Lécole des Bains Romains
Si je nai pas usé mes fonds de culottes sur les bancs
des universités, je nen suis pas si contrariée !
Jai suivi mon petit bonhomme de chemin joyeusement, mettant à
profit les acquis de la " communale " et du lycée Lazerges.
Cest bien-sûr de la petite enfance que je garde les souvenirs
les plus pittoresques et lorsque que regarde la photo de classe année
50/51, une bouffée
de petits bonheurs me pousse à abonder le site de quelques témoignages.
A cette époque nous rentrions directement en cours préparatoire,
sans expérience de la communauté. La discipline ne nous
effarouchait pas, il me semble. Avec, comme enseignante, la Directrice
de lécole des filles, Madame Biscos, nous navions
pas dautre choix. Si ma mémoire est bonne : elle était
la marraine de Renée
Galtier.
La journée était ponctuée dun quotidien
régulier : chant pour bien commencer la journée,- quelques
fois Madame Biscos quittait la classe, fâchée après
Monsieur Gaubert, Directeur de lécole des garçons,
qui faisait chanter ses élèves un peu trop fort "
par la fenêtre ouverte, bonjour, bonjour, par la fenêtre
ouverte, bonjour le jour
. " les éclats de voix nous
glaçaient. Un petit hall dentrée séparait
les deux classes.
Puis, morale ou instruction civique : phrase inscrite dune belle
écriture sur le tableau noir ; apprentissage de lorthographe
: voyelles puis consonnes , mots, phrases ; calcul puis calcul mental
avec résultat inscrit sur lardoise levée au-dessus
de nos têtes.
Les illustrations du livre de géographie nous transportaient,
nous les enfants du bord de mer, vers des paysages verdoyants, montagneux.
Comment des maisons flottantes, nommées péniches, pouvaient-elles
servir dhabitation principale, pour famille ? Traverser la France
jusquà la Hollande avec ses moulins, ses tulipes ?!
Lexigence de cette enseignante terrorisait certaines élèves.
Des claques pleuvaient, des tresses et des oreilles sétiraient
Marietta
en a même perdu sa boucle doreille qui lui venait de Majorque
-.Il me semble, quavec les résultats obtenus par ses élèves,
la fierté de notre institutrice était immense ; surtout
vis-à-vis de son homologue qui préférait très
souvent amener ses élèves, au champ voisin, pratiquer
le " plein-air " dont nous nétions pas privées
.-
Cest dailleurs, la seule fois de ma
scolarité, en CM2, alors quelle avait repris une classe
unique CM2 et Certificat détude, que jai obtenu un
prix dhonneur. ! Il faut ajouter que mon papa, très
exigeant aussi, mavait bien initiée à la vitesse
des trains qui se croisent et au débit des robinets qui fuient
Grand, était le sapin de Noël que toutes les élèves,
de confessions différentes, dailleurs, décoraient
dans sa classe, plus grand que chez les garçons !
Beaux, étaient les bouquets de roses qui parfumaient cette classe
: certaines élèves apportaient le " bouquet à
la maîtresse ". Propres, étaient nos petits bureaux
à cases en bois avec encriers blancs, sur lextrémité
droite : les samedis après-midi, nous les frottions à
la bougie, et à laide dun chiffon de laine et dhuile
de coude, les faisions briller. Peu délèves amenaient
de la cire, nous étions pour la majorité issus de milieux
modestes.
Après cette activité, la fin de laprès-midi
variait : inspection des ongles et des cheveux qui étaient à
nouveau vérifiés le lundi matin, après la grande
toilette du dimanche, dans la lessiveuse ; initiation à la couture
: abécédaire au fil rouge sur canevas gros trous ; projection
dun petit film pour toute lécole, dans une salle
obscurcie.
Les " punies " restaient derrière le tableau noir
en attendant la sortie. Sur le chemin du retour nous rentrions joyeux,
accompagnées par le chant du coucou.
Une fois par an, nous avions le devoir de vendre au voisinage des
timbres très colorés. La recette était destinée
à lInstitut Pasteur. Certaines élèves dégourdies
nhésitaient pas à proposer leurs services, en prenant
demblée trois carnets : je les soupçonnais de les
vendre à leurs parents
.
Le vaccin BCG était assez récent, et lors de la visite
médicale annuelle nous devions, à la queue leu leu, subir
le test de la " la plume qui griffe ", sur lavant-bras
gauche, que lon appelait " cuti ". Cétait
une récréation pour certaines et une angoisse pour dautres.
Très joyeux, le retour du dernier jour de classe où
nous rentrions chargées de tous nos cahiers de lannée
écoulée en chantant " Gai, gai lécolier,
cest demain les vacances, les cahiers au feu, la maîtresse
au milieu ". Jaimais beaucoup cette maîtresse. Elle
invitait ses élèves à un goûter, chez elle,
lorsquelles la quittaient pour fréquenter le collège
ou le lycée. Cette fois cest nous qui étions fières.
Elle est décédée lorsque je fréquentais
le lycée. Longtemps je lai rêvée. Je reconnaîtrais
encore son parfum.
Après la classe, ou le jeudi, nous nous retrouvions par quartiers.
Nos plaisirs variaient selon notre imagination, transformant la "
plate-forme ", en far-west. Indien et Cow-boy Jean-Yves Ampart
et Alain Mirade - saffrontaient. Aubergistes et infirmières
Marie-Jeanne Ampart, Elisabeth Greck ,
Fatima, Rabeira
Moulay et moi-même-, attendions la fin des hostilités,
pour soins et repas.
