La découverte de ce texte particulièrement émouvant
est à l'origine d'une nouvelle page qui regroupera des écrits
consacrés à des personnages marquant de l'histoire des
Bains Romains. Alors il ne faut plus hésiter À
vos plumes.
La famille Dechavanne compte beaucoup dans la mémoire romanibaniste. Chounet.
Paule Dechavanne
J'ai d'abord retrouvé le livre. Jaune et brique, avec quatre
astérisques noires, un à chaque coin. C'était un
dimanche matin de mars 1997, chez un bouquiniste du quai de la Pêcherie
à Lyon. Le Gendrot et Eustache de notre sixième ! Juste
en le feuilletant, je savais exactement quels textes nous avions "faits",
quarante ans plus tôt ...
"Mon enfance captive" d'Albert Samain, "L'Odyssée
du vagabond" de Jean Richepin, "Le chat qui s'en va tout seul"
de Kipling, "Le dernier démon de Bretagne" de Colette
("Je suis le diable! ... Gnome, Poulpiquet, Kornigaret, Korrigan,
c'est ainsi qu'il fallait me nommer, et non Poum!"), "Soleil
couchant" de Herédia, "Nuit de Paris" de Samain
encore ("Un poète d'automne et de crépuscule",
disait François Coppée). Et puis des textes terribles
et poignants : du Hugo avec "L'aigle du casque" de "La
Légende des siècles", et "La lutte contre la
pieuvre", des "Travailleurs de la mer";"L'héroïsme
qui s'ignore", de Guy de Maupassant (un des rares textes qui nous
aient tiré des larmes depuis "La chèvre de Monsieur
Seguin" au cours préparatoire). Et aussi pour les textes
légers ou drôles : Décius Mus" d'Anatole France,
"Le verger du roi Louis" tiré du "Gringoire"
de Théodore de Banville, et surtout "Un émule de
Tartarin" de André Maurois (l'histoire du gentleman écossais
qui croit louper seize fois un lion, et en réalité en
a tué seize).
Puis j'ai recherché, et retrouvé, celle qui en cet automne
57 nous initia à la poésie selon Gendrot et Eustache,
et au maniement du Gaffiot. Notre classe, la prestigieuse (il faut bien
le dire) sixième A2, fut une des deux seules de Gautier à
l'avoir eue pour prof de lettres. Rétrospectivement, quel irrépressible
orgueil de privilégié, que dis-je, d'élu ! Rémy,
Eugène, souvenons-nous... En quittant le primaire et l'école
Clauzel, où nous venions de passer quatre ans dans un univers
exclusivement, pesamment masculin, nous laissions derrière nous
un monde rude, particuliêrement notre dernier maître du
CM2. Juste, oh certes, il létait, et efficace avec ça
(33 élêves passés en 6ême sur 39 : il avait
fait de nous une classe de champions !). Il était adepte de pédagogiques
punitions corporelles à langlaise, et sévère
abatteur d'épais barreaux de banc sur nos chétifs postérieurs.
Bernard, souviens-toi, quand tu tremblais qu'il ne "casse"
le frêle Cilleros quand cétait à son tour
! Henri, toi tu t'étais débrouillé pour y échapper,
nous pas ! Mais il y a une justice ! Voilà que ce mardi 1er octobre
57, jour de rentrée, dans ce nouveau monde si intimidant du lycée,
nous accueillait, pour y accompagner nos premiers pas, une présence
féminine, et quelle présence !
Longtemps je me suis demandé pourquoi c'était Mademoiselle
Dechavanne dont je m'étais souvenu avec tant d'acuité,
sans pourtant arriver à mettre un visage précis sur ce
souvenir. Je me la rappelais juste comme un brouillard hypnotique de
plaisir et de confiance, comme on n'en éprouve qu'avec bien peu
de profs. Je me rappelais aussi que je lui avais associé le tableau
de Puvis de Chavannes, "L'espérance", qui était
dans mon Larousse en deux volumes, et que ce n'était pas seulement
à cause de l'homonymie. C'était troublant. Jusqu'à
ce jour récent de juin 1999 où nous nous sommes retrouvés
dans un petit restau à Paris. En la revoyant, j'ai compris.
Elle avait amené quelques photos d'elle dans ces années
là. J'ai encore mieux compris. C'est une Audrey Hepburn fine
et délicieuse qui nous avait visités, cet automne 57,
et nous la retrouvions, dans ce petit restau du XIème, pas moins
Audrey Hepburn que jadis. Je saisis pourquoi ses amis l'appellent "notre
Lady". Et quarante deux ans plus tard, j'ai souri au souvenir du
chagrin rageur qui me fit si hardi à l'annonce de son départ.
Ce fut un bien délicieux déjeuner.
Juste la semaine où nous faisions notre entrée en sixième,
quelques jours après que nous ayons fait la connaissance de notre
petite prof, se terminait la "Bataille d'Alger". Yacef Saadi,
patron des terroristes, venait d'être arrêté huit
jours plus tôt, le 23 septembre. Ali-la-Pointe, son adjoint, trouverait
sa fin, et la bataille d'Alger avec lui, une semaine plus tard, le 8
octobre.
Au tout début 58, Mademoiselle Dechavanne, accompagnée,
je crois, du censeur, Monsieur Salini (un grand corse massif avec une
tignasse grise, en complet sombre), nous annonça son départ.
Nous étions en classe. De la place où je me trouvais,
fusa un irrépressible et explosif "salauds!", qui manifestait,
à l'intention des forces occultes et aveugles qui régentent
les mouvements des enseignants, ma détresse et ma fureur. Elle
a souri, et d'un geste, a apaisé mes fièvres (merci Albert
Samain). Quatre mois à peine, et une telle empreinte... Ce sont
bien les étoiles filantes qui nous marquent le mieux.
Elle est remplacée par Madame Pinthon. Ce sera avec elle que
nous vibrerons aux journées de mai, quelques mois plus tard.
Madame Pinthon était moins jeune, plus sévère,
mais elle ne devait pas être mal du tout, puisque je ne suis pas
capable de dire aujourd'hui laquelle avait pris l'initiative du choix
de tel ou tel de ces textes qui tous, quarante ans après, continuent
de me ravir.
Aujourd'hui, Paule Dechavanne habite la côte d'azur. Elle s'y
est installée en rentrant d'Alger en 1963, et ce sont les élèves
du collège Risso, à Nice, qui, à partir de 1969
et pendant vingt trois ans, auront eu la chance de l'avoir pour prof
de lettres.
Paule participe activement aux activités de l'UAALA, l'"Union
des Anciens et Anciennes des Lycées d'Algérie". Vous
en trouverez sur ce site les coordonnées. L'UAALA publie chaque
année une plaquette-souvenir consacrée à un lycée
ou à un établissement scolaire de l'Algérie française.
Celle sur le lycée Gautier (c'était la numéro 2)
remonte à 1990, elle était tout à fait remarquable.
Elle est, hélas, épuisée. Peut-être devrions-nous
avec l'UAALA envisager sa réédition (augmentée?).
Dans le même bulletin de l'UAALA, Paule Dechavanne raconte ses
années d'élève du lycée Delacroix, et dans
le numéro 11, elle enchaîne sur ses souvenirs d'étudiante
à la Fac de Lettres d'Alger, de 1950 à 1955. Un jour,
à l'issue d'une conférence d'Albert Camus à la
Maison des étudiants Boulevard Baudin, les étudiants se
pressaient pour lui faire dédicacer l'un ou l'autre de ses livres
les plus connus. Paule lui tendit un exemplaire d'"Etat de siège".
Camus lui glissa à l'oreille : "c'est mon préféré".
Et sur la page de garde, avant la signature, Camus écrivit :
"Merci". En un mot il avait dit ce sentiment qui nous emporte
encore le coeur, tant d'années après. Paule Dechavanne
: "celle à qui l'on dit merci".
Histoire : Le Japon devait accueillir les Jeux de 1940 (cela correspondait
au 26ème millénaire de la dynastie Japonaise) mais cela
ne se fait pas. Tokyo organise les Jeux de 1964. 94 nations se retrouvent
au Japon. Le porteur de la flamme olympique est un Japonais né
à Hiroshima le jour de l'explosion de la bombe atomique. L'Afrique
du Sud est absente de ces Jeux à cause de l'apartheid, déclaré
en contradiction avec la charte olympique et la Corée du Nord
et l'Indonésie exclues pour cause d'ingérence politique
dans le sport.
Français :Michel Jazy, favori du 5000m, termine seulement 4ème.
C'est l'Américain Schul qui gagne. Le nageur Gottvallès
et la nageuse Caron sont battus.Christine Caron obtient quand même
la seconde place lors du 100m dos. En finale du fleuret, Jean-Claude
(Magnan) est battu par le Polonais Franke. En équitation,
Pierre Jonqueres d'Oriola remporte le saut d'obstacle. L'équipe
d'escrime obtient quelques médailles (2 en argent et 5 en bronze).
http://www.13fm.com/sport/treizathlon/F31.html
HONNEUR. Le skieur Luc Alphand, vainqueur
de la Coupe du monde de ski alpin en 1997, Christian Bîmes, président
de la Fédération française de tennis, et les navigateurs
Laurent Bourgnon et Loïck Peyron, ainsi que Jean-Claude Magnan,
ancien champion de fleuret, ont été promus hier chevalier
de la Légion d'honneur.
Les archives de l'Humanité
Le sport dans le sang
Qui affirmerait que "bon sang ne saurait mentir" pourrait
sans hésitation brandir l'exemple de Jean Galfione. Le sport
de haut-niveau coule dans les veines du champion olympique. Son père
était international d'escrime, sa mère, championne de
France juniors de gymnastique, et pour l'anecdote, tous deux se sont
rencontrés à l'INSEP. Quant à l'oncle de Jean,
le fleurettiste Jean-Claude Magnan, il vécut le même
sacre que son neveu, en devenant champion olympique par équipe
d'escrime à Mexico (1968). "Ils ont connu les joies et les
déceptions du sport. C'est sans doute grâce à eux
que j'arrive à être calme et que j'ai du recul par rapport
à la perche", remercie Jean.
www.jeangalfione.com
Moi je me souviens de Jeanne Ferré, d'un coiffeur qui s'appelait
Sauveur..., du bar où Marinette faisait, pour la kémia,
des escargots pimentés... et des brochettes. Je me souviens aussi
d'un super méchoui en l'honneur du médaillé olympique
de Bains-Romains (on lui avait offert une gourmette).
Annick Bordarier
Des nouvelles de Jean Claude, il est en grande forme
et passe le bonjour à tout le monde.
Bonjour à Jean-Claude MAGNAN dune admiratrice
de 8 ans ! Jai lu avec plaisir sur le site que nous avions des
nouvelles de notre champion du fleuret, Jean-Claude Magnan et il me
revient en mémoire une petite anecdote le concernant :
javais environ 8 ans et la fenêtre de la chambre était
située en face, et à peu près à la hauteur
de la terrasse où Jean-Claude séchauffait et sentraînait
régulièrement. Jadmirais beaucoup ce jeune sportif
dans ses exercices et lobservais très souvent : il avait
fière allure !
