MÉMOIRES DE BAINS ROMAINS

Personnages et Personnalités

 

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La découverte de ce texte particulièrement émouvant est à l'origine d'une nouvelle page qui regroupera des écrits consacrés à des personnages marquant de l'histoire des Bains Romains. Alors il ne faut plus hésiter … À vos plumes.
La famille Dechavanne compte beaucoup dans la mémoire romanibaniste.
Chounet.

Paule Dechavanne

J'ai d'abord retrouvé le livre. Jaune et brique, avec quatre astérisques noires, un à chaque coin. C'était un dimanche matin de mars 1997, chez un bouquiniste du quai de la Pêcherie à Lyon. Le Gendrot et Eustache de notre sixième ! Juste en le feuilletant, je savais exactement quels textes nous avions "faits", quarante ans plus tôt ...
"Mon enfance captive" d'Albert Samain, "L'Odyssée du vagabond" de Jean Richepin, "Le chat qui s'en va tout seul" de Kipling, "Le dernier démon de Bretagne" de Colette ("Je suis le diable! ... Gnome, Poulpiquet, Kornigaret, Korrigan, c'est ainsi qu'il fallait me nommer, et non Poum!"), "Soleil couchant" de Herédia, "Nuit de Paris" de Samain encore ("Un poète d'automne et de crépuscule", disait François Coppée). Et puis des textes terribles et poignants : du Hugo avec "L'aigle du casque" de "La Légende des siècles", et "La lutte contre la pieuvre", des "Travailleurs de la mer";"L'héroïsme qui s'ignore", de Guy de Maupassant (un des rares textes qui nous aient tiré des larmes depuis "La chèvre de Monsieur Seguin" au cours préparatoire). Et aussi pour les textes légers ou drôles : Décius Mus" d'Anatole France, "Le verger du roi Louis" tiré du "Gringoire" de Théodore de Banville, et surtout "Un émule de Tartarin" de André Maurois (l'histoire du gentleman écossais qui croit louper seize fois un lion, et en réalité en a tué seize).
Puis j'ai recherché, et retrouvé, celle qui en cet automne 57 nous initia à la poésie selon Gendrot et Eustache, et au maniement du Gaffiot. Notre classe, la prestigieuse (il faut bien le dire) sixième A2, fut une des deux seules de Gautier à l'avoir eue pour prof de lettres. Rétrospectivement, quel irrépressible orgueil de privilégié, que dis-je, d'élu ! Rémy, Eugène, souvenons-nous... En quittant le primaire et l'école Clauzel, où nous venions de passer quatre ans dans un univers exclusivement, pesamment masculin, nous laissions derrière nous un monde rude, particuliêrement notre dernier maître du CM2. Juste, oh certes, il l’était, et efficace avec ça (33 élêves passés en 6ême sur 39 : il avait fait de nous une classe de champions !). Il était adepte de pédagogiques punitions corporelles à l’anglaise, et sévère abatteur d'épais barreaux de banc sur nos chétifs postérieurs. Bernard, souviens-toi, quand tu tremblais qu'il ne "casse" le frêle Cilleros quand c’était à son tour ! Henri, toi tu t'étais débrouillé pour y échapper, nous pas ! Mais il y a une justice ! Voilà que ce mardi 1er octobre 57, jour de rentrée, dans ce nouveau monde si intimidant du lycée, nous accueillait, pour y accompagner nos premiers pas, une présence féminine, et quelle présence !
Longtemps je me suis demandé pourquoi c'était Mademoiselle Dechavanne dont je m'étais souvenu avec tant d'acuité, sans pourtant arriver à mettre un visage précis sur ce souvenir. Je me la rappelais juste comme un brouillard hypnotique de plaisir et de confiance, comme on n'en éprouve qu'avec bien peu de profs. Je me rappelais aussi que je lui avais associé le tableau de Puvis de Chavannes, "L'espérance", qui était dans mon Larousse en deux volumes, et que ce n'était pas seulement à cause de l'homonymie. C'était troublant. Jusqu'à ce jour récent de juin 1999 où nous nous sommes retrouvés dans un petit restau à Paris. En la revoyant, j'ai compris.
Elle avait amené quelques photos d'elle dans ces années là. J'ai encore mieux compris. C'est une Audrey Hepburn fine et délicieuse qui nous avait visités, cet automne 57, et nous la retrouvions, dans ce petit restau du XIème, pas moins Audrey Hepburn que jadis. Je saisis pourquoi ses amis l'appellent "notre Lady". Et quarante deux ans plus tard, j'ai souri au souvenir du chagrin rageur qui me fit si hardi à l'annonce de son départ. Ce fut un bien délicieux déjeuner.
Juste la semaine où nous faisions notre entrée en sixième, quelques jours après que nous ayons fait la connaissance de notre petite prof, se terminait la "Bataille d'Alger". Yacef Saadi, patron des terroristes, venait d'être arrêté huit jours plus tôt, le 23 septembre. Ali-la-Pointe, son adjoint, trouverait sa fin, et la bataille d'Alger avec lui, une semaine plus tard, le 8 octobre.
Au tout début 58, Mademoiselle Dechavanne, accompagnée, je crois, du censeur, Monsieur Salini (un grand corse massif avec une tignasse grise, en complet sombre), nous annonça son départ. Nous étions en classe. De la place où je me trouvais, fusa un irrépressible et explosif "salauds!", qui manifestait, à l'intention des forces occultes et aveugles qui régentent les mouvements des enseignants, ma détresse et ma fureur. Elle a souri, et d'un geste, a apaisé mes fièvres (merci Albert Samain). Quatre mois à peine, et une telle empreinte... Ce sont bien les étoiles filantes qui nous marquent le mieux.
Elle est remplacée par Madame Pinthon. Ce sera avec elle que nous vibrerons aux journées de mai, quelques mois plus tard. Madame Pinthon était moins jeune, plus sévère, mais elle ne devait pas être mal du tout, puisque je ne suis pas capable de dire aujourd'hui laquelle avait pris l'initiative du choix de tel ou tel de ces textes qui tous, quarante ans après, continuent de me ravir.
Aujourd'hui, Paule Dechavanne habite la côte d'azur. Elle s'y est installée en rentrant d'Alger en 1963, et ce sont les élèves du collège Risso, à Nice, qui, à partir de 1969 et pendant vingt trois ans, auront eu la chance de l'avoir pour prof de lettres.
Paule participe activement aux activités de l'UAALA, l'"Union des Anciens et Anciennes des Lycées d'Algérie". Vous en trouverez sur ce site les coordonnées. L'UAALA publie chaque année une plaquette-souvenir consacrée à un lycée ou à un établissement scolaire de l'Algérie française. Celle sur le lycée Gautier (c'était la numéro 2) remonte à 1990, elle était tout à fait remarquable. Elle est, hélas, épuisée. Peut-être devrions-nous avec l'UAALA envisager sa réédition (augmentée?).
Dans le même bulletin de l'UAALA, Paule Dechavanne raconte ses années d'élève du lycée Delacroix, et dans le numéro 11, elle enchaîne sur ses souvenirs d'étudiante à la Fac de Lettres d'Alger, de 1950 à 1955. Un jour, à l'issue d'une conférence d'Albert Camus à la Maison des étudiants Boulevard Baudin, les étudiants se pressaient pour lui faire dédicacer l'un ou l'autre de ses livres les plus connus. Paule lui tendit un exemplaire d'"Etat de siège". Camus lui glissa à l'oreille : "c'est mon préféré". Et sur la page de garde, avant la signature, Camus écrivit : "Merci". En un mot il avait dit ce sentiment qui nous emporte encore le coeur, tant d'années après. Paule Dechavanne : "celle à qui l'on dit merci".

Gérald Dupeyrot

http://esmma.free.fr

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Jean Claude Magnan

Histoire : Le Japon devait accueillir les Jeux de 1940 (cela correspondait au 26ème millénaire de la dynastie Japonaise) mais cela ne se fait pas. Tokyo organise les Jeux de 1964. 94 nations se retrouvent au Japon. Le porteur de la flamme olympique est un Japonais né à Hiroshima le jour de l'explosion de la bombe atomique. L'Afrique du Sud est absente de ces Jeux à cause de l'apartheid, déclaré en contradiction avec la charte olympique et la Corée du Nord et l'Indonésie exclues pour cause d'ingérence politique dans le sport.

Français :Michel Jazy, favori du 5000m, termine seulement 4ème. C'est l'Américain Schul qui gagne. Le nageur Gottvallès et la nageuse Caron sont battus.Christine Caron obtient quand même la seconde place lors du 100m dos. En finale du fleuret, Jean-Claude (Magnan) est battu par le Polonais Franke. En équitation, Pierre Jonqueres d'Oriola remporte le saut d'obstacle. L'équipe d'escrime obtient quelques médailles (2 en argent et 5 en bronze).

http://www.13fm.com/sport/treizathlon/F31.html

HONNEUR. Le skieur Luc Alphand, vainqueur
de la Coupe du monde de ski alpin en 1997, Christian Bîmes, président de la Fédération française de tennis, et les navigateurs Laurent Bourgnon et Loïck Peyron, ainsi que Jean-Claude Magnan, ancien champion de fleuret, ont été promus hier chevalier de la Légion d'honneur.

Les archives de l'Humanité

Le sport dans le sang
Qui affirmerait que "bon sang ne saurait mentir" pourrait sans hésitation brandir l'exemple de Jean Galfione. Le sport de haut-niveau coule dans les veines du champion olympique. Son père était international d'escrime, sa mère, championne de France juniors de gymnastique, et pour l'anecdote, tous deux se sont rencontrés à l'INSEP. Quant à l'oncle de Jean, le fleurettiste Jean-Claude Magnan, il vécut le même sacre que son neveu, en devenant champion olympique par équipe d'escrime à Mexico (1968). "Ils ont connu les joies et les déceptions du sport. C'est sans doute grâce à eux que j'arrive à être calme et que j'ai du recul par rapport à la perche", remercie Jean.

www.jeangalfione.com

Moi je me souviens de Jeanne Ferré, d'un coiffeur qui s'appelait Sauveur..., du bar où Marinette faisait, pour la kémia, des escargots pimentés... et des brochettes. Je me souviens aussi d'un super méchoui en l'honneur du médaillé olympique de Bains-Romains (on lui avait offert une gourmette).

Annick Bordarier

Des nouvelles de Jean Claude, il est en grande forme et passe le bonjour à tout le monde.

http://perso.wanadoo.fr/escrime-institutvallier/page2.html

Chounet

Bonjour à Jean-Claude MAGNAN d’une admiratrice de 8 ans ! J’ai lu avec plaisir sur le site que nous avions des nouvelles de notre champion du fleuret, Jean-Claude Magnan et il me revient en mémoire une petite anecdote le concernant :
j’avais environ 8 ans et la fenêtre de la chambre était située en face, et à peu près à la hauteur de la terrasse où Jean-Claude s’échauffait et s’entraînait régulièrement. J’admirais beaucoup ce jeune sportif dans ses exercices et l’observais très souvent : il avait fière allure !
A un moment donné des échauffements, il posait un pied sur le rebord de la balustrade et, en alternant rapidement main droite, main gauche, il tapait vigoureusement sur son mollet : ça claquait fort ! le 2ème mollet avait, lui aussi, droit au même traitement ; cela me faisait beaucoup rire et je ne sais toujours pas pourquoi .. !
Une douzaine d’années plus tard j’ai pratiqué quelque temps l’escrime et je compris alors l’importance de l’échauffement des mollets, très sollicités dans ce sport.
J’ai par la suite suivi avec plaisir sa carrière sportive et je lui transmets aujourd’hui toutes mes amitiés.

