Oncle
Charles et le Veau Marin texte de Denise Boulet
Savez-vous que la grotte du veau marin que vous citez tire son nom
du phoque qui venait s'y abriter parfois et que plusieurs chasseurs
(merci de ne pas en parler à Brigitte BARDOT) n'ont pu capturer
car les balles ricochaient systématiquement sur sa peau épaisse
et glissante.
C'est dans la grotte voisine que s'échoua une péniche
de débarquement américaine dont le moteur était
toujours visible en 1962.
Jacky
Oui, Jacques, je connais ces bêtes-là. Nous en avons
tous aperçues dans la famille et mon arrière grand-mère
racontait que, dans sa jeunesse, elle avait nagé en compagnie
d'un veau marin entre le rocher des Rats et celui des Oiseaux (notre
Grand Rocher). Mais je ne la croyais qu'à moitié. Je ne
savais pas, par contre, que des sinistres individus tiraient sur eux.
Camille
Il y aurait au moins deux très belles pages à écrire,
une sur le veau marin et lautre sur cette fameuse péniche
du débarquement.
En ce qui concerne la péniche je nai aucun souvenir à
part un vague souvenir de moteur évoqué par Jacky, qui
pour moi était quelque part, mais qui navait aucune relation
avec les Américains. La première fois que jai entendu
parler de cette péniche cest dans le texte de Ritou quil
a écrit quelques temps avant de nous quitter.
Par contre la légende du veau marin jen ai un souvenir
assez précis, jétais petit et un après midi,
un bruit a couru, plage Martin, la rumeur disait que le veau marin se
trouvait plage Campello. La population des Bains Romains de lépoque
cest précipité pour voir ce spectacle. Dans ma mémoire
le veau marin faisait peur et dans ma mémoire je me vois devant
un parapet que jimaginais au niveau de la nationale jusquau
jour où Robert est rentré dans notre aventure et ma
fait comprendre que ce parapet était au niveau du boulodrome
de la maison Demeure et non au niveau de la nationale. Je nai
pas souvenir davoir vu le veau marin ce jour là mais quelques
temps plus tard il a était signalé tout proche du rocher
aux moineaux, je me souviens y être allé en bateau, peut
être avec Jean Marc Verdu et je me souviens avoir vu des gros
remous qui pouvaient avoir été provoqué par un
bestiaux marin quelque peu monstrueux.
Cest pour cette raison que, ayant découvert le site de
Denise en 2001, où elle situait la grotte du veau
marin du côté de larchevêché, je
lui ai envoyé un mail illico pour lui dire, dabord que
jétais très ému de lire cette histoire sur
le net et que, pour moi, la grotte du veau marin était du côté
de la plage Campello et non du côté de larchevêché.
Elle a dû bien rigoler
Il y a une chose que je ne mexplique pas, comment se fait il
que, tout petit, ayant été sensibilisé à
cette légende du veau marin, lorsque nous avons été
en âge de plonger et que nous avons écumé tout le
littoral des Bains Romains et dailleurs, pas une seule fois, dans
mon souvenir, le veau marin ne soit venu nous dire bonjour, il nous
aurait foutu la trouille de notre vie, une de plus, mais je ne laurais
donc jamais vu ce veau marin
Cest le grand regret de ma
vie, surtout quil a une belle tête de nounours bien sympa
ce veau marin, nous aurions été bien copain.
Chounet
Notre "VEAU MARIN "
Puisque tout le monde y va de son histoire pourquoi ne pas donner
ma version ? (Qui est la véritable bien sur !!!!!)
Notre veau marin "régional" a bien existé.
Il fait partie de notre "patrimoine" Bainsromanais au même
titre que le reste Je l'ai toujours connu. Ses apparitions n'étaient
pas fréquentes mais je l'ai vu cependant maintes fois sortir
ou entrer dans la grotte située en bas du Vert Cottage, juste
derrière notre crique. Et nous, les sales gosses, nous devions
le mettre en état de panique avec nos cris et nos commentaires
excités, mais personne ne s'est jamais avisé de s'approcher
de lui en descendant le vieil escalier en fer rouillé qui plongeait
dans l'eau à l'entrée de la grotte. Crier oui, gesticuler
oui, mais notre courage s'arrêtait là. Et lui, continuait
tranquillement son chemin, la tête hors de l'eau et les moustaches
bien raides. Il lui arrivait parfois de tourner la tête vers nous
mais son allure n'a jamais été rapide.
