Ce poisson a longtemps
été le centre de discussions passionnées sur
son identification et même encore aujourd'hui, il en est pour
le confondre avec d'autres poissons.
Le Limon, c'est ainsi que
l'appellent les Pieds Noirs, sans doute à cause de ses merveilleuses
couleurs jaunes cuivre au sortir de l'eau, s'appelle, en réalité,
le sériole, de son nom scientifique " Sériola Dumerili " (Risso). Mais on l'affuble
d'une multitude d'autres noms. En Provence il est appelé Parme ;
les Espagnols lui préfèrent " Pez de Limon "
et les Italiens Ricciola.
Il vit en bandes innombrables
quand il est jeune et exécute une sarabande infernale autour
du pêcheur sous-marin qu'il entoure en resserrant progressivement
le cercle.
Il faut alors savoir choisir
la pièce la plus grosse, qui n'est pas sans impressionner,
même le plus chevronné, et tirer ... lors du prochain
passage, sans chercher à suivre la cible.
Mais c'est un poisson qui
peut atteindre les deux mètres et peser plus de quarante kilos.
Doté d'une force phénoménale, il risque de vous
entraîner dans son sillage et même à des profondeurs
abyssales si vous ne vous décidez pas, soit à couper
la ficelle, soit à sacrifier le fusil tout entier dans le cas
où il ne serait pas mortellement atteint.
Pour ce faire, il faut
- dit-on - le tirer deux centimètres derrière l'oeil
et garder son calme car quand ce véritable " mur
de viande " vous passe sous le nez, en vous ignorant superbement,
il faut savoir précisément rester serein. Ce n'est pas
le plus facile. Des pêcheurs à la ligne, en barque, affirment
même avoir été tirés par ce colosse une
fois ferré, avec leur embarcation.
Même un petit spécimen
de moins de 2 kilos effectuera une véritable farandole avant
de se laisser saisir sur la flèche ou plus souvent encore dans
la ficelle.
C'est un excellent poisson
sur la table quoique, un peu sec.
Les noms erronés
les plus variés lui sont décernés. On le confond
volontiers avec la
liche, sa cousine (voir par ailleurs), ou le Germon.
En Corse à Saint Florent, où les pêcheurs en avaient
attrapé un de belle taille, nous en avons demandé le
nom : " C'est un thon blanc, Monsieur ! "
en clair le Germon,
qui est bien évidemment, très différent.
Un pêcheur de Théoule
(Alpes-Maritimes) affirme même qu'aux Vieilles d'Agay, par quarante
mètres de fond, il y en a toute une famille tellement vieille
et tellement grosse que de l'herbe leur aurait poussé sur le
front. Nous laissons ce pêcheur seul responsable de ses allégations.
Toujours est-il que, surtout
vers la fin septembre, les chasseurs subaquatiques risquent d'en croiser
de belle taille s'ils se trouvent dans l'eau aux bonnes heures et
aux bons endroits. Il n'est pas rare d'en trouver sur les étals
des poissonniers du marché Forville de Cannes, et d'ailleurs.
Gérard Stagliano
Index Mails

Armand Toupart, instituteur de son état, aujourd'hui
disparu, chassait à Ténès des petites bébête
de ce genre. Un limon de 32 kilos en l'occurrence et avec un matériel
antédiluvien.
Gérard Stagliano
Index Mails
En parcourant votre site, j'ai été attiré
par la page liche me rappelant une aventure qui reste encore gravée
dans ma mémoire, et pour cause ! Un après midi où
la mer ne permettait pas le ski nautique, un ami qui pilotait le bateau,
au camping "Golfo di Sogno" à Porto-Vecchio me demande d'initier
sa progéniture au masque et autres tubas car il avait investi
dans de multiples accessoires : palmes, masques, tubas.... Nous voila
donc , à l'abri sous le phare de la "Chiappa". Au moment de
repartir, un des enfants dit avoir vu un très gros poisson
! J'étais particulièrement sceptique : un jeune qui
met un masque pour la première fois ! à 50 m du bord
! Mon ami qui me faisait faire du ski nautique gratuitement s'est
montré suffisamment convaincant pour que je me rééquipe
et parte à la pêche miraculeuse !!! Je ne l'ai pas regretté
!!! Me dirigeant vers le soi-disant endroit où il y avait un
gros poisson je n'aperçus tout d'abord qu'une vieille de bonne
taille ; je n'allais pas tirer un ancêtre plein d'arrêtes
!!!! Mais plus loin, ayant un éclairage en contre jour la couleur
blanche de ce que j'aperçus me fit penser tout d'abord a un
thon mort blessé par un bateau ?? Je ne voyais que sa queue.