Hélène du boulodrome des Belombras

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Régine Chopinot

La danse du temps

Née le 12 mai 1952 à Fort-de-l'Eau en Algérie, Régine Chopinot danse à cinq ans sur la terrasse du café Ripoll aux Bains Romains. En France, ses professeurs de danse classique sont Mlle Lambert, puis Odette Bessy. Elle fréquente la classe de Lucien Mars. Elle découvre la danse contemporaine au studio de Marie Zighera, dont elle intègre la compagnie en 1974. l'initiative de Roland Chalosse, Régine Chopinot enseigne au Studio, sur les pentes de la Croix-Rousse. Ses élèves assidus sont Didier Deschamps, Pascale Henrot, Véronique Ros de la Grange. En janvier 1978 est créée à Lyon la Compagnie du Grèbe, une association de danseurs, comédiens et musiciens qui crée notamment cinq versions d'une éventuelle saga aquatique. En décembre, Ma grand-mère Hippocampe est créée au Théâtre des Huit-Saveurs à Lyon. En un an et demi et sept spectacles, la Compagnie du Grèbe ne compte plus que deux personnes, Régine Chopinot et Laurent Fachart. Fin février 1981, au Concours de chorégraphies de Bagnolet, elle remporte un prix avec Halley's Comet. Elle lui donne une suite intitulée Toulouse. Les deux pièces sont présentées en un seul programme : Appel d'air, au Festival international de Montpellier-Danse.

Délices, une comédie musicale mutante par sa recherche d'une nouvelle forme (multimédia et présence du cinéma), est présentée aux Festivals de Châteauvallon et d'Avignon.

Via, une chorégraphie faisant appel à une nouvelle technique d'éclairage, ouvre en juin 1984 le IVe Festival international Montpellier-Danse.

http://msql.passion-theatre.org/index.html

Maman me dit que Régine Chopinot habitait au-dessous des “Soubielle“, niveau boulodrome et que sa mère se prénomait Eliane.

Annick Bordarier

Régine est arrivée aux Belombras à l’âge d’environ 3 ans en 1954/1955 avec sa mère Éliane ; elles vivaient chez Mme Peurière sa grand-mère, (grande amie de notre famille), dont tu dois te souvenir !
J’avais 10 ans : donc je pense que tu ne dois pas avoir beaucoup de souvenirs de la pitchounette qu’elle était et encore moins de souvenirs communs ; (étant là toute l’année, j’ai fait la nounou de tous les bébés).
Avec Régine, nous nous sommes tout de suite mutuellement adoptées comme sœurs et avons été très heureuses de nous " retrouver ". J’ai appelé ce matin sa mère ; ils sont en contact avec les Candella qui habitent près de chez eux. J’ai eu aussi Régine mais elle était occupée (elle me recontactera).

Hélène Penain-Soubielle

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Charles Le Bars

Mon oncle Charles Le Bars, artiste peintre et sculpteur, est né à Notre-Dame d’Afrique. Depuis une cinquantaine d’années, il vit à Clamart et continue à rêver en réalisant des oiseaux multicolores et mobiles, symboles de liberté, qui s’envolent quelquefois hors de son atelier pour apporter leur poésie au-delà de nos frontières.

A l’occasion de la semaine de l’Algérie, en Juin 2003, il a écrit ce petit texte qui a été lu au centre culturel Jean Arp de Clamart.

Camille Delpla, Dumont-Desgoffe

ULYSSE

LA VRAIE LIBERTE serait peut-être de pouvoir choisir le pays où l’on va naître. Mais je crains que cela ne soit pas encore tout à fait possible…c’est bien dommage.
Moi, par hasard et par chance, je suis né pile dans le pays que j’aurais choisi. Sauf la richesse, ce pays m’a tout donné…Tout ce que je suis, ce que je pense, ce que je fais. Je lui dois tout l’émerveillement de mon enfance . J’ai même quelquefois l’impression d’y avoir vécu dans l’Antiquité, d’avoir vu passer près du rivage les bateaux d’Ulysse.
J’ai marché dans ses montagnes, dans ses forêts de cèdres, argumenté avec des bandes de singes, suivi les conseils des bergers…Pêché le poulpe et le calamar avec les pêcheurs…Mangé des gâteaux au miel, le soir, après le signal…Ecouté ADDA parler des herbes de son jardin…Connu, tout petit encore, la villa Abd-el-Tif où étaient logés les peintres orientalistes… Choyé par BAYA qui en était la concierge et qui posait en costume pour ces peintres…Frappé par la Foi en la Peinture à cinq ans, après avoir senti l’odeur de la térébenthine…Avoir eu le bonheur de connaître le désert avant qu’on y découvre du pétrole…Y avoir rencontré au sud de Béchar des prisonniers allemands anti-nazis …Chanté les chants des républicains espagnols…Partagé l’espoir de tous ces gens, de tout ce peuple.
Encore enfant, je me suis enfui avant de ne plus croire à la justice et à la liberté.
Ayant d’autres chats à fouetter, je ne crois pas que l’Algérie se soit aperçue de mon absence. Mais moi je l’aime toujours et je la remercie.

CHARLES LE BARS

Né en 1925 en Algérie, part en 1943 pour l'Angleterre. Peintre, ancien élève d'Hayter, il travaille à Clamart depuis 1958. En 1976 il présente ses oiseaux à la Fiac à la galerie Michelle Broutta. Il expose aux Etats-Unis, en France puis à la Fondation Arp en 1994.Ses nombreuses œuvres, des mobiles polychromes en bois ou en métal sont présents dans des collections et dans des établissements publics ou privés à Agadir, Versailles, Narbonne, Fort de France et en Corée. Les “pingouins visibles au parc de la maison blanche de Clamart sont arrivés dans l'eau en 1995. Pourquoi des animaux ? “Parce qu'il n'y a pas de différence entre les hommes et eux, ils sont complémentaires et les oiseaux parce que c'est un défi permanent quelqu'en soit la forme“. D'eux, Charles dit : “ Bien avant notre arrivée, les oiseaux ont vu s'éveiller les dragons qui dormaient au pied des volcans, cela leur a donné une grande sagesse … Aussi chevauchent-ils aujourd'hui le temps et l'espace avec audace, couleur et vivacité ; où va l'oiseau, son esprit l'attend déjà“. Ainsi travaille Charles Le Bars, tiraillé entre la poésie et une grande conscience politique. Comment parler de la torture par exemple ? Il répond “ Tout n'étant que doute et émotion, il y a dans la dérision toute la poésie qui me convient“.

Le Service Culturel et l'Office de Tourisme de la Ville de Clamart

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Robert Soulé

Salut à tous,
C'est le chapitre "Nécrologie", qui me fait pointer le nez aujourd'hui.
En effet j'ai appris avec beaucoup de tristesse le décès de Robert Soulé, responsable de l'information à France-Soir dans la seconde partie de sa vie.
Vous savez que nous en avons tous, eu deux parties de vie, celle de "là-bas" et celle d'ici. Lui à Alger, était natif de Chéragas, je crois, et journaliste à l'Écho d'Alger, je suis sûr. De ce fait, c'était un copain de mon père, lui-même administrateur du Journal d'Alger. Mais surtout il était un de ceux, qui fréquentaient assidûment les réunions des "Bains-Romains" à Soubès, près de Lodève, dans l'Hérault. Il y apportait toute sa joie de retrouver "les siens" et d'innombrables histoires de reporter. À la télévision, il avait eu la chance très récemment de voir publier son œuvre "L'Algérie des Chimères" en 4 épisodes très réussis et loués par la critique.
Nous le pleurons donc aujourd'hui, car il est parti le samedi 20 mars, un premier jour de printemps, qui s'est transformé en jour de libération. En effet, depuis deux ans au moins, victime d'une attaque cérébrale, il gisait dans un lit et n'était plus que l'ombre de lui-même. Avec les anges aujourd'hui, il doit pouvoir revoir Chéragas, l'Alger des années heureuses de 1946 à 1954 et peut-être veillera-t-il du haut des cieux sur une éventuelle réunion à Soubès.
Voilà vous savez tout et la partie bleue par exemple, sera peut-être insérée sur le site de manière à apprendre la mauvaise nouvelle au plus grand nombre d'entre nous. Je vous laisse.
Amitiés à tous.

Marc

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H.J.(Hans) Van Wijk (1911-1990)

Le peintre hollandais H.J.(Hans) Van Wijk (1911-1990) a vécu aux Bains Romains de 1940 à 1951, dans l'un des cabanons de Mme Desnos, sur la falaise aux agaves.

Vous avez peut être connu ou entendu parler d’Hans Van Wijk, il habitait dans l’environnement du Vert Cottage, dans les année 40 / 50, à l’entrée des Bains Romains en venant d’Alger, en face de l’épicerie Taboni et cohabitait avec les familles Debono, Desnos, Dumont-Desgoffe, Friang, Nusbaumer, Fiol, Odièvre, Yvon, Martineau, Olivier etc …
Hans Van Wijk était un peintre hollandais venu se réfugier en Algérie. Selon les dires de ceux qui l’ont connu, c’était c'était un homme un peu sauvage, hirsute et timide, qui évitait les contacts.
Mais c’était quelqu’un d’attachant qui ne laissait pas indifférent.
Depuis quelques mois Pierre et Camille mènent une enquête dans les souvenirs, les mémoires, les collections particulières, les centres culturels et les musées hollandais, pour faire émerger ce que nous pouvons appeler une partie de la mémoire de Bains Romains. C’est un beau travail, que nous saluons ici car il est aussi émouvant que documenté.

Chounet

REVUE DE PRESSE

Rentré dans son pays en 1952, Hans finit par se faire connaître ; il expose, souvent dans des salles de petites dimensions pour un public averti. Les citations qui suivent sont extraites de recensions parues dans la presse néerlandaise dans les années soixante, sauf le dernier, qui date de 1988, et qu’illustre la photo (en ligne) de l’artiste et de son modèle.