La grotte devait lui servir de dortoir car je l'ai toujours aperçu
en sortir le matin ou y entrer en fin de journée. Comme cette
grotte n'était accessible que par la mer, il devait s'y trouver
en sécurité. Et nous, les mômes, nous n'étions
pas assez courageux pour lui tendre un traquenard.
Je me souviens qu'avec Ritou, lorsqu'il nous fallait trouver des vers
pour la pèche, il nous arrivait d'aller en périssoire
jusqu'au fond de la grotte. Nous arrosions les parois avec notre mixture
faite d'eau et de sulfate bleu (déjà la pollution ....)
mais lorsqu'il me fallait mettre les mains à l'eau pour la récolte
je n'en menais pas large car je n'aurais pas voulu que notre "
monstre " les prenne pour de la nourriture ! Et si j'hésitais
trop longtemps cela faisait râler Ritou qui avait quelques difficultés
à maintenir la périssoire pas trop prés des parois,
c'est vrai qu'il y avait à cet endroit pas mal de remous. La
grotte allait en se rétrécissant et il nous fallait baisser
la tête à mi-parcours. Mais promis, juré, je n'ai
jamais vu personne aller à la nage jusqu'au fond de la grotte
et pour cause !!!!
Si tous les mômes, habitués de la crique, tels que Christian
Bertin, Jacques Nusbaumer, etc
se souviennent de cette époque
ce serait super qu'ils associent leurs souvenirs aux nôtres.
Régine
Ce n'était pas une légende. Il y avait bel et bien des
veaux marins tout au long de la côte algérienne. Je croyais
que "le nôtre" et sa descendance, celui de la fameuse
grotte des environs du Vert Cottage, était exceptionnel. L'année
dernière, lorsque j'ai lu le texte de Denise, à la lettre
W, j'ai appris avec étonnement, comme Chounet deux ans plus tôt,
que cette grotte n'était pas la seule habitée par ces
mammifères marins.
Solange aussi parle d'une grotte du veau marin à la Pointe
Pescade dans son texte "Yvonne et ses deux filles". Mon père
interrogé m'a alors dit qu'ils étaient nombreux en ce
temps-là tout au long de la côte.
En été, je pense qu'il partait dans des coins plus calmes.
C'est pour cela qu'on ne le voyait pas.
Personnellement, j'en ai vu un en 67 ou 68 aux Bains Romains, mais de
loin... Était-ce bien un veau marin? Si j'avais été
sur le Lock-Ness, j'aurais dit avoir vu le monstre.
J'ai été guérie de ma frustration en rade de
Brest, il y a une dizaine d'années. Deux veaux marins ont surgi
alors que je me baignais près de notre petit bateau, à
l'embouchure de l'Aulne. On aurait dit deux bons gros
toutous, mais j'ai eu la trouille! Ils avaient été
relâchés par les vétérinaires d'Océanopolis
(Aquarium de Brest) où ils avaient reçu des soins. Au
lieu de partir vers la pleine mer, ils sont restés dans la rade
tout un été, au grand désespoir des pêcheurs
qui ont eu là une rude concurrence.
Camille
J'ai vécu sensiblement la même aventure. Un matin, un
après-midi, allez savoir ? Quelqu'un accourt. Qui ? Je ne pourrai
le dire. Quelle période de l'année et quelle année
? Je ne m'en souviens pas. Mais une chose était certaine, le
veau-marin aurait été vu vers le secteur de la plage Campello,
plage des Égouts, et grotte du locataire de même nom. Nous
étions nombreux à accourir vers la balustrade en bout
du boulodrome, des enfants, des adultes, peut-être y avait-il
aussi Chounet. Peut-être ....
