La découverte de ce texte particulièrement émouvant
est à l'origine d'une nouvelle page qui regroupera des écrits
consacrés à des personnages marquant de l'histoire des
Bains Romains. Alors il ne faut plus hésiter
À
vos plumes.
La famille Dechavanne compte beaucoup dans la mémoire romanibaniste.
Chounet.
Paule Dechavanne
J'ai d'abord retrouvé le livre. Jaune et brique, avec quatre
astérisques noires, un à chaque coin. C'était un
dimanche matin de mars 1997, chez un bouquiniste du quai de la Pêcherie
à Lyon. Le Gendrot et Eustache de notre sixième ! Juste
en le feuilletant, je savais exactement quels textes nous avions "faits",
quarante ans plus tôt ...
"Mon enfance captive" d'Albert Samain, "L'Odyssée
du vagabond" de Jean Richepin, "Le chat qui s'en va tout seul"
de Kipling, "Le dernier démon de Bretagne" de Colette
("Je suis le diable! ... Gnome, Poulpiquet, Kornigaret, Korrigan,
c'est ainsi qu'il fallait me nommer, et non Poum!"), "Soleil
couchant" de Herédia, "Nuit de Paris" de Samain
encore ("Un poète d'automne et de crépuscule",
disait François Coppée). Et puis des textes terribles
et poignants : du Hugo avec "L'aigle du casque" de "La
Légende des siècles", et "La lutte contre la
pieuvre", des "Travailleurs de la mer";"L'héroïsme
qui s'ignore", de Guy de Maupassant (un des rares textes qui nous
aient tiré des larmes depuis "La chèvre de Monsieur
Seguin" au cours préparatoire). Et aussi pour les textes
légers ou drôles : Décius Mus" d'Anatole France,
"Le verger du roi Louis" tiré du "Gringoire"
de Théodore de Banville, et surtout "Un émule de
Tartarin" de André Maurois (l'histoire du gentleman écossais
qui croit louper seize fois un lion, et en réalité en
a tué seize).
Puis j'ai recherché, et retrouvé, celle qui en cet automne
57 nous initia à la poésie selon Gendrot et Eustache,
et au maniement du Gaffiot. Notre classe, la prestigieuse (il faut bien
le dire) sixième A2, fut une des deux seules de Gautier à
l'avoir eue pour prof de lettres. Rétrospectivement, quel irrépressible
orgueil de privilégié, que dis-je, d'élu ! Rémy,
Eugène, souvenons-nous... En quittant le primaire et l'école
Clauzel, où nous venions de passer quatre ans dans un univers
exclusivement, pesamment masculin, nous laissions derrière nous
un monde rude, particuliêrement notre dernier maître du
CM2. Juste, oh certes, il létait, et efficace avec ça
(33 élêves passés en 6ême sur 39 : il avait
fait de nous une classe de champions !). Il était adepte de pédagogiques
punitions corporelles à langlaise, et sévère
abatteur d'épais barreaux de banc sur nos chétifs postérieurs.
Bernard, souviens-toi, quand tu tremblais qu'il ne "casse"
le frêle Cilleros quand cétait à son tour
! Henri, toi tu t'étais débrouillé pour y échapper,
nous pas ! Mais il y a une justice ! Voilà que ce mardi 1er octobre
57, jour de rentrée, dans ce nouveau monde si intimidant du lycée,
nous accueillait, pour y accompagner nos premiers pas, une présence
féminine, et quelle présence !
Longtemps je me suis demandé pourquoi c'était Mademoiselle
Dechavanne dont je m'étais souvenu avec tant d'acuité,
sans pourtant arriver à mettre un visage précis sur ce
souvenir. Je me la rappelais juste comme un brouillard hypnotique de
plaisir et de confiance, comme on n'en éprouve qu'avec bien peu
de profs. Je me rappelais aussi que je lui avais associé le tableau
de Puvis de Chavannes, "L'espérance", qui était
dans mon Larousse en deux volumes, et que ce n'était pas seulement
à cause de l'homonymie. C'était troublant. Jusqu'à
ce jour récent de juin 1999 où nous nous sommes retrouvés
dans un petit restau à Paris. En la revoyant, j'ai compris.
Elle avait amené quelques photos d'elle dans ces années
là. J'ai encore mieux compris. C'est une Audrey Hepburn fine
et délicieuse qui nous avait visités, cet automne 57,
et nous la retrouvions, dans ce petit restau du XIème, pas moins
Audrey Hepburn que jadis. Je saisis pourquoi ses amis l'appellent "notre
Lady". Et quarante deux ans plus tard, j'ai souri au souvenir du
chagrin rageur qui me fit si hardi à l'annonce de son départ.
Ce fut un bien délicieux déjeuner.
Juste la semaine où nous faisions notre entrée en sixième,
quelques jours après que nous ayons fait la connaissance de notre
petite prof, se terminait la "Bataille d'Alger". Yacef Saadi,
patron des terroristes, venait d'être arrêté huit
jours plus tôt, le 23 septembre. Ali-la-Pointe, son adjoint, trouverait
sa fin, et la bataille d'Alger avec lui, une semaine plus tard, le 8
octobre.
Au tout début 58, Mademoiselle Dechavanne, accompagnée,
je crois, du censeur, Monsieur Salini (un grand corse massif avec une
tignasse grise, en complet sombre), nous annonça son départ.
Nous étions en classe. De la place où je me trouvais,
fusa un irrépressible et explosif "salauds!", qui manifestait,
à l'intention des forces occultes et aveugles qui régentent
les mouvements des enseignants, ma détresse et ma fureur. Elle
a souri, et d'un geste, a apaisé mes fièvres (merci Albert
Samain). Quatre mois à peine, et une telle empreinte... Ce sont
bien les étoiles filantes qui nous marquent le mieux.
Elle est remplacée par Madame Pinthon. Ce sera avec elle que
nous vibrerons aux journées de mai, quelques mois plus tard.
Madame Pinthon était moins jeune, plus sévère,
mais elle ne devait pas être mal du tout, puisque je ne suis pas
capable de dire aujourd'hui laquelle avait pris l'initiative du choix
de tel ou tel de ces textes qui tous, quarante ans après, continuent
de me ravir.
Aujourd'hui, Paule Dechavanne habite la côte d'azur. Elle s'y
est installée en rentrant d'Alger en 1963, et ce sont les élèves
du collège Risso, à Nice, qui, à partir de 1969
et pendant vingt trois ans, auront eu la chance de l'avoir pour prof
de lettres.
Paule participe activement aux activités de l'UAALA, l'"Union
des Anciens et Anciennes des Lycées d'Algérie". Vous
en trouverez sur ce site les coordonnées. L'UAALA publie chaque
année une plaquette-souvenir consacrée à un lycée
ou à un établissement scolaire de l'Algérie française.
Celle sur le lycée Gautier (c'était la numéro 2)
remonte à 1990, elle était tout à fait remarquable.
Elle est, hélas, épuisée. Peut-être devrions-nous
avec l'UAALA envisager sa réédition (augmentée?).
Dans le même bulletin de l'UAALA, Paule Dechavanne raconte ses
années d'élève du lycée Delacroix, et dans
le numéro 11, elle enchaîne sur ses souvenirs d'étudiante
à la Fac de Lettres d'Alger, de 1950 à 1955. Un jour,
à l'issue d'une conférence d'Albert Camus à la
Maison des étudiants Boulevard Baudin, les étudiants se
pressaient pour lui faire dédicacer l'un ou l'autre de ses livres
les plus connus. Paule lui tendit un exemplaire d'"Etat de siège".
Camus lui glissa à l'oreille : "c'est mon préféré".
Et sur la page de garde, avant la signature, Camus écrivit :
"Merci". En un mot il avait dit ce sentiment qui nous emporte
encore le coeur, tant d'années après. Paule Dechavanne
: "celle à qui l'on dit merci".