UNE FAMILLE D’ARTISTES CÉLÈBRES

Hans avait pour grand-père maternel le peintre Jacob MARIS, le plus célèbre des trois frères paysagistes de l’Ecole de la Haye, et son père, Charles van Wijk, était un sculpteur réputé. Les critiques, surtout quand ils sont natifs de la Haye, aiment à le rappeler dans leurs articles, tout en remarquant que l’inspiration de Hans ne leur doit rien : " Il est digne en tous points de cette ascendance par la qualité de sa technique…mais l’influence des Maris ne se laisse voir nulle part dans son œuvre, et au reste il n’avait aucun penchant pour la sculpture. "
Sa personnalité : " Un artiste véritable, un franc-tireur, un original à l’écart des groupes fréquentés par ses collègues, toujours hors des sentiers battus ; un de ces solitaires connus d’un petit cercle, en dehors duquel il n’existe pas de "réputation", un ennemi juré de toutes les modes et de toute publicité, quand celle-ci n’est pas justifiée uniquement par l’admiration qu’on voue à l’œuvre elle-même. "

L’ŒUVRE

Les sujets : on recense " sauterelles, insectes, escargots, papillons, libellules, scarabées, abeilles, oignons, carottes, fruits, noix, glands, baies, champignons, branches mortes, souches, bois moussus, pommes de pin ", mais il y a aussi des amandes, des feuilles, des aiguilles de pin, des fleurs cultivées ou sauvages (les cyclamens de Baïnem…), en un mot : " tout ce qui est petit, beau et fragile dans la nature. "
Le métier : on lui reconnaît unanimement une maîtrise parfaite de la technique picturale aussi bien pour le détail (" Savoir-faire d’artisan, style naturaliste d’une extrême méticulosité, art du détail stupéfiant dans l’observation du monde réel, celui d’un botaniste qui tiendrait un pinceau, réalisme d’une minutie étonnante, subtilité, délicatesse, technique raffinée dont beaucoup peuvent s’inspirer.") que pour la couleur ( " Ainsi cette tonalité vert-bronze, qui domine constamment sans pour autant que les objets perdent leur couleur propre ; avec ses pinceaux fins comme des toiles d’araignée, et son sens très pur du coloris, il obtient un rendu très précis et fidèle, sans aucune altération comme sans aucun embellissement. ")
La filiation : on rattache sa manière aux traditions des provinces du nord : " L’inspiration est digne du XVIIIème siècle " selon certains ; d’autres évoquent plutôt le XVIIème néerlandais (par exemple le peintre d’animaux, d’insectes, de fleurs et de fruits Balthasar van der AST, 1590-1657, dont beaucoup de tableaux portent des titres qu’on pourrait retrouver chez van Wijk) ou bien les primitifs flamands ; en tout cas on reconnaît " le goût éminemment hollandais pour l’observation minutieuse des objets du monde. Certains champignons font penser à ceux de Goedvriendt [Theo GOEDVRIENDT, peintre hollandais, natures mortes et paysages, 1879-1969.] Le raffinement est si surprenant qu’on pense involontairement à ces " preciosa " des anciens maîtres, dont chaque millimètre carré demande à être regardé et apprécié à l’aide d’une loupe. " Un critique trouve même des points communs entre la peinture de van Wijk et certains représentants du " réalisme magique ", par exemple Pyke KOCH [Pieter Koch, dit aussi Huebner, peintre hollandais expressionniste, 1901-1991] et Raoul HYNCKES [peintre belge postcubiste de natures mortes et de paysages, 1893-1973], "sans toutefois le climat oppressant de leurs œuvres - on n’y trouve ni hantise de la mort comme chez le premier, ni hantise de la précarité comme chez le second - sans non plus le démoniaque mystérieux d’un vieux maître comme Jérôme Bosch, auquel font quelquefois penser les insectes de van Wijk. "

LA CRITIQUE

Les jugements sont nuancés. Certains sont conquis sans réserve, d’autres sont plus sévères. Il y a ceux qui l’accusent d’être plus technicien qu’artiste : " C’est merveilleux, ce que fait ce peintre, proprement merveilleux, ce travail tout d’objectivité et de précision, mais le romantisme reste sur le pas de la porte. En définitive, dans cette œuvre, le souffle de la vie fait généralement défaut…Il se penche avec application, dévotion, sur le microcosme du sol forestier et le restitue dans ses moindres détails, avec une patience infinie et une précision microscopique ; il aime ce qu’il peint, mais il ne manifeste guère d’esprit de découverte : les sujets varient peu, la manière pas davantage ; mêmes coloris, même clair-obscur dans le goût du XVIIème : quand on connaît un tableau, on les connaît tous. Or la peinture doit avoir quelque chose d’une aventure spirituelle. " Ces sentences sont-elles trop péremptoires ? Elles donnent à réfléchir, en tout cas. D’autres sont plus nuancées : " L’inspiration que les maîtres du passé comme van der Ast alliaient à la précision du détail est beaucoup moins présente chez van Wijk : sa fidélité à la nature est très monotone ; le technicien a souvent refoulé l’artiste… On peut dire que Van Wijk est " l’explorateur des chemins forestiers " tant il voit de choses, mais il lui manque ce que l’art devrait offrir : être capable de voir à travers, de voir plus profond… C’est avant tout un technicien très doué, qui peint avec une précision qui pourrait être rebutante : mais ce danger est conjuré par la beauté des coloris. Il n’empêche : l’œuvre donne par trop l’impression d’être le fruit d’un austère travail d’artisan. L’émotion fait absolument défaut. Mais pou autant, il n’est pas non plus tout à fait un de ces artistes qui peignent par devoir, comme on pourrait l’imaginer. "
Une critique bien argumentée revient plusieurs fois ; elle concerne le format : " Ce peintre excelle dans de toutes petites pièces, par exemple L’Escargot Blanc. Dans les grandes compositions, les éléments nuisent à l’unité de l’ensemble, et la palette n’arrive pas suffisamment à rendre le frémissement de la vie. C’est dommage, compte tenu du métier qui s’impose partout de manière éclatante… C’est par le travail de la couleur que cette peinture se hisse au rang d’œuvre d’art ; c’est par quoi elle nous captive et nous retient. Mais seulement dans les petits formats ; quand le peintre se risque à faire des tableaux de plusieurs décimètres carrés, il se met dans le cas de nous décevoir, de nous irriter et de nous ennuyer… Les grands formats, si bien exécutés qu’ils soient, ne sont que l’ennuyeuse imitation du réel, d’irritantes photos en couleurs. Dans les petits, en revanche, éclate toute la palette de coloris d’une vie qui creuse, fouille, rampe ; ici, van Wijk, malgré l’humilité des sujets et la modestie des dimensions, est un maître. "
Certains savent très bien faire partager leur admiration et les raisons d’aimer cette peinture : " Si petit que soit le format, rien de léché, aucune de ces planches trop détaillées et trop exactes, qui pourraient servir de modèles à un ouvrage de botanique. Au contraire, l’amour de la nature est manifestement la force qui inspire cet artiste… Un art curieux, remarquable, où il dit souvent plus en quelques centimètres carrés que d’autres sur des mètres carrés de toile de lin… " La tendresse, l’humour, le goût de la mise en scène et de la féerie, la patiente sollicitude pour les trésors secrets de la nature sont les points forts soulignés par les admirateurs de ces objets d’art, que plusieurs nomment bijoux, joyaux, gemmes ou pièces d’orfèvrerie. " Van Wijk peint de manière strictement naturaliste, avec une grande habileté et une tendresse toute particulière, le microcosme de la litière forestière et tout ce qui y vit ou a cessé de vivre. Le parallèle avec le monde des hommes semble aller de soi, mais il est plus manifeste dans les titres que dans les œuvres : ainsi, dans Conférence au sommet, on voit seulement un groupe de scarabées qui se traînent péniblement sur un sol moussu ; des coléoptères penchés sur une coquille de noix, un insecte minuscule au milieu, un papillon pâle qui plane au-dessus : c’est Crèche de Noël. Dans le Maître de danse, une sauterelle "donne une leçon" à trois scarabées, qui ont l’air de sortir tout droit d’une fable de La Fontaine…Les petits tableaux sont parfaitement exécutés, d’une vérité criante, mais une note de fantaisie leur ajoute juste ce qu’il faut de cet esprit qui manque à beaucoup de talents. Quand on sait les regarder, on se prend tout-à-coup pour le jeune Erik errant dans le grand livre d’insectes de Godfried Bomans, et l’on est entraîné à sa suite, avec les mêmes yeux naïfs, parmi les petits riens qui peuplent notre nature [G.Bomans, écrivain pour adultes et pour enfants, né à La Haye en 1913, auteur, entre choses, d’ Erik ou le petit livre d’insectes (1937)]. Que d’aventures à vivre dans ces miniatures ! Qu’on regarde seulement L’Oignon enchanté! " Dans un article intitulé : Des bijoux picturaux, un critique constate : " Il ne peint pas directement ce qu’il a vu, comme s’il s’agissait d’illustrer je ne sais quel manuel scolaire de botanique ; il utilise ce matériau pour construire de petites scènes sorties de son imagination, pareilles à des tableaux de contes de fée (par exemple, L’ Oignon enchanté, une mise en scène où une sauterelle, un papillon et un escargot donnent une représentation à regarder de tout près, l’œil collé au tableau sur le mur, ou mieux, posé sur une table. Chaque pièce ouvre une fenêtre sur ce monde de prodiges, au climat ensorcelé. Cela est difficile à décrire, encore plus difficile à photographier ; il faut voir ces œuvres de ses yeux pour les apprécier à leur juste valeur... Un art où la vie chuchote, s’approche avec circonspection et trouve à s’exprimer grâce à une tendre et infinie patience . De petits poèmes où une beauté immatérielle, piétinée sans respect par d’innombrables gros souliers, est surprise à l’improviste par cet œil d’artiste et y connaît une éclosion que rien ne peut flétrir… On a chez soi un fragment de nature, on hume le sous-bois humide. Le peintre prend la nature en flagrant délit, pour ainsi dire, et fixe cet instant de beauté pour nous tendre un miroir, à nous spectateurs et promeneurs, et nous montrer quelles richesses nous côtoyons dans une parfaite indifférence…Le peintre montre un sens du coloris tout à fait remarquable et une attention extrême pour les petits objets, qu’il restitue avec une patience infinie et une précision photographique, mais sans jamais les priver de vie : ce sont des joyaux précieux, pleins de poésie, auxquels on n’accorde plus aucune valeur aujourd’hui, et qui ne sacrifient rien à la mode ni à la modernité, mais heureusement survivent en dépit des fléaux de la civilisation actuelle. L’activité laborieuse de ces petites bêtes mystérieuses, qui chatoient comme autant de pierres précieuses - coléoptères, papillons, escargots, libellules et sauterelles - est tout entière " pétrifiée " par la baguette de l’enchanteur van Wijk, de telle manière qu’elles se remettent à vivre dans son tableau ! Oui, même dans les plus épurées des représentations de fruits, de feuilles et de fleurs, notre mot de stilleven - au sens propre du terme [cette expression, reprise ensuite par l’anglais still life, puis par l’allemand Stilleben, veut dire en effet : " vie immobile (et silencieuse) " ] - semble convenir beaucoup mieux que le français " nature-morte "… …Les insectes, mais aussi les escargots aux étranges coquilles, les papillons, les fleurs, la mousse sur un sol forestier, ou sur une branche arrachée par le vent, la texture d’une écorce de pin, comme vue au microscope, une feuille de hêtre rouillée par l’automne où quelques scarabées tiennent leur " Conférence au sommet ", les champignons de conte de fée, les coléoptères qui brillent comme des pierreries, les noisettes, les baies comme dans les bois : dans les œuvres de van Wijk, ce monde vit, frappé par enchantement de mystère et d’immobilité. "

LA DERNIERE SEANCE

Vingt ans après, Hans donne à Leersum une exposition " captivante " inaugurée par " un de ses premiers amis en peinture, Freek Simon " qui s’occupe maintenant de radio et de télévision : Autour de van Wijk. On apprend qu’il a beaucoup enseigné et qu’il a suivi l’évolution des techniques .Il a même exposé des pièces de céramique en 1978, et maintenant, en ce mois de juillet 1988, il expose avec ses élèves des travaux variant les procédés ou les associant à l’intérieur d’une même œuvre : huile, aquarelle, dessin à la plume rehaussé de lavis, gouache, etc. Selon la technique utilisée, le style est plus ou moins figuratif. " On assiste peut-être à la naissance d’une " école de van Wijk " chez les aquarellistes. " Et il revient au portrait, si l’on en croit la photo qui accompagne l’article. Hans van Wijk meurt le 28 novembre 1990.