Et je me souviens tout le monde scrutait le proche horizon cherchant
à apercevoir ce fantôme des mers. Les commentaires allaient
bon train. Certains, persuadés de l'avoir déjà
vu auparavant. D'autres, plus catégoriques, dirent ne jamais
l'avoir vu. Moi je rêvais et pensais par avance à la réaction
que j'aurais si j'avais la chance d'apercevoir " la bête
" car il est vrai que celle-ci m'impressionnait déjà
avant de la connaître. Bref, le Veau marin resta invisible. Malgré
mon jeune âge, cette histoire me laissa tout de même perplexe,
mais ne m'empêcha pas de descendre à la crique afin d'aller
voir au plus près la grotte du veau marin qui chez moi se trouvait
au bas de la Maison Demeure. Mais celle-ci était déserte.
En fait, le veau marin je n'y croyais pas trop. Était-ce une
légende ?
En juillet 1970, ayant bourlingué sur les rives du Lock-Ness
en Écosse, j'ai revécu exactement les mêmes sensations.
Je m'imaginais toujours en observant la partie centrale du lac, voir
apparaître une masse sombre ou bien une tête impressionnante
sortir des eaux. Mais là non plus le monstre n'apparut pas.
Les témoignages me prouvent maintenant que le phoque des mers
européennes existe bel et bien.
Il reste cher à nos curs, et symbolise à mes yeux
les Bains-Romains.
Robert qui habitait en haut de la grotte.
En parlant de veau marin
Nous avons fait un périple aux États-Unis dans les années
90 et en fin de parcours nous sommes remontés de San Diego (Une
pensé pour Denise) à San Francisco en longeant la côte,
donc la côte Ouest côté Pacifique.
Un matin daoût en quittant San Diego, après une
soixantaine de Km de voiture, par une chaleur étouffante il nous
vient lenvie de faire une petite halte " bronzette "
avant un petit repas cool. Par une petite route détournée
(cest rare aux USA) nous arrivons sur une plage, très grande
mais pas très belle, paradoxalement il ne faisait pas très
chaud sur cette plage, il y avait un peu de monde mais nous étions
très loin de nous marcher dessus.
Nous nous installons, Daphne et moi, je reste quelques minutes allongé
mais, malgré dépaisses serviettes de bains, je ne
suis pas très à laise, un sable granuleux et plutôt
visqueux, une espèce de brume sur la mer, une brise un tantinet
fraîche, rien qui me donne envie de " bronzouiller "
des heures. Je décide de faire une balade sur la plage en longeant
le bord de leau et là je découvre des algues éparses,
mais des algues énormes, rien à voir avec ce que nous
avons en Bretagne et encore moins avec ce que nous avions plage des
algues, des algues de trois mètres de long et 40 cm de large
facile. Le bord de leau était constitué de milliard
de petits coquillages, à priori rien détonnant,
sauf que ces coquillages était quasiment tous de la même
couleur avec des formes multiples et variées, il y avait aussi
quelques carcasses de crabe très poilues et dun gris tristounet,
à pleurer !!! Il me fallait quand même mesurer la température
de leau, je trempe mes panards, ce nest pas le pied, tout
juste le début du dégel.
Je pensais que les Américains étaient un peu fous, javais
fais trois ou quatre cent mètres et je décidais de retourner
vers Daphne et ma serviette, et là je vois se former un attroupement
dune dizaine de personnes, je mapproche par curiosité,
un adulte tenait un poisson par les ouïes, la tête de se
poisson était au niveau de sa poitrine et la queue traînait
sur le sable, ils sont fous ces Américains, il ny avait
pas de bateau dans le coin, jai pensé quil revenait
dune pêche en mer que sont bateau était au port et
quil venait montrer sa prise à sa famille sur la plage.
Quelques instants plus tard ce même monsieur vient lancer une
ligne avec une canne et un moulinet, pratiquement devant nous, il donne
la canne à un jeune garçon qui devait être son fils,
assis sur ma serviette je regarde la scène, pas plus dune
minute après je vois le gamin qui est entraîné par
la canne, quil narrive pas à maîtriser, et
se retrouve à leau, le père se précipite,
récupère le môme et la canne et ressort un poisson
identique à celui de tout à lheure.
Je me dis que ce nest pas possible, que je rêve, que ces
Américains sont fous, je pense à nos minuscules tchelbines,
je pense à nos pêcheurs, en septembre, quand la mer était
forte, qui, avec beaucoup de patience, au lancé, ressortaient
un ou deux beaux sars en une heure de temps.