A un moment donné des échauffements, il posait un pied
sur le rebord de la balustrade et, en alternant rapidement main droite,
main gauche, il tapait vigoureusement sur son mollet : ça claquait
fort ! le 2ème mollet avait, lui aussi, droit au même traitement
; cela me faisait beaucoup rire et je ne sais toujours pas pourquoi
.. !
Une douzaine dannées plus tard jai pratiqué
quelque temps lescrime et je compris alors limportance de
léchauffement des mollets, très sollicités
dans ce sport.
Jai par la suite suivi avec plaisir sa carrière sportive
et je lui transmets aujourdhui toutes mes amitiés.
Née le 12 mai 1952 à Fort-de-l'Eau en Algérie,
Régine Chopinot danse à cinq ans sur la terrasse du
café Ripoll aux Bains Romains. En France, ses professeurs
de danse classique sont Mlle Lambert, puis Odette Bessy. Elle fréquente
la classe de Lucien Mars. Elle découvre la danse contemporaine
au studio de Marie Zighera, dont elle intègre la compagnie en
1974. l'initiative de Roland Chalosse, Régine Chopinot enseigne
au Studio, sur les pentes de la Croix-Rousse. Ses élèves
assidus sont Didier Deschamps, Pascale Henrot, Véronique Ros
de la Grange. En janvier 1978 est créée à Lyon
la Compagnie du Grèbe, une association de danseurs, comédiens
et musiciens qui crée notamment cinq versions d'une éventuelle
saga aquatique. En décembre, Ma grand-mère Hippocampe
est créée au Théâtre des Huit-Saveurs à
Lyon. En un an et demi et sept spectacles, la Compagnie du Grèbe
ne compte plus que deux personnes, Régine Chopinot et Laurent
Fachart. Fin février 1981, au Concours de chorégraphies
de Bagnolet, elle remporte un prix avec Halley's Comet. Elle lui donne
une suite intitulée Toulouse. Les deux pièces sont présentées
en un seul programme : Appel d'air, au Festival international de Montpellier-Danse.
Délices, une comédie musicale mutante par sa recherche
d'une nouvelle forme (multimédia et présence du cinéma),
est présentée aux Festivals de Châteauvallon et
d'Avignon.
Via, une chorégraphie faisant appel à une nouvelle technique
d'éclairage, ouvre en juin 1984 le IVe Festival international
Montpellier-Danse.
http://msql.passion-theatre.org/index.html
Maman me dit que Régine Chopinot habitait au-dessous des Soubielle,
niveau boulodrome et que sa mère se prénomait Eliane.
Annick Bordarier
Régine
est arrivée aux Belombras à lâge denviron
3 ans en 1954/1955 avec sa mère Éliane ; elles vivaient
chez Mme Peurière sa grand-mère, (grande amie de notre
famille), dont tu dois te souvenir !
Javais 10 ans : donc je pense que tu ne dois pas avoir beaucoup
de souvenirs de la pitchounette quelle était et encore
moins de souvenirs communs ; (étant là toute lannée,
jai fait la nounou de tous les bébés).
Avec Régine, nous nous sommes tout de suite mutuellement adoptées
comme surs et avons été très heureuses de
nous " retrouver ". Jai appelé ce matin sa mère
; ils sont en contact avec les Candella qui habitent près de
chez eux. Jai eu aussi Régine mais elle était occupée
(elle me recontactera).
Mon oncle Charles Le Bars, artiste peintre et sculpteur,
est né à Notre-Dame dAfrique. Depuis une cinquantaine
dannées, il vit à Clamart et continue à rêver
en réalisant des
oiseaux multicolores et mobiles, symboles de liberté, qui
senvolent quelquefois hors de son atelier pour apporter leur poésie
au-delà de nos frontières.
A loccasion de la semaine de lAlgérie,
en Juin 2003, il a écrit ce petit texte qui a été
lu au centre culturel Jean Arp de Clamart.
Camille Delpla, Dumont-Desgoffe
ULYSSE
LA VRAIE LIBERTE serait peut-être de pouvoir choisir
le pays où lon va naître. Mais je crains que cela
ne soit pas encore tout à fait possible cest bien
dommage.
Moi, par hasard et par chance, je suis né pile dans le pays que
jaurais choisi. Sauf la richesse, ce pays ma tout donné Tout
ce que je suis, ce que je pense, ce que je fais. Je lui dois tout lémerveillement
de mon enfance . Jai même quelquefois limpression
dy avoir vécu dans lAntiquité, davoir
vu passer près du rivage les bateaux dUlysse.
Jai marché dans ses montagnes, dans ses forêts de
cèdres, argumenté avec des bandes de singes, suivi les
conseils des bergers Pêché le poulpe et le calamar
avec les pêcheurs Mangé des gâteaux au miel,
le soir, après le signal Ecouté ADDA parler des herbes
de son jardin Connu, tout petit encore, la villa Abd-el-Tif où
étaient logés les peintres orientalistes Choyé
par BAYA qui en était la concierge et qui posait en costume pour
ces peintres Frappé par la Foi en la Peinture à cinq
ans, après avoir senti lodeur de la térébenthine Avoir
eu le bonheur de connaître le désert avant quon y
découvre du pétrole Y avoir rencontré au sud
de Béchar des prisonniers allemands anti-nazis Chanté
les chants des républicains espagnols Partagé lespoir
de tous ces gens, de tout ce peuple.
Encore enfant, je me suis enfui avant de ne plus croire à la
justice et à la liberté.
Ayant dautres chats à fouetter, je ne crois pas que lAlgérie
se soit aperçue de mon absence. Mais moi je laime toujours
et je la remercie.
CHARLES LE BARS
Né en 1925 en Algérie,
part en 1943 pour l'Angleterre. Peintre, ancien élève
d'Hayter, il travaille à Clamart depuis 1958. En 1976 il présente
ses oiseaux à la Fiac à la galerie Michelle Broutta. Il
expose aux Etats-Unis, en France puis à la Fondation Arp en 1994.Ses
nombreuses uvres, des mobiles polychromes en bois ou en métal
sont présents dans des collections et dans des établissements
publics ou privés à Agadir, Versailles, Narbonne, Fort
de France et en Corée. Les pingouins visibles au parc de
la maison blanche de Clamart sont arrivés dans l'eau en 1995.
Pourquoi des animaux ? Parce qu'il n'y a pas de différence
entre les hommes et eux, ils sont complémentaires et les oiseaux
parce que c'est un défi permanent quelqu'en soit la forme.
D'eux, Charles dit : Bien avant notre arrivée, les oiseaux
ont vu s'éveiller les dragons qui dormaient au pied des volcans,
cela leur a donné une grande sagesse Aussi chevauchent-ils
aujourd'hui le temps et l'espace avec audace, couleur et vivacité
; où va l'oiseau, son esprit l'attend déjà.
Ainsi travaille Charles Le Bars, tiraillé entre la poésie
et une grande conscience politique. Comment parler de la torture par
exemple ? Il répond Tout n'étant que doute et émotion,
il y a dans la dérision toute la poésie qui me convient.
Le Service Culturel et l'Office de Tourisme de la Ville
de Clamart
Salut à tous,
C'est le chapitre "Nécrologie", qui me fait pointer
le nez aujourd'hui.
En effet j'ai appris avec beaucoup de tristesse le décès
de Robert Soulé, responsable de l'information à France-Soir
dans la seconde partie de sa vie.
Vous savez que nous en avons tous, eu deux parties de vie, celle de
"là-bas" et celle d'ici. Lui à Alger, était
natif de Chéragas, je crois, et journaliste à l'Écho
d'Alger, je suis sûr. De ce fait, c'était un copain de
mon père, lui-même administrateur du Journal d'Alger. Mais
surtout il était un de ceux, qui fréquentaient assidûment
les réunions des "Bains-Romains" à Soubès,
près de Lodève, dans l'Hérault. Il y apportait
toute sa joie de retrouver "les siens" et d'innombrables histoires
de reporter. À la télévision, il avait eu la chance
très récemment de voir publier son uvre "L'Algérie
des Chimères" en 4 épisodes très réussis
et loués par la critique.
Nous le pleurons donc aujourd'hui, car il est parti le samedi 20 mars,
un premier jour de printemps, qui s'est transformé en jour de
libération. En effet, depuis deux ans au moins, victime d'une
attaque cérébrale, il gisait dans un lit et n'était
plus que l'ombre de lui-même. Avec les anges aujourd'hui, il doit
pouvoir revoir Chéragas, l'Alger des années heureuses
de 1946 à 1954 et peut-être veillera-t-il du haut des cieux
sur une éventuelle réunion à Soubès.
Voilà vous savez tout et la partie bleue par exemple, sera peut-être
insérée sur le site de manière à apprendre
la mauvaise nouvelle au plus grand nombre d'entre nous. Je vous laisse.
Amitiés à tous.
Le peintre hollandais H.J.(Hans) Van Wijk (1911-1990)
a vécu aux Bains Romains de 1940 à 1951, dans l'un des
cabanons de Mme Desnos, sur la falaise aux agaves.
Vous avez peut être connu ou entendu parler dHans
Van Wijk, il habitait dans lenvironnement du Vert Cottage, dans
les année 40 / 50, à lentrée des Bains Romains
en venant dAlger, en face de lépicerie Taboni et
cohabitait avec les familles Debono, Desnos, Dumont-Desgoffe, Friang,
Nusbaumer, Fiol, Odièvre, Yvon, Martineau, Olivier etc
Hans Van Wijk était un peintre hollandais venu se réfugier
en Algérie. Selon les dires de ceux qui lont connu, cétait
c'était un homme un peu sauvage, hirsute et timide, qui évitait
les contacts.
Mais cétait quelquun dattachant qui ne laissait
pas indifférent.
Depuis quelques mois Pierre et Camille mènent une enquête
dans les souvenirs, les mémoires, les collections particulières,
les centres culturels et les musées hollandais, pour faire émerger
ce que nous pouvons appeler une partie de la mémoire de Bains
Romains. Cest un beau travail, que nous saluons ici car il est
aussi émouvant que documenté.
Chounet
REVUE DE PRESSE
Rentré dans son pays en 1952, Hans finit par se
faire connaître ; il expose, souvent dans des salles de petites
dimensions pour un public averti. Les citations qui suivent sont extraites
de recensions parues dans la presse néerlandaise dans les années
soixante, sauf le dernier, qui date de 1988, et quillustre la
photo (en ligne) de lartiste et de son modèle.
