MÉMOIRES DE BAINS ROMAINS

Les Z'Oublies d'Antoine...

 

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Z'oublies

Zeb de Mer

 

"… Les "bêtises" de Chartres.

… Les bêtises n'étaient pas les seules friandises offertes aux gourmands. Il ne faut pas oublier les oublies, petites pâtisseries minces, cuites entre deux plaques de métal et roulées en cône ou en cornet. À la veille de la Révolution, un "oublieux", du nom d'Adrien Vérité, était domicilié rue de la Planche-aux-Carpes. Mais son commerce n'était pas sédentaire. Il circulait dans les rues, muni d'un tambourin pour signaler sa présence et d'un tourniquet portant une dizaine de numéros. Moyennant une faible rétribution, le client, le plus souvent un enfant, faisait tourner le tourniquet et l'arrêt de la rotation indiquait le nombre d'oublies gagnées.

"Voilà l'plaisir, Mesdames, voilà l'plaisir !" était le cri de ce petit métier qui subsista jusque dans les années 1900…"

JOLY (Roger) /Chartres. Le quartier Saint-Pierre et Porte-Morard. Deux mille ans d'histoire. - Comité du quartier Saint-Pierre Porte-Morard. -Chartres, 2001.

 

Les plaisirs gustatifs des Belombras :

z’oublies et cacahuètes !Durant la belle saison, quasiment tous les jours, résonnait l’appel du marchand d’oublies ; on l’entendait arriver de loin car il était muni d’un petit instrument composé de deux plaquettes en métal qui s’entrechoquaient bruyamment grâce aux mouvements très rapides et rotatifs du poignet, et cela faisait : " clac, clac, clac, clac, clac " le tout accompagné de retentissants … z’oubli i i ii ! alors là, les enfants accouraient de tous côtés, leurs sous à la main ; c’est qu’ils étaient bons ces grands cornets croquants et friables (au moins 20 cm de hauteur !).

Quant à Antoine, c’était le gardien de la maison Ferrer-Brilloit dans laquelle j’habitais au 1er étage. C’était un homme solitaire, dévoué et très gentil ; lui aussi, dès les vacances arrivées, démarrait une activité saisonnière lui permettant de se faire un peu d’argent : au moyen d’une machine en ferraille archaïque, en faisant tourner à la main un tambour, il faisait griller à merveille les petites cacahuètes ! ça sentait bon ! ensuite il fabriquait, avec mon aide de temps en temps, des cornets en papier-journal que nous remplissions ; Marie-Thérèse et moi avions toujours droit à un petit cornet gratis, quelles veinardes !

Antoine, très connu de tous, parcourait, comme le marchand d’oublies, les plages et le village à la rencontre des gourmands, petits et grands.

Hélène Soubielle

Hélène Penain

 

Tu te souviens donc d'Antoine et de ses cacahuètes grillées (que je n'ai jamais vu les vendre sur la plage mais au village). Il les faisait griller dans le jardin et mangeait une bonne partie pour les goûter... Et tu te souviens certainement aussi de ses sorties nocturnes sur la bosse de chameau, son coin préféré, dont il ramenait un ou deux sars dans les meilleurs moments. Son moulinet était constitué d'une bobine de bois ayant contenu du fil de nylon qu'il fixait directement à sa longue canne par un boulon. Il enroulait son fil à la main en tournant autour de la bobine. Il péchait à la sardine, quand il était riche... ou aux escargots, les caracoles que nous avons tous connus et il ne partait jamais sans un long couteau qui était presque une épée pour se défendre des rencontres indésirables.
En hiver, je le rejoignais souvent avec mon vélo et après avoir descendu quatre ou cinq moineaux dans les belombras de mon jardin avec une carabine à chien venant de ma grand-mère, je lui en confiais la cuisson entre deux petits bouts de lard et nous les mangions ensemble... J'en ai encore le goût à la bouche. Antoine était un homme simple et honnête.

Jacquot

 

 

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