[Synthèse d’articles parus dans Utrechts Nieuwsblad, Het Vaderland, Doornse Courant " De Kaap " et d’autres publications mal identifiées, signés notamment : G.OUDSHOORN, Corn. BASOSKI, M.B., J.J., P.S., Bob BUYS, FRANS Van der LAAN, H.A.GERRETSEN, R.E.PENNING. Dossier aimablement communiqué par le Centre de documentation de l’Institut néerlandais d’histoire de l’art (RKD), de La Haye]

Dossier préparé par Pierre et Camille.

Voir ses oeuvres

"Hans van Wijk" I send this fotograph by special request from Pierre Clinquart

A.Margot van Oosten

Netherlands Institute for Art History
Pressdocumentation A.Margot van Oosten
P.O.Box 90418
2509 LK THE HAGUE
The Netherlands
tel: +31 (0)70 3339750
fax:+31 (0)70 3339789
e-mail:oosten@rkd.nl

Savez-vous qu'en première intention, j'avais interverti Hans et son modèle ? Éternel effet du Double. Hans est à droite, évidemment ; ses cheveux ne sont plus en bataille, et la barbe christique a fait place à une moustache blanche : ce sont les années 80 ; toujours mince, mais... un peu plus bourgeois. Lots of love.

Pierre Clinquart

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Louis Ducos Du Hauron

Louis Ducos Du Hauron est né le 8 décembre 1837 à Langon en Gironde. Dès sa jeunesse, il s'était voué à une étude approfondie des sciences physiques.
En 1858, il publie deux mémoires remarqués, l'un sur les sensations lumineuses et l'autre sur la distribution des lumières et des ombres dans l'univers.
En 1862 il adresse à M. Lélut, membre de l'Institut, un premier mémoire sur la photographie des couleurs, mais un membre de l'Académie des sciences les dissuade de présenter ce mémoire à l'Académie !
En 1864, il invente le premier cinématographe.
En 1891 il découvre l'anaglyphe, procédé de reproduction du relief. On reproduit deux négatifs, l'un en vert, l'autre en rouge sur un même papier. La vision du relief s'obtient par examen de cette image avec des verres colorés.

jeanpaul.legrand.free.fr/sable/cros/cros3(ducos).htm

D’après le n° 105 du trimestriel

" l’algérianiste " de Mars 2004

article: Louis Ducos du Hauron, par Edgar SCOTTI, l'algérianiste No 105, p. 75-79.

Avec nos remerciements chaleureux à :

www.ville-agen.fr/culture/musees/index.asp

L'algerianiste : www.cerclealgerianiste.asso.fr
Cercle de Toulouse : www.algerianisme-toulousain.org

Ainsi qu'à l'auteur.

.../...

Louis Ducos du Hauron eut l’idée d’exposer au soleil trois images monochromes qu’il superposa respectivement à trois filtres de couleur rouge, bleue, jaune : le procédé trichrome était inventé. Il perfectionna son invention et put réaliser les premières photographies en couleurs…
En 1884, il quitte la France pour suivre son frère, Alfred-Alcide, nommé conseiller à la cour d’appel d’Alger. C’est ce frère qui, durant de nombreuses années, finança ses recherches.
Louis Ducos du Hauron fut séduit par les couleurs de l’Algérie, notamment par celles de la côte que nous connaissons bien et en prit ce tout premier cliché en couleurs.
Le 21 Décembre 1907, Paul d’Atys relate pour le n° 51 du " Petit Kabyle " son entretien avec l’inventeur :
" Le chercheur me montra trois clichés monochromes de la même image, un jaune, un bleu, un rouge. Il les superposa et, les plaçant à la lumière, ces trois couleurs isolées donnent toutes les nuances de la nature et l’image est reproduite avec une surprenante netteté. Ce ciel lointain est d’un gris perlé, cette mer est d’un azur profond, ces arbres sont d’un vert vigoureux ; le paysage étale la joie de ses mille nuances, c’est la réalité toute chaude, toute vive qui ravit mon regard ".

.../...

La vue ci-dessous nous montre une côte escarpée située à l’ouest d’Alger. La photo respecte fidèlement les nuances des couleurs des fonds rocheux, celle du sable, ainsi que les anfractuosités de la roche érodée par la mer. La vue s’étend jusqu'au cap Caxine, dont le phare inauguré en 1868 avait une portée de 25 milles.

Dossier préparé par Camille et Pierre.

 

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CHAOUI

Qui était l’homme au chapeau de paille dont le peintre H.J.Van Wijk sut si bien rendre l’expression tragique en quelques coups de fusain ? J’ai cru un instant qu’il s’agissait de Chaoui. Même visage émacié, creusé de rides profondes, même regard pathétique. Mais Chaoui avait le nez busqué et plus fin. Il portait toujours un turban enroulé sur la tête et un saroual, ce pantalon ample permettant de s’asseoir en tailleur sans gêne.
Chaoui était ainsi surnommé car sa famille était originaire de la tribu berbère des Aurès, les Chaouïas. Lui-même était né en 1900 au village de Saint-Arnaud, dans la région de Sétif.
Il ne savait ni lire, ni écrire. Il était manœuvre chez l’entrepreneur en maçonnerie Ripoll, frère du cafetier. Il vivait avec sa femme dans un petit logement que mon arrière grand-mère Augustine lui avait octroyé en échange du gardiennage de la villa. Ses quelques poules cohabitaient avec celles d’Augustine, dans le poulailler du jardin.
L’escalier qui menait de chez nous à celui de la plage passait devant sa petite cour. Tous les jours, donc, nous assistions à quelques scènes de la vie quotidienne : préparation du repas par sa femme avec le canoun, semoule longuement roulée entre les mains pour le couscous, repas consommés à même le plat avec un morceau de pain.
Chaoui et sa femme traversaient souvent notre jardin. Nous vivions sous les yeux les uns des autres.
Chaoui était très pieux. Matin et soir, quand il n’était pas au travail, il s’éloignait sur les rochers déserts, vers l’Est, un broc à la main. Il le remplissait d’eau de mer, puis procédait à ses ablutions rituelles. Agenouillé et tourné vers le Levant, il se mettait ensuite à célébrer le Divin de tout son corps. Je l’observais du haut de notre terrasse, fascinée par cette culture autre qui se dévoilait à mes yeux.
Longtemps, Chaoui resta sans enfants. Cela devait le préoccuper car, tout en étant monogame, il changeait souvent d’épouse. Sur les six que nous lui avons connues, trois d’entre elles ont été répudiées au motif qu’elles étaient stériles. Une autre a fui avec un homme plus jeune. Une nouvelle épouse a péri tragiquement, noyée à quelques mètres du bord de la plage, vêtue de sa robe multicolore. Elle venait du bled et découvrait tout juste la mer.
La dernière s’appelait Louisa. Elle était un peu sourde et, de ce fait, avait du mal à communiquer. Mais avec elle, le miracle se produisit : Louisa fut enceinte et Chaoui, à l’âge d’être grand-père, eut deux fils. Louisa demeura à ses côtés et nous eûmes le temps de faire sa connaissance.
Avec la scolarisation de leurs enfants, le monde de l’écrit allait s’ouvrir à cette famille.
Maintenant Chaoui n’est plus, mais dans ma mémoire, il occupe une grande place. Sans le savoir, quand il priait sur les rochers, il m’a appris à m’émerveiller devant le mystère du monde.

Camille DDD

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Denise Valéro Boulet

Denise c’est ma première grande émotion sur Internet, quelque temps avant la création de notre site. À partir de mots clés tels que Bains Romains, Pointe Pescade, Baïnem ou encore St Eugène, je découvre un site où il est question de 3 histoires de veaux marins, j’ai le palpitant qui commence à palpiter et quand je découvre qu’il y a une des 3 histoires qui se passe aux Bains Romains à l’archevêché, là c’est du délire …

À cette époque Denise était encore en France, nous sommes très vite entrés en relation. C’est Denise qui nous a mis en contact avec la famille Dechavanne et c’est encore Denise qui nous a envoyé des photos de l’archevêché dont une photo prise d’hélicoptère.
C’est dire que Denise a une place particulière sur cette page.

Notice biographique

D’après un speech prononcé lors d’une réunion de l’Alliance française de San Diego.

Une vie en dix minutes…
Chère Présidente,
Vous avez certainement une grande connaissance de l’âme humaine pour nous demander de parler de nous! Chacun sait depuis La Rochefoucauld combien l’on préfère dire du mal de soi même que de n en point parler!
Mais vous avez surtout le sens de l’amitié, et vous souhaitez, par cette présentation que nous puissions nous faire de nouvelles et nouveaux amis.