UNE FAMILLE DARTISTES CÉLÈBRES
Hans avait pour grand-père maternel le peintre Jacob
MARIS, le plus célèbre des trois frères paysagistes
de lEcole de la Haye, et son père, Charles van Wijk, était
un sculpteur réputé. Les critiques, surtout quand ils
sont natifs de la Haye, aiment à le rappeler dans leurs articles,
tout en remarquant que linspiration de Hans ne leur doit rien
: " Il est digne en tous points de cette ascendance par la qualité
de sa technique mais linfluence des Maris ne se laisse voir
nulle part dans son uvre, et au reste il navait aucun penchant
pour la sculpture. "
Sa personnalité : " Un artiste véritable, un franc-tireur,
un original à lécart des groupes fréquentés
par ses collègues, toujours hors des sentiers battus ; un de
ces solitaires connus dun petit cercle, en dehors duquel il nexiste
pas de "réputation", un ennemi juré de toutes
les modes et de toute publicité, quand celle-ci nest pas
justifiée uniquement par ladmiration quon voue à
luvre elle-même. "
LUVRE
Les sujets : on recense " sauterelles, insectes, escargots, papillons,
libellules, scarabées, abeilles, oignons, carottes, fruits, noix,
glands, baies, champignons, branches mortes, souches, bois moussus,
pommes
de pin ", mais il y a aussi des amandes, des feuilles, des
aiguilles de pin, des fleurs cultivées ou sauvages (les cyclamens
de Baïnem ), en un mot : " tout ce qui est petit, beau
et fragile dans la nature. "
Le métier : on lui reconnaît unanimement une maîtrise
parfaite de la technique picturale aussi bien pour le détail
(" Savoir-faire
dartisan, style naturaliste dune extrême méticulosité,
art du détail stupéfiant dans lobservation du monde
réel, celui dun botaniste qui tiendrait un pinceau, réalisme
dune minutie étonnante, subtilité, délicatesse,
technique raffinée dont beaucoup peuvent sinspirer.")
que pour la couleur ( " Ainsi cette tonalité vert-bronze,
qui domine constamment sans pour autant que les objets perdent leur
couleur propre ; avec ses pinceaux fins comme des toiles daraignée,
et son sens très pur du coloris, il obtient un rendu très
précis et fidèle, sans aucune altération comme
sans aucun embellissement. ")
La filiation : on rattache sa manière aux traditions des provinces
du nord : " Linspiration est digne du XVIIIème siècle
" selon certains ; dautres évoquent plutôt le
XVIIème néerlandais (par exemple le peintre danimaux,
dinsectes, de fleurs et de fruits Balthasar van der AST, 1590-1657,
dont beaucoup de tableaux portent des titres quon pourrait retrouver
chez van Wijk) ou bien les primitifs flamands ; en tout cas on reconnaît
" le goût éminemment hollandais pour lobservation
minutieuse des objets du monde. Certains champignons font penser à
ceux de Goedvriendt [Theo GOEDVRIENDT, peintre hollandais, natures mortes
et paysages, 1879-1969.] Le raffinement est si surprenant quon
pense involontairement à ces " preciosa " des anciens
maîtres, dont chaque millimètre carré demande à
être regardé et apprécié à laide
dune loupe. " Un critique trouve même des points communs
entre la peinture de van Wijk et certains représentants du "
réalisme magique ", par exemple Pyke KOCH [Pieter Koch,
dit aussi Huebner, peintre hollandais expressionniste, 1901-1991] et
Raoul HYNCKES [peintre belge postcubiste de natures mortes et de paysages,
1893-1973], "sans toutefois le climat oppressant de leurs uvres
- on ny trouve ni hantise de la mort comme chez le premier, ni
hantise de la précarité comme chez le second - sans non
plus le démoniaque mystérieux dun vieux maître
comme Jérôme Bosch, auquel font quelquefois penser les
insectes de van Wijk. "
LA CRITIQUE
Les jugements sont nuancés. Certains sont conquis sans réserve,
dautres sont plus sévères. Il y a ceux qui laccusent
dêtre plus technicien quartiste : " Cest
merveilleux, ce que fait ce peintre, proprement merveilleux, ce travail
tout dobjectivité et de précision, mais le romantisme
reste sur le pas de la porte. En définitive, dans cette uvre,
le souffle de la vie fait généralement défaut Il
se penche avec application, dévotion, sur le microcosme du sol
forestier et le restitue dans ses moindres détails, avec une
patience infinie et une précision microscopique ; il aime ce
quil peint, mais il ne manifeste guère desprit de
découverte : les sujets varient peu, la manière pas davantage
; mêmes coloris, même clair-obscur dans le goût du
XVIIème : quand on connaît un tableau, on les connaît
tous. Or la peinture doit avoir quelque chose dune aventure spirituelle.
" Ces sentences sont-elles trop péremptoires ? Elles donnent
à réfléchir, en tout cas. Dautres sont plus
nuancées : " Linspiration que les maîtres du
passé comme van der Ast alliaient à la précision
du détail est beaucoup moins présente chez van Wijk :
sa fidélité à la nature est très monotone
; le technicien a souvent refoulé lartiste On peut
dire que Van Wijk est " lexplorateur des chemins forestiers
" tant il voit de choses, mais il lui manque ce que lart
devrait offrir : être capable de voir à travers, de voir
plus profond Cest avant tout un technicien très doué,
qui peint avec une précision qui pourrait être rebutante
: mais ce danger est conjuré par la beauté des coloris.
Il nempêche : luvre donne par trop limpression
dêtre le fruit dun austère travail dartisan.
Lémotion fait absolument défaut. Mais pou autant,
il nest pas non plus tout à fait un de ces artistes qui
peignent par devoir, comme on pourrait limaginer. "
Une critique bien argumentée revient plusieurs fois ; elle concerne
le format : " Ce peintre excelle dans de toutes petites pièces,
par exemple LEscargot Blanc. Dans les grandes compositions, les
éléments nuisent à lunité de lensemble,
et la palette narrive pas suffisamment à rendre le frémissement
de la vie. Cest dommage, compte tenu du métier qui simpose
partout de manière éclatante Cest par le travail
de la couleur que cette peinture se hisse au rang duvre
dart ; cest par quoi elle nous captive et nous retient.
Mais seulement dans les petits formats ; quand le peintre se risque
à faire des tableaux de plusieurs décimètres carrés,
il se met dans le cas de nous décevoir, de nous irriter et de
nous ennuyer Les grands formats, si bien exécutés
quils soient, ne sont que lennuyeuse imitation du réel,
dirritantes photos en couleurs. Dans les petits, en revanche,
éclate toute la palette de coloris dune vie qui creuse,
fouille, rampe ; ici, van Wijk, malgré lhumilité
des sujets et la modestie des dimensions, est un maître. "
Certains savent très bien faire partager leur admiration et les
raisons daimer cette peinture : " Si petit que soit le format,
rien de léché, aucune de ces planches trop détaillées
et trop exactes, qui pourraient servir de modèles à un
ouvrage de botanique. Au contraire, lamour de la nature est manifestement
la force qui inspire cet artiste Un art curieux, remarquable,
où il dit souvent plus en quelques centimètres carrés
que dautres sur des mètres carrés de toile de lin
" La tendresse, lhumour, le goût de la mise en scène
et de la féerie, la patiente sollicitude pour les trésors
secrets de la nature sont les points forts soulignés par les
admirateurs de ces objets dart, que plusieurs nomment bijoux,
joyaux, gemmes ou pièces dorfèvrerie. " Van
Wijk peint de manière strictement naturaliste, avec une grande
habileté et une tendresse toute particulière, le microcosme
de la litière forestière et tout ce qui y vit ou a cessé
de vivre. Le parallèle avec le monde des hommes semble aller
de soi, mais il est plus manifeste dans les titres que dans les uvres
: ainsi, dans Conférence au sommet, on voit seulement un groupe
de scarabées qui se traînent péniblement sur un
sol moussu ; des coléoptères penchés sur une coquille
de noix, un insecte minuscule au milieu, un papillon pâle qui
plane au-dessus : cest Crèche de Noël. Dans le Maître
de danse, une sauterelle "donne une leçon" à
trois scarabées, qui ont lair de sortir tout droit dune
fable de La Fontaine Les petits tableaux sont parfaitement exécutés,
dune vérité criante, mais une note de fantaisie
leur ajoute juste ce quil faut de cet esprit qui manque à
beaucoup de talents. Quand on sait les regarder, on se prend tout-à-coup
pour le jeune Erik errant dans le grand livre dinsectes de Godfried
Bomans, et lon est entraîné à sa suite, avec
les mêmes yeux naïfs, parmi les petits riens qui peuplent
notre nature [G.Bomans, écrivain pour adultes et pour enfants,
né à La Haye en 1913, auteur, entre choses, d Erik
ou le petit livre dinsectes (1937)]. Que daventures à
vivre dans ces miniatures ! Quon regarde seulement LOignon
enchanté! " Dans un article intitulé : Des bijoux
picturaux, un critique constate : " Il ne peint pas directement
ce quil a vu, comme sil sagissait dillustrer
je ne sais quel manuel scolaire de botanique ; il utilise ce matériau
pour construire de petites scènes sorties de son imagination,
pareilles à des tableaux de contes de fée (par exemple,
L Oignon enchanté, une mise en scène où une
sauterelle, un papillon et un escargot donnent une représentation
à regarder de tout près, lil collé
au tableau sur le mur, ou mieux, posé sur une table. Chaque pièce
ouvre une fenêtre sur ce monde de prodiges, au climat ensorcelé.
Cela est difficile à décrire, encore plus difficile à
photographier ; il faut voir ces uvres de ses yeux pour les apprécier
à leur juste valeur... Un art où la vie chuchote, sapproche
avec circonspection et trouve à sexprimer grâce à
une tendre et infinie patience . De petits poèmes où une
beauté immatérielle, piétinée sans respect
par dinnombrables gros souliers, est surprise à limproviste
par cet il dartiste et y connaît une éclosion
que rien ne peut flétrir On a chez soi un fragment de nature,
on hume le sous-bois humide. Le peintre prend la nature en flagrant
délit, pour ainsi dire, et fixe cet instant de beauté
pour nous tendre un miroir, à nous spectateurs et promeneurs,
et nous montrer quelles richesses nous côtoyons dans une parfaite
indifférence Le peintre montre un sens du coloris tout à
fait remarquable et une attention extrême pour les petits objets,
quil restitue avec une patience infinie et une précision
photographique, mais sans jamais les priver de vie : ce sont des joyaux
précieux, pleins de poésie, auxquels on naccorde
plus aucune valeur aujourdhui, et qui ne sacrifient rien à
la mode ni à la modernité, mais heureusement survivent
en dépit des fléaux de la civilisation actuelle. Lactivité
laborieuse de ces petites bêtes mystérieuses, qui chatoient
comme autant de pierres précieuses - coléoptères,
papillons, escargots, libellules et sauterelles - est tout entière
" pétrifiée " par la baguette de lenchanteur
van Wijk, de telle manière quelles se remettent à
vivre dans son tableau ! Oui, même dans les plus épurées
des représentations de fruits, de feuilles et de fleurs, notre
mot de stilleven - au sens propre du terme [cette expression, reprise
ensuite par langlais still life, puis par lallemand Stilleben,
veut dire en effet : " vie immobile (et silencieuse) " ] -
semble convenir beaucoup mieux que le français " nature-morte
" Les insectes, mais aussi les escargots aux étranges
coquilles, les papillons, les fleurs, la mousse sur un sol forestier,
ou sur une branche arrachée par le vent, la texture dune
écorce de pin, comme vue au microscope, une feuille de hêtre
rouillée par lautomne où quelques scarabées
tiennent leur " Conférence au sommet ", les champignons
de conte de fée, les coléoptères qui brillent comme
des pierreries, les noisettes, les baies comme dans les bois : dans
les uvres de van Wijk, ce monde vit, frappé par enchantement
de mystère et dimmobilité. "
LA DERNIERE SEANCE
Vingt ans après, Hans donne à Leersum une exposition
" captivante " inaugurée par " un de ses premiers
amis en peinture, Freek Simon " qui soccupe maintenant de
radio et de télévision : Autour de van Wijk. On apprend
quil a beaucoup enseigné et quil a suivi lévolution
des techniques .Il a même exposé des pièces de céramique
en 1978, et maintenant, en ce mois de juillet 1988, il expose avec ses
élèves des travaux variant les procédés
ou les associant à lintérieur dune même
uvre : huile, aquarelle, dessin à la plume rehaussé
de lavis, gouache, etc. Selon la technique utilisée, le style
est plus ou moins figuratif. " On assiste peut-être à
la naissance dune " école de van Wijk " chez
les aquarellistes. " Et il revient au portrait, si lon en
croit la photo qui accompagne larticle. Hans van Wijk meurt le
28 novembre 1990.
