un autre écho
cétait en septembre, un matin couvert et venteux.
De lOuest bien établi et la mer moutonnante. Piou
nous avait montré son engin volant. Un modèle magnifiquement
coloré, prétentieux par sa taille qui nous dépassait
tous de deux têtes au moins et avec une queue longue comme ça.
Nous navions jamais construit de cerf-volant aussi grand. Il faut
rappeler que nous navions ni les uns ni les autres de support
financier
Quelques roseaux
coupés au ptit chmin, de la colle de farine ou au
mieux de la gomme arabique, du papier demballage le plus souvent
et de la ficelle piquée dans le tiroir de la cuisine.
Ce jour là, nous avions récolté des kilomètres
de ficelle et mobilisé la terrasse de Monique à lextrême
pointe de larchevêché. Le vent soufflait fort, je
lai dit et nous étions décidés à battre
le record du monde en altitude des cerf-volants en papier. Le seul matériau
connu pour ces aéronefs captifs.
Et la pelote de ficelle diminuait vite. LArc en Ciel séloignait
mais ne sélevait pas : la ficelle était très
solide mais elle était grosse et lourde. À tel point quelle
sétablissait à lhorizontale pour sélever
ensuite mollement vers le cerf-volant.
Notre ficelle avait deux bouts. Le deuxième était fixé
à un morceau de bois servant de poignée. Chacun dentre
nous mesurait sa force en retenant lArc en Ciel par cette poignée.
Et puis, ensuite, car il y a une suite, lArc en Ciel a décidé
de nous quitter. Il nous a échappé, freiné par
la ficelle qui pendait dans leau et la poignée qui ricochait
sur la crête des vagues. Il senfuyait à toute vitesse
vers la Pointe Pescade. Nous avons tous esquissé un plongeon
pour retrouver notre bien et
et nous avons sauté sur nos
bicyclettes.
Pour la beauté du souvenir, laissez nous penser quil vole
encore, au-dessus dune grande mer... Par ce que, à La Pointe
Pescade, personne ne la jamais vu passer tellement il allait vite.
Jacquot
jbrilloit@libertysurf.fr