Aux Bains Romains, en septembre, quand la Méditerranée
prenait des couleurs de fins de saison, cétait la saison
des petits rougets, par temps calme et, quand la mer était houleuse,
le temps de " prendre les vagues ".
Le roi de ce sport, cétait Jacquot
Brilloit, un copain dune génération entre celle
de mon frère et la mienne, un mec de la bande à Jean-Claude
Riéra, le Riéra de Bains Romains qui a signé pas
mal de décors télévisés pendant les années
70 / 80 en France. Il sétait fabriqué une planche
ressemblant étrangement à une planche à laver,
comme il nen existe plus aujourdhui, denviron un mètre
de long sur cinquante centimètres de large, avec des angles arrondis
pour éviter de se faire mal au bide.
Seulement voilà, techniquement, selon la
manière et le moment de prendre la vague, lorsquon réussit
à descendre cette piste liquide, il peut se passer deux choses :
soit on glisse jusquau rivage en prenant son pied, un peu comme
avec une luge dans la neige, soit on se plante dans le creux de la vague,
on fait trois tours dans ses pompes, on réussit à émerger
et la vague est passée.
Nous avions tous suivi lexemple de Jacquo.
Nous nous étions fabriqués une planche et nous nous plantions
une fois sur quatre dans le creux de la vague. Cest là
quest intervenu le génial Jean-Louis Havard. Il sétait
fabriqué une planche avec un bord relevé, à la
manière dun ski, ce qui lui permettait de retrouver la
courbe de la vague au moment du risque de plantade. Lexpérience
avait été suffisamment concluante pour que fleurissent
un peu partout sur les plages environnantes des planches à bords
relevés.
Chounet.