MÉMOIRES DE BAINS ROMAINS

Jeux d'enfants

 

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Faire les pas

Pour nos jeux collectifs (gendarmes-voleurs, ballon prisonnier, foot,…), la constitution des équipes est un élément capital et relève d’un cérémonial immuable : les deux " capitaines " font les pas pour savoir qui pourra choisir le premier dans le lot des coéquipiers potentiels.
Ils sont face-à-face, séparés de 2 à 3 mètres. Sous le regard vigilant des copains, ils avancent à tour de rôle un pied, puis l’autre, le talon bien collé au bout du pied précédent. Pas de triche !!
On peut aussi placer le pied de travers, en largeur. A toi, à moi, à toi, à moi.
Rapide au début, le rythme se ralentit lorsque l’intervalle se réduit. Il faut un bon coup d’œil et de la jugeote pour apprécier la distance restante et deviner la tactique adverse. En bout de course, celui qui marche sur le pied de l’autre a gagné. Il peut choisir le premier.
" Faire les pas ", c’est un de nos souvenirs d’enfant. De longues enjambées nous ont conduits depuis bien loin de là-bas.
Mais ceci est une autre histoire.

Jean Trimoulinard

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Ça y est la machine est lancée ! Je croyais être le seul à me rappeler de cette époque et de ces moments. Et de rappeler les sauterelles, les oublies, les noyaux d'abricots, les événements.
Et je viens de m'apercevoir qu'on avait oublié un truc qu'on soit des Bains Romains ou de Pointe Pescade.
Est ce que vous vous souvenez des toupies ? Toupies en bois cerclées de couleurs bleu et rouge et munies d'une pointe en fer que l'on faisait tourner à l'aide d'une ficelle ?

Autre chose, pour les professionnels des jeux de noyau d'abricots. Vous vous rappelez de la formule magique pour gagner ? En phonétique c'était un truc du genre "LARMA MAGIC!" avec le R creux.

Il y avait aussi les capsules de limonade ou de bière. Pourquoi on n'en parle plus ? Et même il y en avait qui mettaient de la cire dedans.
La suite selon arrivage cérébral.

Jean Jacques Greal

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La "ficelle" qui sert à animer la toupie n'est pas un "bout" comme dans la marine, mais était ( puisque le LAROUSSE ignore ce mot) une GUITANE.
Amitiées

Jacky Nusbaumer

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La recette du s’follet

Recette pour 3 ou 4 garnements
Temps de préparation : 10 minutes
Degré de difficulté : moyen
Ingrédients : 2 pièces de 5 sous
1 feuille de papier, de couleur si possible
1 bout de ficelle
1 paire de ciseaux

* * * *

1 - Prélever dans le porte-monnaie de maman (de préférence avec son accord) deux pièces de 5 sous, ces pièces en nickel avec un trou au milieu. Les réserver.
2 - Plier la feuille de papier en deux, dans le sens de la longueur. La pliure vers le bas, découper la partie haute verticalement, sur les 2/3 de la hauteur, en franges de 0.5 à 1 cm de large. Puis replier le tout, en accordéon, sur environ 1 cm de largeur.
3 - Torsader en pointe la partie basse, celle qui n’a pas été découpée. Introduire la pointe dans le trou des 2 pièces de manière qu’elle dépasse de 2 à 3 cms.
4 - Faire un nœud très serré autour de la pointe, au ras des pièces. Détorsader alors la pointe et mater le papier contre les pièces.
5 - Ebouriffer les franges à la manière d’un volant.
6 - Rectifier la présentation.
Le s’follet est prêt.
Laisser jouer des heures durant, par n’importe quelle température.

Jean Trimoulinard

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Salut,
Je suis Gérard, le jumeau de Marc, simplement pour dire que nous n'appelions pas ce jeu comme toi, s'follet, mais tout simplement le sfrollet, avec un R et sans apostrophe mais je serai bien incapable d'en expliquer l'origine.
Nostalgériquement tien