Ne sachant pas pourquoi, j'ai plongé pour rester à l'abri
du rocher qui me cachait le reste du poisson ; lorsque je l'ai vu
tout entier à quelques mètres de moi, même si
je suis un modeste chasseur, je ne l'ai pas manqué ! Ma flèche
qui ne l'a pas traversé, lui a cassé l'épine
dorsale et il vibrait sans pouvoir se déplacer ! Heureusement
pour moi, car comme je l'avais attrapé dans sa partie médiane,
j'aurais sûrement perdu mon fusil et mes illusions !!! Le retour
fut à la hauteur de la taille du poisson ! Un chasseur présent
sur les lieux qui m'a dit faire partie de l'équipe de France
de plongée sous-marine m'a dit : " Vous avez pêché
un très belle liche ! " Alors les photos ne sont pas terribles,
car elles datent de 30 ans ! Mais d'après vous : liche ou limon
, voire " seriola dumerli " ? Si vous pouvez me répondre,
merci d'avance. Rien que de le raconter j'en ris encore.
Michel Cas
J'ai bien reçu votre message et vous remercie de l'intérêt
que vous avez porté à la lecture de notre site www.bainsromains.com
et à la confiance que vous me faites personnellement en me
demandant de confirmer le nom du poisson attrapé il y a quelque
30 ans à Porto-Vecchio, en Corse. Je vous confirme et je suis
absolument formel que vous avez bien attrapé, non pas une liche,
poissons bossu s'il en est, mais un limon, du moins l'appelions-nous
comme cela, nous pieds-noirs, de son nom espagnol qui est en réalité,
Pez de limon ! Et comme, apparemment, vous n'étiez pas un chasseur
sous-marin assidu, vous avez eu ce jour-là la même chance
inouïe que la dame que je cite et qui détient sans doute
encore le record mondial féminin. Vous ne me dites pas combien
pesait le vôtre, ni où vous habitez. Personnellement
je loge à Grasse, Alpes-Maritimes car je suis resté
toute ma vie méditerranéen et cette mer ne se trouve
qu'à 17 km de Grasse. Avant de répondre, j'ai demandé
le moteur de recherche yahoo.fr et lancé la recherche de "liche",
je figurais effectivement sur la première ligne de la rèponse,
donc il est tout à fait normal que vous vous soyez adressé
à moi pour résoudre votre problème. Si vous aviez
écrit sériole dans votre recherche vous auriez obtenu
une floppée de réponse dont celle-ci que je vous en
voie en photo jointe pour le plaisir des yeux. Amicalement et sportivement
vôtre
Gérard Stagliano
Index Mails
Je vous remercie de votre réponse rapide qui confirme
ce que je pensais déjà d'après les documents
que j'avais pu consulter. Si je vous ai raconté cette petite
anecdote c'est parce qu'elle ressemblait à celle que vous citez
! J'habite, hélas, la région grenobloise et la mer est
beaucoup plus loin que chez vous. Sans être un pêcheur
extraordinaire mais étant originaire du Var je me débrouillais
tout de même pas mal. Mais des pêches comme celle-là,
cela ne m'était jamais arrivé ! Etant allé plus
de dix ans en Corse toujours à Porto-Vecchio et transporté
réguliérement par mon ami du ski nautique vers "les
Cerbicales", j'ai réalisé d'autres belles pêches
: mérou, pagre, mustelles, murènes, congres, et autres
langoustes ! Puis ayant voyagé aux Antilles, on découvre
des poissons tellement beaux qu'on ne les pêche plus ! Les murènes
s'appellent congres verts et pèsent 20 kg - de quoi être
méfiant. En ce qui concerne mon limon, il mesurait 1,20 m et
pesait 20 kg environ, j'ai appris par la suite que si j'ai eu la chance
de pouvoir le pêcher si près du bord, c'est parce qu'il
était en train de frayer. Le poisson que j'ai attrapé
était une femelle qui avait dans son ventre au moins 4 kg d'oeufs
! Dommage pour la progéniture mais une personne sur place nous
les a préparés en "caviar" et là, c'était
moins dommage !! Merci de votre réponse et au plaisir de vous
lire.
Michel Cas