MÉMOIRES DE BAINS ROMAINS

La Faune Sous-Marine

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À une époque où l’on entend parler d’écologie, de pollution, de disparition de certaines espèces, l’idée est de dresser un état des lieux " mémorial " de la faune sous-marine de l’époque. Peut-être cela servira-t-il à faire des comparaisons et à tirer des conclusions.

Sans prendre parti, car après 50 balais, l’expérience consciente rend humble, nous pouvons noter un fait pour et l’autre contre.

Aux Bains Romains, tout petit déjà, j’ai connu des plages mazoutées. On s’en collait plein les pieds et c’était une vraie galère pour nettoyer tout ça.

Dans les années 50, nous avons assisté à la naissance de la société de consommation qui a eu pour effet une démocratisation de pratiques jusque là réservées à une minorité. La plongée, avec la mise à disposition, au plus grand nombre, de masques, de tubas, de palmes, de scaphandres type Cousteau, de ceintures de plomb et surtout de fusils harpons a été à l’origine d’un pillage des côtes méditerranéennes.

Au début tout était artisanal et nous fabriquions nous-mêmes nos palmes avec de vieilles chaussures et des plaques d’aluminium découpées, ou nos ceintures de plomb en confectionnant des moules en bois et en récupérant les ceintures de sécurité des avions. Dix ans plus tard tout était en magasin et à la portée d’une bourse moyenne.

Le résultat ne s’est pas fait attendre : désertification des côtes propices à la villégiature.

À toutes choses malheur est bon, les événements douloureux que nous avons connu et que, plus tard, les algériens musulmans ont subi et qu’ils subissent encore, ont très certainement donnés un coup de frein à ce type d’activité, ce qui aura permis à la faune sous marine des côtes Algériennes de se refaire une santé. C’est en tout cas ce que nous espérons.

Voilà donc un acte de mémoire qui n’a de mérite, si toute fois, il n’est pas trop modifié par la nostalgie, que d’exister.

Chounet.

Mare Nostrum

C’est ainsi que les Romains de l’Antiquité appelaient notre chère Méditerranée, celle dont on parle tant aujourd’hui pour affirmer avec force détails qu’elle est polluée à l’excès et décidément incorrigible.

Eh bien, moi qui suis Méditerranéen avant sans doute de me proclamer Français même si je le reste viscéralement, Français, je ne suis pas de cet avis et je la trouve même de plus en plus belle et fréquentée, je dis bien fréquentée, par des poissons que nous n’apercevions même pas depuis quarante et deux ans que je suis de ce côté-ci de Mare Nostrum.

Je passe sur les barracudas et autres dentis revenus comme jamais dans l’Estérel et ailleurs, mais même une race en voie de disparition comme les mérous que l’on voit en bancs dans les réserves naturelles et des plus minuscules ailleurs en pleine nature. Je passe aussi sur les sérioles, ou si vous préférez les limons ou liches selon que l’on habite d’un côté ou de l’autre de la Méditerranée. Bien que la liche soit différente et surtout bossue, ce que le limon n’est pas.

L’autre jour, je me baignais, le mercredi 16 septembre 2003, en plein centre de Cannes, sur une plage sablonneuse à en mourir d’ennui, en face du Palais des Sports de Cannes, pour être précis. Eh bien, même là, c’est-à-dire en pleine civilisation, je n’ai pu résister à chausser mon masque et mes seules palmes pour aller jeter un œil sur un éperon rocheux qui n’a d’autre justification que de maintenir le sable des plages, de garder suffisamment de largeur auxdites plages.

La Méditerranée était, peut-être polluée, je ne m’en suis pas aperçu, mais translucide comme jamais je n’ai vu l’océan Atlantique. Je vais au bout de l’éperon en question et je tombe en arrêt, émerveillé, devant le spectacle d’une petite troupe de 10 à 12 palomètes, qu’en Métropole qu’on appelle, paraît-il, Liche Glauque ou Palomine. De la famille d’ailleurs des liches et ou limons et ou sérioles, les Carangidae, de leur nom scientifique " Trachinotus Ovalus ", elles étaient minuscules (10 cm à peu près) mais belles à mourir de plaisir avec leurs corps oblongs, un appendice caudal, très découpé avec deux charmants points noirs aux deux extrémités. Elles frétillaient de plaisir en passant au bout de mon nez, mais sans doute moins que moi.

Je m’éloigne, dans un désert de sable, pour y apercevoir une belle daurade royale, pour moi il n’y en a qu’une et elle est toujours royale, de 1,200 kg se pavaner au fond et avaler avec un monceau de sable quelques coquillages que seul son œil averti pouvait voir.