[Synthèse darticles parus dans Utrechts Nieuwsblad, Het
Vaderland, Doornse Courant " De Kaap " et dautres publications
mal identifiées, signés notamment : G.OUDSHOORN, Corn.
BASOSKI, M.B., J.J., P.S., Bob BUYS, FRANS Van der LAAN, H.A.GERRETSEN,
R.E.PENNING. Dossier aimablement communiqué par le Centre de
documentation de lInstitut néerlandais dhistoire
de lart (RKD), de La Haye]
"Hans van Wijk" I send this fotograph by special
request from Pierre Clinquart
A.Margot van Oosten
Netherlands Institute for Art History
Pressdocumentation A.Margot van Oosten
P.O.Box 90418
2509 LK THE HAGUE
The Netherlands
tel: +31 (0)70 3339750
fax:+31 (0)70 3339789
e-mail:oosten@rkd.nl
Savez-vous qu'en première intention, j'avais interverti
Hans et son modèle ? Éternel effet du Double. Hans est
à droite, évidemment ; ses cheveux ne sont plus en bataille,
et la barbe christique a fait place à une moustache blanche :
ce sont les années 80 ; toujours mince, mais... un peu plus bourgeois.
Lots of love.
Louis Ducos Du Hauron est né le 8 décembre
1837 à Langon en Gironde. Dès sa jeunesse, il s'était
voué à une étude approfondie des sciences physiques.
En 1858, il publie deux mémoires remarqués, l'un sur les
sensations lumineuses et l'autre sur la distribution des lumières
et des ombres dans l'univers.
En 1862 il adresse à M. Lélut, membre de l'Institut, un
premier mémoire sur la photographie des couleurs, mais un membre
de l'Académie des sciences les dissuade de présenter ce
mémoire à l'Académie !
En 1864, il invente le premier cinématographe.
En 1891 il découvre l'anaglyphe, procédé de reproduction
du relief. On reproduit deux négatifs, l'un en vert, l'autre
en rouge sur un même papier. La vision du relief s'obtient par
examen de cette image avec des verres colorés.
Louis Ducos du Hauron eut lidée dexposer
au soleil trois images monochromes quil superposa respectivement
à trois filtres de couleur rouge, bleue, jaune : le procédé
trichrome était inventé. Il perfectionna son invention
et put réaliser les premières photographies en couleurs
En 1884, il quitte la France pour suivre son frère, Alfred-Alcide,
nommé conseiller à la cour dappel dAlger.
Cest ce frère qui, durant de nombreuses années,
finança ses recherches.
Louis Ducos du Hauron fut séduit par les couleurs de lAlgérie,
notamment par celles de la côte que nous connaissons bien et en
prit ce tout premier cliché en couleurs.
Le 21 Décembre 1907, Paul dAtys relate pour le n° 51
du " Petit Kabyle " son entretien avec linventeur : " Le chercheur me montra trois clichés monochromes de
la même image, un jaune, un bleu, un rouge. Il les superposa et,
les plaçant à la lumière, ces trois couleurs isolées
donnent toutes les nuances de la nature et limage est reproduite
avec une surprenante netteté. Ce ciel lointain est dun
gris perlé, cette mer est dun azur profond, ces arbres
sont dun vert vigoureux ; le paysage étale la joie de ses
mille nuances, cest la réalité toute chaude, toute
vive qui ravit mon regard ".
.../...
La vue ci-dessous nous montre une côte escarpée
située à louest dAlger. La photo respecte
fidèlement les nuances des couleurs des fonds rocheux, celle
du sable, ainsi que les anfractuosités de la roche érodée
par la mer. La vue sétend jusqu'au cap Caxine, dont le
phare inauguré en 1868 avait une portée de 25 milles.
Qui était lhomme au chapeau de paille dont
le peintre H.J.Van Wijk sut si bien rendre lexpression tragique
en quelques coups de fusain ? Jai cru un instant quil sagissait
de Chaoui. Même visage émacié, creusé de
rides profondes, même regard pathétique. Mais Chaoui avait
le nez busqué et plus fin. Il portait toujours un turban enroulé
sur la tête et un saroual, ce pantalon ample permettant de sasseoir
en tailleur sans gêne.
Chaoui était ainsi surnommé car sa famille était
originaire de la tribu berbère des Aurès, les Chaouïas.
Lui-même était né en 1900 au village de Saint-Arnaud,
dans la région de Sétif.
Il ne savait ni lire, ni écrire. Il était manuvre
chez lentrepreneur en maçonnerie Ripoll, frère du
cafetier. Il vivait avec sa femme dans un petit logement que mon arrière
grand-mère Augustine lui avait octroyé en échange
du gardiennage de la villa. Ses quelques poules cohabitaient avec celles
dAugustine, dans le poulailler du jardin.
Lescalier qui menait de chez nous à celui de la plage passait
devant sa petite cour. Tous les jours, donc, nous assistions à
quelques scènes de la vie quotidienne : préparation du
repas par sa femme avec le canoun, semoule longuement roulée
entre les mains pour le couscous, repas consommés à même
le plat avec un morceau de pain.
Chaoui et sa femme traversaient souvent notre jardin. Nous vivions sous
les yeux les uns des autres.
Chaoui était très pieux. Matin et soir, quand il nétait
pas au travail, il séloignait sur les rochers déserts,
vers lEst, un broc à la main. Il le remplissait deau
de mer, puis procédait à ses ablutions rituelles. Agenouillé
et tourné vers le Levant, il se mettait ensuite à célébrer
le Divin de tout son corps. Je lobservais du haut de notre terrasse,
fascinée par cette culture autre qui se dévoilait à
mes yeux.
Longtemps, Chaoui resta sans enfants. Cela devait le préoccuper
car, tout en étant monogame, il changeait souvent dépouse.
Sur les six que nous lui avons connues, trois dentre elles ont
été répudiées au motif quelles étaient
stériles. Une autre a fui avec un homme plus jeune. Une nouvelle
épouse a péri tragiquement, noyée à quelques
mètres du bord de la plage, vêtue de sa robe multicolore.
Elle venait du bled et découvrait tout juste la mer.
La dernière sappelait Louisa. Elle était un peu
sourde et, de ce fait, avait du mal à communiquer. Mais avec
elle, le miracle se produisit : Louisa fut enceinte et Chaoui, à
lâge dêtre grand-père, eut deux fils.
Louisa demeura à ses côtés et nous eûmes le
temps de faire sa connaissance.
Avec la scolarisation de leurs enfants, le monde de lécrit
allait souvrir à cette famille.
Maintenant Chaoui nest plus, mais dans ma mémoire, il occupe
une grande place. Sans le savoir, quand il priait sur les rochers, il
ma appris à mémerveiller devant le mystère
du monde.
Denise
cest ma première grande émotion sur Internet, quelque
temps avant la création de notre site. À partir de mots
clés tels que Bains Romains, Pointe Pescade, Baïnem ou encore
St Eugène, je découvre un site où il est question
de 3 histoires de veaux marins, jai le palpitant qui commence
à palpiter et quand je découvre quil y a une des
3 histoires qui se passe aux Bains Romains à larchevêché,
là cest du délire
À cette époque Denise était encore
en France, nous sommes très vite entrés en relation. Cest
Denise qui nous a mis en contact avec la famille Dechavanne et cest
encore Denise qui nous a envoyé des photos de larchevêché
dont une photo prise dhélicoptère.
Cest dire que Denise a une place particulière sur cette
page.
Notice biographique
Daprès un speech prononcé lors dune
réunion de lAlliance française de San Diego.
Une vie en dix minutes
Chère Présidente,
Vous avez certainement une grande connaissance de lâme humaine
pour nous demander de parler de nous! Chacun sait depuis La Rochefoucauld
combien lon préfère dire du mal de soi même
que de n en point parler!
Mais vous avez surtout le sens de lamitié, et vous souhaitez,
par cette présentation que nous puissions nous faire de nouvelles
et nouveaux amis.
Chers nouveaux amis
La vie est une prodigieuse aventure
Un combat bien sûr, une suite de luttes, mais en même temps
la promesse de moments étoilés à saisir dès
quils se présentent, sachant quil faut absolument
croire au Père Noël pour quil se manifeste
Voici quelques aspects dune existence toujours lancée à
la poursuite dune étoile à limitation de ces
rois mages que nous célébrons aujourd'hui
Dabord une naissance un 22 février Date anniversaire
de Georges Washington et Frédéric Chopin À
quoi bon préciser la date ?
Autour du berceau une famille émerveillée. Mari amoureux
aux pieds de la jeune accouchée, souriant dans ses dentelles,
prête à chanter pour ses proches tous les airs possibles
de bel canto de son admirable voix de soprano
La scène se passait sur les hauteurs d'une ville réputée
pour son charme, aux bords de la Méditerranée berbère,
et capitale dun département dit français
Beauté, amour, joie de vivre. Illusions aussi:
Ma mère si souvent répétait, lors de mon réveil:
- A qui puis je être utile, agréable, aujourdhui.
Voilà chaque matin ce qu'il faudrait se dire
J ai donc très longtemps cru que seul lamour régnait
sur terre Une belle image pieuse de ma Communion solennelle devait
m'affirmer aussi:
Lintimité de la vie avec des êtres de qualité
est ce quil y a sur terre de meilleur, de plus semblable a la
vie du ciel
De solides amitiés tout au long de ma vie confirmèrent
ces propos
Là-bas la France envoyait les plus titrés de ses enseignants
Tout spécialement au lycée pilote, bel édifice
néo-mauresque, sur une colline dominant la baie, le lycée
Fromentin, hommage à un peintre orientaliste
Il devait ensuite prendre le nom de Descartes, et certains ont aujourdhui
oublie son nom de fondation
Comme disait Ronsard:
-Tu bâtiras sur lincertain du sable
Et Démocrite:
Panta rei: Tout coule
Je témoigne donc aujourd'hui:
Les petites sixièmes des classes de A, déjà,
debout dans la salle de classe, se lançaient dans des dialogues
en latin, en classe de cinquième, j organisais la représentation
dIphigénie, de Racine, devant un parterre de professeurs
et de parents d élèves. J étais bien entendu Iphigénie,
cette pièce dramatique obtint un énorme succès
de fou rire
En classe de troisième, notre classe présenta, tout en
anglais, et dans sa totalité, la comédie de Shakespeare:
Le songe d une nuit d été avec succès.