Chers nouveaux amis…

La vie est une prodigieuse aventure…
Un combat bien sûr, une suite de luttes, mais en même temps la promesse de moments étoilés à saisir dès qu’ils se présentent, sachant qu’il faut absolument croire au Père Noël pour qu‘il se manifeste…
Voici quelques aspects d’une existence toujours lancée à la poursuite d’une étoile à l’imitation de ces rois mages que nous célébrons aujourd'hui…
D’abord une naissance… un 22 février…Date anniversaire de Georges Washington et Frédéric Chopin…À quoi bon préciser la date ?
Autour du berceau une famille émerveillée. Mari amoureux aux pieds de la jeune accouchée, souriant dans ses dentelles, prête à chanter pour ses proches tous les airs possibles de bel canto de son admirable voix de soprano…
La scène se passait sur les hauteurs d'une ville réputée pour son charme, aux bords de la Méditerranée berbère, et capitale d’un département dit français
Beauté, amour, joie de vivre. Illusions aussi:
Ma mère si souvent répétait, lors de mon réveil:
-“ A qui puis je être utile, agréable, aujourd’hui. Voilà chaque matin ce qu'il faudrait se dire”…
J ai donc très longtemps cru que seul l’amour régnait sur terre… Une belle image pieuse de ma Communion solennelle devait m'affirmer aussi:
“L’intimité de la vie avec des êtres de qualité est ce qu’il y a sur terre de meilleur, de plus semblable a la vie du ciel”…
De solides amitiés tout au long de ma vie confirmèrent ces propos…
Là-bas la France envoyait les plus titrés de ses enseignants…
Tout spécialement au lycée pilote, bel édifice néo-mauresque, sur une colline dominant la baie, le lycée Fromentin, hommage à un peintre orientaliste…
Il devait ensuite prendre le nom de Descartes, et certains ont aujourd’hui oublie son nom de fondation…
Comme disait Ronsard:
-“Tu bâtiras sur l’incertain du sable”…
Et Démocrite:
Panta rei: Tout coule…
Je témoigne donc aujourd'hui:
Les petites sixièmes des classes de A’, déjà, debout dans la salle de classe, se lançaient dans des dialogues en latin, en classe de cinquième, j organisais la représentation d’Iphigénie, de Racine, devant un parterre de professeurs et de parents d élèves. J étais bien entendu Iphigénie, cette pièce dramatique obtint un énorme succès de fou rire…
En classe de troisième, notre classe présenta, tout en anglais, et dans sa totalité, la comédie de Shakespeare: “Le songe d une nuit d été” avec succès. J’incarnais le personnage de Bottom. ”L année suivante je jouais une pièce de ma composition, “Irène, Impératrice de Byzance”, drame classique en trois actes, respectant la règle des trois unités, de lieu, de temps, d action. C était la gloire!!!
L’été se passait en général dans des lieux sauvages et superbes, au bord de la mer, dans la solitude de plages privées….
“ L’homme fort sait rester seul" ! Enseignait l’oncle Charles
Les temps devinrent très difficiles…La 2 ème guerre mondiale. Au petit matin du 8 novembre 1942, en ville avec une parente. Quelle émotion ! Sur hauteurs ex-rue Michelet d’Alger colonne de militaires, tenue camouflée de combat, visage barbouille de noir descendait l’avenue en silence au pas cadence…Commando de choc britannique…
La famille vivait dans l'attente de ce débarquement : joie délirante, accueil des libérateurs, espoir un en avenir plein de promesses… .Jamais le sentiment de gratitude ressenti alors ne devait quitter ma mémoire…
Lors de l’arrivée à Alger du Général De Gaulle, des amis du Club Combat vinrent me chercher : j’étais choisie pour offrir l’apéritif au grand homme et je n’en menais pas large, ma main perdue dans la sienne. Je devais, bien plus tard lui écrire et recevoir de lui une rare lettre autographe.
À cette époque se place mon aventure “ Saint Exupéry et le sergent américain”. Mais je n'ai pas le temps de vous la raconter…
Les études au Lycée Fromentin se terminèrent par un double baccalauréat avec mention. Le baccalauréat élitiste de l’époque étant l’extrême-onction de la culture bourgeoise…Les promesses des professeurs: " Vous serez agrégée à 22 ans " ne purent se réaliser.
Être agrégée a 22 ans et auteur célèbre de pièces de théâtres et de romans semblait indispensable a mon équilibre…Il me fallut de longues années de remise en question pour me débarrasser de cette hypnose…
Il avait fallu accepter les projets des familles qui depuis longtemps avaient décide de s’unir par un mariage…Et la future agrégée se retrouva mère d'une adorable petite fille, Colette…
Une reprise d’études à l’Université fut intéressante, avec Études littéraires classiques, anglais, allemand, russe…Et toujours de remarquables enseignants…
Le Maroc était proche avec les Hautes Études Marocaines, la découverte passionnante de l’Histoire du Maroc…Et des érudits français qui lui consacrèrent leur vie…
Grâce a eux je pus découvrir l’aventure des Portugais qui jalonnèrent les cotes marocaines de leurs places fortes, pendant 3 siècles et demi (1415-1768), et écrire et publier une “Histoire des ruines portugaises au Maroc" non sans mettre au monde un lumineux petit garçon, Jean-Louis…
Et voyager entre les trois villes où se trouvaient les affaires familiales, Alger, Casablanca, Oran.…
Un troisième enfant, merveilleux petit garçon aussi, Romain, devait naître dans cette dernière ville…
“Les événements” se précipitaient…
Il fallait quitter les lieux dont les Pouvoirs avaient toujours affirmé qu'ils étaient la France elle même…
Une amie américaine proposait son aide matérielle et morale…J'étais personnellement tentée par un établissement aux USA.
La famille préférait le Brésil.
Après un voyage de prospection économique, nous avons préféré une réinstallation en doulce France…. Mon manuscrit relate les angoisses de l'époque…
En France une prodigieuse découverte : celle des activités socio-culturelles et la force d'amitiés de grande qualité. Un prestigieux avocat, ancien Bâtonnier de l'Ordre au Maroc, fut pour moi un véritable grand père, indulgent et bienveillant …Grâce a lui je me spécialisais dans loi de juillet 1901, fondai plusieurs associations : en fait il m'avait transmis le virus de l'associationnite.
Relativement privilégiée par rapport a beaucoup d’autres, il était automatique de vouloir aider les réfugiés des ex-colonies où Protectorats français, Indochine, Tunisie, Maroc, bientôt Algérie” nécessaire de trouver logements et travail.
Pour cette action, diverses distinctions me furent accordées, mais le bonheur éprouvé lorsqu’on se croit un peu utile est finalement un profond égoïsme…
La rencontre d’adversaires masculins provoqua une période féministe éphémère et la rédaction d’un pamphlet : “ L’Impérialisme masculin”.
Membre de l‘Association France-Etats-Unis, je me servais de documents prêtés par l’ex-consulat américain de Nice sur la vie des femmes dans la politique américaine.
Début de recherches généalogiques, qui devaient durer des décades et m'amener jusqu’en 1540, en Suisse en passant par l’Alsace………
Le peuplement européen de l’ex-Algérie française à l’égal du peuplement des Etats Unis d'Amérique est un véritable melting-pot.
Parmi mes ancêtres plusieurs branches alsaciennes se dirigèrent vers les Amériques, d’autres branches choisissaient l’Algérie ou étaient dirigées vers ce territoire par les Pouvoirs de l'époque.
Procédant a des recherches, aux Archives départementales Colmar, Haute Alsace, j'eus le plaisir découvrir l'un de mes cousins du X1Xème siècle, Peter Bluntzer, fondateur de la ville de Corpus Christi, Texas, vers 1840…
Les enfants grandissaient…Pour les suivre dans leurs études, je me retrouvais Présidente des Associations de parents d'élèves de l'Enseignement Public, d abord pour la seule ville de Nice, ensuite pour les trois départements Alpes-Maritimes, Var et Corse…
Période enrichissante étude et recherches …
Suivie par le lancement de la Formation Permanente dans les Universités, pour laquelle je militais ardemment.… Travaux, en Commissions à Paris auprès de Conseillers d’État, et d’Universitaires de très haut niveau firent tomber mes préjugés quant aux diplômes et agrégations…J'appris que les êtres humains normaux ne se distinguent pas par leur intelligence mais par leur volonté, leur détermination et leur sensibilité…
Ce fut aussi la période des Artistes peintres et sculpteurs…L’organisation d’un Salon d’entraide, couronné de succès. Engagement des journalistes à me lancer dans la préparation et la publication Document “Peintres et Sculpteurs, de Menton a Saint Tropez” qui est devenu parait-il un “must” pour les collectionneurs

À la suite ce fut la création, et l‘animation d’une association de soutien des artistes, la FARCA, Fédération artistique de la Côte d Azur, qui se battit vaillamment pendant une bonne dizaine d'années…
Le poids moral de ces groupes m’aida à créer a Nice, avec le soutien familial et l'aide précieuse de ma fille Colette, un musée privé de malacologie…Mot peu commun ; malacos en grec signifie mou … Science des animaux à corps mou, les mollusques qui le plus souvent sécrètent des coquillages…
Il fonctionna en centre culturel dans les vieux quartiers de la ville… Les enfants se plaisaient beaucoup dans cette unité pédagogique… Plusieurs d'entre eux y trouvèrent une vocation…Il permit l’organisation d’expositions, de réceptions, de conférences. Un festival de malacologie à Paris, au Louvre, fut téléguidé depuis Nice.
Finalement le musée devint propriété de la Ville, ma famille étant lasse de mes incessantes activités……
Celles-ci me valurent une place dans le Who’s Who of American Women…
Disposant de temps libre il était possible de revenir à mes débuts…La passion pour l'Histoire du Maroc …
Pendant cinq ans, tous les matins dès l'aurore je retrouvais mes personnages et mes immenses amis, les érudits français et je rédigeais la biographie du 1er sultan saadien…600 pages de texte d’une fantastique épopée.
Me prenant pour le roi du Maroc, installée dans un énorme fauteuil de style Régence en bois doré tapissé de soie rouge, je dégustais mon café fort dans une ancienne tasse vénitienne…
Impossible ensuite de trouver un éditeur en France. Encore moins au Maroc …
En même temps que cet échec plusieurs deuils familiaux majeurs successifs devaient me déséquilibrer, me plonger dans une sorte de désespoir, de laisser-aller qui dura plusieurs années. Je croyais être parvenue a la fin de mon existence et malgré quatre enfants et neuf petits-enfants, la vie semblait assez terne et monotone……
Cependant pour garder le contact avec mes fils, je m'étais mise à l’ordinateur…Pour plaire à mes petits-fils Nicolas et Jean-Pierre, bientôt à Internet…Avec leur aide technique indispensable, ce fut l'élaboration d’un Website très éclectique, nombreux textes sur différents sujets…
Tout en préparant des conférences pour diverses associations culturelles.
Jusqu'au jour où une petite voix :
“C’est assez ! Tu dois réagir…Trouve un éditeur aux États-Unis …Par Internet”…
E-mail bouteille à la mer…Informations sur des éditeurs américains…Réponse intéressante et, en Français…
Remercier : moindre des choses…Correspondance s'engagea… Bientôt appel téléphonique…Échanges d'idées, Similitudes de goûts et pensées incroyables…
Et voilà… Ma vie n'était pas terminée…
Habitée par l’esprit de mes ancêtres, pionniers d'Algérie malheureusement au lieu d'avoir été pionniers d'Amérique, je débarquais à l'aéroport de Los Angeles, le 23 mars 2001, voilà bientôt deux ans...
William Wayne dit plus simplement Bill m'attendait là.
Depuis il semble bien que, pour une femme française, j'aie battu un record, en assistant cette année a 51 matches de base-ball…J'ai visité quinze États américains, applaudi de nombreuses comédies musicales au théâtre…Enfin, vécu en quelques mois bien plus intensément que beaucoup d'autres durant toute leur existence…
Une nouvelle vie, a ainsi commencé…Sans renier le passé, en vivant pleinement le présent pour préparer l’avenir…
“ Pour réussir sa vie, disait à peu près Napoléon, il faut se comporter comme si l'on était immortel”
La nouvelle grande aventure de ma vie a un titre. Je vous le confie, c’est :
“ À la conquête des différences culturelles :
L’Histoire de Bill et Denise”