Nouvel attroupement pendant quelques minutes et tout rentre dans lordre.
Toujours assis sur ma serviette je regarde la mer, un fou daméricain
se baigne et je distingue à quelques mètres de lui un
tronc darbre qui surnage et que je navais pas aperçu
jusque là, en regardant plus attentivement je découvre
un second tronc darbre, je minterroge et jai juste
le temps de minterroger avant de découvrir que le premier
tronc darbre a une tête et le second également !!!
Mais cest bien sur !!! Ce sont des phoques !!! Qui ressemblent
à notre veau marin et notre Américain, pas du tout gêné,
poursuit tranquillement sa baignade dans leau glacée.
Nous sommes abreuvés de feuilletons télévisés
Californiens qui nous montrent un paradis terrestre et qui nous ferraient
presque douter de notre paradis à nous, le Méditerranéen.
Ma réalité Californienne na rien à voir avec
un paradis, elle aurait plutôt à voir avec un bord de mer
plat et gris tout juste réchauffé par la taille des poissons
et la tête chafouine des phoques. Mais je dois être de très
mauvaise fois ou alors cest que nous ne sommes pas restés
assez longtemps, il faut y retourner !!!
Par contre, la Floride, alors là !!! Oui !!! C'est comme là-bas
!!!
Chounet
Salut Chounet,
On peut toujours écrire quelque chose sur le veau marin mais
tous les sites qui parlent du lamantin avec de superbes photos en diront
toujours beaucoup plus. Voir les sites suivants !!!
Ciao, ciao! Marc & Aline
http://www.unesco.org/delegates/niger/delegationniger/lamantin.htm
http://www.yfolire.net/sais/definition.php?code=lamantin
http://fauneetflore.haplosciences.com/lamantin.html
http://www.nature.ca/notebooks/francais/elamant.htm
http://radio-canada.ca/actualite/decouverte/dossiers/8_laman/
Marc semble confondre le veau marin et le lamantin qui sont deux espèces
différentes d'après ce que j'en ai lu.
Gérard
LE VEAU MARIN
Aujourdhui, cette espèce, nommée par les spécialistes
"Monachus monachus" ou "Phoque moine", est en voie
de disparition hélas, mais autrefois, "notre" veau
marin logeait encore dans une grotte à double issue de notre
paradis de vacances Méditerranéen.
Qu'est-ce qu'un phoque ? Empruntons la définition d'un dictionnaire,
le Robert quotidien : "Mammifère marin amphibie (pinnipèdes),
au corps fusiforme pourvu de membres antérieurs petits et palmés,
au cou très court, aux oreilles dépourvues de pavillons,
et au pelage ras."
Phoque veau-marin, définition Pieterburen (Pays-bas).
Aujourdhui encore, le Phoque moine est représenté
par plusieurs espèces dans des mers chaudes, et même en
en mer Méditerranée où il est devenu très
rare, en mer des Caraïbes et à Hawaï.
À mon grand désappointement je nai pas de souvenir
visuel de ce genre de mammifère aquatique. Je sais seulement
quentre les deux guerres de 1914-1918 et 1939-1945, il y en avait
pratiquement dans toutes les grottes des Deux-Moulins, à la Pointe
Pescade, et sûrement jusquaux Bains-Romains puisque les
grottes qui sy trouvent étaient appelées grottes
du veau marin. Notamment aux Deux Moulins, sous le célébrissime
restaurant de " Madeleine " il y en avait une, plus loin à
la plage des Casseroles de Bou-Amar, à La Vigie, la grotte du
fond de la plage, si impressionnante par sa hauteur quon éprouvait
une certaine angoisse à y pénétrer, faisait partie
des grottes à veau marin et cela ajoutait à lappréhension
naturelle.
Je sais aussi que sitôt aperçu, un veau marin provoquait
le plaisir sadique de tout Nemrod respectable en Piednoirie de tester
les chevrotines que tout un chacun avait dans sa besace pour aller chasser
le sanglier. Je ne sache pas quon en faisait un usage alimentaire.
À moins que quelquun puisse me contredire, mais, comme
on appelait le phoque moine un veau
marin, jai des doutes
sur ce que jaffirme.