Jincarnais le personnage de Bottom. L année suivante
je jouais une pièce de ma composition, Irène, Impératrice
de Byzance, drame classique en trois actes, respectant la règle
des trois unités, de lieu, de temps, d action. C était
la gloire!!!
Lété se passait en général dans des
lieux sauvages et superbes, au bord de la mer, dans la solitude de plages
privées .
Lhomme fort sait rester seul" ! Enseignait loncle
Charles
Les temps devinrent très difficiles La 2 ème guerre
mondiale. Au petit matin du 8 novembre 1942, en ville avec une parente.
Quelle émotion ! Sur hauteurs ex-rue Michelet dAlger colonne
de militaires, tenue camouflée de combat, visage barbouille de
noir descendait lavenue en silence au pas cadence Commando
de choc britannique
La famille vivait dans l'attente de ce débarquement : joie délirante,
accueil des libérateurs, espoir un en avenir plein de promesses
.Jamais le sentiment de gratitude ressenti alors ne devait quitter ma
mémoire
Lors de larrivée à Alger du Général
De Gaulle, des amis du Club Combat vinrent me chercher : jétais
choisie pour offrir lapéritif au grand homme et je nen
menais pas large, ma main perdue dans la sienne. Je devais, bien plus
tard lui écrire et recevoir de lui une rare lettre autographe.
À cette époque se place mon aventure Saint Exupéry
et le sergent américain. Mais je n'ai pas le temps de vous
la raconter
Les études au Lycée Fromentin se terminèrent par
un double baccalauréat avec mention. Le baccalauréat élitiste
de lépoque étant lextrême-onction de
la culture bourgeoise Les promesses des professeurs: " Vous
serez agrégée à 22 ans " ne purent se réaliser.
Être agrégée a 22 ans et auteur célèbre
de pièces de théâtres et de romans semblait indispensable
a mon équilibre Il me fallut de longues années de
remise en question pour me débarrasser de cette hypnose
Il avait fallu accepter les projets des familles qui depuis longtemps
avaient décide de sunir par un mariage Et la future
agrégée se retrouva mère d'une adorable petite
fille, Colette
Une reprise détudes à lUniversité fut
intéressante, avec Études littéraires classiques,
anglais, allemand, russe Et toujours de remarquables enseignants
Le Maroc était proche avec les Hautes Études Marocaines,
la découverte passionnante de lHistoire du Maroc Et
des érudits français qui lui consacrèrent leur
vie
Grâce a eux je pus découvrir laventure des Portugais
qui jalonnèrent les cotes marocaines de leurs places fortes,
pendant 3 siècles et demi (1415-1768), et écrire et publier
une Histoire des ruines portugaises au Maroc" non sans mettre
au monde un lumineux petit garçon, Jean-Louis
Et voyager entre les trois villes où se trouvaient les affaires
familiales, Alger, Casablanca, Oran.
Un troisième enfant, merveilleux petit garçon aussi, Romain,
devait naître dans cette dernière ville
Les événements se précipitaient
Il fallait quitter les lieux dont les Pouvoirs avaient toujours affirmé
qu'ils étaient la France elle même
Une amie américaine proposait son aide matérielle et morale J'étais
personnellement tentée par un établissement aux USA.
La famille préférait le Brésil.
Après un voyage de prospection économique, nous avons
préféré une réinstallation en doulce France .
Mon manuscrit relate les angoisses de l'époque
En France une prodigieuse découverte : celle des activités
socio-culturelles et la force d'amitiés de grande qualité.
Un prestigieux avocat, ancien Bâtonnier de l'Ordre au Maroc, fut
pour moi un véritable grand père, indulgent et bienveillant
Grâce a lui je me spécialisais dans loi de juillet
1901, fondai plusieurs associations : en fait il m'avait transmis le
virus de l'associationnite.
Relativement privilégiée par rapport a beaucoup dautres,
il était automatique de vouloir aider les réfugiés
des ex-colonies où Protectorats français, Indochine, Tunisie,
Maroc, bientôt Algérie nécessaire de trouver
logements et travail.
Pour cette action, diverses distinctions me furent accordées,
mais le bonheur éprouvé lorsquon se croit un peu
utile est finalement un profond égoïsme
La rencontre dadversaires masculins provoqua une période
féministe éphémère et la rédaction
dun pamphlet : LImpérialisme masculin.
Membre de lAssociation France-Etats-Unis, je me servais de documents
prêtés par lex-consulat américain de Nice
sur la vie des femmes dans la politique américaine.
Début de recherches généalogiques, qui devaient
durer des décades et m'amener jusquen 1540, en Suisse en
passant par lAlsace
Le peuplement européen de lex-Algérie française
à légal du peuplement des Etats Unis d'Amérique
est un véritable melting-pot.
Parmi mes ancêtres plusieurs branches alsaciennes se dirigèrent
vers les Amériques, dautres branches choisissaient lAlgérie
ou étaient dirigées vers ce territoire par les Pouvoirs
de l'époque.
Procédant a des recherches, aux Archives départementales
Colmar, Haute Alsace, j'eus le plaisir découvrir l'un de mes
cousins du X1Xème siècle, Peter Bluntzer, fondateur de
la ville de Corpus Christi, Texas, vers 1840
Les enfants grandissaient Pour les suivre dans leurs études,
je me retrouvais Présidente des Associations de parents d'élèves
de l'Enseignement Public, d abord pour la seule ville de Nice, ensuite
pour les trois départements Alpes-Maritimes, Var et Corse
Période enrichissante étude et recherches
Suivie par le lancement de la Formation Permanente dans les Universités,
pour laquelle je militais ardemment. Travaux, en Commissions à
Paris auprès de Conseillers dÉtat, et dUniversitaires
de très haut niveau firent tomber mes préjugés
quant aux diplômes et agrégations J'appris que les
êtres humains normaux ne se distinguent pas par leur intelligence
mais par leur volonté, leur détermination et leur sensibilité
Ce fut aussi la période des Artistes peintres et sculpteurs Lorganisation
dun Salon dentraide, couronné de succès. Engagement
des journalistes à me lancer dans la préparation et la
publication Document Peintres et Sculpteurs, de Menton a Saint
Tropez qui est devenu parait-il un must pour les collectionneurs
À la suite ce fut la création, et lanimation dune
association de soutien des artistes, la FARCA, Fédération
artistique de la Côte d Azur, qui se battit vaillamment pendant
une bonne dizaine d'années
Le poids moral de ces groupes maida à créer a Nice,
avec le soutien familial et l'aide précieuse de ma fille Colette,
un musée privé de malacologie Mot peu commun ; malacos
en grec signifie mou Science des animaux à corps mou,
les mollusques qui le plus souvent sécrètent des coquillages
Il fonctionna en centre culturel dans les vieux quartiers de la ville
Les enfants se plaisaient beaucoup dans cette unité pédagogique
Plusieurs d'entre eux y trouvèrent une vocation Il permit
lorganisation dexpositions, de réceptions, de conférences.
Un festival de malacologie à Paris, au Louvre, fut téléguidé
depuis Nice.
Finalement le musée devint propriété de la Ville,
ma famille étant lasse de mes incessantes activités
Celles-ci me valurent une place dans le Whos Who of American Women
Disposant de temps libre il était possible de revenir à
mes débuts La passion pour l'Histoire du Maroc
Pendant cinq ans, tous les matins dès l'aurore je retrouvais
mes personnages et mes immenses amis, les érudits français
et je rédigeais la biographie du 1er sultan saadien 600
pages de texte dune fantastique épopée.
Me prenant pour le roi du Maroc, installée dans un énorme
fauteuil de style Régence en bois doré tapissé
de soie rouge, je dégustais mon café fort dans une ancienne
tasse vénitienne
Impossible ensuite de trouver un éditeur en France. Encore moins
au Maroc
En même temps que cet échec plusieurs deuils familiaux
majeurs successifs devaient me déséquilibrer, me plonger
dans une sorte de désespoir, de laisser-aller qui dura plusieurs
années. Je croyais être parvenue a la fin de mon existence
et malgré quatre enfants et neuf petits-enfants, la vie semblait
assez terne et monotone
Cependant pour garder le contact avec mes fils, je m'étais mise
à lordinateur Pour plaire à mes petits-fils
Nicolas et Jean-Pierre, bientôt à Internet Avec leur
aide technique indispensable, ce fut l'élaboration dun
Website très éclectique, nombreux textes sur différents
sujets
Tout en préparant des conférences pour diverses associations
culturelles.
Jusqu'au jour où une petite voix :
Cest assez ! Tu dois réagir Trouve un éditeur
aux États-Unis Par Internet
E-mail bouteille à la mer Informations sur des éditeurs
américains Réponse intéressante et, en Français
Remercier : moindre des choses Correspondance s'engagea Bientôt
appel téléphonique Échanges d'idées,
Similitudes de goûts et pensées incroyables
Et voilà Ma vie n'était pas terminée
Habitée par lesprit de mes ancêtres, pionniers d'Algérie
malheureusement au lieu d'avoir été pionniers d'Amérique,
je débarquais à l'aéroport de Los Angeles, le 23
mars 2001, voilà bientôt deux ans...
William Wayne dit plus simplement Bill m'attendait là.
Depuis il semble bien que, pour une femme française, j'aie battu
un record, en assistant cette année a 51 matches de base-ball J'ai
visité quinze États américains, applaudi de nombreuses
comédies musicales au théâtre Enfin, vécu
en quelques mois bien plus intensément que beaucoup d'autres
durant toute leur existence
Une nouvelle vie, a ainsi commencé Sans renier le passé,
en vivant pleinement le présent pour préparer lavenir
Pour réussir sa vie, disait à peu près Napoléon,
il faut se comporter comme si l'on était immortel
La nouvelle grande aventure de ma vie a un titre. Je vous le confie,
cest :
À la conquête des différences culturelles
:
LHistoire de Bill et Denise
Biographie de Jocelyne Mas :
Jocelyne Mas est née à Alger, en territoire de France.
Son enfance est heureuse et insouciante.
Elle vit souvent à la campagne à Baraki, chez ses grands-parents.
Deux elle a hérité lamour de la terre, des
arbres, des animaux et aussi le courage, la ténacité.
Elle apprend quon a rien sans effort.
Le collège et le lycée confirment son inclinaison pour
la littérature. Elle rafle tous les prix de rédaction
et dexcellence.
Son adolescence est déchirée par les événements
de la guerre dAlgérie. Tout son monde sécroule,
après des années de peur, dangoisse, de guerre,
elle doit avec sa famille, fuir, tout quitter, la maison de son enfance,
avec ses grands arbres, ses confidents, son pays, ses amies. Cest
lexil. Savez vous combien il est dur de choisir demporter
tel livre plutôt quun autre, de devoir privilégier
les vêtements, au détriment des jouets. Tout à coup,
tout nous paraît précieux. On voudrait tout emporter, comme
lescargot emporte sa maison sur son dos. Et le chien, Maman, on
ne va pas le laisser ?
