MÉMOIRES DE BAINS ROMAINS

La Cigale

 

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Méditer. : Cigale de mer. Scientifique : Scyllrides latus

Image recomposée par bainsromains.com

En Algérie, elles arrivaient au printemps, ou pour être encore plus précis en pleine révision du baccalauréat ou autres babioles du même genre. Et deux par deux de surcroît car elles ne venaient près des côtes que pour s’accoupler.

Elles, c’étaient les cigales, ou les squilles, mais pas du tout les minuscules que l’on trouve dans la bouillabaisse sur la Côte d’Azur, non l’autre espèce, la géante. Elles dépassaient toutes, peu ou prou, le kilogramme et comme il y en avait généralement deux, je ne vous dis pas le régal que c’était. La joie immense de les apercevoir et les ruses de sioux qu’il fallait déployer pour les choper les deux, le couple, en tirer d’abord une sans trop effrayer l’autre, au risque de la faire fuir.

Comme la mer s’étalait à l’envi sous nos yeux depuis le balcon de l’appartement qui dominait ce que nous appelions la plage, en réalité une série de rochers plats et accueillants, hospitaliers à souhait – si l’un avait décidé d’abandonner momentanément, livres et cahiers de révision pour aller jeter un œil sous l’eau et que l’autre l’apercevait du balcon avec ce genre de proie double – il lui était difficile de résister à l’appel… disons, du large.

Leur carapace enduite d’un velours brun et doux au toucher enchantait nos sens dans tous les cas de figure. Et ces jolies petites bébêtes se baladaient gentiment par deux, trois ou quatre mètres de fond. On disait qu’elles étaient difficiles à discerner sur les fonds rocheux, mais nous qui étions experts à déceler la moindre rascasse, le moindre poulpe ou autres seiches, dissimulés, le croyaient-ils du moins, de voir ces gentils " monstres " ne poser aucun problème, mais alors aucun.

Calmons les ardeurs du lecteur, en disant quand même que ce n’était pas tous les jours fête et que ce n’était pas souvent que l’on avait la chance, primo de les apercevoir, deuzio de les choper. Mais quel bonheur ce jour-là.

Un dernier mot pour dire que nous en avions attrapé une à l’île de la Doumia, près de Francis-Garnier, à quelques encablures de Ténès. Vous savez bien là où il fallait écarter les poissons pour apercevoir de l’eau de mer.

Elle pesait 1,800 kilo, elle était magnifique et l’on en a encore le goût sur les papilles.

Gérard Stagliano

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