Gérard STAGLIANO
Index Mails

Le veau marin de Gérard
Photo collection : membres.lycos.fr/PicardiePhoques/Toutsavoir.html
- 24k -
Attention,
je ne suis pas du tout convaincu que le phoque dont parle Gérard
soit vraiment le veau marin d'Algérie.
Je crois beaucoup plus au lamantin d'Afrique de l'Ouest (http://membres.lycos.fr/ccojw/totems/mammiferes/pinnipede/
lamantin.htm) qui est, ou était, très paisible et nonchalant
Ce qui correspond beaucoup mieux au souvenir de très petite enfance
que j'en ai du moins.
Voilà c'est tout!
Marc & Aline
Notre veau marin était-il bien un veau marin ( Phoca vitulina)
ou un phoque moine ( Monachus monachus) ? Le doute est permis.
Quant au lamantin, j'ai lu sur un site qu'il est surnommé en
anglais "sea cow" (vache de mer). Il y a de quoi en perdre
son latin ! Mais si le lamantin ressemble beaucoup à un phoque,
on ne le trouve pas en Méditerranée.
Pour en revenir à celui que nous appelions le Veau Marin, mon
père me dit l'avoir souvent vu jusqu'au début des années
50. Par la suite, les plages étant de plus en plus fréquentées,
il ne semblait être présent que dans les mémoires,
pour devenir ensuite un élément important de la Mémoire
Collective des Bainsrominois. Notre débat actuel le prouve !
Ma mère prétend cependant qu'on entendait son cri à
la tombée de la nuit...
En 1973, année de la Conférence à Alger des pays
non alignés, détail qui a fixé leur souvenir, ma
soeur et mes parents ont vu un éléphant de mer à
10 mètres de leur bateau, au large de la grotte du veau marin.
Veaumarinement vôtre.
Camille
C'était bien un veau marin c.a.d. "un phoque de l'atlantique
ou de la mer du nord selon le petit LAROUSSE"; GIBRALTAR n'est
pas étanche aux phoques.
Jacky
Oui, j'ai vu des veaux marins à la Pointe Pescade dans la crique
à gauche de la plage Chachouin, l'air tranquille mais qui auraient
peut-être fait chavirer notre pastéra si nous nous étions
approchés.
Solange
Mon cher Chounet,
Le veau marin semble être un thème récurrent du
site des Bains Romains et je men voudrais de ne pas participer
au débat sur ce grave sujet qui me préoccupait dès
mon plus jeune âge
Je me permets donc de tapporter ma modeste contribution en tadressant
une uvre de jeunesse écrite pendant mon séjour aux
Bains Romains, puis publiée en 1946 dans un journal " pour
écoliers et lycéens " qui sappelait "
Au Large ".
À lépoque, je rêvais de devenir
Écrivain.

Les aventures de Monsieur Veau-Marin
I)
Cette aventure se passe au fond de lOcéan*,
là où lon trouve des poissons de toutes les sortes.
Ce jour-là, M. Rouget avait invité à goûter
cinquante de ses confrères. Le goûter était composé
de six algues par personne, une tasse deau de mer et, en guise
de fourchettes, une épine doursin
Les convives étaient attablés à une pierre et mangeaient
tranquillement. Les félicitations ne se faisaient pas attendre,
tellement ce plat était recherché et bon ; Mme Rouget
en était rouge de plaisir
Soudain, au moment où
les invités buvaient ce vin fin (eau de mer laissée pendant
un an avec des algues mortes), une énorme ombre passa au-dessus
des convives en un éclair. Ceux-ci savaient ce que cela voulait
dire : il fallait se sauver le plus vite possible si lon ne voulait
pas être mangé par le terrible M. Veau-Marin. Aussitôt
la panique régna dans lassistance, tout le monde voulut
rentrer dans le logis de M. Rouget, mais il ny avait de place
pour tout le monde. Et les pauvres rougets qui restaient dehors furent
avalés dun trait par M. Veau-Marin qui, une fois rassasié,
sen alla sans penser au crime quil venait de commettre.
Les compagnons de M. Rouget restèrent encore longtemps dans le
logis de celui-ci. Ils étaient paralysés par la peur.