Après la faculté de Droit à Nice, son entrée
dans la vie active, comme beaucoup détudiants, se fait
par des " petits boulots " : vendeuse, assistante dentaire,
courtier en immobilier
Elle trouve enfin un poste intéressant de Responsable des Ressources
Humaines, dans une société daéronautique.
Elle aime le contact avec les gens et se démène pour régler
leurs problèmes.
Elle est maintenant mariée (son mari est né à Hussein-Dey,
prés dAlger), a deux enfants, deux petits enfants. Elle
est heureuse mais meurtrie au fond delle-même par cette
déchirure qui ne guérira jamais. Cest comme si elle
avait dû se couper en deux, une partie delle-même
est restée de lautre côté de la Méditerranée.
Alors elle écrit. Pour raconter son pays, lamour de son
peuple et son attachement viscéral à cette terre perdue.
Et pour rétablir la vérité, pour que les enfants,
les petits-enfants sachent autre chose que les trois lignes dans leur
livre dhistoire.
Son premier livre : " Il était une fois ma vie "
Alger la blanche, a été primé au 33 ème
concours international littéraire des " ARTS ET LETTRES
DE FRANCE ", promotion 2002.
Au grand concours international du Monde Francophone, de l "
ACADÉMIE DE PROVENCE ".
Et au 8 ème concours international du CEPAL (centre européen
pour la promotion des Arts et Lettres).
Depuis cest la grande aventure, ce livre connaît un franc
succès. Jocelyne Mas participe aux festivals du Livre : Nice,
Carpentras, Mouans-Sartoux, Roquebrune Cap-Martin, Antibes-Juans-Les-Pins,
court les salons Littéraires, donne des Conférences
Les médias ont fait léloge de son livre : Nice Matin,
Var Matin, Le Parisien, Notre Temps, FemInfos.
Monsieur Jean-Marie Molinengo, journaliste à FR 3, lui a fait
lhonneur dun entretien télévisé.
Monsieur le Maire de Saint-Laurent du Var, Henri Revel, Conseiller Général
des Alpes-Maritimes, vice-président de la Communauté dagglomération
Nice Côte-dAzur, en présence de Monsieur Jacques
Peyrat, Sénateur Maire de la ville de Nice, lui a remis la Médaille
de la Ville, le 10 Janvier 2004, en hommage à son uvre
littéraire.
Lauteur a reçu des dizaines de lettres, dEmails,
tous très touchants. Lettres de reconnaissance, de joie de retrouver
lambiance de ce cher pays, de ses plages, des pique-niques, des
grands repas de famille, de la joie de vivre.
Du Texas, de Majorque, de toutes les régions de France et dailleurs.
Pour se procurer son
livre, sadresser à Jocelyne Mas : 04 93 07 10 95
15 Euros + 2 Euros de frais denvoi.
Son second livre, devra être édité début
2004.
Jocelyne.mas@tiscali.fr www.jocelynemas.com
Marie-Jeanne Ampart, m'a offert le Livre de Jocelyne "il était
une fois ma vie...Alger la Blanche" lors de son arrivée
à la Gare de Lyon, lorsque nous étions avec Sylvette qui
est une amie d'enfance de Jocelyne. D'ailleurs, dans son ouvrage, elle
cite souvent ses amis d'enfance de Baïnem, les Picaud. J'ai d'ailleurs
commandé et reçu 2 de ces ouvrages que j'ai hâte
d'offrir à des amies d'enfance.
Michèle
Jocelyne MAS, née FOUGERE, est une amie d'enfance. Nos parents
étaient très amis. Nous passions nos week-ends et fêtes
ensemble. André FOUGERE et sa femme Yolande ont habité
le rez-de-chaussée d'une maison tout près de l'école
de Bains Romains puis rue Sadi Carnot à ALGER. Nos pères
avaient une passion commune : la musique. Mon père jouait du
sax et nous les jeunes nous apprenions le rock avec Glenn MILLER. La
pétanque agrémentait également les dimanches à
BAÏNEM ou à MORETTI. Jocelyne est mariée avec Alain
MAS qui est né à Hussein Dey. Je te fais parvenir le livre
de Jocelyne où tu retrouveras toutes les senteurs qui ont baigné
notre enfance.
Bains Romains et ses environs ont vu l’éclosion
de deux grands champions.
Ancien escrimeur, je salue ici le magnifique champion olympique que
fut Jean Claude MAGNAN.
Il est également un grand champion, pardonnez du peu, du monde
dont on a assez peu parlé. Modeste, effacé mais combien
efficace, Alphonse HALIMI a été mon voisin direct.
Il vivait à Villa Bains chez monsieur et madame DIANOUX (monsieur était
tailleur à Alger).
Sportif complet, il était excellent nageur et nous nous retrouvions
souvent sur la plage.
Dans la villa louée par les époux DIANOUX, il disposait
d’une très grande salle d’entraînement, impressionnante
pour l’adolescent que j’étais. Il avait 8 ans de
plus que moi.
Mon père, commissaire de police à Bab el Oued pendant
la période la plus noire des événements d’Algérie,
avait un inspecteur qui était responsable de l’Association
Sportive de la Police Algéroise. De ce fait, j’ai été le
spectateur privilégié de tous les galas de boxe organisés à Alger.
J’ai pu voir Alphonse HALIMI commencer à boxer dans des
combats amateurs en trois reprises sur les quels je pourrais écrire
longuement.
Il avait, tel Marcel CERDAN autre originaire d’Algérie,
cette frappe fulgurante qui lui faisait gagner la plupart de ses combats
avant la limite par KO.
Telle sa frappe, sa carrière fut fulgurante. Je l’ai vu
boxer, entre autres, au cinéma Majestic (la grande salle de
spectacle. Rappelez vous Paul ANKA était venu y chanter) lors
d’une rencontre contre une sélection italienne. Son adversaire
a connu le même sort que les précédents. Pour les
connaisseurs, participaient également à la rencontre
: KOUIDRI et BOUKLOUFA représentant la France aux JO. Sauf erreur
de ma part, KOUIDRI avait rencontré Jake LA MOTTA. Combat très
inégal dans le quel KOUIDRI avait subi une sévère
correction.
Alphonse HALIMI devint champion du monde le 1er avril 1957 à 25
ans en battant Mario D’AGATA. Beaucoup d'émotion et de
souvenirs. Ce 1er avril 1957 n'était pas un poisson mais la
juste récompense du travail acharné d'un grand champion.
A l’issue du combat, il a eu cette phrase historique "aujourd’hui
j’ai vengé Jeanne d’Arc ". Mario D’AGATA,
comme son nom ne l’indique pas, avait des origines anglaises.
Après sa carrière sportive, il a tenu un café à Vincennes
sans grand succès commercial.
Il a joué un petit rôle dans le film LE GRAND PARDON en
1982.
Il y a environ une vingtaine d’années, j’ai pu lire
dans un magazine hebdomadaire qu’il s’occupait d’une
piscine dans la région parisienne. C’était là une
activité plus conforme à ses capacités.
Mon cousin, ancien boxeur, m’a dit l’avoir vu à la
télévision il y a un peu plus de cinq ans. Je suis toujours
déçu de n'avoir pas regardé cette émission
de télévision qui lui était consacrée dans
laquelle il était présent avec sa fille. C’est
elle qui répondait pour lui. Il était méconnaissable,
diminué physiquement et dans la plus grande misère. C'est
sa fille qui s'occupait de lui.
Il est décédé le 12 novembre 2006 dans un hôpital
parisien à l’âge de 74 ans.
C’est là l’histoire d’un grand champion.
Monsieur lAbbé
Vincent Juan,
Curé de Pointe Pescade, Bains Romains et Baïnem.
Tous les riverains de notre belle Méditerranée à
louest dAlger ont gardé de lui un souvenir impérissable,
silhouette noire et mince dans sa soutane, répandant la bonne
parole, rayonnant de foi et de générosité, humble
devant le Seigneur.
Issu dune famille nombreuse et ayant perdu son père très
jeune, son enfance sest passée à lombre de
la grande cathédrale dAlger dans le quartier du même
nom, jouant avec ses frères et surs devant la Place du
Gouvernement, au pied de la statue du duc dOrléans (qui
se trouve à présent à Neuilly-sur-Seine).
A son arrivée à la Pointe Pescade, après la guerre,
il célébrait la messe dans une salle proche de la maison
où il habitait avec sa mère et ses surs. Avec son
dynamisme habituel, il demanda au diocèse et à la mairie
de ravaler un joli édifice sur lequel était posée
une plaque de marbre rappelant que : " Cest là que
Saint-Saëns a composé Ascanio ". Ouvrier parmi les
ouvriers, il y travaillait à chaque moment libre et était
infatigable. Levé très tôt, avant de rejoindre léglise
en chantier, il allait nager sur la petite plage de Port aux Mouches
le long du ponton destiné au chargement des sacs de ciment de
lusine Lafarge située au bas de la colline.
Le dimanche matin, il célébrait trois messes, celles de
8h et de 11h à Pointe Pescade et celle de 9h30 à Bains
Romains ou Baïnem. Après des sermons toujours énergiques,
il bondissait pour se mettre à lorgue dont il était
un virtuose. Nous étions tous de cur avec lui pour croire
en lAlgérie Française et il avait composé
un chant patriotique en saccompagnant à lorgue espérant
que cet hymne serait repris dans toute lAlgérie.
Nul ne sait combien dheures il a passées sur les routes
pour aller visiter ses paroissiens ou pour aller faire le catéchisme,
sarrêtant chaque fois quil rencontrait des petits
groupes ou allant dans limmeuble HLM construit dans les ruines
du Fort Barberousse, égayées par des orangers amers résistant
à la modernisation.
Cest en allant porter la bonne parole jusquà Bains
Romains quil fut renversé par une voiture, le conducteur
nayant pas vu sa petite silhouette noire au bord de la route.
En allant le voir à lhôpital, nous avons retrouvé
sa mère en pleurs auprès de lui, petite silhouette menue
au fond dun lit quelle embrassait en soupirant : "
Pauvre petit ! "
En bon apôtre, il remplissait seul et sans compter toutes les
tâches de son ministère auprès des malades et des
mourants quil réconfortait par sa Foi. Il célébrait
les mariages et les baptêmes avec bonheur partageant la vie et
les joies familiales de tous ses paroissiens. Cest ainsi quen
août 1949, il baptisa une petite Solange, née dans la clinique
des Surs Blanches de la Casbah dAlger. Après le baptême,
tout le monde se retrouva dans le jardin de la villa, " Les Tamaris
" avenue Villalba chez " sa chère Madame Bertrand !",
comme dit Jacques Manguso dans son livre " Pointe Pescade ".
La table était dressée prés du figuier, un arbre
si solide quune de ses branches supportait une balançoire,
non loin des tamaris de 2 à 3 mètres de haut. Les enfants
les escaladaient en effarouchant mésanges et fauvettes qui picoraient
les plumeaux de fleurs roses. Quelle belle végétation
ravivée par lair chargé dembruns !
