MÉMOIRES DE BAINS ROMAINS

Le Vaurien

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Image recomposée par bainsromains.com

Monsieur Faivre, le père de mon copain Gilbert, dirigeait une entreprise. Un de ses clients et amis avait acheté un vaurien. Il l’entreposait au domicile de la famille Faivre, n’ayant vraisemblablement pas d’autre possibilité.

L’année de l’acquisition, ce bateau a dû sentir par deux fois la vague Méditerranéenne, puis plus de nouvelles du propriétaire. L’année suivante, Monsieur Faivre proposait à son fils d’utiliser ce bateau plutôt que de le voir pourrir par inaction.

C’était l'excitation que provoque un jouet auquel on ne s’attend pas ! Le seul problème était de savoir s’en servir.

Gilbert vint me voir et me proposa un marché : je l’initie à la voile, en échange de quoi nous partageons le bateau, un coup toi, un coup moi, le plaisir et l’entretien.

À l’époque, j’étais fou de voile. J’avais bien un bateau, mais c’était une pastéra. J’ai foncé. L'exécution de ce marché s’est avérée parfaitement carré, sans qu’une seule ombre ne vienne obscurcir le tableau.

Je partage avec Gilbert quelques souvenirs croustillants, mais ce que je garde de lui, c’est une expression, rigolarde " à priori " mais hautement philosophique si l’on se donne la peine d’approfondir le concept, à savoir : " il vaut mieux péter en société que d’être malade tout seul ".

Rigolez, rigolez, mais méditez cette formule, c’est la sagesse à l’état pur.

Le vaurien est un bon dériveur, en contreplaqué marine, qui demande peu d’entretien. Pour nous, son seul défaut était d’être insuffisamment ponté, ce qui limitait l’angle de gîte et ne faisait guère notre affaire.

La saison suivante, nous décidâmes de le ponter pour pouvoir nous adonner à notre exercice favori. Car enfin ! Où se trouve le plaisir dans cette affaire ? Théorisons un peu. Pour aller d’un point à un autre en un minimum de temps, rien ne vaut un moteur. Pour aller d’un point à un autre à la voile, il faut organiser un trajet qui combinera la position du bateau par rapport au vent en tenant compte du sens des vagues et des courants, l’ensemble du parcours formant une ligne brisée, pratiquement jamais une ligne droite. Au vent, la vitesse du bateau est directement proportionnelle à un angle de gîte combiné avec un angle de voile, l’ensemble constamment réglé par rapport à la force du vent. Plus les voiles sont serrées, plus le bateau prend de la gîte, moins la vitesse est grande. C’est ainsi que l’on fait du rodéo sur les vagues et il faut savoir aller jusqu’à la limite du chavirage. Mais quelle honte si l’on dépasse cette limite et que l’on se retrouve à l’eau.

Le fait d’avoir ponté le vaurien repoussait cette limite bien au-delà des capacités d’un dériveur moyen. Nous arrivions presque à rivaliser avec le Moth, c’est vous dire.

Chounet

Index Mails

Bateaux
Batti-Batte
Bélouga - Doris
Jean-Louis
Moth - Patin -
Pastera -
Poquisse - Tabou
Vagabond - Vaurien
Yole -

 

" Cinquante ans ... Le vaurien , cinquante ans déjà ! Jean-Jacques Herbulot est décédé le 22 juillet 1997. Il est certain qu’avec sa disparition, c’est toute une conception humaniste de la voile qui s’éteint.

Parmi ses créations, les séries les plus répandues sont : le Dinguy, le Sharpie, le Vaurien, la Caravelle, le Corsaire, le Cap Corse ... Près de 70 réalisation. "
Http://perso.magic.fr/jjgirard/jjh.htm

 
 
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