Denise

COPYRIGHT Denise Boulet…
Janvier 2003

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Jocelyne Mas

Biographie de Jocelyne Mas :
Jocelyne Mas est née à Alger, en territoire de France.
Son enfance est heureuse et insouciante.
Elle vit souvent à la campagne à Baraki, chez ses grands-parents. D’eux elle a hérité l’amour de la terre, des arbres, des animaux et aussi le courage, la ténacité. Elle apprend qu’on a rien sans effort.
Le collège et le lycée confirment son inclinaison pour la littérature. Elle rafle tous les prix de rédaction et d’excellence.
Son adolescence est déchirée par les événements de la guerre d’Algérie. Tout son monde s’écroule, après des années de peur, d’angoisse, de guerre, elle doit avec sa famille, fuir, tout quitter, la maison de son enfance, avec ses grands arbres, ses confidents, son pays, ses amies. C’est l’exil. Savez vous combien il est dur de choisir d’emporter tel livre plutôt qu’un autre, de devoir privilégier les vêtements, au détriment des jouets. Tout à coup, tout nous paraît précieux. On voudrait tout emporter, comme l’escargot emporte sa maison sur son dos. Et le chien, Maman, on ne va pas le laisser ?
Après la faculté de Droit à Nice, son entrée dans la vie active, comme beaucoup d’étudiants, se fait par des " petits boulots " : vendeuse, assistante dentaire, courtier en immobilier …
Elle trouve enfin un poste intéressant de Responsable des Ressources Humaines, dans une société d’aéronautique. Elle aime le contact avec les gens et se démène pour régler leurs problèmes.
Elle est maintenant mariée (son mari est né à Hussein-Dey, prés d’Alger), a deux enfants, deux petits enfants. Elle est heureuse mais meurtrie au fond d’elle-même par cette déchirure qui ne guérira jamais. C’est comme si elle avait dû se couper en deux, une partie d’elle-même est restée de l’autre côté de la Méditerranée.
Alors elle écrit. Pour raconter son pays, l’amour de son peuple et son attachement viscéral à cette terre perdue. Et pour rétablir la vérité, pour que les enfants, les petits-enfants sachent autre chose que les trois lignes dans leur livre d’histoire.
Son premier livre : " Il était une fois … ma vie " Alger la blanche, a été primé au 33 ème concours international littéraire des " ARTS ET LETTRES DE FRANCE ", promotion 2002.
Au grand concours international du Monde Francophone, de l’ " ACADÉMIE DE PROVENCE ".
Et au 8 ème concours international du CEPAL (centre européen pour la promotion des Arts et Lettres).
Depuis c’est la grande aventure, ce livre connaît un franc succès. Jocelyne Mas participe aux festivals du Livre : Nice, Carpentras, Mouans-Sartoux, Roquebrune Cap-Martin, Antibes-Juans-Les-Pins, court les salons Littéraires, donne des Conférences …
Les médias ont fait l’éloge de son livre : Nice Matin, Var Matin, Le Parisien, Notre Temps, FemInfos.
Monsieur Jean-Marie Molinengo, journaliste à FR 3, lui a fait l’honneur d’un entretien télévisé.
Monsieur le Maire de Saint-Laurent du Var, Henri Revel, Conseiller Général des Alpes-Maritimes, vice-président de la Communauté d’agglomération Nice Côte-d’Azur, en présence de Monsieur Jacques Peyrat, Sénateur Maire de la ville de Nice, lui a remis la Médaille de la Ville, le 10 Janvier 2004, en hommage à son œuvre littéraire.
L’auteur a reçu des dizaines de lettres, d’Emails, tous très touchants. Lettres de reconnaissance, de joie de retrouver l’ambiance de ce cher pays, de ses plages, des pique-niques, des grands repas de famille, de la joie de vivre.
Du Texas, de Majorque, de toutes les régions de France et d’ailleurs.
Pour se procurer son livre, s’adresser à Jocelyne Mas : 04 93 07 10 95
15 Euros + 2 Euros de frais d’envoi.
Son second livre, devra être édité début 2004.
Jocelyne.mas@tiscali.fr
www.jocelynemas.com

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Marie-Jeanne Ampart, m'a offert le Livre de Jocelyne "il était une fois ma vie...Alger la Blanche" lors de son arrivée à la Gare de Lyon, lorsque nous étions avec Sylvette qui est une amie d'enfance de Jocelyne. D'ailleurs, dans son ouvrage, elle cite souvent ses amis d'enfance de Baïnem, les Picaud. J'ai d'ailleurs commandé et reçu 2 de ces ouvrages que j'ai hâte d'offrir à des amies d'enfance.

Michèle

Jocelyne MAS, née FOUGERE, est une amie d'enfance. Nos parents étaient très amis. Nous passions nos week-ends et fêtes ensemble. André FOUGERE et sa femme Yolande ont habité le rez-de-chaussée d'une maison tout près de l'école de Bains Romains puis rue Sadi Carnot à ALGER. Nos pères avaient une passion commune : la musique. Mon père jouait du sax et nous les jeunes nous apprenions le rock avec Glenn MILLER. La pétanque agrémentait également les dimanches à BAÏNEM ou à MORETTI. Jocelyne est mariée avec Alain MAS qui est né à Hussein Dey. Je te fais parvenir le livre de Jocelyne où tu retrouveras toutes les senteurs qui ont baigné notre enfance.

Sylvette

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Alphonse HALIMI

Photo collection http://www..oldschoolboxing.com/weeklybag15022004.html

Bains Romains et ses environs ont vu l’éclosion de deux grands champions.
Ancien escrimeur, je salue ici le magnifique champion olympique que fut Jean Claude MAGNAN.
Il est également un grand champion, pardonnez du peu, du monde dont on a assez peu parlé. Modeste, effacé mais combien efficace, Alphonse HALIMI a été mon voisin direct.
Il vivait à Villa Bains chez monsieur et madame DIANOUX (monsieur était tailleur à Alger).
Sportif complet, il était excellent nageur et nous nous retrouvions souvent sur la plage.
Dans la villa louée par les époux DIANOUX, il disposait d’une très grande salle d’entraînement, impressionnante pour l’adolescent que j’étais. Il avait 8 ans de plus que moi.
Mon père, commissaire de police à Bab el Oued pendant la période la plus noire des événements d’Algérie, avait un inspecteur qui était responsable de l’Association Sportive de la Police Algéroise. De ce fait, j’ai été le spectateur privilégié de tous les galas de boxe organisés à Alger.
J’ai pu voir Alphonse HALIMI commencer à boxer dans des combats amateurs en trois reprises sur les quels je pourrais écrire longuement.
Il avait, tel Marcel CERDAN autre originaire d’Algérie, cette frappe fulgurante qui lui faisait gagner la plupart de ses combats avant la limite par KO.
Telle sa frappe, sa carrière fut fulgurante. Je l’ai vu boxer, entre autres, au cinéma Majestic (la grande salle de spectacle. Rappelez vous Paul ANKA était venu y chanter) lors d’une rencontre contre une sélection italienne. Son adversaire a connu le même sort que les précédents. Pour les connaisseurs, participaient également à la rencontre : KOUIDRI et BOUKLOUFA représentant la France aux JO. Sauf erreur de ma part, KOUIDRI avait rencontré Jake LA MOTTA. Combat très inégal dans le quel KOUIDRI avait subi une sévère correction.
Alphonse HALIMI devint champion du monde le 1er avril 1957 à 25 ans en battant Mario D’AGATA. Beaucoup d'émotion et de souvenirs. Ce 1er avril 1957 n'était pas un poisson mais la juste récompense du travail acharné d'un grand champion.
A l’issue du combat, il a eu cette phrase historique "aujourd’hui j’ai vengé Jeanne d’Arc ". Mario D’AGATA, comme son nom ne l’indique pas, avait des origines anglaises.
Après sa carrière sportive, il a tenu un café à Vincennes sans grand succès commercial.
Il a joué un petit rôle dans le film LE GRAND PARDON en 1982.
Il y a environ une vingtaine d’années, j’ai pu lire dans un magazine hebdomadaire qu’il s’occupait d’une piscine dans la région parisienne. C’était là une activité plus conforme à ses capacités.
Mon cousin, ancien boxeur, m’a dit l’avoir vu à la télévision il y a un peu plus de cinq ans. Je suis toujours déçu de n'avoir pas regardé cette émission de télévision qui lui était consacrée dans laquelle il était présent avec sa fille. C’est elle qui répondait pour lui. Il était méconnaissable, diminué physiquement et dans la plus grande misère. C'est sa fille qui s'occupait de lui.
Il est décédé le 12 novembre 2006 dans un hôpital parisien à l’âge de 74 ans.
C’est là l’histoire d’un grand champion.

Philippe COUDERT

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Photo collection http://www.jewishsports.net/BioPages/AlphonseHalimi.htm.

Extrait d'un N° de Pilote d'avril 1965.

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L’Abbé Vincent Juan

Monsieur l’Abbé Vincent Juan,
Curé de Pointe Pescade, Bains Romains et Baïnem.
Tous les riverains de notre belle Méditerranée à l’ouest d’Alger ont gardé de lui un souvenir impérissable, silhouette noire et mince dans sa soutane, répandant la bonne parole, rayonnant de foi et de générosité, humble devant le Seigneur.
Issu d’une famille nombreuse et ayant perdu son père très jeune, son enfance s’est passée à l’ombre de la grande cathédrale d’Alger dans le quartier du même nom, jouant avec ses frères et sœurs devant la Place du Gouvernement, au pied de la statue du duc d’Orléans (qui se trouve à présent à Neuilly-sur-Seine).
A son arrivée à la Pointe Pescade, après la guerre, il célébrait la messe dans une salle proche de la maison où il habitait avec sa mère et ses sœurs. Avec son dynamisme habituel, il demanda au diocèse et à la mairie de ravaler un joli édifice sur lequel était posée une plaque de marbre rappelant que : " C’est là que Saint-Saëns a composé Ascanio ". Ouvrier parmi les ouvriers, il y travaillait à chaque moment libre et était infatigable. Levé très tôt, avant de rejoindre l’église en chantier, il allait nager sur la petite plage de Port aux Mouches le long du ponton destiné au chargement des sacs de ciment de l’usine Lafarge située au bas de la colline.
Le dimanche matin, il célébrait trois messes, celles de 8h et de 11h à Pointe Pescade et celle de 9h30 à Bains Romains ou Baïnem. Après des sermons toujours énergiques, il bondissait pour se mettre à l’orgue dont il était un virtuose. Nous étions tous de cœur avec lui pour croire en l’Algérie Française et il avait composé un chant patriotique en s’accompagnant à l’orgue espérant que cet hymne serait repris dans toute l’Algérie.
Nul ne sait combien d’heures il a passées sur les routes pour aller visiter ses paroissiens ou pour aller faire le catéchisme, s’arrêtant chaque fois qu’il rencontrait des petits groupes ou allant dans l’immeuble HLM construit dans les ruines du Fort Barberousse, égayées par des orangers amers résistant à la modernisation.
C’est en allant porter la bonne parole jusqu’à Bains Romains qu’il fut renversé par une voiture, le conducteur n’ayant pas vu sa petite silhouette noire au bord de la route. En allant le voir à l’hôpital, nous avons retrouvé sa mère en pleurs auprès de lui, petite silhouette menue au fond d’un lit qu’elle embrassait en soupirant : " Pauvre petit ! "
En bon apôtre, il remplissait seul et sans compter toutes les tâches de son ministère auprès des malades et des mourants qu’il réconfortait par sa Foi. Il célébrait les mariages et les baptêmes avec bonheur partageant la vie et les joies familiales de tous ses paroissiens. C’est ainsi qu’en août 1949, il baptisa une petite Solange, née dans la clinique des Sœurs Blanches de la Casbah d’Alger. Après le baptême, tout le monde se retrouva dans le jardin de la villa, " Les Tamaris " avenue Villalba chez " sa chère Madame Bertrand !", comme dit Jacques Manguso dans son livre " Pointe Pescade ". La table était dressée prés du figuier, un arbre si solide qu’une de ses branches supportait une balançoire, non loin des tamaris de 2 à 3 mètres de haut. Les enfants les escaladaient en effarouchant mésanges et fauvettes qui picoraient les plumeaux de fleurs roses. Quelle belle végétation ravivée par l’air chargé d’embruns !
Le 21 juillet est la fête de Saint Christophe, patron de l’église de Pointe Pescade et patron des voyageurs ! Ces fameux jours ensoleillés de juillet, la paroisse était en fête. Après la messe solennelle, l’Abbé Juan sortant de l’église s’avançait jusqu’à la route et aspergeait d’eau bénite autos, vélos, scooters, autobus et camions qui défilaient puis il bénissait un peu plus bas les pastéras, bateaux de pêche, chalutiers, bateaux de plaisance, etc.… L’après-midi se déroulait la kermesse en présence de Monsieur Laquière, maire de Saint Eugène qui visitait avec son conseil municipal les différents stands tenus par les dames des trois paroisses, on y vendait pâtisseries délicieuses et ouvrages de dames mais aussi des médailles et des croix de Saint Christophe. Les gens venaient des environs, même le général Massu était venu une année, les amis passaient en famille avec leurs enfants et tous participaient à des jeux et à une loterie. C’est ainsi que nous avons gagné un beau paysage offert par notre ami et voisin, le peintre Michel Méchin de Pointe Pescade. Ce tableau trône à présent dans notre salon à Versailles et nous fait encore rêver de collines couvertes d’agaves !

