Un jour d'été, à peu près à hauteur
de la pointe de Sidi Ferruch, nous avons eu la chance, mon père
et moi, d'assister à un spectacle assez étonnant...pour
nous, du moins.
Nous pêchions tranquillement quand nous avons été
intrigués d'entendre venant du grand large un bruit répété
ressemblant à un souffle ou à un lointain ressac.
En montant sur le pont du bateau (80 cms), j'ai vu assez loin une espèce
de vague sombre et brillante ressemblant au sillage d'un gros bateau
qui apparaissait et disparaissait régulièrement en même
temps que le bruit du souffle augmentait. Il n'y avait aucun cargo et
le bruit comme la hauteur de cette vague étaient plutôt
impressionnants.
A 200 mètres environ, j'ai pu distinguer la masse brune et luisante
d'une centaine de gros "poissons" avançant rapidement
droit sur nous.
Quelques secondes plus tard, nous avons compris que les "poissons"
en question étaient en réalité des marsouins. Inquiet
mais très curieux, je me suis alors mis à l'eau avec mon
masque pour mieux voir ce phénomène au cas où le
passage se ferait près du bateau. Pas trop près ! Nous
espérions tout de même que la troupe, vu sa puissance,
pourrait peut-être se détourner et nous éviter,
éviter aussi nos palangrottes et le filin de l'ancre !...
Mais à une vingtaine de mètres de nous, tous les marsouins
ont plongé et j'ai vu alors glisser pendant quelques secondes
à 10-15 mètres sous la coque, ces superbes torpilles brunes
bien plus longues que notre bateau, dont plusieurs, des femelles certainement,
étaient suivies d'un bébé. Le tout, à une
vitesse étonnante.
Après nous avoir dépassés, la troupe a réapparu
à petite distance et a poursuivi sa route en direction de Zéralda
sans que l'amarre et nos lignes aient subi la moindre vibration et notre
bateau le moindre remous ! On était perplexes devant tant de
force, de délicatesse et de précision.
Par curiosité, nous aurions bien voulu les observer de plus près
mais à la vitesse où ils filaient, avec notre 3 CV Evinrude,
après avoir remonté notre grappin, nous aurions été
bien incapables de les rattraper et de les suivre.
Nous en avons conclu que ces marsouins, peut-être alertés
par un signal, mais lequel à de telles distances, se dirigeaient
droit vers une chasse... peut-être un banc de sardines.
Pierre
Pierre Curot
Salut Chounet,
Je reviens sur le petit article à propos des marsouins.
D'après ce que je lis sur Internet, il paraît que le marsouin
de Méditerranée ne dépasse pas 1,70 mètre
et ne vit qu'au sein de groupes de dix à douze individus tout
au plus. Si ces chiffres sont exacts, et ils ont tout l'air de l'être,
je me pose la question de savoir si les "marsouins" que nous
avons vus en grand nombre (de couleur foncée sur le dos, et parfois
de taille supérieure à notre petit bateau de 3,60 m),
étaient vraiment des marsouins. L'eau a bien un effet de loupe...
mais est-ce possible à ce point, à 15-20 mètres
de profondeur ? À lépoque, nous avions coutume,
pour notre part, de parler de marsouins plutôt que de dauphins
ou d'autres bestioles... et comme nous n'avons pas eu la berlue ce jour-là,
je me demande ce que nous avons bien pu voir !
Pierre