Algues

Image recomposée par bainsromains.com
Dans la mémoire collective des Bains Romains, l'algue tient
un rôle essentiel parce qu'il y a la plage des algues.
Notre ami Jean Claude Riera, en pleine gloire, quand il était
décorateur en vogue d'émissions de télévision,
faisait noter dans les génériques "Riera de Bains
Romains". J'avoue que si j'avais eu besoin d'un nom d'artiste,
j'aurais signé "Chounet de la plage des algues".
Dans l'eau, les champs d'algues ondulant sous le mouvement des courants
marins et des ondes sous-marines émises par les vagues de surfaces
sont un spectacle magnifique. En plongée, quand on fouille un
peu dans cette tignasse verte, les couleurs des oursins qui s'y cachent
sont un enchantement. Quand toutes ces algues arrachées par les
tempêtes ou les fortes houles se retrouvent dans un même
endroit sur des épaisseurs qui, quelques fois, pouvaient approcher
le mètre, c'est quelque chose de fantastique, d'hallucinant,
de jubilatoire. C'est un peu comme la neige qui recouvre tout, sauf
que l'algue ne recouvre que le sable de la plage.
Le fond sous-marin de la plage des algues est presque exclusivement
un fond de sable, ce qui n'est pas le cas des autres plages des Bains
Romains. Ce contraste de fond de sable, dans une eau transparente,
en opposition à cet épais congloméra
qui recouvrait tout aussi bien le sable que les quelques rochers de
la plage étaient une vision des plus étonnante. D'abord
il y avait une forte odeur de décomposition végétale
saumurée qui attirait les mouches, ensuite il y avait une
relative difficulté de marche, un peu comme si l'on marchait
sur un matelas, enfin il y avait des couleurs qui passaient du
vert tendre au grisonnant,
comme une chevelure de grand-mère, en passant par le vert et
le brun foncé. Tout cela déplaisait beaucoup à
la majorité des estivants et faisait le bonheur des jeunes et
moins jeunes qui cherchaient, pour des raisons aussi diverses que
variées,
à s'isoler discrètement de la grande foule.
La plage des algues était une aire de jeux, un terrain neutre
où l'on réglait ses comptes ou encore un petit paradis
pour les premières armes du flirt. Je me souviens d'un énorme
figuier qui se trouvait à mi-chemin entre le fond de la plage
et les murs impressionnant de la villa Gras ; je n'étonnerais
personne en disant que la plupart des couples ont séjourné
amoureusement sous ce figuier.
Chounet
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