MÉMOIRES DE BAINS ROMAINS

Amours & Fantaisies

 

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...un autre point de vue.

Les Bains-Romains, un passage obligé !

Pour moi, Deux-Moulinois grand teint, par le volley d’abord et solidement accroché de cœur pour de multiples raisons, les Bains Romains constituaient un passage obligé quand nous nous rendions à la Madrague pour s’y baigner ou reluquer les belles filles qui s’y prélassaient au soleil. Ou même quand notre destination était plus lointaine, Sidi-Ferruch et ses trois magnifiques plages, Bérard pour la chasse sous-marine, Cherchell quand j’y fréquentais l’École d’Officier de réserve.

Mais les Bains Romains, c’était aussi pour moi, jumeau de Marc, un patelin qui avait littéralement aspiré mon double, mon ego, qui y fréquentait Aline Roche.

Néanmoins, les Bains Romains ont constitué pour moi un événement sentimental et romanesque important. Un dimanche de volley, je revenais de la salle de l’A.S.M.A, où, avec l’O.D.M, nous avions disputé un match de championnat contre je ne sais plus trop quel adversaire… Je descends du car, le sac de sport en bandoulière et je me fais ramasser par un collègue, Georges Courty, heureux propriétaire d’une Simca Océane décapotable de couleur vert d’eau avec coussins de cuir noir, le top de l’époque pour la jeunesse insouciante que nous représentions alors. Difficile pour moi de refuser l’invitation qu’il me fit de faire une virée à la Madrague précisément.

Cette bagnole, pour ceux qui ne l’auraient pas connue, avait le même effet sur les filles que le miel sur les mouches : elle les attirait irrésistiblement !

Or donc, ce dimanche soir-là, nous partons tous les deux dans son magnifique bolide vers la Madrague, l’histoire d’y boire un coup et de déguster les excellentes frites (chips) croustillantes de chez " Marco ", à la plage du Port. On fait un premier passage aux Bains Romains of course, comme disent les Anglais, sans remarquer quoi que ce soit.
On déguste sur les chaises de chez " Marco " ce que nous étions venus y chercher en bons épicuriens que nous étions et tout le temps qu’il était nécessaire de le faire.
Retour ensuite sur Alger ou plutôt les Deux Moulins, et le brave Georges d’appuyer sur le champignon pour me faire apprécier le doux vrombissement de l’Océane. Sur la grande ligne droite des Bains Romains à l’endroit où logeait ma belle sœur d’aujourd’hui, Aline Roche, dans la nuit naissante, à la vitesse où nous allions, nous avons à peine distingué trois présences qui agitaient les bras à l’arrêt du car, pour nous faire arrêter… Ce que nous fîmes 400 bons mètres plus loin à cause de cette satanée vitesse, pour revenir en marche arrière et à grande vitesse, au mépris de toute sécurité, chercher les trois grâces. C’étaient en effet de très jeunes et très jolies filles qui répondaient aux doux prénoms de Marie-Claire, Danielle et Suzanne. Je n’en connaissais personnellement qu’une, Danielle, qui habitait en face de l’église de Saint-Eugène, ou peu s’en faut, et qui devait fricoter avec l’un de mes amis de l’époque.

Nous les faisons monter dans cette Océane qui avait agi sans doute sur leur subconscient, Danielle entre nous deux devant, Marie-Claire et Suzanne derrière.
Bref, nous prenons rendez-vous ensuite pour le lendemain dimanche : une " boum " avait lieu dans une villa des Bains Romains que je serai bien incapable d’identifier et encore moins de nommer aujourd’hui.

Quelques jours plus tard, j’attendais le bus au bas du Lycée Bugeaud vers midi dix quand une traction avant Citroën s’arrête, Marie-Claire en sort et me prie de la rejoindre. Devant, le chauffeur, un adulte que je ne connaissais pas et qui avait eu la courtoisie de prendre Marie-Claire en charge, j’entends celle-ci me proposer, très simplement, de flirter avec Suzanne, absente mais consentante. Que le lendemain, je rencontrais à l’Otomatic, chère Suzanne, merveilleusement attifée et fardée, qui me fut donc officiellement présentée par Marie-Claire.
Suzanne – elle habitait Raïsville, à côté de la vendeuse de frites, Paquita – pour moi, devait durer quatre belles années jusqu’à ce que le service militaire éloigne le Sous-Lieutenant Gérard Stagliano, quelque vingt-sept longs, trop longs mois de sa belle, trop belle Suzanne, au regard de feu.

Voilà ce que les Bains Romains m’inspirent aujourd’hui, moi qui ne suis ni Bains-Rominois ni rien, sans compter que, pas très loin à Baïnem, le " Palladium ", une brasserie fort bien pourvue en kémia, occupa quelques unes de mes soirées de loisirs et même un réveillon de Noël avec, devinez qui, ladite Suzanne !

 

 

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