Lorsque vous serez bien vieux,
Le soir assis au coin du feu,
Feuilletant l'album de cuir bleu,
Direz à vos petits-enfants,
Avec une larme dans les yeux,
Comme notre vie était belle.
Lorsque nous descendions tous les deux,
Du haut de la falaise, par le chemin creux,
Sourions de plaisir, en regardant les galets
Trembler dans l'eau claire et argentée.
Nous fendions des vagues, toujours recommencées,
C'était notre bonheur simple, le cadeau de l'Eté.
La Mer caressait notre peau halée,
Et le sel brûlait nos lèvres enflammées.
Du pain blanc et un fruit tiède,
Et peut être une moisson d'arapèdes,
Nourrissaient notre jeunesse sur cette plage,
Insouciante et mûre avant l'age.
Et lorsque le soir tombait,
Et que la mer en silence, d'un petit pas se retirait,
Dans l'ombre complice, tout ne devenait que délices...
Georges Lévy (ALGER,1938-1962,Israel 2005).
Photo collection Robert Mari prise en 1990 lors de son
premier retour aux sources.
Je suis touché et ému par ce petit poème sur
Miramar, comme je l'avais été par l'extraordinaire texte
sur le bus Place du Gouvernement-bainem.