Avec cette longue perche se terminant par une pelle, certain font des
châteaux de sable, d'autres creusent des cavernes dans l'eau.
Quand on a un aviron dans chaque main - attention, pas un bâtonnet
d'esquimaux glacé, un véritable aviron, un aviron fuselé
de la main à la pelle, sorte de cuillère plate à
son extrémité - on se sent pousser des ailes.
Imaginez une mer calme, sans vent, un silence quasi total à
quelques encablures du rivage. Il est 10 h 00 du matin et le soleil
commence sérieusement à faire sentir sa présence.
Vous tournez votre aviron de telle façon que la "cuillère"
soit à l'envers de son utilisation habituelle et à vingt
ou trente centimètres au-dessus de l'eau.
D'un mouvement du poignet, vous faites pivoter cette " cuillère
" pour qu'elle soit perpendiculaire à la surface de l'eau et
entame une courbe au moment où elle pénètre dans
l'eau.
Quand la pelle est "dans l'eau", vous tirez, plus avec les épaules
qu'avec les bras et vous sentez que la masse inerte sur laquelle vous
êtes assis, que l'on appelle un bateau, un vrai bateau en bois,
commence à ramper sur l'eau.
Et si vous renouvelez cette opération, votre bateau commence
à prendre un peu de vitesse, rythmé par la musique des
pelles au contact de la Méditerranée.
Elle est pas belle, la vie ?
Chounet
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