Enfin, quand tout le monde eut de nouveau recouvré son sang-froid,
M. Rouget monta sur le rocher et, tout en mâchant une algue en
guise de chewing-gum, il déclara solennellement : -" Mesdames,
messieurs, mesdemoiselles
Aujourdhui encore, le terrible
M. Veau-Marin a fait des ravages parmi nous. Cette tyrannie ne peut
plus durer, il nous faut nous venger, car plus nous nous laissons faire
par ce monstre, plus il fera des carnages parmi nous. Maintenant, faites
ce que bon vous semble : moi, jai donné mon avis. "
Alors un personnage sortit des survivants : cétait le chef
suprême des rougets. Il monta sur le rocher, à côté
de M. Rouget, et parla en ces termes : - " Mes amis, comme la
dit avec raison notre général en chef, M. Rouget, il faut
combattre M. Veau-Marin, sinon notre race sera exterminée pour
toujours. Vous allez prévenir nos alliés. Les généraux
Rouget, Voidou, Aimalgue et Boilair viendront au Quartier Général
des rougets recevoir des ordres pour la tactique de la grande guerre.
Si, avec laide de nos alliés nous arrivons à vaincre
notre ennemi, notre peuple sera sauvé. Sinon, je vous préviens
quil cherchera vengeance et nous exterminera. "
II)
Ce soir-là, M. Veau-Marin se coucha de bonne humeur,
il avait mangé comme jamais : 50 rougets, 3 pieuvres, 200 sardines,
5 raies et 33 coquillages. Il se contenta donc comme souper de 3 raies
de un mètre sur un mètre et de cinquante centimètres
dépaisseur ; ces raies étaient assaisonnées
par trois kilos dalgues et par 100 sardines
Ce soir-là, il se dirigea donc vers son lit le ventre pendant.
Il pouvait à peine avancer. Il se laissa tomber à moitié
somnolent sur son lit en algues. Mais soudain il se releva et bondit
jusquau plafond (un rocher où il se cogna et se fit un
trou dans la tête). Il venait de sentir des aiguilles qui senfonçaient
dans ses reins, sur son ventre, dans sa colonne vertébrale et
qui ne partaient plus. Il ne perdit pourtant pas les idées et
se frotta fortement contre le rocher qui formait sa chambre à
coucher. Mais plus il frottait, plus les épines senfonçaient
dans sa chair. Enfin, nen pouvant plus de douleur, il sévanouit.
Quand il se réveilla, il ne sentait plus rien, les mousins (car
cétait eux qui, sous les ordres du chef des rougets étaient
allés piquer M. Veau-Marin) étaient partis. Puis M. Veau-Marin
partit pour sa promenade matinale. Le temps nétait pas
beau et la mer était sombre ; M. Veau-Marin voyait à peine
devant lui. Soudain, à un détour de rocher, il se sentit
attrapé par la queue et ramené en arrière par une
main gluante et visqueuse. Puis il sentit plusieurs mains qui sappliquaient
sur lui de tous les côtés, bientôt il fut immobilisé.
Puis les mains lui sucèrent le sang, il se sentit faiblir et
enfin, il sévanouit de nouveau. Quand il se réveilla,
il était terriblement faible. Il essaya tant bien que mal de
se traîner chez lui. En chemin, il sentit soudain quelque chose
qui lui découpait la chair. Comme il y avait des algues autour
de lui, il ne voyait rien. Au bout dune centaine de mètres
il dut sarrêter tant il avait mal. Il sentait toujours cette
sorte de scie (un poisson-scie) qui lui découpait la chair. Tout
dun coup, il reçut un terrible coup sur la tête.
Cétait le poisson-marteau qui venait aussi de se venger.
Avant de mourir, il vit encore autour de lui le peuple des rougets danser.
Puis il ferma les yeux et mourut. Pendant ce temps le chef des rougets
sadressait à son peuple : -" Nous avons gagné
grâce à nos alliés. Désormais, nous pouvons
vivre tranquillement. Notre " tyran " nexiste plus ".
Hubert Dick
*Note de léditeur en second " au fond
de la Méditerranée, du côté des Bains Romains,
pas très loin de la bosse du chameau "
Petit message à lattention dHubert
: Est-ce que tu peux nous dire ce que sont les mousins, juste pour être
certain de ne pas passer à côté dun poisson
important qui ne serait pas connu de nous. Merci davance, cher
Hubert, et à très bientôt.