Gérard STAGLIANO

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Jeux d’eau

A Baïnem, lors de nos baignades, Lulu amenait souvent un ballon. Nous allions alors nager en pleine mer, où " il n’y avait pas pied " - pas de triche. On se répartissait selon un grand cercle et on s’attachait à " faire sécher le ballon ", c’est-à-dire se faire le plus grand nombre de passes possibles, sans que jamais le ballon touche l’eau.
Nous étions devenus assez bons à ce jeu. Quand la mer était mauvaise, ce qui arrivait quelques fois, on sortait les périssoires pour " aller prendre les vagues ". C’était notre surf à nous. On s’éloignait du rivage, bien au-delà de l’endroit où les vagues commençaient à se briser. On remettait la périssoire face à la plage et on guettait l’arrivée d’un rouleau qui paraissait plus gros que les autres. Nous avancions alors lentement jusqu'à ce que la vague nous ait rattrapés et soit sous la périssoire. On se laissait emporter, grisés par la vitesse et la force de l’eau. A un moment idoine, il fallait pagayer énergiquement pour aller plus vite que la vague et la dépasser. Le fin du fin était alors de planter la pagaye pour faire pivoter brusquement la périssoire et la mettre la pointe face à la vague, pour l’affronter et la traverser sans chavirer.
Nous y arrivions, parfois.

Jean Trimoulinard

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Le foot sur la plage

Pour nous, les garçons, le foot était le jeu-roi, mais tous voulaient jouer " avant ". La gloire suprême était de marquer des buts.
Mais sur la " Grande Plage " de Baïnem, quand la mer l’avait recouverte de varech, c’était l’inverse. Nous nous battions pour être goal. Entre deux roseaux définissant la cage, à tour de rôle nous nous succédions, nous prenant tous pour Vignal. C‘était de superbes plongeons, de belles envolées avant de retomber avec délices sur le tapis moelleux que formaient les algues. Nous recommencions dix fois, vingt fois pour notre plus grand plaisir.
Quelques années plus tard, la chute a été plus brutale et nous a fait très mal.

Jean Trimoulinard

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Les plongeons "de tête"

A Baînem, entre ma petite crique de rochers entièrement fermée par des villas, dont celles de mes grands-parents, et la " Grande Plage " de sable et d’algues accessible au public, il y avait un promontoire rocheux s’avançant largement dans la mer avec, au loin, un rocher tout rond, d’une douzaine de mètres de haut, le " Pain de sucre ".
Au bout de ce promontoire, propriété des Hanin, avait été aménagé un quai avec des mâts et de treuils pour mettre à l’eau et remonter les bateaux. Comme le domaine était entièrement clôturé, nous ne pouvions accéder à ce quai qu’en passant par les rochers, mais c’était devenu le point de rassemblement de la bande de garçons et filles que nous étions. Surtout à cause du plongeoir.
En effet, comme il y avait " du fond ", il avait été installé un plongeoir, un vrai de vrai, avec une longue planche bien souple, recouverte d’un tapis de coco, à 2 mètres environ au-dessus de l’eau. C’est là que nous nous sommes appris à plonger "de tête", le corps bien cambré, les jambes raides et serrées, en faisant le moins possible d’écume en entrant dans l’eau. Malheur à celui qui avait les genoux pliés ou les jambes écartées et honte à celui qui faisait une " pancha ". Un, deux, trois appels au bout de la planche et on s’essayait au saut de l’ange ou au saut de carpe pour épater les filles. Ou alors, on faisait des " bombes " pour éclabousser celles qui, "enrhumées", ne pouvaient pas se baigner.
Les plongeons étaient surtout un jeu de garçons, les filles préférant sauter dans l’eau. Encore que certaines plongeaient aussi bien que nous et même mieux, avec plus d’élégance. C’était une noria incessante, je plonge, je remonte vite, je me mets à la file, je replonge, je remonte, etc. J’ai encore dans les oreilles les fous rires des garçons et les gloussements des filles, lorsqu’il arrivait que l’un d’entre nous perde son maillot à l’entrée dans l’eau.
Un jour, nous nous séchions sur le quai quand nous avons vu passer un tchoutche. Il volait lentement, majestueusement dans l’eau transparente et est allé s’enfouir dans le sable, disparaissant de notre vue. Nous avons eu une telle trouille que nous avons déserté l’endroit quelque temps. Et puis très vite nous avons repris nos concours de plongeons.
C’était "notre" quai Hanin. En face, là-bas, à 800 kms, la France. Mais ce sera pour plus tard, lors du grand plongeon.