L’abbé Juan est rentré d'Alger désolé d'abandonner sa chère église Saint Christophe qu'il avait bâtie de ses mains et s'est retrouvé près de Nice où le clergé local n'a guère été très chaleureux avec lui. Il a fini par venir à Paris avec sa vieille mère et s'est installé à l'église Saint Nicolas du Chardonnet avec les prêtres de Monseigneur Lefèbvre qui l'ont accueilli à bras ouverts et avec qui il se sentait bien. Je l'ai retrouvé à Versailles par hasard car il était venu remplacer pendant l'été l'Abbé Porta, un autre pied-noir. Nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre et nous l'avons revu quelques autres fois, (encore dynamique, tonique et très actif, malgré son âge, toujours aussi mince et sec avec sa petite barbiche et ses yeux vifs et pétillants) avant d'apprendre sa mort avec tristesse il y a une dizaine d'années.
Pour votre action vivifiante pour tous : " Merci Monsieur l’Abbé Juan! "

Solange Dietsch

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Madame Sabatier

Madame Sabatier était veuve. Pendant la guerre, elle était employée au Gouvernement Général ; chaque matin, nous prenions l’autobus avec elle pour Alger. C’était une femme discrète, réservée, un peu mélancolique. Elle savait faire les horoscopes ; elle les rédigeait avec un soin méticuleux, d’une écriture fine et appliquée, à l’encre violette. Nous sommes sans doute quelques-uns, en plus d’Aline et moi, à conserver précieusement ces mystérieux symboles et leurs commentaires parfois inquiétants, intitulés : " Physique ", " Tempérament ", " Caractère ", " Dates principales de la destinée ", et accompagnés d’une Grande Roue chiffrée hérissée de rayons, qui doit s’appeler un thème astral, mais que j’ai longtemps prise pour un oursin, comme lui menaçante, quoique assurément pleine de choses délicates, à faire ouvrir de préférence par les grandes personnes. Je ne suis pas particulièrement crédule, mais il faut reconnaître qu’elle avait vu (faut-il dire deviné ?) beaucoup de choses. Elle s’est seulement trompée sur un point, et je lui en suis infiniment reconnaissant : je devais mourir jeune. Le danger s’est bien éloigné, hélas.
Nous avons quitté les Bains-Romains et l’Algérie après la guerre. Vingt ans plus tard, revenu vivre quelques années à Alger, j’habitais la Résidence du Petit-Hydra, dite aussi Immeuble Shell, Chemin de Kaddous, aux limites extrêmes de la ville. Un jour, jetant distraitement les yeux par la fenêtre de la cuisine, qui donnait sur un parc à la végétation magnifique, je regardais une dame fort âgée nourrir la horde de chats affamés qui traînaient dans les allées. Au moment où j’allais détourner la tête, je remarquai que cette dame n’avait plus qu’un bras. Sans hésiter une seconde, et sans même voir ses traits, je compris qu’après tant de drames et de péripéties, notre vieille amie, celle qui avait lu ma destinée dans les astres, était venue habiter dans le même immeuble que moi. Ce furent aussitôt les retrouvailles. Elle occupait un appartement dans un étage élevé, qui ne donnait plus sur la mer, mais sur l’immense Mitidja bordée de montagnes. Nous partagions à nouveau un même horizon. Mireille vivait toujours avec sa mère ; elle travaillait à l’Ambassade, dont le parc jouxtait le nôtre. Nous nous sommes revus jusqu’à mon départ. Depuis, je n’ai plus eu de leurs nouvelles. Mireille nous lira peut-être. Je l’espère.

Pierre

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" Aline habitait les Bains-Romains depuis sa naissance à Alger. Elle habitait un appartement avec jardin de l'"Île de France" du troisième et dernier bloc de l'immeuble en allant vers Baïnem. Après son Jardin il n'y avait plus que celui de la famille Spitz, qui mettait fin à l'Île de France.
Avec les Spitz, logeait Melle Catherine, apparentée aux Gomis, la famille du maître d'armes de Jean-Claude Magnan, je crois. Cette même famille Spitz avait remplacé Thérèse Daveluy, apparentée à Lucienne Morin, épouse Messager, la mère de Michèle.
Au-dessus des Spitz, habitaient les Grandjean, qui plus tard furent remplacés par un jeune couple.
Au-dessus de ma belle-mère Mme Roche, et donc d'Aline, vivaient Mme Sabatier et sa fille Mireille, qui avait un poste important au Gouvernement Général. Malheureusement la mère et la fille avaient eu un terrible accident de voiture, qui avait coûté son bras droit à Mme Sabatier.
Malgré ce handicap, Mme Sabatier, férue d'astrologie, adorait rédiger les horoscopes de ses voisins et Aline n'avait pas échappé à l'examen minutieux du ciel de son jour de naissance. Tout y était passé y compris le thème astral.
Mme Sabatier a donc vécu au-dessus d'Aline jusqu'à la fin, jusqu'à l'éxode.
Et donc aussi au-dessus de notre nuit de noces du 21 octobre 1961. En effet nous avions passés seuls, jeunes mariés, dans ce grand appartement de l''Île de France" notre première nuit maritale.
Nous avions quitté à l'aube pour un voyage de noces partagé entre Paris et la Côte d'Azur déjà. Nous aurions peut-être dû nous y installer tout de suite au lieu d'arriver en catastrophe 7 à 8 mois plus tard."
Voilà ce qu'Aline et moi pouvons dire pour situer Mme Sabatier aux Bains-Romains pour celles et ceux qui l'ont moins connue que nous.

Amitiés nostalgéroises.

Marc & Aline

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VINCENT GERIN (1872-1956)

Vincent Georges Joseph Gérin est né à Sétif, département de Constantine le 6 mai 1872, où son père originaire de Beaune en Côte d’or avait un magasin d’armurerie. Doté d’une forte personnalité de " self made man " , il quittera très tôt le domicile familial pour se consacrer à la mécanique automobile encore à ses débuts. C’est ainsi qu’il figurera entre autre, disait il, parmi les premiers ouvriers de M. RENAULT, fondateur de la marque, dans ses ateliers de Boulogne Billancourt, avec lequel il échangea d’excellents rapports d’amitié avant de devenir son concessionnaire à Alger dans le magnifique garage qu’il créa 27 rue de la LIBERTE.
L’entreprise Vincent Gérin englobait en rez de chaussée trois façades du bâtiment ; la principale rue de la Liberté, l’autre rue WAISSE face à l’hôtel ALETTI et la troisième Boulevard Carnot avec sortie en sous sol sur la rampe MAGENTA d’accès au port d’Alger.
Très sportif il participera à de nombreuses courses automobiles seul ou avec son mécanicien et tout particulièrement à l’épreuve du kilomètre lancé sur parcourt non gardé, dont il fut disait il " recordman " à l’époque avec 120 km/heure.

Il apporta aussi sa contribution à l’organisation du circuit automobile de DION BOUTON dont il était aussi concessionnaire de la marque : circuit EUROPEEN AFRICAIN 1903. Ce circuit long de 7240 kms parti de Bruxelles, traversait la France, l’Espagne, l’Algérie, la Tunisie, la Sicile, l’Italie, la Suisse, l’Autriche avant de rejoindre Bruxelles le point de départ.

Amateur aussi de sport mécanique d’avant garde, il avait acquis à cette même époque un des monoplans BLERIOT avec lequel il effectuait des séances d’entraînement au champ de Manœuvre, quartier de l’AGHA avec un minimum de moyens techniques puisque racontait il, il fallait avant de lancer le moteur pour décoller, effectuer un feu de bois et de paille mouillée afin d’apprécier la direction et la force du vent avec la fumée avant de prendre son envol.
En 1908 il vend son entreprise du 27 rue de la Liberté à Alger pour se retirer à l’age de 36 ans fortune faîte à Belcourt comme rentier ! …
En 1909, il fait l’acquisition de la villa TAMARIS, localisée à l’époque des actes sous la dénomination de commune de St Eugène canton nord, arrondissement d’Alger, lieu dit Baïnem, route Malakoff ou route d’Alger Guyotville aux époux COMBES de Saint Eugène.
Très féru d’orientalisme et totalement conquis par le site, il s’emploie alors à tirer des plans, afin de transformer radicalement son acquisition avec le concours de ses deux beaux-frères TROUCHE, qui dirigeaient ensemble une entreprise de construction à Alger, pour en faire le magnifique domaine LES TAMARIS que beaucoup ont connu dans leur prime jeunesse. La villa des Tamaris se caractérisait en effet par son style mauresque, du côté mer par le port, son embarcadère, son vivier, la jetée sur la plage, et du côté route par ses deux portails d’accès, un grand mur d’enceinte au 246 avenue général Leclerc Villa Bains, Bains Romains, face à l’arrêt d’autobus du docteur H.H GERIN son fils adoptif.
Il vécut alors dans ce cadre enchanteur qu’il avait contribué à créer de toute pièce, pendant encore de nombreuses années, en compagnie de son épouse née Trouche Adélaïde, et où il conserva jusqu'à sa mort en 1956, sa précieuse dernière voiture Renault Berline Luxe modèle 1925, qu’il entretenait avec beaucoup de soins et minutie, et qu’il n’utilisait plus alors que dans de grandes et rares occasions, ainsi que la légendaire hélice en bois précieux de son monoplan Blériot suspendue à un mur de son bureau de la villa Tamaris à Villa Bains qui est restée là bas …

René Diaz et Annie H. Gérin

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HENRI H. GERIN (1901 – 1954)

Le Docteur Henri Marc Joseph HERMENJAT – GERIN est né le 20 février 1901 à Alger. Après ses études secondaires, il s’inscrit à la faculté de médecine d’Alger, qui couvrait alors l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, et obtint après des brillantes études, le titre de Docteur en Médecine en 1931, après sa thèse sur la " Rupture des Abcès amibiens du foie ".
Il installe son cabinet médical dans le pavillon à l’entrée de droite de la villa TAMARIS, la demeure de ses parents aux BAINS ROMAINS, commune de Saint Eugène, et entame un véritable " sacerdoce " médical, fait de dévouement, de disponibilité permanente et de renonciation. Très vite il acquiert une notoriété qui s’étend de Saint Eugène à Guyotville, et sa silhouette caractéristique devient familière, sécurisante et on peut même dire incontournable, pour une population locale permanente, de toutes origines et de toutes confessions, qu’il affectionnait particulièrement et qui l’a vite adopté, ainsi que pour les vacanciers de l’été, qui venaient aussi bien d’Alger , que de l’intérieur du pays pour profiter des nombreuses plages de ce bord de mer. Sans cesse , il parcourait au volant de sa Renault décapotable devenue légendaire, en compagnie de son chien " Béli ", cette route du littoral, bordée de villas coté mer, et de propriétés agricoles au sud, au pied de la forêt de Baïnem.