Chounet
Mon z'ami Chounet,
Tu m'as posé une question difficile sur les mousins.
J'en ai pas l'R mais j'M les ouRsins, c'est pour ça que c'est
écrit les Mousins.
C'est y pas clair ?
Hubert
Le monstre du Loch Ness
On parle en ce moment beaucoup du veau marin sur le site.
Mais de quoi parle-t-on, au fait ? Je me pose la question à chaque
fois que jy lis un article à ce propos. De lArlésienne
assurément.
Personnellement jai écumé la Méditerranée,
la nôtre, celle entre Francis Garnier, à lOuest,
et Tigzirt, à lEst, pour prendre les endroits les plus
éloignés que jai fréquentés avec un
masque et des palmes, à défaut dy posséder
une combinaison thermique, laquelle à lépoque existait
à peine.
Eh bien, entre 1947 et le fatidique 31 mai 1962, date à laquelle
jai quitté ce Pays de cocagne quon appelait lAlgérie,
je nai jamais vu la moindre oreille, ni le museau du plus petit
veau marin. Jamais ! Et ce nest pas faute davoir visité,
grottes et autres endroits obscurs de tout acabit.
Je voudrais bien savoir combien dentre nous, fidèles au
site des bainsromains.com en ont réellement vu et pour
reprendre le pléonasme le plus célèbre de la littérature
française, celui de Molière de leurs yeux vu ?
Combien y en a-t-il ?
Parce que je crois savoir que cet animal auquel on accordait un nombre
assez considérable de grottes sur toute la côte saint-eugénoise
était très fréquent entre les deux guerres seulement,
celles de 1914-1918 et de 1939-1945, mais après
bernique.
Seuls nos grands parents qui ne se baignaient pas aussi souvent que
nous, et qui ne sadonnaient pas à la chasse sous-marine
faute de matériel en ont aperçus et même essayé
sur ces charmantes bestioles les munitions quils se fabriquaient
eux-mêmes, la chevrotine notamment, surtout promise pour chasser
exclusivement le sanglier.
Moi, des 15 ans que jai passé sous leau je nen
ai pas aperçu la moindre trace. Et, à lépoque,
javais une excellente vue. Les rascasses et autres poulpes et
seiches, sensés se camoufler, seuls pourraient en témoigner
si, bien évidemment, je ne les avais pas dévorés
Gérard Stagliano
Index Mails
A propos du veau marin , qui n'a
jamais été un lamantin mais fait bien partie de la famille
des phoques, je l'ai personnellement vu pour la dernière fois
en 1960 ou 61 un soir en rentrant d'une partie de chasse sous-marine
devant la plage Martin au niveau du rocher des rats (dit grand rocher)
j'avais alors chassé du côté du rocher des moineaux
(dont on ne parle pas souvent). Et cela m'a fait frémir pour
plusieurs raisons : il était tard et la pénombre approchait,
le veau n'était pas loin de moi qui étais aussi dans l'eau,
il m'a regardé fixement de ses deux gros yeux ronds, ses moustaches
en l'air et j'ai mis quelques instants avant de me rendre compte que
ce n'était pas une figure humaine mais bel et bien un animal.
Il a disparu sans une éclaboussure. Ce n'était pas la
première fois que je rencontrais dans les mêmes parages
mais plusieurs années auparavant. C'était alors peut-être
bien son père ou son cousin... Vrai de vrai, comme j'te l'dis.
Jacquot
Index Mails
Le "Fort Turc " de Jean-Baptiste G.
François V. et le "veau marin "
À la Pointe Pescade, Jean-Baptiste a réalisé un
vieux rêve : après trente ans de travail acharné,
il a pu acheter son paradis sur terre :un vieux fort turc délabré
perché sur une falaise dominant une mer poissonneuse en diable
et une plage déserte.
Il a restauré le bâtiment, et de toute sa force et son
amour l'a transformé en une fabuleuse villa d'été
où il reçoit toute sa famille.
Une quarantaine de personnes, petits et grands, se retrouvent ainsi
chaque année pour des vacances inoubliables.
Là se situe la fameuse histoire de François V. enfant
:
" On a attrapé le veau marin ".