Gérald
Dupeyrot
http://esmma.free.fr
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Jean Claude Magnan

Histoire : Le Japon devait accueillir les Jeux de 1940 (cela correspondait
au 26ème millénaire de la dynastie Japonaise) mais cela
ne se fait pas. Tokyo organise les Jeux de 1964. 94 nations se retrouvent
au Japon. Le porteur de la flamme olympique est un Japonais né
à Hiroshima le jour de l'explosion de la bombe atomique. L'Afrique
du Sud est absente de ces Jeux à cause de l'apartheid, déclaré
en contradiction avec la charte olympique et la Corée du Nord
et l'Indonésie exclues pour cause d'ingérence politique
dans le sport.
Français :Michel Jazy, favori du 5000m, termine seulement 4ème.
C'est l'Américain Schul qui gagne. Le nageur Gottvallès
et la nageuse Caron sont battus.Christine Caron obtient quand même
la seconde place lors du 100m dos. En finale du fleuret, Jean-Claude
(Magnan) est battu par le Polonais Franke. En équitation,
Pierre Jonqueres d'Oriola remporte le saut d'obstacle. L'équipe
d'escrime obtient quelques médailles (2 en argent et 5 en bronze).
http://www.13fm.com/sport/treizathlon/F31.html
HONNEUR. Le skieur Luc Alphand, vainqueur
de la Coupe du monde de ski alpin en 1997, Christian Bîmes, président
de la Fédération française de tennis, et les navigateurs
Laurent Bourgnon et Loïck Peyron, ainsi que Jean-Claude Magnan,
ancien champion de fleuret, ont été promus hier chevalier
de la Légion d'honneur.
Les archives de l'Humanité
Le sport dans le sang
Qui affirmerait que "bon sang ne saurait mentir" pourrait
sans hésitation brandir l'exemple de Jean Galfione. Le sport
de haut-niveau coule dans les veines du champion olympique. Son père
était international d'escrime, sa mère, championne de
France juniors de gymnastique, et pour l'anecdote, tous deux se sont
rencontrés à l'INSEP. Quant à l'oncle de Jean,
le fleurettiste Jean-Claude Magnan, il vécut le même
sacre que son neveu, en devenant champion olympique par équipe
d'escrime à Mexico (1968). "Ils ont connu les joies et les
déceptions du sport. C'est sans doute grâce à eux
que j'arrive à être calme et que j'ai du recul par rapport
à la perche", remercie Jean.
www.jeangalfione.com
Moi je me souviens de Jeanne Ferré, d'un coiffeur qui s'appelait
Sauveur..., du bar où Marinette faisait, pour la kémia,
des escargots pimentés... et des brochettes. Je me souviens aussi
d'un super méchoui en l'honneur du médaillé olympique
de Bains-Romains (on lui avait offert une gourmette).
Annick Bordarier
Des nouvelles de Jean Claude, il est en grande forme
et passe le bonjour à tout le monde.
http://perso.wanadoo.fr/escrime-institutvallier/page2.html
Chounet
Bonjour à Jean-Claude MAGNAN dune admiratrice
de 8 ans ! Jai lu avec plaisir sur le site que nous avions des
nouvelles de notre champion du fleuret, Jean-Claude Magnan et il me
revient en mémoire une petite anecdote le concernant :
javais environ 8 ans et la fenêtre de la chambre était
située en face, et à peu près à la hauteur
de la terrasse où Jean-Claude séchauffait et sentraînait
régulièrement. Jadmirais beaucoup ce jeune sportif
dans ses exercices et lobservais très souvent : il avait
fière allure !
A un moment donné des échauffements, il posait un pied
sur le rebord de la balustrade et, en alternant rapidement main droite,
main gauche, il tapait vigoureusement sur son mollet : ça claquait
fort ! le 2ème mollet avait, lui aussi, droit au même traitement
; cela me faisait beaucoup rire et je ne sais toujours pas pourquoi
.. !
Une douzaine dannées plus tard jai pratiqué
quelque temps lescrime et je compris alors limportance de
léchauffement des mollets, très sollicités
dans ce sport.
Jai par la suite suivi avec plaisir sa carrière sportive
et je lui transmets aujourdhui toutes mes amitiés.
Hélène du boulodrome des Belombras
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Régine Chopinot
La danse du temps
Née le 12 mai 1952 à Fort-de-l'Eau en Algérie,
Régine Chopinot danse à cinq ans sur la terrasse du
café Ripoll aux Bains Romains. En France, ses professeurs
de danse classique sont Mlle Lambert, puis Odette Bessy. Elle fréquente
la classe de Lucien Mars. Elle découvre la danse contemporaine
au studio de Marie Zighera, dont elle intègre la compagnie en
1974. l'initiative de Roland Chalosse, Régine Chopinot enseigne
au Studio, sur les pentes de la Croix-Rousse. Ses élèves
assidus sont Didier Deschamps, Pascale Henrot, Véronique Ros
de la Grange. En janvier 1978 est créée à Lyon
la Compagnie du Grèbe, une association de danseurs, comédiens
et musiciens qui crée notamment cinq versions d'une éventuelle
saga aquatique. En décembre, Ma grand-mère Hippocampe
est créée au Théâtre des Huit-Saveurs à
Lyon. En un an et demi et sept spectacles, la Compagnie du Grèbe
ne compte plus que deux personnes, Régine Chopinot et Laurent
Fachart. Fin février 1981, au Concours de chorégraphies
de Bagnolet, elle remporte un prix avec Halley's Comet. Elle lui donne
une suite intitulée Toulouse. Les deux pièces sont présentées
en un seul programme : Appel d'air, au Festival international de Montpellier-Danse.
Délices, une comédie musicale mutante par sa recherche
d'une nouvelle forme (multimédia et présence du cinéma),
est présentée aux Festivals de Châteauvallon et
d'Avignon.
Via, une chorégraphie faisant appel à une nouvelle technique
d'éclairage, ouvre en juin 1984 le IVe Festival international
Montpellier-Danse.
http://msql.passion-theatre.org/index.html
Maman me dit que Régine Chopinot habitait au-dessous des Soubielle,
niveau boulodrome et que sa mère se prénomait Eliane.
Annick Bordarier
Régine
est arrivée aux Belombras à lâge denviron
3 ans en 1954/1955 avec sa mère Éliane ; elles vivaient
chez Mme Peurière sa grand-mère, (grande amie de notre
famille), dont tu dois te souvenir !
Javais 10 ans : donc je pense que tu ne dois pas avoir beaucoup
de souvenirs de la pitchounette quelle était et encore
moins de souvenirs communs ; (étant là toute lannée,
jai fait la nounou de tous les bébés).
Avec Régine, nous nous sommes tout de suite mutuellement adoptées
comme surs et avons été très heureuses de
nous " retrouver ". Jai appelé ce matin sa mère
; ils sont en contact avec les Candella qui habitent près de
chez eux. Jai eu aussi Régine mais elle était occupée
(elle me recontactera).
Hélène Penain-Soubielle
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Charles Le Bars
Mon oncle Charles Le Bars, artiste peintre et sculpteur,
est né à Notre-Dame dAfrique. Depuis une cinquantaine
dannées, il vit à Clamart et continue à rêver
en réalisant des
oiseaux multicolores et mobiles, symboles de liberté, qui
senvolent quelquefois hors de son atelier pour apporter leur poésie
au-delà de nos frontières.
A loccasion de la semaine de lAlgérie,
en Juin 2003, il a écrit ce petit texte qui a été
lu au centre culturel Jean Arp de Clamart.
Camille Delpla, Dumont-Desgoffe
ULYSSE
LA VRAIE LIBERTE serait peut-être de pouvoir choisir
le pays où lon va naître. Mais je crains que cela
ne soit pas encore tout à fait possible
cest bien
dommage.
Moi, par hasard et par chance, je suis né pile dans le pays que
jaurais choisi. Sauf la richesse, ce pays ma tout donné
Tout
ce que je suis, ce que je pense, ce que je fais. Je lui dois tout lémerveillement
de mon enfance . Jai même quelquefois limpression
dy avoir vécu dans lAntiquité, davoir
vu passer près du rivage les bateaux dUlysse.