Successivement, il sera nommé médecin communal de la santé au dispensaire de Saint Eugène, et médecin du travail à l’usine LAFARGE de Pointe Pescade. Il incarne alors pour sa clientèle de plus en plus nombreuse, le véritable " médecin de famille " d’antan, disponible 7 jours sur 7, accessible les nuits et les jours fériés, avec la fonction en sus, de conseiller éventuel pour toutes les autres choses de la vie. Les rares moments de loisirs que lui accordait sa clientèle, il les passait dans la villa des Tamaris, ou il avait vécu son adolescence, et qu’il aimait d’une façon " viscérale ", souvent à la pèche en bateau, ou le soir sur la jetée du port de la propriété.
A la fenêtre de son cabinet médical qui donnait sur la mer, il avait installé une énorme lunette marine de grande puissance, afin de suivre entre deux consultations , le cas échéant, les prises de ses clients et voisins à bord de leur embarcation, et de leur faire ensuite la surprise. Quand lui même partait à la pèche sur son bateau, un grand mât avait été érigé sur la propriété en bordure, afin de le prévenir pour rentrer rapidement (au début à la rame), en cas d’urgence médicale.

Le 16 septembre 1935, il s’octroie 2 jours de congé pour son mariage à Aïn Bessem, à une centaine de kilomètres d’Alger, commune de Hoche, dont sa future épouse était originaire.
En 1939, il s’installe avec son épouse Emma née Revol et sa fille Annie (née le 16 juin 1936 à Alger), à la Pointe Pescade dans la villa des Amandiers, place St Christophe.
En septembre 1939, à la déclaration de guerre avec l’Allemagne et ses alliés, il est mobilisé dans le service de Santé comme médecin lieutenant, et envoyé en Tunisie à Kairouan près de la frontière commune avec la Lybie, alors colonie italienne alliée de l’ Allemagne. Démobilisé en 1940, après l’armistice, il rentre dans ses foyers à Pointe Pescade et reprend ses fonctions médicales au même rythme que antérieurement, sans ménager son temps, tout en devant faire face aux difficultés inhérentes à cette dure période d’armistice : pénurie d’essence, rationnement alimentaire et pénurie de médicaments, déplacements souvent à bicyclette … etc.
Le 8 novembre 1942, après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, ses parents Gérin, agés de plus de 70 ans, lui demandent de venir auprès d’eux, vivre avec sa famille à la villa Tamaris de Bains Romains, par crainte de voir leur demeure réquisitionnée, et contraints alors de la quitter. Comme cela s’était produit pour leur voisine et amie, Madame Gabrielle Warot et sa dame de compagnie Paulette Durieux, qui demeuraient alors à la villa Mériem à Bains Romains, 200 mètres environ après la villa Tamaris, en contrebas dans le tournant en direction de Baïnem.
Le Docteur H. Gérin ferme alors sa demeure de Pointe Pescade de l’avenue des Amandiers, pour s’installer à nouveau avec sa famille à la villa Tamaris, dans le pavillon d’entrée à droite (son ancien cabinet médical).
Pendant la période 1943-1944, avec la reprise de la guerre contre les Italo-Allemands et les bombardements d’Alger et de sa banlieue, dont la Pointe Pescade, l’Algérie subit alors une importante épidémie de Typhus, qui provoqua beaucoup de décès parmi la population en général, et également dans celle de la commune de Saint Eugène. En tant que médecin cantonal de la Santé et hygiéniste, le Docteur H. H Gérin fut maintenu sur place par les autorités locales pour faire face à cette épidémie et diriger les soins aux typhiques.
En se dépensant sans compter dans cette tache, il contracta lui même auprès de ses malades, le typhus, et resta longtemps entre la vie et la mort, condamné même à un certain moment d’évolution par le corps médical. Il s’en tira tout de même "in extremis", à la défervescence de la maladie, au prix de lourdes séquelles, qui ont par la suite gravement altéré sa santé et abrégé aussi son devenir médical.
Sa convalescence à peine terminée, il reprend progressivement ses fonctions puis rapidement au même rythme et dans les mêmes conditions que auparavant. En 1950, il installe son nouveau cabinet médical et exerce rue Général Farre à Pointe Pescade, tout en demeurant villa Tamaris à Bains Romains.
Le 11 avril 1951, il reçoit sa nomination par le Ministre de l’Intérieur de l’époque, pour service médical rendu à la commune de Saint Eugène, pendant de nombreuses années, et plus particulièrement pour la difficile période de 1940 – 1945, au grade de Chevalier de la LEGION d’HONNEUR. Il est alors, le 8 mai 1951, décoré par Mr Raymond Laquière, maire de Saint Eugène et Président de l’Assemblée Algérienne.

Mais au cours de l’année 1952, son état de santé se détériore gravement et l’oblige à arrêter ses activités et à se faire remplacer pendant tout l’été 1952. Les deux années suivantes, 1953 et 1954, il sera alors remplacé régulièrement à plusieurs reprises, tout en poursuivant son traitement et en conservant toujours aussi des contacts amicaux et relationnels avec ses anciens clients et amis.
Toujours actif, et pour occuper son temps d’inactivité professionnelle, il fera procéder malgré les avis médicaux, à d’importants travaux de consolidation de la jetée du port de la villa Tamaris, et de construction dans la propriété de son épouse, née Revol, dans la commune de Hoche.
Mais déjà, il avait pris la décision, un peu avant le mois de juillet 1954, après s’être mis d’accord avec son remplaçant attitré, qui avait repris du service le 1er juillet 1954 et le Conseil de l’Ordre des Médecins, d’arrêter définitivement son activité le 31 décembre 1954.
Mais le 19 juillet 1954, il décède subitement à l’age de 53 ans, après une vie professionnelle qu’il adorait, mais par trop bien remplie.
Le Maire de la commune de Saint Eugène, Mr R. Laquière, entouré de son conseil municipal, de l’Abbé Juan, qui l’estimait beaucoup, curé de la Pointe Pescade et des Bains Romains, sa famille et le corps médical, une population nombreuse de ses amis et anciens patients de toutes confessions, lui ont rendu un ultime et solennel hommage le jour de ses obsèques.
Il repose depuis au Cimetière de Saint Eugène, dans sa chère commune et dans son ALGERIE qu’il aimait tant…

René Diaz et Annie H. Gérin

Chounet,

Je te réponds au sujet de Gabrielle Warot Oui elle est de la famille.
Mais pas ma branche...
En fait elle est la fille d'un frère de mon arrière grand père... Mais elle est bien de la famille... Par contre je ne sais pas où elle résidait et si son mari était mort à l'époque dont tu parles. Je m'en vais demander à son descendant Genella (car elle était mariée à un Maurice Genella) qui est à Avignon et originaire d'Avignon depuis plus de 200 ans !!! et où son ancêtre était chocolatier sur la place de l'Horloge à Avignon !!!
En fait, tous les Warot que j'ai répertorié sur les archives d'Aix en Provence sont de la même famille et venus du Nord (Gapennes - Somme) en 1832.C'est un dénommé Médard qui vint le premier à Alger et qui marié à une Espagnole de l'Ile de Minorque, eut 10 enfants... dont mon arrière grand père Joseph Warot et Nicolas Warot père de Gabrielle...

Françoise

http://www.pages-tambour.com

Mais oui! A Alger, à une certaine époque toutes les élèves des Lycées de jeunes filles admiraient Georges Warot !!! Les jeunes gens se promenaient rue d'Isly. La jeunesse d' Alger était magnifique de beauté, de santé physique et morale...Georges en était une des idoles...

Denise

http://denisevb.free.fr

En ce qui concerne Gabrielle Warot, je pense qu'à l'époque dont il est question elle n'était pas mariée car j'ai vu sur ma base de données que son mariage avec Genella a eu lieu en 1937, et ce serait ainsi qu'il est question d'une Gabrielle Warot et non Genella.

Françoise

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Hervé Garcia

 

Hervé, j'espère que tu m'entendras d'en haut, pour évoquer avec nos amis du site des Bains Romains, une partie de ta vie, celle qui nous a vus faire les 400 coups (au moins..), alors que nous n'avions pas encore atteint notre majorité. Je parle de toi en ce 17 juin, jour de la Saint HERVÉ, prénom que j'ai donné aussi, tu ne l'as jamais su, à mon fils aîné Laurent né deux mois après ta disparition au large de Terre-Neuve en Décembre 63, avec un vieux bateau que tu n'aimais pas et qui s'appelait "Le Douala..." Tu m'avais souvent confié que tu en avais marre de naviguer sur ce rafiot de la Cie Fraissinet Fabre, peut-être pressentais-tu le drame de cette nuit de tempête et cette malchance qui joua contre toi et tous les officiers mécaniciens, avec cette rupture de câble de canot de sauvetage au moment de la mise à l'eau. Toi qui était un excellent nageur (comme ton père d'ailleurs de l'ASMontpensier..), tu ne pus survivre à cette eau glaciale. C'est notre ami champion du monde fleurettiste Jean Claude MAGNAN qui m'apprit ta disparition à Paris en Janvier 63, et depuis je pense très, très souvent à toi et à la "bande" des bains Romains, à la belle Frédérique que tu aimas passionnément, à nos sorties en "Aronde grand Large", à deux couples à la Forêt de Baïnem (la censure m'interdit de donner plus de détails.. !), aux surprises-party aux paelle géantes avec Jeannot LASSUS, les frères Schmeltz , Jacqueline CAIAZZO, Jacques COSTE, les frères AMAGA etc.., mais aussi à cette magnifique victoire en Aviron, lorsque nous sortîmes Champion d'Algérie Junior en 4 yoles barrée à ORAN en 1958, sous les couleurs du Rowing Club !
Aujourd'hui, tu n'es plus là, mais tu es dans nos cœurs à jamais...
Au revoir Hervé, garde nous une bonne place là où tu es, on aura tant de choses à te dire...
Ton Ami fidèle

Jean Paul Sellès.

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