Le 21 juillet est la fête de Saint Christophe, patron de léglise
de Pointe Pescade et patron des voyageurs ! Ces fameux jours ensoleillés
de juillet, la paroisse était en fête. Après la
messe solennelle, lAbbé Juan sortant de léglise
savançait jusquà la route et aspergeait deau
bénite autos, vélos, scooters, autobus et camions qui
défilaient puis il bénissait un peu plus bas les pastéras,
bateaux de pêche, chalutiers, bateaux de plaisance, etc.
Laprès-midi se déroulait la kermesse en présence
de Monsieur Laquière, maire de Saint Eugène qui visitait
avec son conseil municipal les différents stands tenus par les
dames des trois paroisses, on y vendait pâtisseries délicieuses
et ouvrages de dames mais aussi des médailles et des croix de
Saint Christophe. Les gens venaient des environs, même le général
Massu était venu une année, les amis passaient en famille
avec leurs enfants et tous participaient à des jeux et à
une loterie. Cest ainsi que nous avons gagné un beau paysage
offert par notre ami et voisin, le peintre Michel Méchin de Pointe
Pescade. Ce tableau trône à présent dans notre salon
à Versailles et nous fait encore rêver de collines couvertes
dagaves !
Labbé Juan est rentré d'Alger désolé
d'abandonner sa chère église Saint Christophe qu'il avait
bâtie de ses mains et s'est retrouvé près de Nice
où le clergé local n'a guère été
très chaleureux avec lui. Il a fini par venir à Paris
avec sa vieille mère et s'est installé à l'église
Saint Nicolas du Chardonnet avec les prêtres de Monseigneur Lefèbvre
qui l'ont accueilli à bras ouverts et avec qui il se sentait
bien. Je l'ai retrouvé à Versailles par hasard car il
était venu remplacer pendant l'été l'Abbé
Porta, un autre pied-noir. Nous sommes tombés dans les bras lun
de lautre et nous l'avons revu quelques autres fois, (encore dynamique,
tonique et très actif, malgré son âge, toujours
aussi mince et sec avec sa petite barbiche et ses yeux vifs et pétillants)
avant d'apprendre sa mort avec tristesse il y a une dizaine d'années.
Pour votre action vivifiante pour tous : " Merci Monsieur lAbbé
Juan! "
Madame Sabatier était veuve. Pendant la guerre,
elle était employée au Gouvernement Général
; chaque matin, nous prenions lautobus avec elle pour Alger. Cétait
une femme discrète, réservée, un peu mélancolique.
Elle savait faire les horoscopes ; elle les rédigeait avec un
soin méticuleux, dune écriture fine et appliquée,
à lencre violette. Nous sommes sans doute quelques-uns,
en plus dAline et moi, à conserver précieusement
ces mystérieux symboles et leurs commentaires parfois inquiétants,
intitulés : " Physique ", " Tempérament
", " Caractère ", " Dates principales de
la destinée ", et accompagnés dune Grande Roue
chiffrée hérissée de rayons, qui doit sappeler
un thème astral, mais que jai longtemps prise pour un oursin,
comme lui menaçante, quoique assurément pleine de choses
délicates, à faire ouvrir de préférence
par les grandes personnes. Je ne suis pas particulièrement crédule,
mais il faut reconnaître quelle avait vu (faut-il dire deviné
?) beaucoup de choses. Elle sest seulement trompée sur
un point, et je lui en suis infiniment reconnaissant : je devais mourir
jeune. Le danger sest bien éloigné, hélas.
Nous avons quitté les Bains-Romains et lAlgérie
après la guerre. Vingt ans plus tard, revenu vivre quelques années
à Alger, jhabitais la Résidence du Petit-Hydra,
dite aussi Immeuble Shell, Chemin de Kaddous, aux limites extrêmes
de la ville. Un jour, jetant distraitement les yeux par la fenêtre
de la cuisine, qui donnait sur un parc à la végétation
magnifique, je regardais une dame fort âgée nourrir la
horde de chats affamés qui traînaient dans les allées.
Au moment où jallais détourner la tête, je
remarquai que cette dame navait plus quun bras. Sans hésiter
une seconde, et sans même voir ses traits, je compris quaprès
tant de drames et de péripéties, notre vieille amie, celle
qui avait lu ma destinée dans les astres, était venue
habiter dans le même immeuble que moi. Ce furent aussitôt
les retrouvailles. Elle occupait un appartement dans un étage
élevé, qui ne donnait plus sur la mer, mais sur limmense
Mitidja bordée de montagnes. Nous partagions à nouveau
un même horizon. Mireille vivait toujours avec sa mère
; elle travaillait à lAmbassade, dont le parc jouxtait
le nôtre. Nous nous sommes revus jusquà mon départ.
Depuis, je nai plus eu de leurs nouvelles. Mireille nous lira
peut-être. Je lespère.
" Aline habitait les Bains-Romains depuis sa naissance
à Alger. Elle habitait un appartement avec jardin de l'"Île
de France" du troisième et dernier bloc de l'immeuble en
allant vers Baïnem. Après son Jardin il n'y avait plus que
celui de la famille Spitz, qui mettait fin à l'Île de France.
Avec les Spitz, logeait Melle Catherine, apparentée aux Gomis,
la famille du maître d'armes de Jean-Claude Magnan, je crois.
Cette même famille Spitz avait remplacé Thérèse
Daveluy, apparentée à Lucienne Morin, épouse Messager,
la mère de Michèle.
Au-dessus des Spitz, habitaient les Grandjean, qui plus tard furent
remplacés par un jeune couple.
Au-dessus de ma belle-mère Mme Roche, et donc d'Aline, vivaient
Mme Sabatier et sa fille Mireille, qui avait un poste important au Gouvernement
Général. Malheureusement la mère et la fille avaient
eu un terrible accident de voiture, qui avait coûté son
bras droit à Mme Sabatier.
Malgré ce handicap, Mme Sabatier, férue d'astrologie,
adorait rédiger les horoscopes de ses voisins et Aline n'avait
pas échappé à l'examen minutieux du ciel de son
jour de naissance. Tout y était passé y compris le thème
astral.
Mme Sabatier a donc vécu au-dessus d'Aline jusqu'à la
fin, jusqu'à l'éxode.
Et donc aussi au-dessus de notre nuit de noces du 21 octobre 1961. En
effet nous avions passés seuls, jeunes mariés, dans ce
grand appartement de l''Île de France" notre première
nuit maritale.
Nous avions quitté à l'aube pour un voyage de noces partagé
entre Paris et la Côte d'Azur déjà. Nous aurions
peut-être dû nous y installer tout de suite au lieu d'arriver
en catastrophe 7 à 8 mois plus tard."
Voilà ce qu'Aline et moi pouvons dire pour situer Mme Sabatier
aux Bains-Romains pour celles et ceux qui l'ont moins connue que nous.
Vincent Georges Joseph Gérin est né à
Sétif, département de Constantine le 6 mai 1872, où
son
père originaire de Beaune en Côte dor avait un
magasin darmurerie. Doté dune forte personnalité
de " self made man " , il quittera très tôt le
domicile familial pour se consacrer à la mécanique automobile
encore à ses débuts. Cest ainsi quil figurera
entre autre, disait il, parmi les premiers ouvriers de M. RENAULT, fondateur
de la marque, dans ses ateliers de Boulogne Billancourt, avec lequel
il échangea dexcellents rapports damitié avant
de devenir son concessionnaire
à Alger dans le magnifique garage quil créa
27 rue de la LIBERTE.
Lentreprise Vincent Gérin englobait en rez de chaussée
trois façades du bâtiment ; la principale rue de la Liberté,
lautre rue WAISSE face à lhôtel ALETTI et la
troisième Boulevard Carnot avec sortie en sous sol sur la rampe
MAGENTA daccès au port dAlger.
Très sportif il participera à de nombreuses courses
automobiles seul ou avec son mécanicien et tout particulièrement
à lépreuve du kilomètre lancé sur
parcourt non gardé, dont il fut disait il " recordman "
à lépoque avec 120 km/heure.
Il apporta aussi sa contribution à lorganisation
du circuit automobile de DION BOUTON dont il était aussi concessionnaire
de la marque : circuit EUROPEEN AFRICAIN 1903. Ce circuit long de 7240
kms parti de Bruxelles, traversait la France, lEspagne, lAlgérie,
la Tunisie, la Sicile, lItalie, la Suisse, lAutriche avant
de rejoindre Bruxelles le point de départ.
Amateur aussi de sport mécanique davant garde,
il avait acquis à cette même époque un des monoplans
BLERIOT avec lequel il effectuait des séances dentraînement
au champ de Manuvre, quartier de lAGHA avec un minimum de
moyens techniques puisque racontait il, il fallait avant de lancer le
moteur pour décoller, effectuer un feu de bois et de paille mouillée
afin dapprécier la direction et la force du vent avec la
fumée avant de prendre son envol.
En 1908 il vend son entreprise du 27 rue de la Liberté à
Alger pour se retirer à lage de 36 ans fortune faîte
à Belcourt comme rentier !
En 1909, il fait lacquisition de la villa TAMARIS, localisée
à lépoque des actes sous la dénomination
de commune de St Eugène canton nord, arrondissement dAlger,
lieu dit Baïnem, route Malakoff ou route dAlger Guyotville
aux époux COMBES de Saint Eugène.
Très féru dorientalisme et totalement conquis par
le site, il semploie alors à tirer des plans, afin de transformer
radicalement son acquisition avec le concours de ses deux beaux-frères
TROUCHE, qui dirigeaient ensemble une entreprise de construction à
Alger, pour en faire le magnifique domaine LES TAMARIS que beaucoup
ont connu dans leur prime jeunesse. La villa des Tamaris se caractérisait
en effet par son style mauresque, du côté mer par le port,
son embarcadère, son vivier, la jetée sur la plage, et
du côté route par ses deux portails daccès,
un grand mur denceinte au 246 avenue général Leclerc
Villa Bains, Bains Romains, face à larrêt dautobus
du docteur H.H GERIN son fils adoptif.
Il vécut alors dans ce cadre enchanteur quil avait contribué
à créer de toute pièce, pendant encore de nombreuses
années, en compagnie de son épouse née Trouche
Adélaïde, et où il conserva jusqu'à sa mort
en 1956, sa précieuse dernière voiture Renault Berline
Luxe modèle 1925, quil entretenait avec beaucoup de soins
et minutie, et quil nutilisait plus alors que dans de grandes
et rares occasions, ainsi que la légendaire hélice en
bois précieux de son monoplan Blériot suspendue à
un mur de son bureau de la villa Tamaris à Villa Bains qui est
restée là bas
Le Docteur Henri Marc Joseph HERMENJAT GERIN est né le
20 février 1901 à Alger. Après ses études
secondaires, il sinscrit à la faculté de médecine
dAlger, qui couvrait alors lAlgérie, la Tunisie et
le Maroc, et obtint après des brillantes études, le titre
de Docteur en Médecine en 1931, après sa thèse
sur la " Rupture des Abcès amibiens du foie ".
