Non, ce n'est pas une nouvelle version de l'année des méduses,
ce film qui faisait un procès monstrueux à ces sales petites
bêtes qui vous gâchent souvent une si belle journée
de plage.
Je viens pour en parler, encore que de moi-même je ne me serais
pas attardé sur ces bestioles, aussi belles
soient-elles, évoluant dans leur élément naturel...
la Méditerranée que je chéris tant.
Je commence par les petites mauves, munies de très longs filaments
violets, du plus bel effet visuel. À l'époque bénie
où nous tâtions à la chasse sous marine en découvreurs,
en Algérie, elles arrivaient en masse, pour nous contrarier bien
fort, avec le vent d'ouest, synonyme de beau temps et de mer chaude.
Néanmoins, elles ne nous interdisaient pas le bain et encore
moins la chasse sous-marine tant nous étions accros. D'autant
que dans cet exercice nous étions munis d'un masque qui nous
permettait théoriquement de les repérer.
Ce jour-là, muni de mon masque Hurricane, de mon tuba et bien
évidemment de mes palmes Champion, j'étais descendu entre
le gros et le grand rocher de la plage Indépendance de notre
jeunesse, à la recherche de je ne sais trop plus quelle proie.
Le temps ensuite de reprendre de l'air à la surface et de rebaisser
les yeux vers le poisson en question, j'en coince une, une méduse,
sur ma gorge nue à l'époque puisque nous chassions sans
tenue de néoprène. J'ai eu le sentiment d'être égorgé
vif. Une brûlure intense me fit pousser instantanément
une énorme boule en forme de pomme d'Adam que je n'ai jamais
eue au demeurant.
Je me serais arraché la gorge tant cette brûlure me torturait.
Et j'en garde encore aujourd'hui le plus mauvais des souvenirs.
Mais il y a les autres, les grosses blanchâtres, avec un gros
chapeau (ombrelle) et des multitudes de tentacules par-dessous, de toutes
les formes et couleurs. Il y a même, vivant entre ces tentacules,
de minuscules poissons, très jolis, chargés sans doute
du nettoyage de la bébête en question.
À Sète, un jour où je déambulais sur le
double quai où sont amarrés les chalutiers de cette ville
ouverte sur la mer, il y en avait de très nombreuses tout du
long. Il faut savoir que celles-ci sont inoffensives. Elles ne piquent
pas et c'est seulement si ne vous les manipulez, comme il m'est arrivé
bien souvent de le faire, qu'elles vous irritent à la longue
la peau interne des bras, la plus fragile.
Nous étions allés, cette année-là, visiter
toutes les Pyrénées, que je ne connaissais pas, pour finir
du côté du Bassin d'Arcachon par une ventrée de
fruits de mer.
Nous visitons l'incontournable dune du Pilat et nous descendons nous
baigner du côté mer. Je me mets à l'eau avec mon
masque et je tombe nez à nez avec un énorme spécimen
de quelque 25 kilos au bas mot. Je la saisis à bras le corps
et je sors de l'eau avec mon trophée, sûr de faire une
impression boeuf sur le baigneur lambda et notamment sur mon fils Rémi,
âgé d'une quinzaine d'année.
Ce qui n'a pas manqué. Photo prise (il faudra que je la cherche
parmi toutes mes diapositives soigneusement rangées au fin fond
de l'appartement), je la remets à l'eau car ces bestioles supportent
assez mal le soleil. En sortant du bain, je rencontre deux jolies naïades
qui allaient se baigner seins nus !
Je les mets en garde contre ces monstrueuses méduses pour rire
et pour juger de l'effet produit. Elles ne me croient pas. Furieux,
je leur demande de patienter, le temps d'aller rattraper le monstre.
Et bien, vous me croirez si vous voulez, je ne l'ai pas retrouvé
! Il s'était échappé à une vitesse grand
V que je ne soupçonnais pas.
Gérard STAGLIANO

Méduse : Elle pesait la bagatelle de 20 à
25 kilos et faisait fuir le touriste lambda.
Gérard STAGLIANO
Bonjour,
La piqûre de la méduse violette t'a t-elle laissé
des traces ?
Merci de ta réponse.
E.MAS
Bonjour,
Non, je ne garde de souvenirs de cette méduse que le désagréable
moment qu'elle m'aura fait passer, il est seulement mémorisé.
Je ne sache pas que les méduses, aussi virulentes soient-elles,
puissent laisser de marques du genre cicatrices. À moins que
tu ne m'en apporte la contradiction.
Salut
Gérard STAGLIANO
Malheureusement si ! J'ai été piqué
au visage à la mi Février. Cette piqure a engendré
des brûlures puis des croûtes et au jour d'aujourd'hui je
suis toujours marqué, d'où ma question !
E.MAS