Voici cette histoire : authentique !
Cet été-là, dans les années 1920, toute
la famille G. au grand complet se retrouvait "au fort turc".
Après un repas comme on aimait à les faire en ces temps
et en ces lieux , avec grande paella arrosée de vin rosé,
précédée d'apéritif à l'anisette,
à la kémia, et suivie de gâteaux-maison, de café
et de "pousse-café", les parents s'étaient retirés
dans leur chambre respective pour y faire une sieste royale !
Les enfants étaient censés en faire autant !
Mais la tentation de la plage aux sables dorés, de ses abris
sous les rochers humides, et de tous les jeux de leur âge était
trop forte ! Pieds nus, en gandouras, sans chapeau, méprisant
les inévitables coups de soleil, ils descendaient l'escalier,
les uns derrière les autres, en cachette, tout doucement, pour
ne pas réveiller les dormeurs !
Et voilà qu'au bord de l'eau, dans une confortable petite grotte,
qui dormait ??? mais qui ??? le veau marin lui-même !
Ce phoque moine habitué des lieux tout au long de l'année
lorsqu'il en était le seul occupant, dormait dans la grotte,
en ronflant et soufflant...
Il ne se doutait pas de la présence des enfants qui se faisaient
silencieux au maximum, sur la pointe des pieds, prêts à
toutes les taquineries possibles !
Déjà le petit François avait en main une longue
corde ! Déjà il avait attaché une casserole de
la cuisine à l'une des extrémités ! Un nud
coulant en vitesse à l'autre bout, et "vinga", voilà
la corde attachée à la queue du veau marin et voilà
le veau marin réveillé brutalement, avec une effroyable
frousse et un plongeon immédiat dans la mer, sous les hurlements
des gamins :
On a attrapé le veau marin, on a attrapé le veau marin
!!!
À leur tour réveillés, tirés de leur profonde
sieste, les parents irrités ne crurent pas un mot de l'histoire
:
"Allez vous coucher sales gosses et ne racontez pas de mensonges
à vos parents" !!!
Quelques jours plus tard, Jean-Baptiste, toujours levé à
laube , prit au lever du soleil, sa "pastera", pour
aller pêcher à la palangrotte...
Tout en admirant la beauté de la mer plate sous un ciel qui peu
à peu s'embrasait des feux d'un soleil d'août, que vit-il,
à quelques encablures, sur le rocher moussu où il avait
l'habitude d'aller chercher des vers pour amorcer ses lignes, que vit-il,
dites moi, oui, que vit-il ????
Vous l'avez deviné ! Il vit de tous ses yeux écarquillés
d'étonnement, le veau marin soufflant sur le rocher, une corde
au bout de la queue et la casserole de la cuisine bien attachée
à la corde !!!
Denise
Je ne résiste cependant pas à l'impulsion
de vous révéler que ce Jean-Baptiste G... Du veau marin
de la Pointe Pescade avait débuté comme simple maçon...
En fin XIX ème siècle son père était parti
d'Espagne, royaume de Valence, pour rejoindre Boufarik et le petit Jean-Baptiste
avait vu planter les platanes...
La famille avait rapidement pris "le teint" de Boufarik...
cest-à-dire celui des paludéens dévorés
par des moustiques voraces... Jean-Baptiste résista. Santé
de fer...
À 20 ans, tous les matins à 4 heures, il partait à
pied du quartier de la Marine, à Alger pour rejoindre un chantier
de construction a Belcourt...
Il se jurait chaque jour d'être dans l'avenir capable d'acheter
les terrains qu'il traversait...
À l'âge de 50 ans, devenu "entrepreneur", il
avait tenu son pari...
Denise
Ah, ce veau marin ! Il a dû avoir une longue vie
puisqu'on en parlait déjà lorsqu'en 1931 j'ai connu les
Bains Romains. Je ne l'ai jamais rencontré bien que j'ai nagé
près de sa grotte et je ne pense pas que mes amis d'alors l'aient
aperçu !
Par contre, allant à la pêche au lever du
jour, j'ai vu un requin de la longueur de ma barque (4 mètres)
à une vingtaine de mètres de la plage Martin. À
notre approche il est parti sans se presser.
André Dechavanne