À lépoque de la bande du boulodrome,
constituée par tous les gamins issus des familles occupant le
lotissement des Belombras, cest à dire Jacques Fiori, les
Prost, Michel, Anne-Marie, Frédéric, Marie-Thérèse
Brilloit, la sur de Jacquot, Hélène Soubièlle,
Jean-Jean Decourty, pour ceux qui me reviennent immédiatement
à lesprit, mon père nous emmenait régulièrement
en ballade dans la forêt.
Lavantage du littoral Algérois cest que dun
côté il y a la plage et la mer et de lautre, des
vagues coteaux, plantés de vignes et tout de suite après,
la forêt. Une
forêt presque exclusivement plantée de pins.
En septembre, cétaient les champignons et les cyclamens.
Nous ramenions des kilos de girolles et de sanguins, des lactaires roses
que mon père connaissait bien et qui avaient la particularité,
quand on cassait le chapeau, de laisser échapper un liquide rose
assez proche de la consistance du sang. Nous ramenions également
des sacs de patates de cyclamen.
En été, cétaient les pins
pignons, les graines de pommes de pins prêtes à éclater.
Les pignons de pins, cest très bon, mais cest une
vrai galère à décortiquer.
Dabord, mon père repérait un arbre largement fournit
en pommes de pins prêtes à éclater. Il balançait
une corde le plus haut possible dans les branches et secouait énergiquement
pour en faire tomber le maximum. Nous, les gamins, nous ramassions les
pommes de pins et nous les décortiquions pour recueillir les
pins pignons avant de les séparer de leur peau, un peu comme
des amandes. Et, bien entendu, nous en grignotions un sur quatre, le
reste étant distribué en parts égales à
toutes les mamans pour faire des gâteaux.
Cétaient des demi-journées entières que
nous passions ainsi, à parcourir la forêt. Au grand scandale
des mères de famille, mon père nous avait appris la chanson
de Margot, la jolie bergère qui rencontre quatre jeunes et jolis
garçons. Le premier lui caresse le menton ; il était
un peu timide. Le second, je nai plus le souvenir de ce quil
osait faire. Le troisième, un peu moins bête que les deux
autres, lui soulevait le jupon et ce que faisait le quatrième
nétait pas dit dans la chanson. Ha ! Ça nous plaisait
bien çà ! Nous chantions à tue tête en arpentant
les sentiers forestiers et comme chacun racontait ça dans sa
famille, mon père passait pour un polisson qui dévergondait
la jeune classe.
Une année, nous avons même eu lhonneur dêtre
dans " LÉcho
dAlger ". Au début du printemps, nous avions croisé
un journaliste en ballade qui nous a tiré le portrait pour illustrer
un article sur larrivé du printemps et les joies des promenades
en forêt.
Chounet
Image recomposée par bainsromains.com
Les senteurs dEucalyptus de la forêt
de Baïnem.
Depuis le début mars de cette année 2005 je suis bronchiteux
et jai bien du mal à me débarrasser, à certains
moments, dune toux que lon ne peut pas ne pas remarquer.
Samedi dernier, en cette fin mars, nous sommes allés, avec un
de nos petits-fils, chez Saïd, histoire de retrouver la chaleur
dun couscous. El Mektoub : 38 rue de la clouterie 28000 Chartres Tél : 02
37 36 19 95
Un des meilleurs, pour ne pas dire le meilleur, couscous et tajine de
la région Centre. Saïd est originaire du quartier Nelson, ça tisse des
liens. Nous le fréquentons depuis notre arrivée sur Chartres
dans les années 80, il avait, à lépoque,
son "restau" rue St Pierre à quelques mètres
de la maison.
Saïd dans les années 2000 au 25 rue St Pierre.
Photo collection Daphne, crédit photographique
vraisemblablement René Gaulier.
Au fil du temps Saïd est devenu le quartier général
de la bande de décalé du neurone Chartrain dont nous nous
glorifions de faire partie, mais ça cest une autre histoire.
