MÉMOIRES DE BAINS ROMAINS

LE LOUP

 

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… roi de Méditerranée !

Les Romains, encore eux, préféraient les spécimens de ces poissons pris en rivière : " At in lupis, in amne capti praeferuntur " écrivait Pline l’ancien.
Aujourd’hui, l’avis unanimement partagé est inverse et ceux qui sont pris en mer sont d’une toute autre saveur.

Les appellations ne lui font pas défaut en Provence, loubas et loupassou ; en Roussillon, lloubarou ; en corse ragnols ou luvazzu ; sur la Côte d’Azur, loubine ou louvine comme les Espagnols les nomment lubina et les Italiens spinola, on peut presque s’en tenir au nom scientifique " dicentrarchus labrax " tout en l’appréciant beaucoup, mais alors beaucoup sur la table et plus encore, sans doute, dans son élément : l’eau de mer.

Il est extrêmement vorace, c’est le chasseur par excellence, pour ne pas dire le destructeur de tous les petits poissons du voisinage.
Il se laisse attraper facilement par ceux qui ont une expérience de la chasse sous-marine et tout particulièrement à l’agachon, caché derrière un écueil, on le voit arriver de loin, rasant les parois rocheuses et faisant une chasse intraitable à tout ce qui bouge, il vous sort sur la pointe de la flèche et il n’y a plus qu’à appuyer sur la détente. En attendant peut-être le meilleur moment car un loup mal tiré non seulement se déchire, mais surtout ne s’en remet pas et s’en va mourir dans quelque anfractuosité de rocher.

Dans l’ensemble la coloration du poisson est argentée, d’un brun plus foncé sur le dos, brun métallique se dégradant au gris d’argent clair sur les flancs et quasiment au blanc d’argent nacré sur l’abdomen et la gorge. Là encore, on ne saurait confondre un loup d’élevage (aquaculture) nourri aux farines animales dont la robe est beaucoup plus grise, tirant sur le noir et qui perd totalement son nacré.
On reconnaît le loup, à son œil particulièrement sévère, éveillé et à ses nageoires dorsales souvent hérissées quand il est en chasse. On le reconnaît surtout à son inflexion très nette de la ligne latérale que l’on peut voir très nettement sur la planche ci-contre. On le reconnaît enfin à son allure impériale, une pureté de lignes peu commune et une nage rageuse et déterminée.

Il semble ignorer la peur jusqu’au moment où il est harponné puis se débat furieusement, surtout s’il est de grande taille car c’est un poisson qui peut atteindre 1,20 mètre et un poids respectable, allié à une force peu commune.

Il nous est arrivé d’être sortis d’un écueil où nous étions embusqués par un spécimen de belle taille que nous n’eûmes pas même la joie de capturer.

C’est un poisson exceptionnel à bien des égards, dans l’eau par sa beauté, sur la table par la succulence de sa chair.

Gérard STAGLIANO

 

 

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