Bains Romains, côté plage, nous offrait la possibilité
de pratiquer quelques activités de type physique dont la voile
était une des quelques quatre ou cinq principales.
À cette époque, en ces lieux de villégiature,
les mentalités nétaient pas orientées "
régate ". Elles étaient à lantipode
du " Vendée globe ".
En règle générale la voile cétait
plutôt le bon bateau en bois, choyé, bichonné, nettoyé,
entretenu, les cordages et la voilure rustiques ; la technologie n'existait
pas et la matière était privilégiée. Cétait
le temps de la maîtrise du bateau dans son élément
: leau. Cétait la recherche dun équilibre
entre les différentes composantes, le vent, leau, les capacités
du bateau et de sa voilure. Cétait aussi, et pour moi surtout,
la jouissance soit de lactivité physique, soit du plaisir
de la navigation pour la navigation : tenir le cap, en vent arrière,
allongé au fond du bateau, le corps complètement offert,
comme une cible consentante, dans la ligne de mire du soleil. C'était
plutôt ça notre idée de la voile.
Des bateaux, on en a vu passer, des grands, des gros, des petits, des
larges, des à une place, des à plusieurs places, des qui
fendaient leau, des qui roulaient sur les vagues.
Des sorties, on en a fait par temps calme, par temps moins calme et
même par temps plutôt agité, mais notre activité
préférée était de faire des exercices de
gîte. Plus la voile était proche de leau, plus le
bateau se couchait sur le flan, plus la pointe de la dérive tranchait
leau comme on découpe une tranche de saumon, le tout sans
chavirer, plus nous étions la tête dans les étoiles.
Chounet
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