À table, je me mets à tousser, Saïd vient me voir
et me dit "Alors elle nest pas terminée ta bronchite
? Jai retrouvé quelque chose pour toi !"
Et il me donne ça :
Jen suis resté comme deux ronds de flan !
Première constatation lodeur me rappelle des souvenirs
denfance, jai dû prendre ça quand jétais
petit. Comme par magie je me suis retrouvé en plein cur
de la forêt de Baïnem là où il y avait des
Eucalyptus.
Il y a des odeurs comme ça que lon ne peut oublier : les
oursins, le Flytox ou autre acétylène.
Deuxième constatation, cest très efficace, beaucoup
mieux que vaporub ou autre ventoline.
Depuis quelques jours, ça va beaucoup mieux, merci Saïd.
Cahiers Sécheresse, Volume
9, Numéro 1, pages 5 à 11, Mars 1998. Sahraoui Bensaid, Souad
Hamimi, Wahiba Tabti : Unité de recherches sur les zones arides,
BP 44, Alger 16000, Algérie
......
Les surfaces forestières
de l'Algérie sont en constante régression et ce depuis fort
longtemps. Les tentatives de reconstitution du patrimoine forestier sont
restées vaines. La question du reboisement est d'autant plus complexe
que la situation sociale et économique a créé des
besoins en bois de toutes catégories, et leur satisfaction passe
inévitablement par le recours à l'importation. Les difficultés
financières de l'Algérie font qu'une réflexion sérieuse
doit être engagée sur le reboisement de production.
.......
Le pin de Monterey et le pin
pignon
En Algérie, dans les stations d'El
kala (Est algérien) et de Bainem (Algérois), le pin de Monterey
(Pinus radiata), originaire des États-Unis, a donné
des résultats intéressants et produirait 11m3/ha/an dans
la région d'Alger.
Quant au pin pignon (Pinus pinea),
il a été introduit depuis fort longtemps en Afrique du Nord.
Il existe de très belles pineraies à pignes, notamment à
Oran (reboisement de la Macta) et à Alger, dans les forêts
de Bouchaoui (ex. : Domaine Borgeaud) et de Bainem. Ses stations préférées
sont les plaines et les coteaux peu éloignés de la mer.
Il prospère également bien sur les dunes littorales.
......
Conclusion
Les pays de la rive sud de la Méditerranée
sont-ils condamnés à ne voir le reboisement que sous l'aspect
de la protection des sols et de l'équilibre biologique ou doivent-ils,
sous la contrainte des besoins nouveaux auxquels aspire la population,
engager une réflexion sur le reboisement. Dans le dernier rapport
confidentiel sur les forêts, les experts de la Banque Mondiale sont
formels : il faut planter et aménager les forêts pour produire.
Pour faire face à cette
demande, le secteur forestier a mis en place, depuis 1994, la politique
des grands travaux forestiers, finalisée en février 1997
par l'octroi par la Banque Mondiale d'un prêt de 89 millions de
dollars.
Cette politique sera-t-elle efficace? On peut
craindre que ces travaux lancés en grande pompe par le gouvernement
ne visent en fin de compte qu'à juguler un chômage aigu en
zone rurale, et arrivent à point pour répondre à
une crise politique. Ils ressemblent étrangement aux chantiers
populaires de reboisements (CPR), lancés en 1963 et qui, sous la
couverture de reconstitution forestière, devaient occuper pendant
un certain temps une paysannerie sans emploi et livrée à
elle-même.
Quel sera l'impact de ces travaux sur la surface
boisée ? Et quelle sera la finalité de cette dernière
?
La direction générale des forêts reconnaît dans
l'un de ses rapports récents que les taux d'échec dans les
reboisements sont relativement importants et avoisineraient les 35%, les
raisons étant à rechercher dans l'absence d'une politique
forestière cohérente et claire, elle-même liée
à la politique de l'environnement du pays.