Comme dans toute l'Algérie, il y avait à
Attatba un certain nombre d'adeptes de la chasse au Tchibec.
Cet animal étrange était extrêmement
sauvage, au point qu'il n'avait jamais pu être apprivoisé
nulle part ; il ne pouvait non plus vivre en captivité, si
bien qu'aucune ménagerie n'en possédait un seul exemplaire.
Il présentait de plus une particularité anatomique unique
dans le règne animal, celle de posséder deux pattes,
dont l'une était plus courte que l'autre, ce qui ne lui permettait
de ne marcher à l'aise qu'à flanc de coteau.
Il était enfin doté d'un flair si extraordinaire qu'il
reconnaissait l'odeur de tous les autochtones adultes du pays, qu'ils
soient Arabes, Kabyles, Juifs ou Européens et ne se laissait
donc approcher que par les enfants ou les étrangers, notamment
les Métropolitains fraîchement débarqués,
qu'il ne pouvait, en quelque sorte, sentir !
Les uns et les autres étaient donc sollicités pour participer
à des chasses nocturnes lors desquelles ils jouaient un rôle
essentiel.
On les installait sur la colline pentue, en leur recommandant surtout
de ne pas bouger et d'attendre que l'animal, se précipite de
lui-même dans le sac qui leur avait été confié.
Les autres chasseurs munis de lampes à carbure ou électriques
et de bâtons devaient aller à la rencontre du Tchibec
et servir de rabatteurs. Sentant leur odeur, il se retournerait pour
fuir dans l'autre sens, mais déséquilibré par
son handicap physique, il tomberait immanquablement dans le sac.
Le stratagème ne prenait pas toujours, mais souvent le chasseur
lassé d'attendre rentrait, sous les quolibets et les ricanements
des initiés, honteux et confus, jurant, mais un peu tard, qu'on
ne l'y prendrait plus!
NDLR - Le Dahu que l'on trouve en France n'est qu'une pâle copie
de notre Tchibec.
(texte Max Teste)
Site de Georges et Josiane Gomez http://perso.club-internet.fr/gagomez/ gagomez@club-internet.fr
Voilà
un lieu de mémoire digne de ce nom, nous avions, aux Bains
Romains, notre Tchibek qui, de mémoire, portait un autre nom
que ma mémoire a relégué dans le fin fond de
l'arrière-boutique de mon computer neuronal.
J'ai beaucoup entendu parler de cette histoire, je n'ai jamais connu
personne qui se soit laissé prendre au piège. Par contre
j'ai beaucoup utilisé l'équivalent poisson "le
Maguouïle à tête rouge" pour éluder
des questions sur la pêche ou sur des lieux de pêche,
quand, visiblement ces questions étaient embarrassantes.
Chounet.
En ce qui concerne le "fanfre à grelots" ... Il
est à la gente poisson, ce qu'est le tchibek à la gente
gibier à plumes... je ne vous le décris pas je suis
sûre et certaine que vous savez bien le chasser !!!
Françoise BERNARD BRIES
Bonjour amis !
J'ai sur le Tchibech, bien illustré dans le texte de ce site,
une correspondance qui peut être utile !!
En région marseillaise il y a un oiseau similaire : c'est le
Tarnagnasse, celui-ci ne pouvant se déplacer qu'a flan de colline,
il tombe sitôt qu'on le siffle pas derrière !
Oila !!
Georges Cottin
Tchibek
(Tchibeck). N.m., oiseau fabuleux.
Selon la tradition, l'oiseau pourchassé avait une patte plus longue
que l'autre pour pouvoir courir à flanc de coteau. Selon une autre
légende, dont L. Mazzella se fait l'écho dans Le Parler
pied-noir, p. 106 : cet animal est représenté sous
la forme d'un oiseau aveugle volant au ras du sol et que l'on capture
à l'aide d'un filet
Le
Pataouète, Dictionnaire de la langue populaire d'Algérie
et d'Afrique du Nord, Éditions Jacques Gandini