Jai marché dans ses montagnes, dans ses forêts de
cèdres, argumenté avec des bandes de singes, suivi les
conseils des bergers
Pêché le poulpe et le calamar
avec les pêcheurs
Mangé des gâteaux au miel,
le soir, après le signal
Ecouté ADDA parler des herbes
de son jardin
Connu, tout petit encore, la villa Abd-el-Tif où
étaient logés les peintres orientalistes
Choyé
par BAYA qui en était la concierge et qui posait en costume pour
ces peintres
Frappé par la Foi en la Peinture à cinq
ans, après avoir senti lodeur de la térébenthine
Avoir
eu le bonheur de connaître le désert avant quon y
découvre du pétrole
Y avoir rencontré au sud
de Béchar des prisonniers allemands anti-nazis
Chanté
les chants des républicains espagnols
Partagé lespoir
de tous ces gens, de tout ce peuple.
Encore enfant, je me suis enfui avant de ne plus croire à la
justice et à la liberté.
Ayant dautres chats à fouetter, je ne crois pas que lAlgérie
se soit aperçue de mon absence. Mais moi je laime toujours
et je la remercie.
CHARLES LE BARS
Né en 1925 en Algérie,
part en 1943 pour l'Angleterre. Peintre, ancien élève
d'Hayter, il travaille à Clamart depuis 1958. En 1976 il présente
ses oiseaux à la Fiac à la galerie Michelle Broutta. Il
expose aux Etats-Unis, en France puis à la Fondation Arp en 1994.Ses
nombreuses uvres, des mobiles polychromes en bois ou en métal
sont présents dans des collections et dans des établissements
publics ou privés à Agadir, Versailles, Narbonne, Fort
de France et en Corée. Les pingouins visibles au parc de
la maison blanche de Clamart sont arrivés dans l'eau en 1995.
Pourquoi des animaux ? Parce qu'il n'y a pas de différence
entre les hommes et eux, ils sont complémentaires et les oiseaux
parce que c'est un défi permanent quelqu'en soit la forme.
D'eux, Charles dit : Bien avant notre arrivée, les oiseaux
ont vu s'éveiller les dragons qui dormaient au pied des volcans,
cela leur a donné une grande sagesse
Aussi chevauchent-ils
aujourd'hui le temps et l'espace avec audace, couleur et vivacité
; où va l'oiseau, son esprit l'attend déjà.
Ainsi travaille Charles Le Bars, tiraillé entre la poésie
et une grande conscience politique. Comment parler de la torture par
exemple ? Il répond Tout n'étant que doute et émotion,
il y a dans la dérision toute la poésie qui me convient.
Le Service Culturel et l'Office de Tourisme de la Ville
de Clamart
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Robert Soulé

Salut à tous,
C'est le chapitre "Nécrologie", qui me fait pointer
le nez aujourd'hui.
En effet j'ai appris avec beaucoup de tristesse le décès
de Robert Soulé, responsable de l'information à France-Soir
dans la seconde partie de sa vie.
Vous savez que nous en avons tous, eu deux parties de vie, celle de
"là-bas" et celle d'ici. Lui à Alger, était
natif de Chéragas, je crois, et journaliste à l'Écho
d'Alger, je suis sûr. De ce fait, c'était un copain de
mon père, lui-même administrateur du Journal d'Alger. Mais
surtout il était un de ceux, qui fréquentaient assidûment
les réunions des "Bains-Romains" à Soubès,
près de Lodève, dans l'Hérault. Il y apportait
toute sa joie de retrouver "les siens" et d'innombrables histoires
de reporter. À la télévision, il avait eu la chance
très récemment de voir publier son uvre "L'Algérie
des Chimères" en 4 épisodes très réussis
et loués par la critique.
Nous le pleurons donc aujourd'hui, car il est parti le samedi 20 mars,
un premier jour de printemps, qui s'est transformé en jour de
libération. En effet, depuis deux ans au moins, victime d'une
attaque cérébrale, il gisait dans un lit et n'était
plus que l'ombre de lui-même. Avec les anges aujourd'hui, il doit
pouvoir revoir Chéragas, l'Alger des années heureuses
de 1946 à 1954 et peut-être veillera-t-il du haut des cieux
sur une éventuelle réunion à Soubès.
Voilà vous savez tout et la partie bleue par exemple, sera peut-être
insérée sur le site de manière à apprendre
la mauvaise nouvelle au plus grand nombre d'entre nous. Je vous laisse.
Amitiés à tous.
Marc
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H.J.(Hans) Van Wijk (1911-1990)
Le peintre hollandais H.J.(Hans) Van Wijk (1911-1990)
a vécu aux Bains Romains de 1940 à 1951, dans l'un des
cabanons de Mme Desnos, sur la falaise aux agaves.
Vous avez peut être connu ou entendu parler dHans
Van Wijk, il habitait dans lenvironnement du Vert Cottage, dans
les année 40 / 50, à lentrée des Bains Romains
en venant dAlger, en face de lépicerie Taboni et
cohabitait avec les familles Debono, Desnos, Dumont-Desgoffe, Friang,
Nusbaumer, Fiol, Odièvre, Yvon, Martineau, Olivier etc
Hans Van Wijk était un peintre hollandais venu se réfugier
en Algérie. Selon les dires de ceux qui lont connu, cétait
c'était un homme un peu sauvage, hirsute et timide, qui évitait
les contacts.
Mais cétait quelquun dattachant qui ne laissait
pas indifférent.
Depuis quelques mois Pierre et Camille mènent une enquête
dans les souvenirs, les mémoires, les collections particulières,
les centres culturels et les musées hollandais, pour faire émerger
ce que nous pouvons appeler une partie de la mémoire de Bains
Romains. Cest un beau travail, que nous saluons ici car il est
aussi émouvant que documenté.
Chounet
REVUE DE PRESSE
Rentré dans son pays en 1952, Hans finit par se
faire connaître ; il expose, souvent dans des salles de petites
dimensions pour un public averti. Les citations qui suivent sont extraites
de recensions parues dans la presse néerlandaise dans les années
soixante, sauf le dernier, qui date de 1988, et quillustre la
photo (en ligne) de lartiste et de son modèle.
UNE FAMILLE DARTISTES CÉLÈBRES
Hans avait pour grand-père maternel le peintre Jacob
MARIS, le plus célèbre des trois frères paysagistes
de lEcole de la Haye, et son père, Charles van Wijk, était
un sculpteur réputé. Les critiques, surtout quand ils
sont natifs de la Haye, aiment à le rappeler dans leurs articles,
tout en remarquant que linspiration de Hans ne leur doit rien
: " Il est digne en tous points de cette ascendance par la qualité
de sa technique
mais linfluence des Maris ne se laisse voir
nulle part dans son uvre, et au reste il navait aucun penchant
pour la sculpture. "
Sa personnalité : " Un artiste véritable, un franc-tireur,
un original à lécart des groupes fréquentés
par ses collègues, toujours hors des sentiers battus ; un de
ces solitaires connus dun petit cercle, en dehors duquel il nexiste
pas de "réputation", un ennemi juré de toutes
les modes et de toute publicité, quand celle-ci nest pas
justifiée uniquement par ladmiration quon voue à
luvre elle-même. "
LUVRE
Les sujets : on recense " sauterelles, insectes, escargots, papillons,
libellules, scarabées, abeilles, oignons, carottes, fruits, noix,
glands, baies, champignons, branches mortes, souches, bois moussus,
pommes
de pin ", mais il y a aussi des amandes, des feuilles, des
aiguilles de pin, des fleurs cultivées ou sauvages (les cyclamens
de Baïnem
), en un mot : " tout ce qui est petit, beau
et fragile dans la nature. "
Le métier : on lui reconnaît unanimement une maîtrise
parfaite de la technique picturale aussi bien pour le détail
(" Savoir-faire
dartisan, style naturaliste dune extrême méticulosité,
art du détail stupéfiant dans lobservation du monde
réel, celui dun botaniste qui tiendrait un pinceau, réalisme
dune minutie étonnante, subtilité, délicatesse,
technique raffinée dont beaucoup peuvent sinspirer.")
