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Pour en faire rêver
plus d'un, et pas forcément des gens qui ont vécu ou qui
connaissent les Bains Romains, à lire ci-dessous :
En 1952,
c'est au large de l'Oued Reghaïa*
et de l'Ile Aguelli, à l'Est d'Alger, que nous avons déterminé
une zone de chalutage riche en grosses crevettes rouges, Aristeus et
Aristeomorpha, par 500 mètres d'eau. Nous l'avons jalonnée
à la drague d'abord, au chalut ensuite.
Seule une "montagne de vase" coupa cette importante calée,
mais elle put être évitée par la suite. Cette région
fut exploitée utilement par certains chalutiers durant l'hiver
1952-1953, et le printemps 1953.
Les travaux étaient effectués à bord du chalutier
"Marsouin*"
de l'Armement Damerdji et Riveccio, d'Alger.
Les relèvements furent pratiqués par l'Inspecteur des
pêches Patania, patron de la vedette de l'Inscription Maritime
"Mérot*",
mise à notre disposition par Monsieur l'Administrateur Général
Vilarem. Le Commandant Costagliola**,
Président du Comité Central des Pêches Maritimes
Algériennes, participait à cette opération.
Le matériel scientifique recueilli a été étudié,
le substratum analysé. On trouvera plus loin les résultats
d'ensemble que cette sortie nous fournit.
Au
mois d'avril 1953, nous donnions dans l'"Algérie Maritime"
le plan général de l'exploration que nous comptions entreprendre
d'une zone qui s'étendait de la Pointe de Djinet jusqu'à
la hauteur de l'embouchure de l'Oued Sebaou, toujours dans l'Est d'Alger.
Cette étude des fonds nous avait été demandée
par les Armateurs au Chalut d'Alger.
La déclivité nous avait semblé bien considérable
pour que le chalutage y fut facile.
Mais, de plus, dans cette partie de mer, le carte marine indiquait l'existence
d'un faciès coralligène qui paraissait dangereux pour
les engins.
Nous nous étions assuré la collaboration de l'Escorteur
de la Marine "Cimeterre", commandé par le Lieutenant
de Vaisseau Palisse, qui se chargeait des sondages préliminaires,
délimitait l'étendue de la zone coralligène, en
dressait la carte.
Puis nous profitions de l'arrivée à Alger de la nouvelle
vedette garde-pêche "Ombrine*",
qui nous fut aimablement prêtée par Monsieur l'Administrateur
Général Vilarem, Directeur de l'Inscription Maritime en
Algérie, avec l'accord de Monsieur l'Administrateur en Chef Caillibotte,
du Quartier d'Alger.
etc
etc
RECHERCHES SUR
LES FONDS CHALUTABLES DE LA RÉGION D'ALGER
GOUVERNEMENT
GÉNÉRAL DE L'ALGÉRIE
COMITÉ
LOCAL D'OCÉANOGRAPHIE ET D'ÉTUDES DES CÔTES DE L'ALGÉRIE
ALGER Imp.
Imbert 1954
*Pour un amoureux
des fonds marins Algériens ces noms sonnent comme des couleurs
d'oursins, des transparences méditerranéennes, des marbrures
de girelles ou de vit de roi, des taches de badèches, des grisonnances
d'oursines et des sonorités de conques.
Par la même occasion,
la découverte de ces textes m'amène à faire une introspection,
ou une auto-critique, comme vous voudrez, et non des moindres. Au début
de ces mémoires, j'ai eu la prétention de faire un état
des lieux de la faune sous marine des Bains Romains, mais cet état
des lieux, il y a longtemps qu'il a été fait et, qui plus
est, par d'éminents spécialistes scientifiques reconnus
comme tels. Oui, bien sûr, on n'y comprend pas grand-chose. Quand
on vous parle d'Aristeus et d'Aristeomorpha, l'image des belles et grosses
crevettes ne vous saute pas au visage, mais il y a derrière un
boulot considérable, avec des motivations particulières,
peut être, mais un boulot qui est là, connu par une poignée
de spécialistes d'aujourd'hui, mais suffisamment considéré
comme important pour être présent, et bien présent,
sur internet.
Par contre ce qui est extraordinaire
et poétique à souhait, c'est de s'arrêter sur des
noms comme Reghaïa, Mérot, Ombrine et bien d'autres qui sont
chargés de sel, de soleil et de masse d'eau Méditerranéenne.
C'est-à-dire des gros souvenirs, de très gros souvenirs
qui vous obligent à vous essuyer les yeux toutes les deux minutes.
Comment des toubibs peuvent nous prescrire des régimes sans sel
? Nous sommes des enfants du sel, nous sommes comme des sardines, attirés
par le sel, nous sommes nés dans le sel et nous avons vécu
dans le sel, si on nous enlève le sel, aujourd'hui, il ne nous
reste plus qu'une chose à faire
Quand je pense que d'éminents
représentants de notre communauté considéraient que
je me trompais en écrivant mérot au lieu de mérou,
et qu'un texte vient me rappeler qu'un bateau officiel portait ce nom,
je me dis que nous sommes bien peu de choses en ce bas monde. Mais, quelque
part au niveau du vécu, ça fait plaisir d'avoir raison.
** Peut-être
y a-t-il un lien de parenté avec notre Pascal des Bains Romains,
et peut être le saurons-nous bientôt.
Nous savons maintenant qu'il
n'y en a pas.
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