Il installe son cabinet médical dans le pavillon à lentrée
de droite de la villa TAMARIS, la demeure de ses parents aux BAINS ROMAINS,
commune de Saint Eugène, et entame un véritable "
sacerdoce " médical, fait de dévouement, de disponibilité
permanente et de renonciation. Très vite il acquiert une notoriété
qui sétend de Saint Eugène à Guyotville,
et sa silhouette caractéristique devient familière, sécurisante
et on peut même dire incontournable, pour une population locale
permanente, de toutes origines et de toutes confessions, quil
affectionnait particulièrement et qui la vite adopté,
ainsi que pour les vacanciers de lété, qui venaient
aussi bien dAlger , que de lintérieur du pays pour
profiter des nombreuses plages de ce bord de mer. Sans cesse , il parcourait
au volant de sa Renault
décapotable devenue légendaire, en compagnie de son
chien " Béli ", cette route du littoral, bordée
de villas coté mer, et de propriétés agricoles
au sud, au pied de la forêt de Baïnem.
Successivement, il sera nommé médecin communal de la
santé au dispensaire de Saint Eugène, et médecin
du travail à lusine LAFARGE de Pointe Pescade. Il incarne
alors pour sa clientèle de plus en plus nombreuse, le véritable
" médecin de famille " dantan, disponible 7 jours
sur 7, accessible les nuits et les jours fériés, avec
la fonction en sus, de conseiller éventuel pour toutes les autres
choses de la vie. Les rares moments de loisirs que lui accordait sa
clientèle, il
les passait dans la villa des Tamaris, ou il avait vécu son
adolescence, et quil aimait dune façon " viscérale
", souvent à la pèche en bateau, ou le soir sur la
jetée du port de la propriété.
A la fenêtre de son cabinet médical qui donnait sur la
mer, il avait installé une énorme lunette marine de grande
puissance, afin de suivre entre deux consultations , le cas échéant,
les prises de ses clients et voisins à bord de leur embarcation,
et de leur faire ensuite la surprise. Quand lui même partait à
la pèche sur son bateau, un grand mât avait été
érigé sur la propriété en bordure, afin
de le prévenir pour rentrer rapidement (au début à
la rame), en cas durgence médicale.
Le 16 septembre 1935, il soctroie 2 jours de congé pour
son mariage
à Aïn Bessem, à une centaine de kilomètres
dAlger, commune de Hoche, dont sa future épouse était
originaire.
En 1939, il
sinstalle avec son épouse Emma née Revol et sa fille
Annie (née le 16 juin 1936 à Alger), à la Pointe
Pescade dans la villa des Amandiers, place St Christophe.
En septembre 1939, à la déclaration de guerre avec lAllemagne
et ses alliés, il est mobilisé dans le service de Santé
comme médecin lieutenant, et envoyé en Tunisie à
Kairouan près de la frontière commune avec la Lybie, alors
colonie italienne alliée de l Allemagne. Démobilisé
en 1940, après larmistice, il rentre dans ses foyers à
Pointe Pescade et reprend ses fonctions médicales au même
rythme que antérieurement, sans ménager son temps, tout
en devant faire face aux difficultés inhérentes à
cette dure période darmistice : pénurie dessence,
rationnement alimentaire et pénurie de médicaments, déplacements
souvent à bicyclette etc.
Le 8 novembre 1942, après le débarquement anglo-américain
en Afrique du Nord, ses parents Gérin, agés de plus de
70 ans, lui demandent de venir auprès deux, vivre avec
sa famille à la villa Tamaris de Bains Romains, par crainte de
voir leur demeure réquisitionnée, et contraints alors
de la quitter. Comme cela sétait produit pour leur voisine
et amie, Madame Gabrielle Warot et sa dame de compagnie
Paulette Durieux, qui demeuraient alors à la villa Mériem
à Bains Romains, 200 mètres environ après la villa
Tamaris, en contrebas dans le tournant en direction de Baïnem.
Le Docteur H. Gérin ferme alors sa demeure de Pointe Pescade
de lavenue des Amandiers, pour sinstaller à nouveau
avec sa famille à la villa Tamaris, dans le pavillon dentrée
à droite (son ancien cabinet médical).
Pendant la période 1943-1944, avec la reprise de la guerre contre
les Italo-Allemands et les bombardements dAlger et de sa banlieue,
dont la Pointe Pescade, lAlgérie subit alors une importante
épidémie de Typhus, qui provoqua beaucoup de décès
parmi la population en général, et également dans
celle de la commune de Saint Eugène. En tant que médecin
cantonal de la Santé et hygiéniste, le Docteur H. H Gérin
fut maintenu sur place par les autorités locales pour faire face
à cette épidémie et diriger les soins aux typhiques.
En se dépensant sans compter dans cette tache, il contracta lui
même auprès de ses malades, le typhus, et resta longtemps
entre la vie et la mort, condamné même à un certain
moment dévolution par le corps médical. Il sen
tira tout de même "in extremis", à la défervescence
de la maladie, au prix de lourdes séquelles, qui ont par la suite
gravement altéré sa santé et abrégé
aussi son devenir médical.
Sa convalescence à peine terminée, il reprend progressivement
ses fonctions puis rapidement au même rythme et dans les mêmes
conditions que auparavant. En 1950, il installe son nouveau cabinet
médical et exerce rue Général Farre à Pointe
Pescade, tout en demeurant villa Tamaris à Bains Romains.
Le 11 avril 1951, il reçoit sa nomination par le Ministre de
lIntérieur de lépoque, pour service médical
rendu à la commune de Saint Eugène, pendant de nombreuses
années, et plus particulièrement pour la difficile période
de 1940 1945, au grade de Chevalier de la LEGION dHONNEUR.
Il est alors, le 8 mai 1951, décoré par Mr
Raymond Laquière, maire de Saint Eugène et Président
de lAssemblée Algérienne.
Mais au cours de lannée 1952, son état de santé
se détériore gravement et loblige à arrêter
ses activités et à se faire remplacer pendant tout lété
1952. Les deux années suivantes, 1953 et 1954, il sera alors
remplacé régulièrement à plusieurs reprises,
tout en poursuivant son traitement et en conservant toujours aussi des
contacts amicaux et relationnels avec ses anciens clients et amis.
Toujours actif, et pour occuper son temps dinactivité professionnelle,
il fera procéder malgré les avis médicaux, à
dimportants travaux de consolidation de la jetée du port
de la villa Tamaris, et de construction dans la propriété
de son épouse, née Revol, dans la commune de Hoche.
Mais déjà, il avait pris la décision, un peu avant
le mois de juillet 1954, après sêtre mis daccord
avec son remplaçant attitré, qui avait repris du service
le 1er juillet 1954 et le Conseil de lOrdre des Médecins,
darrêter définitivement son activité le 31
décembre 1954.
Mais le 19 juillet 1954, il décède subitement à
lage de 53 ans, après une vie professionnelle quil
adorait, mais par trop bien remplie.
Le Maire de la commune de Saint Eugène, Mr R. Laquière,
entouré de son conseil municipal, de lAbbé Juan,
qui lestimait beaucoup, curé de la Pointe Pescade et des
Bains Romains, sa famille et le corps médical, une population
nombreuse de ses amis et anciens patients de toutes confessions, lui
ont rendu un ultime et solennel hommage le jour de ses obsèques.
Il repose depuis au Cimetière de Saint Eugène, dans sa
chère commune et dans son ALGERIE quil aimait tant
René Diaz et Annie H. Gérin
Chounet,
Je te réponds au sujet de Gabrielle Warot Oui elle est de la
famille.
Mais pas ma branche...
En fait elle est la fille d'un frère de mon arrière grand
père... Mais elle est bien de la famille... Par contre je ne
sais pas où elle résidait et si son mari était
mort à l'époque dont tu parles. Je m'en vais demander
à son descendant Genella (car elle était mariée
à un Maurice Genella) qui est à Avignon et originaire
d'Avignon depuis plus de 200 ans !!! et où son ancêtre
était chocolatier sur la place de l'Horloge à Avignon
!!!
En fait, tous les Warot que j'ai répertorié sur les archives
d'Aix en Provence sont de la même famille et venus du Nord (Gapennes
- Somme) en 1832.C'est un dénommé Médard qui vint
le premier à Alger et qui marié à une Espagnole
de l'Ile de Minorque, eut 10 enfants... dont mon arrière grand
père Joseph Warot et Nicolas Warot père de Gabrielle...
Mais oui! A Alger, à une certaine époque toutes les élèves
des Lycées de jeunes filles admiraient Georges Warot !!! Les
jeunes gens se promenaient rue d'Isly. La jeunesse d' Alger était
magnifique de beauté, de santé physique et morale...Georges
en était une des idoles...
En ce qui concerne Gabrielle Warot, je pense qu'à l'époque
dont il est question elle n'était pas mariée car j'ai
vu sur ma base de données que son mariage avec Genella a eu lieu
en 1937, et ce serait ainsi qu'il est question d'une Gabrielle Warot
et non Genella.
Hervé, j'espère que tu m'entendras d'en
haut, pour évoquer avec nos amis du site des Bains Romains,
une partie de ta vie, celle qui nous a vus faire les 400 coups (au
moins..), alors que nous n'avions pas encore atteint notre majorité.
Je parle de toi en ce 17 juin, jour de la Saint HERVÉ, prénom
que j'ai donné aussi, tu ne l'as jamais su, à mon fils
aîné Laurent né deux mois après ta disparition
au large de Terre-Neuve en Décembre 63, avec un vieux bateau
que tu n'aimais pas et qui s'appelait "Le Douala..." Tu
m'avais souvent confié que tu en avais marre de naviguer sur
ce rafiot de la Cie Fraissinet Fabre, peut-être pressentais-tu
le drame de cette nuit de tempête et cette malchance qui joua
contre toi et tous les officiers mécaniciens, avec cette rupture
de câble de canot de sauvetage au moment de la mise à
l'eau. Toi qui était un excellent nageur (comme ton père
d'ailleurs de l'ASMontpensier..), tu ne pus survivre à cette
eau glaciale. C'est notre ami champion du monde fleurettiste Jean
Claude MAGNAN qui m'apprit ta disparition à Paris en Janvier
63, et depuis je pense très, très souvent à toi
et à la "bande" des bains Romains, à la belle
Frédérique que tu aimas passionnément, à
nos sorties en "Aronde grand Large", à deux couples
à la Forêt de Baïnem (la censure m'interdit de donner
plus de détails.. !), aux surprises-party aux paelle géantes
avec Jeannot LASSUS, les frères Schmeltz , Jacqueline CAIAZZO,
Jacques COSTE, les frères AMAGA etc.., mais aussi à
cette magnifique victoire en Aviron, lorsque nous sortîmes Champion
d'Algérie Junior en 4 yoles barrée à ORAN en
1958, sous les couleurs du Rowing Club !
Aujourd'hui, tu n'es plus là, mais tu es dans nos curs
à jamais...
Au revoir Hervé, garde nous une bonne place là où
tu es, on aura tant de choses à te dire...
Ton Ami fidèle