que pour la couleur ( " Ainsi cette tonalité vert-bronze,
qui domine constamment sans pour autant que les objets perdent leur
couleur propre ; avec ses pinceaux fins comme des toiles daraignée,
et son sens très pur du coloris, il obtient un rendu très
précis et fidèle, sans aucune altération comme
sans aucun embellissement. ")
La filiation : on rattache sa manière aux traditions des provinces
du nord : " Linspiration est digne du XVIIIème siècle
" selon certains ; dautres évoquent plutôt le
XVIIème néerlandais (par exemple le peintre danimaux,
dinsectes, de fleurs et de fruits Balthasar van der AST, 1590-1657,
dont beaucoup de tableaux portent des titres quon pourrait retrouver
chez van Wijk) ou bien les primitifs flamands ; en tout cas on reconnaît
" le goût éminemment hollandais pour lobservation
minutieuse des objets du monde. Certains champignons font penser à
ceux de Goedvriendt [Theo GOEDVRIENDT, peintre hollandais, natures mortes
et paysages, 1879-1969.] Le raffinement est si surprenant quon
pense involontairement à ces " preciosa " des anciens
maîtres, dont chaque millimètre carré demande à
être regardé et apprécié à laide
dune loupe. " Un critique trouve même des points communs
entre la peinture de van Wijk et certains représentants du "
réalisme magique ", par exemple Pyke KOCH [Pieter Koch,
dit aussi Huebner, peintre hollandais expressionniste, 1901-1991] et
Raoul HYNCKES [peintre belge postcubiste de natures mortes et de paysages,
1893-1973], "sans toutefois le climat oppressant de leurs uvres
- on ny trouve ni hantise de la mort comme chez le premier, ni
hantise de la précarité comme chez le second - sans non
plus le démoniaque mystérieux dun vieux maître
comme Jérôme Bosch, auquel font quelquefois penser les
insectes de van Wijk. "
LA CRITIQUE
Les jugements sont nuancés. Certains sont conquis sans réserve,
dautres sont plus sévères. Il y a ceux qui laccusent
dêtre plus technicien quartiste : " Cest
merveilleux, ce que fait ce peintre, proprement merveilleux, ce travail
tout dobjectivité et de précision, mais le romantisme
reste sur le pas de la porte. En définitive, dans cette uvre,
le souffle de la vie fait généralement défaut
Il
se penche avec application, dévotion, sur le microcosme du sol
forestier et le restitue dans ses moindres détails, avec une
patience infinie et une précision microscopique ; il aime ce
quil peint, mais il ne manifeste guère desprit de
découverte : les sujets varient peu, la manière pas davantage
; mêmes coloris, même clair-obscur dans le goût du
XVIIème : quand on connaît un tableau, on les connaît
tous. Or la peinture doit avoir quelque chose dune aventure spirituelle.
" Ces sentences sont-elles trop péremptoires ? Elles donnent
à réfléchir, en tout cas. Dautres sont plus
nuancées : " Linspiration que les maîtres du
passé comme van der Ast alliaient à la précision
du détail est beaucoup moins présente chez van Wijk :
sa fidélité à la nature est très monotone
; le technicien a souvent refoulé lartiste
On peut
dire que Van Wijk est " lexplorateur des chemins forestiers
" tant il voit de choses, mais il lui manque ce que lart
devrait offrir : être capable de voir à travers, de voir
plus profond
Cest avant tout un technicien très doué,
qui peint avec une précision qui pourrait être rebutante
: mais ce danger est conjuré par la beauté des coloris.
Il nempêche : luvre donne par trop limpression
dêtre le fruit dun austère travail dartisan.
Lémotion fait absolument défaut. Mais pou autant,
il nest pas non plus tout à fait un de ces artistes qui
peignent par devoir, comme on pourrait limaginer. "
Une critique bien argumentée revient plusieurs fois ; elle concerne
le format : " Ce peintre excelle dans de toutes petites pièces,
par exemple LEscargot Blanc. Dans les grandes compositions, les
éléments nuisent à lunité de lensemble,
et la palette narrive pas suffisamment à rendre le frémissement
de la vie. Cest dommage, compte tenu du métier qui simpose
partout de manière éclatante
Cest par le travail
de la couleur que cette peinture se hisse au rang duvre
dart ; cest par quoi elle nous captive et nous retient.
Mais seulement dans les petits formats ; quand le peintre se risque
à faire des tableaux de plusieurs décimètres carrés,
il se met dans le cas de nous décevoir, de nous irriter et de
nous ennuyer
Les grands formats, si bien exécutés
quils soient, ne sont que lennuyeuse imitation du réel,
dirritantes photos en couleurs. Dans les petits, en revanche,
éclate toute la palette de coloris dune vie qui creuse,
fouille, rampe ; ici, van Wijk, malgré lhumilité
des sujets et la modestie des dimensions, est un maître. "
Certains savent très bien faire partager leur admiration et les
raisons daimer cette peinture : " Si petit que soit le format,
rien de léché, aucune de ces planches trop détaillées
et trop exactes, qui pourraient servir de modèles à un
ouvrage de botanique. Au contraire, lamour de la nature est manifestement
la force qui inspire cet artiste
Un art curieux, remarquable,
où il dit souvent plus en quelques centimètres carrés
que dautres sur des mètres carrés de toile de lin
" La tendresse, lhumour, le goût de la mise en scène
et de la féerie, la patiente sollicitude pour les trésors
secrets de la nature sont les points forts soulignés par les
admirateurs de ces objets dart, que plusieurs nomment bijoux,
joyaux, gemmes ou pièces dorfèvrerie. " Van
Wijk peint de manière strictement naturaliste, avec une grande
habileté et une tendresse toute particulière, le microcosme
de la litière forestière et tout ce qui y vit ou a cessé
de vivre. Le parallèle avec le monde des hommes semble aller
de soi, mais il est plus manifeste dans les titres que dans les uvres
: ainsi, dans Conférence au sommet, on voit seulement un groupe
de scarabées qui se traînent péniblement sur un
sol moussu ; des coléoptères penchés sur une coquille
de noix, un insecte minuscule au milieu, un papillon pâle qui
plane au-dessus : cest Crèche de Noël. Dans le Maître
de danse, une sauterelle "donne une leçon" à
trois scarabées, qui ont lair de sortir tout droit dune
fable de La Fontaine
Les petits tableaux sont parfaitement exécutés,
dune vérité criante, mais une note de fantaisie
leur ajoute juste ce quil faut de cet esprit qui manque à
beaucoup de talents. Quand on sait les regarder, on se prend tout-à-coup
pour le jeune Erik errant dans le grand livre dinsectes de Godfried
Bomans, et lon est entraîné à sa suite, avec
les mêmes yeux naïfs, parmi les petits riens qui peuplent
notre nature [G.Bomans, écrivain pour adultes et pour enfants,
né à La Haye en 1913, auteur, entre choses, d Erik
ou le petit livre dinsectes (1937)]. Que daventures à
vivre dans ces miniatures ! Quon regarde seulement LOignon
enchanté! " Dans un article intitulé : Des bijoux
picturaux, un critique constate : " Il ne peint pas directement
ce quil a vu, comme sil sagissait dillustrer
je ne sais quel manuel scolaire de botanique ; il utilise ce matériau
pour construire de petites scènes sorties de son imagination,
pareilles à des tableaux de contes de fée (par exemple,
L Oignon enchanté, une mise en scène où une
sauterelle, un papillon et un escargot donnent une représentation
à regarder de tout près, lil collé
au tableau sur le mur, ou mieux, posé sur une table. Chaque pièce
ouvre une fenêtre sur ce monde de prodiges, au climat ensorcelé.
