel : loursin fait partie de la famille des échinidés,
classe des Echinides, sous-embranchement des Eleuthérozoaires
, embranchement des Echinodermes et, comme nous humains, des Métazoaires.
Cela situe en gros cette adorable petite bête.
** " http://
perso.wanadoo.fr/gonzales.manuel " cliquer sur " suivez-nous
",puis sur " la faune "
***Dictionnaire du français dAlgérie -Jeanne
Duclos- Ed.Bonneton
Chère Camille,
A mon avis votre appellation "oursine" est un mot à
vous, ce genre d'oursins que tu décris dans ton texte est appelé
"Microcosmus sulcatus" et ne se trouve qu'en Méditerranée,
d'après l'encyclopédie Larousse
.
Solange
Chère Solange,
Le microcosmus sulcatus* n'est pas un oursin, mais une ascidie comestible
( si tu cherches sur Google ce microcosmus, clique ensuite sur herbier
de Posidonie). Voici ce qu'en dit mon encyclopédie Larousse (1973)
à la rubrique des Tuniciers:
( lembranchement des Tuniciers comprend 3 groupes dont celui
des ascidies, qui sont des tuniciers fixés)
"Les ascidies, connues également sous le nom d'outres
de mer, sont souvent ignorées du public, à l'exception
des Microcosmus comestibles et vendus dans les ports méditerranéens
sous le nom de violets (ou vioulés) ."
Mes oursines avaient la particularité essentielle d'avoir les
pointes des piquants très blanches
Camille
Maman m'a dit qu'elle appelait tes "oursines" des oursins
blancs à cause des pointes blanches et qu'elle en trouvait très
rarement et seulement dans des nasses.
Solange
Mon oursine
Jai beaucoup parlé des oursins pour des tas de raisons
et peut être aussi parce que loursin annonçait la
société dabondance dite de consommation
dans laquelle nous allions sauter des deux pieds quelques années
plus tard. Loursin ne sachetait pas, sauf au bord de la
route, où des enfants se faisaient un peu dargent de poche.
Loursin, nous lavions à profusion, il suffisait daller
le chercher et les jours à oursins, pour ceux qui aimaient ça,
ce nétait pas trois ou quatre oursins mais trois ou quatre
douzaines que nous pouvions déguster.
Lousine, elle, cétait un véritable petit
trésor quand nous arrivions à en trouver une ; loursine
cest du "un pour cent" dans une corbeille bien pleine
un jour de grand festival. Loursine est effectivement plus grosse
et plus ronde que loursin et elle a des épines plus courtes,
plus épaisses avec des bouts ronds et des pointes blanches, on
dirait une chevelure de grand-mère qui commence à blanchir.
Autant loursin doit être pris avec précaution, autant
loursine est agréable dans la main.
Loursine souvre plus facilement que loursin et la
découpe est plus nette, loursine est toujours très
pleine, à la différence de loursin qui est quelquefois
bien vide ; je nai jamais entendu dire que loursine nétait
pas comestible, jen ai dégusté pas mal et jen
ai vu, il y a quelque temps sur létal dun poissonnier.
De plus ce qui se déguste dans loursine, les quartiers
dorange, sont beaucoup plus laiteux, cest un
peu la différence qui existe entre une huitre en lait (ou laite,
ou laitance) et une qui ne lest pas, et comme je préfère
les huitres en lait, je préfère loursine à
loursin; ça cest un clin doeil à Camille
pour un prochain plateau de fruits de mer.
Je voudrai revenir sur le texte de Camille qui nous parle dun
masque sans tuba pour éviter découter sa propre
respiration. A chacun sa manière de faire et pourquoi pas se
concentrer sur le monde du silence, qui est très loin dêtre
silencieux, sans être perturbé par des bruits parasites.
Pour moi, le tuba
que lon appelait " tube " dans le langage de la plage
Martin, est une invention extraordinaire, car il permet de passer une
heure ou plus dans leau sans être obligé de lever
la tête pour prendre sa respiration. Après une plongée,
il y avait toujours un peu deau qui restait dans le " tube
" et le bruit de la respiration était complété
par des borborygmes très sécurisant car il était
bien question de reprendre son souffle. En règle générale,
à chaque plongée, nous donnions le maximum de nos possibilités
en matière dapnée, et tout ça pour jouir
le plus longtemps possible de ce monde sous-marin qui nous fascinait.
A chaque plongée le " tube " se remplissait deau
en glougloutant et à chaque remontée il fallait expulser
le plus possible deau avec lair de nos poumons, ce qui provoquait
un geyser salvateur.
Mon " tube " était un tube en " fer blanc "
légèrement amoché à son extrémité
la plus haute et sans aucune sophistication du type boule de plastique
sensée boucher lorifice à la plongée pour
éviter que leau ne pénètre à lintérieur.
De mémoire il doit être sur une des deux ou trois photos
sous-marines prisent par mon frère, à lépoque
ou il commençait à en faire, avec un matériel datant
des balbutiements de limage sous-marine.
Cest ce même " tube " qui a bien faillit arracher
mon masque lors dun passage sous le grand rocher de Camille.
Chounet

J'ai retrouvé mon tube !!!
Photo collection bainsromains.com, crédit photographique
Biquet.
Oursines : avis de recherche
Mon Oursine
L'Oursine est effectivement une espèce
différente de l'oursin, que personnellement je laisse très
volontiers aux amateurs, lui préférant de beaucoup l'oursin,
mais alors de beaucoup. C'est même pour moi sans comparaison aucune.
