(suite)
Il était une fois
un joli poisson tout au fond de la mer
Zavez-vu comme je suis belle ! je mappelle Ombrine,
Regardez mes beaux reflets bleus et jaunes sur mes flancs.
Quand les rayons du soleil traversent leau, je brille comme un
bijou !
Je suis un poisson, je vis dans locéan, au milieu des vagues,
et jaime les eaux chaudes
Quand la mer sagite, je me balance, je joue avec mes amies, les
ombrines.
Depuis que nous sommes nées, nous vivons toujours ensemble, nous
ne nous quittons jamais.
Il y a des bancs de bébés ombrines, des bancs de moyennes
ombrines, et même ma-t-on dit des très grosses ombrines !
Nous, nous mesurons 50cm, et nous pesons 5 ou 6 kg.
Si je deviens bien vieille, je pourrai mesurer 1m et peser 50kg !
Je ne penserai plus à jouer
.
Toutes ensemble, nous aimons bien chercher des petits vers dans le sable,
ou bien chasser les petits poissons.
Une fois par jour, avec la marée, nous nous approchons de la
côte, près des gros rochers, là ou la mer tape fort
et décroche des coquillages !
Lorsque nous
sommes près du bord, nous voyons des choses étranges
.
Des sardines, comme suspendues à un fil, se balancent dans les
vagues . Nous aimons bien les sardines, nous aimons bien sauter dans
les vagues pour les attraper !
Mais je ne comprends pas pourquoi, chaque fois quune amie gobe
la sardine elle monte, monte, en se tortillant, et tout à coup
disparaît !
Disparaît, dans le monde den haut, ce monde den haut,
dont tout le monde parle, et que personne ne connaît !
Une grosse mémé ombrine ma raconté quil
était dangereux de sen approcher ! Et même que
lon nen revenait jamais !
Oui, mais moi, je suis une ombrine curieuse, et jaimerai bien
aller voir ce monde là et revenir raconter à mes copines
ce quil sy passe !
Justement voilà une sardine qui se balance, un bond, zut je lai
ratée !
Et hop ! encore ratée, mais je me suis piquée la
lèvre ! une arête sans doute !
Hop ! plus haut ! ça y est je lai !
Mais que se passe t-il ? je monte, je monte ! Jen ai
la tête qui tourne !
Oh, plus deau, jétouffe, je ne peux plus respirer !
Je me débats, je magite, mais je ne peux me décrocher,
ça pique ma lèvre !
Et tout à coup, plouf ! un grand choc contre un rocher.
Aïe ! mais aucun son ne sort de ma gorge.
Je nai plus de force , jouvre les yeux, de grands yeux !
Surprise, me voilà jetée dans un panier plein dombrines,
mes copines !
Elles sont bizarre ! elles ont perdu leurs belles couleurs !
elles sont toutes ternes ! elles ne bougent plus !
Ainsi finissent les ombrines trop curieuses ! dans le panier dun
pêcheur, puis dans un four, et enfin dans lassiette dun
gourmand, qui naura aucune pensée pour ce beau poisson !
Il faut dire quil est beau, mais quil est bon !
Adieu petite ombrine trop curieuse !
Tu as fait le bonheur dun pêcheur !
nicolecoste@wanadoo.fr
http://www.chez.com/feeclochette/contes.htm
Voilà ce que je trouve à la page
242 du BULLETIN DES TRAVAUX PUBLIÉS PAR LA STATION D'AQUICULTURE
ET DE PECHE DE CASTIGLIONE en 1954
(entre
parenthèse, le mot aquiculture est écrit soit acquiculture,
soit aquiculture : pour quelqu'un qui est très mal marié
avec l'orthographe, je trouve ça surprenant, mais, bon, il y
a beaucoup de choses qui m'échappent.)
SCIAENA AQUILA RISSO
Noms vulgaires locaux.
Algérie : ombrine, maigre,
courbine, vacca doro, fegaro.
Répartition géographique. - Abondant surtout en
Méditerranée ; Adriatique. Mer Rouge. Atlantique
oriental, côtes africaines (du cap de Bonne Espérance au
Maroc) ; côtes européennes; moins fréquentent du
Golf de Gascogne à la Manche ; signalé en Mer du Nord
et jusqu'à la Norvège. Océan Indien (côtes
Sud de l'Australie).
(Signalons au passage que la petite ombrine de Nicole Coste se trouve
au Maroc)
Habitat. - Poisson de surface, côtier, erratique. Commun en Algérie.
Murs. - Poisson très vorace, carnassier ; poursuit
les bancs de clupes et de mulets. Émet, dans l'eau, des sons
perceptibles jusqu'à une trentaine de mètres, et qui signalent
sa présence aux pêcheurs quand un certain nombre de Maigres
sont rassemblés en un même point. Ovipare ; ufs flottants
; ponte en fin d'hiver.
Taille. - Jusqu'à deux mètre ; les sujets de 0,80 à
1 m. ne sont pas rares sur nos côtes.
Engins de capture. - Lignes, harpon.
Valeur alimentaire. - Comestible; chair très estimée.
D'après Rondelet, on appelait la Sciène, dans le Languedoc,
Peis rei, à cause de la délicatesse de sa chair.
Voilà pourquoi j'adore le conte de Nicole Coste
Chounet.