Cela est difficile à décrire, encore plus difficile à
photographier ; il faut voir ces uvres de ses yeux pour les apprécier
à leur juste valeur... Un art où la vie chuchote, sapproche
avec circonspection et trouve à sexprimer grâce à
une tendre et infinie patience . De petits poèmes où une
beauté immatérielle, piétinée sans respect
par dinnombrables gros souliers, est surprise à limproviste
par cet il dartiste et y connaît une éclosion
que rien ne peut flétrir
On a chez soi un fragment de nature,
on hume le sous-bois humide. Le peintre prend la nature en flagrant
délit, pour ainsi dire, et fixe cet instant de beauté
pour nous tendre un miroir, à nous spectateurs et promeneurs,
et nous montrer quelles richesses nous côtoyons dans une parfaite
indifférence
Le peintre montre un sens du coloris tout à
fait remarquable et une attention extrême pour les petits objets,
quil restitue avec une patience infinie et une précision
photographique, mais sans jamais les priver de vie : ce sont des joyaux
précieux, pleins de poésie, auxquels on naccorde
plus aucune valeur aujourdhui, et qui ne sacrifient rien à
la mode ni à la modernité, mais heureusement survivent
en dépit des fléaux de la civilisation actuelle. Lactivité
laborieuse de ces petites bêtes mystérieuses, qui chatoient
comme autant de pierres précieuses - coléoptères,
papillons, escargots, libellules et sauterelles - est tout entière
" pétrifiée " par la baguette de lenchanteur
van Wijk, de telle manière quelles se remettent à
vivre dans son tableau ! Oui, même dans les plus épurées
des représentations de fruits, de feuilles et de fleurs, notre
mot de stilleven - au sens propre du terme [cette expression, reprise
ensuite par langlais still life, puis par lallemand Stilleben,
veut dire en effet : " vie immobile (et silencieuse) " ] -
semble convenir beaucoup mieux que le français " nature-morte
"
Les insectes, mais aussi les escargots aux étranges
coquilles, les papillons, les fleurs, la mousse sur un sol forestier,
ou sur une branche arrachée par le vent, la texture dune
écorce de pin, comme vue au microscope, une feuille de hêtre
rouillée par lautomne où quelques scarabées
tiennent leur " Conférence au sommet ", les champignons
de conte de fée, les coléoptères qui brillent comme
des pierreries, les noisettes, les baies comme dans les bois : dans
les uvres de van Wijk, ce monde vit, frappé par enchantement
de mystère et dimmobilité. "
LA DERNIERE SEANCE
Vingt ans après, Hans donne à Leersum une exposition
" captivante " inaugurée par " un de ses premiers
amis en peinture, Freek Simon " qui soccupe maintenant de
radio et de télévision : Autour de van Wijk. On apprend
quil a beaucoup enseigné et quil a suivi lévolution
des techniques .Il a même exposé des pièces de céramique
en 1978, et maintenant, en ce mois de juillet 1988, il expose avec ses
élèves des travaux variant les procédés
ou les associant à lintérieur dune même
uvre : huile, aquarelle, dessin à la plume rehaussé
de lavis, gouache, etc. Selon la technique utilisée, le style
est plus ou moins figuratif. " On assiste peut-être à
la naissance dune " école de van Wijk " chez
les aquarellistes. " Et il revient au portrait, si lon en
croit la photo qui accompagne larticle. Hans van Wijk meurt le
28 novembre 1990.
[Synthèse darticles parus dans Utrechts Nieuwsblad, Het
Vaderland, Doornse Courant " De Kaap " et dautres publications
mal identifiées, signés notamment : G.OUDSHOORN, Corn.
BASOSKI, M.B., J.J., P.S., Bob BUYS, FRANS Van der LAAN, H.A.GERRETSEN,
R.E.PENNING. Dossier aimablement communiqué par le Centre de
documentation de lInstitut néerlandais dhistoire
de lart (RKD), de La Haye]
Dossier préparé par Pierre et Camille.
Voir ses oeuvres

"Hans van Wijk" I send this fotograph by special
request from Pierre Clinquart
A.Margot van Oosten
Netherlands Institute for Art History
Pressdocumentation A.Margot van Oosten
P.O.Box 90418
2509 LK THE HAGUE
The Netherlands
tel: +31 (0)70 3339750
fax:+31 (0)70 3339789
e-mail:oosten@rkd.nl
Savez-vous qu'en première intention, j'avais interverti
Hans et son modèle ? Éternel effet du Double. Hans est
à droite, évidemment ; ses cheveux ne sont plus en bataille,
et la barbe christique a fait place à une moustache blanche :
ce sont les années 80 ; toujours mince, mais... un peu plus bourgeois.
Lots of love.
Pierre Clinquart
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Louis Ducos Du Hauron

Louis Ducos Du Hauron est né le 8 décembre
1837 à Langon en Gironde. Dès sa jeunesse, il s'était
voué à une étude approfondie des sciences physiques.
En 1858, il publie deux mémoires remarqués, l'un sur les
sensations lumineuses et l'autre sur la distribution des lumières
et des ombres dans l'univers.
En 1862 il adresse à M. Lélut, membre de l'Institut, un
premier mémoire sur la photographie des couleurs, mais un membre
de l'Académie des sciences les dissuade de présenter ce
mémoire à l'Académie !
En 1864, il invente le premier cinématographe.
En 1891 il découvre l'anaglyphe, procédé de reproduction
du relief. On reproduit deux négatifs, l'un en vert, l'autre
en rouge sur un même papier. La vision du relief s'obtient par
examen de cette image avec des verres colorés.
jeanpaul.legrand.free.fr/sable/cros/cros3(ducos).htm
Daprès le n° 105 du trimestriel
" lalgérianiste " de Mars 2004
article: Louis Ducos du Hauron, par Edgar SCOTTI,
l'algérianiste No 105, p. 75-79.
Avec nos remerciements chaleureux à :
www.ville-agen.fr/culture/musees/index.asp
L'algerianiste : www.cerclealgerianiste.asso.fr
Cercle de Toulouse : www.algerianisme-toulousain.org
Ainsi qu'à l'auteur.
.../...
Louis Ducos du Hauron eut lidée dexposer
au soleil trois images monochromes quil superposa respectivement
à trois filtres de couleur rouge, bleue, jaune : le procédé
trichrome était inventé. Il perfectionna son invention
et put réaliser les premières photographies en couleurs
En 1884, il quitte la France pour suivre son frère, Alfred-Alcide,
nommé conseiller à la cour dappel dAlger.
Cest ce frère qui, durant de nombreuses années,
finança ses recherches.
Louis Ducos du Hauron fut séduit par les couleurs de lAlgérie,
notamment par celles de la côte que nous connaissons bien et en
prit ce tout premier cliché en couleurs.
Le 21 Décembre 1907, Paul dAtys relate pour le n° 51
du " Petit Kabyle " son entretien avec linventeur :
" Le chercheur me montra trois clichés monochromes de
la même image, un jaune, un bleu, un rouge. Il les superposa et,
les plaçant à la lumière, ces trois couleurs isolées
donnent toutes les nuances de la nature et limage est reproduite
avec une surprenante netteté. Ce ciel lointain est dun
gris perlé, cette mer est dun azur profond, ces arbres
sont dun vert vigoureux ; le paysage étale la joie de ses
mille nuances, cest la réalité toute chaude, toute
vive qui ravit mon regard ".
.../...
La vue ci-dessous nous montre une côte escarpée
située à louest dAlger. La photo respecte
fidèlement les nuances des couleurs des fonds rocheux, celle
du sable, ainsi que les anfractuosités de la roche érodée
par la mer. La vue sétend jusqu'au cap Caxine, dont le
phare inauguré en 1868 avait une portée de 25 milles.

Dossier préparé par Camille et Pierre.
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CHAOUI
Qui était lhomme au chapeau de paille dont
le peintre H.J.Van Wijk sut si bien rendre lexpression tragique
en quelques coups de fusain ? Jai cru un instant quil sagissait
de Chaoui. Même visage émacié, creusé de
rides profondes, même regard pathétique. Mais Chaoui avait
le nez busqué et plus fin. Il portait toujours un turban enroulé
sur la tête et un saroual, ce pantalon ample permettant de sasseoir
en tailleur sans gêne.
Chaoui était ainsi surnommé car sa famille était
originaire de la tribu berbère des Aurès, les Chaouïas.
Lui-même était né en 1900 au village de Saint-Arnaud,
dans la région de Sétif.
Il ne savait ni lire, ni écrire. Il était manuvre
chez lentrepreneur en maçonnerie Ripoll, frère du
cafetier. Il vivait avec sa femme dans un petit logement que mon arrière
grand-mère Augustine lui avait octroyé en échange
du gardiennage de la villa. Ses quelques poules cohabitaient avec celles
dAugustine, dans le poulailler du jardin.
Lescalier qui menait de chez nous à celui de la plage passait
devant sa petite cour. Tous les jours, donc, nous assistions à
quelques scènes de la vie quotidienne : préparation du
repas par sa femme avec le canoun, semoule longuement roulée
entre les mains pour le couscous, repas consommés à même
le plat avec un morceau de pain.