Ceci dit et contrairement à une assertion lue dans le débat,
ce n'est pas un produit typiquement méditerranéen, car
j'ai eu la faiblesse d'en choper une en Martinique, une île qui
n'a pas l'heur d'être située en Méditerranée.
Quant au tuba ou tube, personnellement j'ai toujours dit tuba même
en Algérie, j'ai coutume de dire à ceux qui n'en utilisent
pas :
"Un masque sans tuba, c'est comme un vélo sans pédalier,
et un masque sans tuba ni palmes, c'est comme un vélo sans pédalier
ni roues, cela ne sert à peu près à rien."
Fin de citation.
Pour être précis si vous suivez un beau poisson d'un oeil
averti et qu'il vous faut lever la tête pour respirer et la remettre
ensuite dans l'eau. Je pose la question : "Où est passé
ledit poisson, dans quel trou s'est-il enroché ?" J'attends
la réponse.
Gérard Stagliano
Tuba or not tuba ?
That is the question.
Pour moi, elle a été résolue. C'était et
c'est encore: pas de tuba! Cela a toujours fait hurler les pêcheurs
sous-marins. Mais si mon père, mon mari et mon fils en sont,
moi je ne l'ai jamais été. Pourquoi? Parce que jamais
je n'aurais pu tirer sur un poisson dont j'aurais croisé le regard.
Quant à l'attaquer par derrière, c'eût été
pire encore.... J'entends les hurlements!....Et quand j'ajouterai que
pêcher à la traîne ou à la palangrotte me
passionnait, à condition d'avoir sous la main quelqu'un pour
décrocher le poisson, les hurlements vont redoubler!
Donc, si on ne piste pas le poisson sous l'eau, on se passe fort bien
de tuba. Cela permet de se faufiler partout sans risquer de rester accroché
comme Chounet sous "mon" grand rocher.
Concernant les oursines, je suis ravie d'apprendre que nous sommes
nombreux à mettre le même oursin sous ce vocable. Ce n'était
donc pas une invention familiale.
Et je ne regrette pas de n'en avoir jamais mangé. Aux Bains Romains,
l'espèce a été préservée de cinq
prédateurs pendant quelques années.
Mais qui a dit que c'était une espèce typiquement méditerranéenne?
Il y a encore confusion avec les violets qui ne sont pas des oursins.
Oursinement vôtre.
Camille Delpla
Oursins ( Paracentrotus lividus) et (Arbacia lixula L.) et Oursine
(Sphaerechinus granularis)
Ce que nous appelions majoritairement lOursine (Sphaerechinus
granularis) est un type doursins, qui se rencontrent isolément
en Méditerranée, dans la zone côtière de
3-5 jusquà 30 mètres. Il ou elle mesure de 6 à
7 cms de diamètre. La couleur est dun beau violet foncé.
Les pointes des piquants très courts et très serrés
sont dun blanc pur. Les jeunes de 1-2 cms de diamètres
sont presque blancs ou rougeâtres.
A contrario loursin commun (Paracentrotus lividus) se rencontre
contre les rochers en eau peu profonde, dans la zone côtière
supérieure. Il ne mesure que 4-5 cms de diamètre. Cest
loursin le plus commun de Méditerranée. Il est presque
toujours en groupes, formant de grands bancs avec lOursin noir
(Arbacia lixula L), qui lui creuse des cavités hémisphériques
dans le calcaire tendre ou le grès. Les Oursins communs (Paracentrotus
lividus) couvrent leur face supérieure de toutes sortes de corps
étrangers, tels que coquilles vides, feuilles dalgues et
petites pierres, probablement pour se protéger dune luminosité
trop forte.
Le corps de lOursin noir (Arbacia lixula L.) est plus aplati
de haut en bas. Les jeunes individus sont presque toujours plus clairs
que leurs aînés.
Les piquants de lOursin noir sont plus longs que ceux de lOursin
commun. LOursin noir ne peut pas porter de corps étrangers
protecteurs, ses tubes ambulacraires supérieurs étant
dépourvus de ventouses. Cest une bonne façon de
les reconnaître, vus de la surface, par rapport aux oursins communs
les plus foncés (marrons ou brun-rouge). La palette colorée
des oursins communs est superbe et très variée, allant
du jaune vert clair au rouge-brun foncé. Enfin la zone circum-buccale
de lOursin noir est presque deux fois plus grande que celle de
lOursin commun.
Ces commentaires scientifiques sur nos oursins de Méditerranée
sont extraits du " Guide de la Faune Sous-Marine des Côtes
Méditerranéennes " de W. Luther et K. Fielder aux
éditions Delachaux et Niestlé à Neufchâtel
(Suisse).
Marc Stagliano
Nous allons devenir calés en matière d'oursins!!
En résumé, notre oursine est bien un "sphaerechinus
granularis".
Mais ce que ne nous dit pas le texte de Marc et Aline, c'est l'origine
du mot "oursine". Là, ce n'est plus l'affaire des sciences
nat., mais de la linguistique.
Camille
Non effectivement nous ne savons toujours pas pourquoi loursine
sappelle " oursine " et pas " oursin blanc "
par exemple. Y a-t-il une explication ? Si il y en a une je pense quelle
doit se perdre dans la nuit des temps, et si nous faisons la comparaison
visuelle et sensorielle entre loursin et loursine nous trouverons
des qualificatifs plus féminins chez loursine, alors loursine,
je nhésite pas à le dire, porte bien son nom.
Chounet
Oursines : avis de recherche
Mon Oursine
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