...Le retour au bercail
Laventure est terminée, nous sommes
le 28 août 1945 et je viens de rendre mon paquetage à Blida.
Trente mois de guerre avec bien sûr de bons
et de mauvais souvenirs. Ces derniers seffaceront au fil des années,
quant aux autres ils sembelliront avec le temps, la nature humaine
est ainsi faite.
Retour sur Alger, Place du Gouverneur, lieu de rassemblement
des arabes et des marchands ambulants, la statue du Duc dOrléans
trône au milieu de cette place, à gauche face à
la mer la grande Mosquée et de lautre côté
sur la rue de la Lyre la cathédrale dAlger.
Les autobus desservant la côte partent de
cette place. Saint Eugène, Pointe Pescade, Miramar, Les Bains
Romains, autant de petits villages, plus ravissants les uns que les
autres, qui séchelonnent en bordure de mer, sur une vingtaine
de kilomètres.
En route vers Les Bains Romains ! Larrêt
dautobus est toujours au même endroit juste devant le café
Ripoll. En face, de lautre côté de la rue, Colette
Martinez et son épicerie. Un peu plus loin lautre café
Ripoll où a lieu en fin de semaine un bal couru par les habitants
du village.
La mer scintille sous le soleil, le ciel est bleu
sans nuage et puis, il y a ce parfum si particulier que je retrouve.
Lodeur de mon pays, javais 20 ans
!
Le décor est toujours le même, je presse
le pas, encore deux cent mètres. Je descends lescalier
qui mène au boulodrome et où sont regroupées les
maisons que les estivants occupent depuis des années. A droite
quelques marches que je grimpe rapidement, voilà je suis de retour
à la maison après cette longue absence
La surprise
est grande, maman, (votre grany plus tard) mon grand père Martin,
ma grand-mère. Ils sont tous là, nous nous embrassons,
nous sommes heureux de nous revoir enfin. Joie simple chaleureuse et
pleine damour
Les bonnes habitudes ont vite été
reprises. La plage, la mer, les parties de ballon et bien sûr
les courses de natation
que je continuais de gagner. Je frimais
parfois et je jouais au coq du village. Sur cette photo mon flirt davant
mon départ, Colette, toujours aussi belle. Ne vous y trompez
pas les enfants, on se prenait la main, un petit baiser quelquefois
et rien de plus !!.. Mais cest lépoque qui le voulait.
Jean Pierre Müller
Extrait de "Un livre pour mes petits-enfants"