Chaoui et sa femme traversaient souvent notre jardin. Nous vivions sous
les yeux les uns des autres.
Chaoui était très pieux. Matin et soir, quand il nétait
pas au travail, il séloignait sur les rochers déserts,
vers lEst, un broc à la main. Il le remplissait deau
de mer, puis procédait à ses ablutions rituelles. Agenouillé
et tourné vers le Levant, il se mettait ensuite à célébrer
le Divin de tout son corps. Je lobservais du haut de notre terrasse,
fascinée par cette culture autre qui se dévoilait à
mes yeux.
Longtemps, Chaoui resta sans enfants. Cela devait le préoccuper
car, tout en étant monogame, il changeait souvent dépouse.
Sur les six que nous lui avons connues, trois dentre elles ont
été répudiées au motif quelles étaient
stériles. Une autre a fui avec un homme plus jeune. Une nouvelle
épouse a péri tragiquement, noyée à quelques
mètres du bord de la plage, vêtue de sa robe multicolore.
Elle venait du bled et découvrait tout juste la mer.
La dernière sappelait Louisa. Elle était un peu
sourde et, de ce fait, avait du mal à communiquer. Mais avec
elle, le miracle se produisit : Louisa fut enceinte et Chaoui, à
lâge dêtre grand-père, eut deux fils.
Louisa demeura à ses côtés et nous eûmes le
temps de faire sa connaissance.
Avec la scolarisation de leurs enfants, le monde de lécrit
allait souvrir à cette famille.
Maintenant Chaoui nest plus, mais dans ma mémoire, il occupe
une grande place. Sans le savoir, quand il priait sur les rochers, il
ma appris à mémerveiller devant le mystère
du monde.
Camille DDD
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Denise Valéro Boulet
Denise
cest ma première grande émotion sur Internet, quelque
temps avant la création de notre site. À partir de mots
clés tels que Bains Romains, Pointe Pescade, Baïnem ou encore
St Eugène, je découvre un site où il est question
de 3 histoires de veaux marins, jai le palpitant qui commence
à palpiter et quand je découvre quil y a une des
3 histoires qui se passe aux Bains Romains à larchevêché,
là cest du délire
À cette époque Denise était encore
en France, nous sommes très vite entrés en relation. Cest
Denise qui nous a mis en contact avec la famille Dechavanne et cest
encore Denise qui nous a envoyé des photos de larchevêché
dont une photo prise dhélicoptère.
Cest dire que Denise a une place particulière sur cette
page.
Notice biographique
Daprès un speech prononcé lors dune
réunion de lAlliance française de San Diego.
Une vie en dix minutes
Chère Présidente,
Vous avez certainement une grande connaissance de lâme humaine
pour nous demander de parler de nous! Chacun sait depuis La Rochefoucauld
combien lon préfère dire du mal de soi même
que de n en point parler!
Mais vous avez surtout le sens de lamitié, et vous souhaitez,
par cette présentation que nous puissions nous faire de nouvelles
et nouveaux amis.
Chers nouveaux amis
La vie est une prodigieuse aventure
Un combat bien sûr, une suite de luttes, mais en même temps
la promesse de moments étoilés à saisir dès
quils se présentent, sachant quil faut absolument
croire au Père Noël pour quil se manifeste
Voici quelques aspects dune existence toujours lancée à
la poursuite dune étoile à limitation de ces
rois mages que nous célébrons aujourd'hui
Dabord une naissance
un 22 février
Date anniversaire
de Georges Washington et Frédéric Chopin
À
quoi bon préciser la date ?
Autour du berceau une famille émerveillée. Mari amoureux
aux pieds de la jeune accouchée, souriant dans ses dentelles,
prête à chanter pour ses proches tous les airs possibles
de bel canto de son admirable voix de soprano
La scène se passait sur les hauteurs d'une ville réputée
pour son charme, aux bords de la Méditerranée berbère,
et capitale dun département dit français
Beauté, amour, joie de vivre. Illusions aussi:
Ma mère si souvent répétait, lors de mon réveil:
- A qui puis je être utile, agréable, aujourdhui.
Voilà chaque matin ce qu'il faudrait se dire
J ai donc très longtemps cru que seul lamour régnait
sur terre
Une belle image pieuse de ma Communion solennelle devait
m'affirmer aussi:
Lintimité de la vie avec des êtres de qualité
est ce quil y a sur terre de meilleur, de plus semblable a la
vie du ciel
De solides amitiés tout au long de ma vie confirmèrent
ces propos
Là-bas la France envoyait les plus titrés de ses enseignants
Tout spécialement au lycée pilote, bel édifice
néo-mauresque, sur une colline dominant la baie, le lycée
Fromentin, hommage à un peintre orientaliste
Il devait ensuite prendre le nom de Descartes, et certains ont aujourdhui
oublie son nom de fondation
Comme disait Ronsard:
-Tu bâtiras sur lincertain du sable
Et Démocrite:
Panta rei: Tout coule
Je témoigne donc aujourd'hui:
Les petites sixièmes des classes de A, déjà,
debout dans la salle de classe, se lançaient dans des dialogues
en latin, en classe de cinquième, j organisais la représentation
dIphigénie, de Racine, devant un parterre de professeurs
et de parents d élèves. J étais bien entendu Iphigénie,
cette pièce dramatique obtint un énorme succès
de fou rire
En classe de troisième, notre classe présenta, tout en
anglais, et dans sa totalité, la comédie de Shakespeare:
Le songe d une nuit d été avec succès.
Jincarnais le personnage de Bottom. L année suivante
je jouais une pièce de ma composition, Irène, Impératrice
de Byzance, drame classique en trois actes, respectant la règle
des trois unités, de lieu, de temps, d action. C était
la gloire!!!
Lété se passait en général dans des
lieux sauvages et superbes, au bord de la mer, dans la solitude de plages
privées
.
Lhomme fort sait rester seul" ! Enseignait loncle
Charles
Les temps devinrent très difficiles
La 2 ème guerre
mondiale. Au petit matin du 8 novembre 1942, en ville avec une parente.
Quelle émotion ! Sur hauteurs ex-rue Michelet dAlger colonne
de militaires, tenue camouflée de combat, visage barbouille de
noir descendait lavenue en silence au pas cadence
Commando
de choc britannique
La famille vivait dans l'attente de ce débarquement : joie délirante,
accueil des libérateurs, espoir un en avenir plein de promesses
.Jamais le sentiment de gratitude ressenti alors ne devait quitter ma
mémoire
Lors de larrivée à Alger du Général
De Gaulle, des amis du Club Combat vinrent me chercher : jétais
choisie pour offrir lapéritif au grand homme et je nen
menais pas large, ma main perdue dans la sienne. Je devais, bien plus
tard lui écrire et recevoir de lui une rare lettre autographe.
À cette époque se place mon aventure Saint Exupéry
et le sergent américain. Mais je n'ai pas le temps de vous
la raconter
Les études au Lycée Fromentin se terminèrent par
un double baccalauréat avec mention. Le baccalauréat élitiste
de lépoque étant lextrême-onction de
la culture bourgeoise
Les promesses des professeurs: " Vous
serez agrégée à 22 ans " ne purent se réaliser.
Être agrégée a 22 ans et auteur célèbre
de pièces de théâtres et de romans semblait indispensable
a mon équilibre
Il me fallut de longues années de
remise en question pour me débarrasser de cette hypnose
Il avait fallu accepter les projets des familles qui depuis longtemps
avaient décide de sunir par un mariage
Et la future
agrégée se retrouva mère d'une adorable petite
fille, Colette
Une reprise détudes à lUniversité fut
intéressante, avec Études littéraires classiques,
anglais, allemand, russe
Et toujours de remarquables enseignants
Le Maroc était proche avec les Hautes Études Marocaines,
la découverte passionnante de lHistoire du Maroc
Et
des érudits français qui lui consacrèrent leur
vie
Grâce a eux je pus découvrir laventure des Portugais
qui jalonnèrent les cotes marocaines de leurs places fortes,
pendant 3 siècles et demi (1415-1768), et écrire et publier
une Histoire des ruines portugaises au Maroc" non sans mettre
au monde un lumineux petit garçon, Jean-Louis
Et voyager entre les trois villes où se trouvaient les affaires
familiales, Alger, Casablanca, Oran.