Et le rituel élevage de vers à soie stocké, quelques
semaines, dans des boîtes en carton !. La métamorphose
du vers en papillon, servait de " leçon de choses ".
La famille Moulay, généreusement, nous autorisait à
grimper sur lunique arbre de son patio, pour cueillir les feuilles
de mûrier.
Souvent, après une bonne averse, nous partions dans le champ
voisin ramasser les petits gris ; nos paniers à salade en regorgeaient.
Un jeûne de trois jours leur était prescrit par nos mamans
pour mieux les cuisiner avec la " chouchouka ".
Il reste toujours en nous une part denfance, paraît-il.
Quelle chance davoir vécu celle-là !.
Michèle Pastor-Mari.
Le Coucou de Claude, fille de Mme Héquet
Boujour Chounet,
Tu ne me connais sans doute pas, j'étais à l'époque
ce que mes frères appelaient une "petite pisseuse"
mais je me souviens de toi, Chounet "Beum" et de ton père
"Monsieur Beum", bronzé, pelage doré, j'ai même
une vision de taches de rousseurs.
Je m'appelle Claude Wallem, née Héquet, soeur des jumeaux
Alain et Georges. Ile de France, bâtiment "A". Notre
balcon était en face de la terrasse des Faivres, Gilbert mangeait
des carottes crues, la maman appelait de la terrasse vers la plage d'une
voix à peine perceptible (de notre balcon) Gilbert", Ginette!".
Pour nous, c'était le "chiffon rouge" qui nous rappelait
de la plage pour l'heure du déjeuner.
Je viens de découvrir le site en tapant Bains-Romains un jour
de blues au bureau en Bavière où je vis depuis 25 ans
(la Bavière, pas le bureau).
Quelqu'un sait-il ce qu'il est advenu de la famille Ayache (Vidal)
de l'immeuble Solina?
J'ai lu la rubrique "contacts". Là une Algérienne
a écrit, mais n'a malheureusement pas laissé de nom ou
de coordonnées. J'aimerais qu'elle sache que je souviens très
bien du nom ZITOUNI, non seulement parce que j'adore les olives, mais
parce que j'étais dans la même classe qu' Anissa Zitouni,
et que ma mère a fait la classe à Zaki et Mehde Zitouni,
tous les deux frappés par la polyo. Que sont-il devenus. J'étais
amie de sa nièce - du même age - Sabiha KISSARLI, sa petite
soeur Mimi. Son petit frère Fouad était passé par
la classe de Maman, comme il se doit.
Je me suis souvent demandé ce qu'elles étaient devenues.
Ainsi que de la famille Ouchfoum, père pâtissier (les gâteaux
de l'Aid!), Noureddine, dans la classe de mes frères, ou était-ce
Ratiba, Badigha, et le petit Taoufiq (classe de Maman).
Qu'ils sachent qu'ils ne sont pas oubliés.
On s'embrasse!?
Claude Héquet
Le Coucou de Zack et la réponse de Claude
En ce qui concerne l'école : cet été, j'ai discuté
avec monsieur Cherfaoui (instituteur), il m'a raconté que son
père était maitre d'école à Bains-Romains
avant l'indépendance. Peut-être certains des anciens l'ont
connu ?.
Zack Roudoci
M. Cherfaoui, bien sur, c'était le successeur de M. Gobert en
tant que directeur de l'école de garcons, dont il est question
dans l'article de Michèle. C'était un Kabyle, normalien,
il avait des enfants, au moins un grand garcon qui devait être
à la fac, environ de l'age de Jean Gobert et une fille dont,
si je n'hallucine pas, je me souviendrai toujour de la phrase d'introduction
"J'ai un nom de fleur, je m'appelle Souci". Maman dont il
était le supérieur, l'estimait beaucoup.
Claude Héquet
Bonjour à vous tous,
Je voudrais apporter une précision concernant les informations
de Zack Roudoci et de Claude Hequet.
Monsieur CHERFAOUI, père, a effectivement succédé
à monsieur GOBERT qui était directeur d'école des
Bains Romains. Monsieur GOBERT est parti à la retraite avec son
épouse, elle même institutrice. Comme tout un chacun, habitant
Baïnem, Bains Romains ou les environs, le parcours était
le même: maternelle: la terrible madame Biscos ( son mari devait
être inspecteur d'académie ), CP1: Mme Gobert et CP2: M.
Gobert.
Monsieur et madame Gobert s'étaient retirés dans une villa
à Baïnem au lotissement Raphaël, je crois. Ce lotissement
était juste au pied de la forêt de Baïnem sous un
château d'eau. Pour y accéder, il fallait emprunter à
Baïnem la route perpendiculaire à la nationale à
la station d'essence ( il y avait à cet endroit également
une boulangerie et une épicerie ). Pour la petite histoire, on
allait faire du patin à roulettes dans la descente du lotissement.
Le soir la pharmacie était très utile.
Un des fils GOBERT, Jean, était l'un de mes meilleurs amis. Je
ne désespère pas de le retrouver Son frère se prénommait,
je crois,Yves Pour en revenir à CHERFAOUI, j'ai été
à la fac de droit avec son fils. Je ne me rappelle plus de son
prénom Zack Roudoci dit l'avoir rencontré et je serai
heureux d'avoir ses cordonnées. Quant à sa sur,
elle était, comme on dit maintenant très "in",
toujours habillée très moderne.
Mes cordonnées e-mail philippe.coudert@cegetel.net
Philippe