Je reviens vers l’éperon pour retrouver mes palomètes toujours aussi frétillantes et un banc de saupes rutilantes d’or, mais surtout accompagnés de 10, je les ai comptés, sérioles ou limons d’une quinzaine de centimètres qui tournaient en rond par atavisme ancestral. Avec les Palomètes cette fois, un minuscule denti, paré de toutes ses chatoyantes couleurs, des bleus, des roses, une pure merveille.

J’ajoute que je n’avais jamais vu in live, de palomète vivante dans l’eau ni en Algérie, ni en France. Et vous me dites que la Méditerranée se meurt, de pollution, alors que cet édifiant spectacle m’a littéralement transporté de bonheur. Pas vous ?

Gérard Stagliano

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Méditerranée Mia

Ce matin, dimanche 12 février 2006, impossible de se garer dans la banlieue Est de Cannes, La Bocca pour ceux qui connaissent. Je suis donc allé sur la mer, quasiment en face de l’un des restaurants fréquentés par les Pieds Noirs de tout acabit, " L’Hacienda ", où ils vont d’ordinaire déguster la paella.
Et là, je suis resté en extase moi aussi, la mer, pas n’importe laquelle, la nôtre, la Méditerranée, avait revêtu ses plus beaux atours, c’était un lac, pas la moindre ride pour plisser sa surface, le soleil étincelait dans un ciel d’un bleu immaculé, j’en ai eu des frissons.
Plus tard, en quittant La Bocca, j’ai aperçu nombre de voitures de touristes, des 95, des 72, des 63, arrêtées sur le bord de mer. Avec à l’intérieur, les propriétaires, fascinés qu’ils étaient par la beauté du site avec le lourd massif de l’Estérel au loin, d’un bleu violacé splendide qui s’affaissait de tout son poids dans les flots bleu azur et de l’autre côté les Îles du Lérins qui déclinaient joyeusement tous leurs verts au soleil, quasiment printanier.
Dois-je préciser que, natif d’Alger, des Deux Moulins, le balcon de notre appartement dominait 3 longs kilomètres de littoral, avec la mer à quelque 50 mètres, on y voyait les oursins sous l’eau depuis la rambarde, j’ai toujours eu ce spectacle sous les yeux et c’était, je l’ai déjà écrit, ma première préoccupation matinale au réveil : " Aller voir la mer, voir si elle était furieuse, sage, agitée, prendre son pouls. " En fait ce spectacle si généreusement offert à mes yeux, je ne le voyais pas vraiment, c’est la raison pour laquelle sans doute je reste coi, au spectacle de la fascination qu’exerce la mer sur ceux qui n’y sont pas habitués, cette extase qu’ils subissent à ce spectacle grandiose que personnellement je voyais sans voir. Pour être tout à fait honnête, je dois avouer que l’âge aidant, je subis maintenant a posteriori ces petits frissons dont je parlais plus haut, des frissons enthousiastes mais aussi de fierté d’être, avant même d’être Français, un Méditerranéen de la plus belle eau, j’en éprouve une fierté sereine, pas ostentatoire du tout, par frissons de bonheur, un peu par procuration. Oui, je suis Méditerranée et fier de l’être de plus en plus d’ailleurs, Méditerranéen, convaincu de surcroît, et je repense à la phrase d’Albert Camus qui allait dans ce sens :
" Quelle ville contient à la fois, toutes ces richesses offertes à longueur d’année, la mer, le soleil, le sable chaud, les géraniums et… les bois d’oliviers et d’eucalyptus ? On touche le bonheur. Je ne pourrai jamais vivre en dehors d’Alger. Jamais. Je voyagerai car je veux connaître le monde mais, j’en ai la conviction, ailleurs, je serai toujours en exil."
Albert Camus (l'Été).
Car moi aussi, loin de Ma Méditerranée, je me sens toujours en exil, et en plus je le suis déjà !

Gérard-Stagliano

Pour illustrer ma Méditerranée Mia, je me permets de t'envoyer une photo de mon fils Rémi, prise à Carry le Rouet le jour de l'Oursinade pour que tu puisses apprécier la qualité de la mer et la flotte translucide à souhait. Le bonheur quoi !

Gérard

Image extraite d'un diaporama destiné à faire prendre conscience de ce que nous avons sous les pieds.

Bains Romains doit se trouver quelque part en haut et à droite sur l'image.

Chounet

 

 

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