Un troisième enfant, merveilleux petit garçon aussi, Romain,
devait naître dans cette dernière ville
Les événements se précipitaient
Il fallait quitter les lieux dont les Pouvoirs avaient toujours affirmé
qu'ils étaient la France elle même
Une amie américaine proposait son aide matérielle et morale
J'étais
personnellement tentée par un établissement aux USA.
La famille préférait le Brésil.
Après un voyage de prospection économique, nous avons
préféré une réinstallation en doulce France
.
Mon manuscrit relate les angoisses de l'époque
En France une prodigieuse découverte : celle des activités
socio-culturelles et la force d'amitiés de grande qualité.
Un prestigieux avocat, ancien Bâtonnier de l'Ordre au Maroc, fut
pour moi un véritable grand père, indulgent et bienveillant
Grâce a lui je me spécialisais dans loi de juillet
1901, fondai plusieurs associations : en fait il m'avait transmis le
virus de l'associationnite.
Relativement privilégiée par rapport a beaucoup dautres,
il était automatique de vouloir aider les réfugiés
des ex-colonies où Protectorats français, Indochine, Tunisie,
Maroc, bientôt Algérie nécessaire de trouver
logements et travail.
Pour cette action, diverses distinctions me furent accordées,
mais le bonheur éprouvé lorsquon se croit un peu
utile est finalement un profond égoïsme
La rencontre dadversaires masculins provoqua une période
féministe éphémère et la rédaction
dun pamphlet : LImpérialisme masculin.
Membre de lAssociation France-Etats-Unis, je me servais de documents
prêtés par lex-consulat américain de Nice
sur la vie des femmes dans la politique américaine.
Début de recherches généalogiques, qui devaient
durer des décades et m'amener jusquen 1540, en Suisse en
passant par lAlsace
Le peuplement européen de lex-Algérie française
à légal du peuplement des Etats Unis d'Amérique
est un véritable melting-pot.
Parmi mes ancêtres plusieurs branches alsaciennes se dirigèrent
vers les Amériques, dautres branches choisissaient lAlgérie
ou étaient dirigées vers ce territoire par les Pouvoirs
de l'époque.
Procédant a des recherches, aux Archives départementales
Colmar, Haute Alsace, j'eus le plaisir découvrir l'un de mes
cousins du X1Xème siècle, Peter Bluntzer, fondateur de
la ville de Corpus Christi, Texas, vers 1840
Les enfants grandissaient
Pour les suivre dans leurs études,
je me retrouvais Présidente des Associations de parents d'élèves
de l'Enseignement Public, d abord pour la seule ville de Nice, ensuite
pour les trois départements Alpes-Maritimes, Var et Corse
Période enrichissante étude et recherches
Suivie par le lancement de la Formation Permanente dans les Universités,
pour laquelle je militais ardemment.
Travaux, en Commissions à
Paris auprès de Conseillers dÉtat, et dUniversitaires
de très haut niveau firent tomber mes préjugés
quant aux diplômes et agrégations
J'appris que les
êtres humains normaux ne se distinguent pas par leur intelligence
mais par leur volonté, leur détermination et leur sensibilité
Ce fut aussi la période des Artistes peintres et sculpteurs
Lorganisation
dun Salon dentraide, couronné de succès. Engagement
des journalistes à me lancer dans la préparation et la
publication Document Peintres et Sculpteurs, de Menton a Saint
Tropez qui est devenu parait-il un must pour les collectionneurs
À la suite ce fut la création, et lanimation dune
association de soutien des artistes, la FARCA, Fédération
artistique de la Côte d Azur, qui se battit vaillamment pendant
une bonne dizaine d'années
Le poids moral de ces groupes maida à créer a Nice,
avec le soutien familial et l'aide précieuse de ma fille Colette,
un musée privé de malacologie
Mot peu commun ; malacos
en grec signifie mou
Science des animaux à corps mou,
les mollusques qui le plus souvent sécrètent des coquillages
Il fonctionna en centre culturel dans les vieux quartiers de la ville
Les enfants se plaisaient beaucoup dans cette unité pédagogique
Plusieurs d'entre eux y trouvèrent une vocation
Il permit
lorganisation dexpositions, de réceptions, de conférences.
Un festival de malacologie à Paris, au Louvre, fut téléguidé
depuis Nice.
Finalement le musée devint propriété de la Ville,
ma famille étant lasse de mes incessantes activités
Celles-ci me valurent une place dans le Whos Who of American Women
Disposant de temps libre il était possible de revenir à
mes débuts
La passion pour l'Histoire du Maroc
Pendant cinq ans, tous les matins dès l'aurore je retrouvais
mes personnages et mes immenses amis, les érudits français
et je rédigeais la biographie du 1er sultan saadien
600
pages de texte dune fantastique épopée.
Me prenant pour le roi du Maroc, installée dans un énorme
fauteuil de style Régence en bois doré tapissé
de soie rouge, je dégustais mon café fort dans une ancienne
tasse vénitienne
Impossible ensuite de trouver un éditeur en France. Encore moins
au Maroc
En même temps que cet échec plusieurs deuils familiaux
majeurs successifs devaient me déséquilibrer, me plonger
dans une sorte de désespoir, de laisser-aller qui dura plusieurs
années. Je croyais être parvenue a la fin de mon existence
et malgré quatre enfants et neuf petits-enfants, la vie semblait
assez terne et monotone
Cependant pour garder le contact avec mes fils, je m'étais mise
à lordinateur
Pour plaire à mes petits-fils
Nicolas et Jean-Pierre, bientôt à Internet
Avec leur
aide technique indispensable, ce fut l'élaboration dun
Website très éclectique, nombreux textes sur différents
sujets
Tout en préparant des conférences pour diverses associations
culturelles.
Jusqu'au jour où une petite voix :
Cest assez ! Tu dois réagir
Trouve un éditeur
aux États-Unis
Par Internet
E-mail bouteille à la mer
Informations sur des éditeurs
américains
Réponse intéressante et, en Français
Remercier : moindre des choses
Correspondance s'engagea
Bientôt
appel téléphonique
Échanges d'idées,
Similitudes de goûts et pensées incroyables
Et voilà
Ma vie n'était pas terminée
Habitée par lesprit de mes ancêtres, pionniers d'Algérie
malheureusement au lieu d'avoir été pionniers d'Amérique,
je débarquais à l'aéroport de Los Angeles, le 23
mars 2001, voilà bientôt deux ans...
William Wayne dit plus simplement Bill m'attendait là.
Depuis il semble bien que, pour une femme française, j'aie battu
un record, en assistant cette année a 51 matches de base-ball
J'ai
visité quinze États américains, applaudi de nombreuses
comédies musicales au théâtre
Enfin, vécu
en quelques mois bien plus intensément que beaucoup d'autres
durant toute leur existence
Une nouvelle vie, a ainsi commencé
Sans renier le passé,
en vivant pleinement le présent pour préparer lavenir
Pour réussir sa vie, disait à peu près Napoléon,
il faut se comporter comme si l'on était immortel
La nouvelle grande aventure de ma vie a un titre. Je vous le confie,
cest :
À la conquête des différences culturelles
:
LHistoire de Bill et Denise
Denise
COPYRIGHT Denise Boulet
Janvier 2003
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Jocelyne Mas

Biographie de Jocelyne Mas :
Jocelyne Mas est née à Alger, en territoire de France.
Son enfance est heureuse et insouciante.
Elle vit souvent à la campagne à Baraki, chez ses grands-parents.
Deux elle a hérité lamour de la terre, des
arbres, des animaux et aussi le courage, la ténacité.
Elle apprend quon a rien sans effort.
Le collège et le lycée confirment son inclinaison pour
la littérature. Elle rafle tous les prix de rédaction
et dexcellence.
