Jouons le jeu
Daccord ou pas
voilà qui vient étayer la thèse du mythe fondateur.
Les forêts kabyles, le ruisseau des singes à
quelques encablures de Blida, les sommets enneigés lhiver
du Djurdjura et plus particulièrement de Tikdjirt, mais
pour ma petite tête cétait surtout la mer,
et plus particulièrement la Méditerranée qui me
fascinait littéralement : ses odeurs, ses calmes plats, ses monstrueuses
vagues, leur violence, les fonds marins dune diversité
infinie, ses poissons.
Précision dimportance, la mer à Alger,
cétait le Nord, le vent dOuest venait de gauche et
ses vaguelettes sympathiques étaient signes de beau temps et
de mer chaude, le vent dEst venait de droite et apportait mauvais
temps, mer froide et signes inquiétants dorage.
Gérard STAGLIANO
Au sujet du temps sur nos côtes, voici ce qu'écrivait
dans son livre en 1926 le professeur A. GRUVAL: " Jusqu'au début
du 20e siècle la circulation des eaux de la Méditerranée
était encore mal connue dans ses détails. Elle diffère
du reste entre les deux bassins, occidental et oriental, et se complique
de courants secondaires dus à des causes difficiles à
préciser. Mais le seul bassin occidental intéresse la
côte algérienne. Les vents d'ouest sont des vents forts,
souvent des tempêtes, ceux d'Est parfois assez violents aussi
sont au contraire des vents de beau temps et de ciel clair. Les plus
fortes tempêtes, celles qui soulèvent des vagues énormes
et rendent la circulation sur la côte dangereuse et parfois impossible,
même pour les grands bateaux sont dues à des vents de Nord-Ouest
qui halent vers le Nord."
http://perso.wanadoo.fr/algerroi.net/alger/port/texte/portalger_70.htm
Dans cette mise au point, je suis absolument formel,
le vent d'ouest amenait non seulement le beau temps avec des petites
vaguelettes très bleues parfois frangées de blanc, mais
aussi les méduses, la mer restait calme et chaude et le ciel
bleu. Avec le vent d'est, les vagues finissaient par grossir dans l'après-midi,
l'eau de mer se troublait, devenait sale et froide, le temps pourrissait.
Il ne fallait pas se laisser surprendre en barque du côté
des Deux-Ilôts de la Pointe Pescade car, pour en revenir à
la rame, contre les vagues et le vent, c'était coton tout plein.
Maintenant les grosses mers d'hiver venaient principalement du Nord,
alors dire si cela était le Nord plein ou le Nord-Ouest comme
l'écrit le professeur A. Gruval, en 1926, dix ans avant ma naissance
quand même, je ne saurais me prononcer car, et en hiver particulièrement,
je me foutais de savoir d'où venait vraiment le vent.
Gérard STAGLIANO
Le 19 mai 2004
Cher cousin,
Désolée de contredire Monsieur Stagliano au sujet des
vents (la bosse mai juin 2004) et je suis entièrement d'accord
avec le professeur A. Gruval.
Les vents d'Ouest et de Nord-Ouest avaient un nom : La Bafagne. On pouvait
prévoir la Bafagne quand le ciel se couvrait de nuages noirs
menaçant et que la mer commençait à se plisser.
Cela au premier coup de vent devenait vite une redoutable tempête
qui, à Sidi-Ferruch, a abattu poteaux électriques, déraciné
un énorme aloès, arraché des branches aux arbres.
Ça durait une heure au plus ; le calme revenait aussi soudainement
qu'était apparu la violence. Quand le vent d'Ouest était
sage nous avions droit à 2 ou 3 jours de pluie. Robert s'il était
encore parmi nous pourrait confirmer tout ceci et te raconter la bafagne
que nous avons vécu tous les 2 en mer, nous avions, lui 16 ans,
mois 14. Quant au vent d'Est, il ne se levait jamais avant 9 heures
et cela se produisait pendant 3 jours, la mer, d'abord très calme,
devenait moutonneuse jusqu'à 17 heures et ses moutons
brillaient au soleil. Après 17 heures, la mer redevenait miroir
et toute la nuit le ressac crissait doucement sur le sable. Quelle Paix
!! Qu'elle soit de Bains Romains, de Sidi-Ferruch ou d'Aïn Taya
c'est la plus belle du Monde, c'est la Méditerranée !
Un complément d'information : le mois de septembre est le mois
de la Bafagne, une, deux, mais jamais plusse.
Suzanne Rinaldi-Pinard
Moi, je ne suis pas d'accord avec Mme Suzanne Rinaldi-Pinard
de Sidi Ferruch car je maintiens et je signe avec force que le vent
d'ouest à Alger était bien le vent du beau temps et de
la mer calme. Je ne savais pas que Sidi-Ferruch était si loin
des Deux-Moulins au point que les vents s'inversaient mais chez nous
si le vent d'Est démarrait à 9 heures, il n'était
pas prêt de se calmer et de faire de la mer un miroir à
18 heures, je peux te le garantir avec force.
Gérard STAGLIANO