Son adolescence est déchirée par les événements
de la guerre dAlgérie. Tout son monde sécroule,
après des années de peur, dangoisse, de guerre,
elle doit avec sa famille, fuir, tout quitter, la maison de son enfance,
avec ses grands arbres, ses confidents, son pays, ses amies. Cest
lexil. Savez vous combien il est dur de choisir demporter
tel livre plutôt quun autre, de devoir privilégier
les vêtements, au détriment des jouets. Tout à coup,
tout nous paraît précieux. On voudrait tout emporter, comme
lescargot emporte sa maison sur son dos. Et le chien, Maman, on
ne va pas le laisser ?
Après la faculté de Droit à Nice, son entrée
dans la vie active, comme beaucoup détudiants, se fait
par des " petits boulots " : vendeuse, assistante dentaire,
courtier en immobilier
Elle trouve enfin un poste intéressant de Responsable des Ressources
Humaines, dans une société daéronautique.
Elle aime le contact avec les gens et se démène pour régler
leurs problèmes.
Elle est maintenant mariée (son mari est né à Hussein-Dey,
prés dAlger), a deux enfants, deux petits enfants. Elle
est heureuse mais meurtrie au fond delle-même par cette
déchirure qui ne guérira jamais. Cest comme si elle
avait dû se couper en deux, une partie delle-même
est restée de lautre côté de la Méditerranée.
Alors elle écrit. Pour raconter son pays, lamour de son
peuple et son attachement viscéral à cette terre perdue.
Et pour rétablir la vérité, pour que les enfants,
les petits-enfants sachent autre chose que les trois lignes dans leur
livre dhistoire.
Son premier livre : " Il était une fois
ma vie "
Alger la blanche, a été primé au 33 ème
concours international littéraire des " ARTS ET LETTRES
DE FRANCE ", promotion 2002.
Au grand concours international du Monde Francophone, de l "
ACADÉMIE DE PROVENCE ".
Et au 8 ème concours international du CEPAL (centre européen
pour la promotion des Arts et Lettres).
Depuis cest la grande aventure, ce livre connaît un franc
succès. Jocelyne Mas participe aux festivals du Livre : Nice,
Carpentras, Mouans-Sartoux, Roquebrune Cap-Martin, Antibes-Juans-Les-Pins,
court les salons Littéraires, donne des Conférences
Les médias ont fait léloge de son livre : Nice Matin,
Var Matin, Le Parisien, Notre Temps, FemInfos.
Monsieur Jean-Marie Molinengo, journaliste à FR 3, lui a fait
lhonneur dun entretien télévisé.
Monsieur le Maire de Saint-Laurent du Var, Henri Revel, Conseiller Général
des Alpes-Maritimes, vice-président de la Communauté dagglomération
Nice Côte-dAzur, en présence de Monsieur Jacques
Peyrat, Sénateur Maire de la ville de Nice, lui a remis la Médaille
de la Ville, le 10 Janvier 2004, en hommage à son uvre
littéraire.
Lauteur a reçu des dizaines de lettres, dEmails,
tous très touchants. Lettres de reconnaissance, de joie de retrouver
lambiance de ce cher pays, de ses plages, des pique-niques, des
grands repas de famille, de la joie de vivre.
Du Texas, de Majorque, de toutes les régions de France et dailleurs.
Pour se procurer son
livre, sadresser à Jocelyne Mas : 04 93 07 10 95
15 Euros + 2 Euros de frais denvoi.
Son second livre, devra être édité début
2004.
Jocelyne.mas@tiscali.fr
www.jocelynemas.com
Index Mails
Marie-Jeanne Ampart, m'a offert le Livre de Jocelyne "il était
une fois ma vie...Alger la Blanche" lors de son arrivée
à la Gare de Lyon, lorsque nous étions avec Sylvette qui
est une amie d'enfance de Jocelyne. D'ailleurs, dans son ouvrage, elle
cite souvent ses amis d'enfance de Baïnem, les Picaud. J'ai d'ailleurs
commandé et reçu 2 de ces ouvrages que j'ai hâte
d'offrir à des amies d'enfance.
Michèle
Jocelyne MAS, née FOUGERE, est une amie d'enfance. Nos parents
étaient très amis. Nous passions nos week-ends et fêtes
ensemble. André FOUGERE et sa femme Yolande ont habité
le rez-de-chaussée d'une maison tout près de l'école
de Bains Romains puis rue Sadi Carnot à ALGER. Nos pères
avaient une passion commune : la musique. Mon père jouait du
sax et nous les jeunes nous apprenions le rock avec Glenn MILLER. La
pétanque agrémentait également les dimanches à
BAÏNEM ou à MORETTI. Jocelyne est mariée avec Alain
MAS qui est né à Hussein Dey. Je te fais parvenir le livre
de Jocelyne où tu retrouveras toutes les senteurs qui ont baigné
notre enfance.
Sylvette
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Alphonse HALIMI

Photo collection http://www..oldschoolboxing.com/weeklybag15022004.html
Bains Romains et ses environs ont vu l’éclosion
de deux grands champions.
Ancien escrimeur, je salue ici le magnifique champion olympique que
fut Jean Claude MAGNAN.
Il est également un grand champion, pardonnez du peu, du monde
dont on a assez peu parlé. Modeste, effacé mais combien
efficace, Alphonse HALIMI a été mon voisin direct.
Il vivait à Villa Bains chez monsieur et madame DIANOUX (monsieur était
tailleur à Alger).
Sportif complet, il était excellent nageur et nous nous retrouvions
souvent sur la plage.
Dans la villa louée par les époux DIANOUX, il disposait
d’une très grande salle d’entraînement, impressionnante
pour l’adolescent que j’étais. Il avait 8 ans de
plus que moi.
Mon père, commissaire de police à Bab el Oued pendant
la période la plus noire des événements d’Algérie,
avait un inspecteur qui était responsable de l’Association
Sportive de la Police Algéroise. De ce fait, j’ai été le
spectateur privilégié de tous les galas de boxe organisés à Alger.
J’ai pu voir Alphonse HALIMI commencer à boxer dans des
combats amateurs en trois reprises sur les quels je pourrais écrire
longuement.
Il avait, tel Marcel CERDAN autre originaire d’Algérie,
cette frappe fulgurante qui lui faisait gagner la plupart de ses combats
avant la limite par KO.
Telle sa frappe, sa carrière fut fulgurante. Je l’ai vu
boxer, entre autres, au cinéma Majestic (la grande salle de
spectacle. Rappelez vous Paul ANKA était venu y chanter) lors
d’une rencontre contre une sélection italienne. Son adversaire
a connu le même sort que les précédents. Pour les
connaisseurs, participaient également à la rencontre
: KOUIDRI et BOUKLOUFA représentant la France aux JO. Sauf erreur
de ma part, KOUIDRI avait rencontré Jake LA MOTTA. Combat très
inégal dans le quel KOUIDRI avait subi une sévère
correction.
Alphonse HALIMI devint champion du monde le 1er avril 1957 à 25
ans en battant Mario D’AGATA. Beaucoup d'émotion et de
souvenirs. Ce 1er avril 1957 n'était pas un poisson mais la
juste récompense du travail acharné d'un grand champion.
A l’issue du combat, il a eu cette phrase historique "aujourd’hui
j’ai vengé Jeanne d’Arc ". Mario D’AGATA,
comme son nom ne l’indique pas, avait des origines anglaises.
Après sa carrière sportive, il a tenu un café à Vincennes
sans grand succès commercial.
Il a joué un petit rôle dans le film LE GRAND PARDON en
1982.
Il y a environ une vingtaine d’années, j’ai pu lire
dans un magazine hebdomadaire qu’il s’occupait d’une
piscine dans la région parisienne. C’était là une
activité plus conforme à ses capacités.
Mon cousin, ancien boxeur, m’a dit l’avoir vu à la
télévision il y a un peu plus de cinq ans. Je suis toujours
déçu de n'avoir pas regardé cette émission
de télévision qui lui était consacrée dans
laquelle il était présent avec sa fille. C’est
elle qui répondait pour lui. Il était méconnaissable,
diminué physiquement et dans la plus grande misère. C'est
sa fille qui s'occupait de lui.
Il est décédé le 12 novembre 2006 dans un hôpital
parisien à l’âge de 74 ans.
C’est là l’histoire d’un grand champion.
Philippe COUDERT
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Photo collection http://www.jewishsports.net/BioPages/AlphonseHalimi.htm.