Jean Trimoulinard

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Les cabanes

De la Pointe Pescade aux Horizons bleus, de Bains Romains à Baïnem, qui n’a pas eu sa cabane ?
Des roseaux, des branchages, de la ficelle, un manche à balai, une rabane déchirée, et la cabane prenait forme. Nous y transportions des objets hétéroclites qui devenaient des richesses inestimables : un bout de planche, un sécateur rouillé, une casserole au manche cassé, des coussins avachis, une bouteille Thermos, sans oublier un poignard de pêche sous-marine et nos épées en bois, pour le cas où nous aurions été attaqués.
La cabane, c’était tout à la fois l’île déserte, la prairie américaine et la savane tropicale. Nous étions Robinson, Buffalo Bill et Tarzan réunis.
Construire une cabane, c’était relever le défi de savoir se débrouiller seul, avec de l’imagination et les moyens du bord. Rustique, sylvestre, elle nous procurait un orgueil jubilatoire, celui de l’avoir réalisée nous-mêmes, sans aide extérieure. Tout seuls, comme des grands.
Mais la cabane, ce n’était pas que ça. S’il s’était agi uniquement de faire admirer notre ingéniosité, toutes les cabanes auraient été édifiées au centre de la plage ou au cœur du jardin. Mais il n’en était pas question. La cabane devait échapper aux regards des adultes, il lui fallait rester discrète et mystérieuse, dissimulée entre deux rochers, au milieu des roseaux ou dans un recoin de la haie.
À quelques mètres seulement de la maison, la cabane faisait partie d’une autre galaxie dans laquelle nous venions flotter, en apesanteur. Il est étonnant d’ailleurs de constater combien la cabane nous rendait sourds. Nos parents devaient crier plusieurs fois, puis hurler " A table ! ", avant que cet appel ne finisse par arriver jusqu’à nous.
La cabane, c’était notre domaine, notre refuge, notre jardin secret. Nous les terreurs, nous les brise-fer, nous nous enfermions dans la féerie de notre imaginaire, des heures durant, dans un silence feutré.
Faisant contrepoids à notre vitalité turbulente, la cabane abritait nos pudeurs d’enfant.

Jean Trimoulinard

10 avril 2005

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Les cabanes plage des algues

C’est très chouette ce qu’écrit Jean concernant les cabanes, c’est très chouette, très vrai et teinté d’une certaine poésie qui arrive fort bien à propos. Il n’y a rien à rajouter.
En ce qui nous concerne, notre jardin secret, à l’abri des regards des adultes, se situait plage des algues et beaucoup de nos cabanes ont été construites dans cet environnement qui, j’ai déjà eu l’occasion de le dire, n’était pas la tasse de thé de nos parents.
La plage des algues (à Bains Romains) était notre terrain de jeu et nous avons construit moult cabanes dont un ou deux murs étaient en algues. Oui, pas plus de deux, il fallait profiter d’un rocher ou d’un environnement favorable pour adosser la cabane à quelque chose d’existant, trois ou quatre murs en algues se seraient effondrés ou n’auraient pas soutenu un toit en roseaux qui se devait d’être conséquent pour bien abriter et bien isoler.
Donc, avant toute chose, bien choisir l’endroit où doit s’édifier cette cabane. En règle générale il y avait une configuration idéale, se trouvant au centre de la plage et que nous apercevons sur la photo " Arlette plage des algues ", qui nous servait très souvent d’assise, le rocher constituait déjà presque un abri à lui tout seul. Avec un mur en algue, l’espace intérieur était idéal, ni trop grand ni trop petit, les roseaux avaient une bonne position sur la crête du rocher et, de ce fait, ne forçaient pas trop sur l’arête du mur.
L’environnement rocheux intérieur nous offrait des niches quelque peu préservées de l’humidité régnante et nous pouvions ranger ou cacher nos trésors constitués, comme le dit très justement Jean " d’objets hétéroclites qui devenaient des richesses inestimables ".
L’odeur qui baignait l’intérieur de nos cabanes était particulièrement caractéristique, vous devez vous en douter. L’algue humide en décomposition, ça entête ! Mais c’est aussi un très grand souvenir, presque aussi grand que celui de l’odeur des oursins.
Ce qui est aussi un très grand souvenir c’est l’algue en tant que matière première, cet enchevêtrement de lanières de couleur vert prairie jusqu’au marron foncé, presque noir, plus ou moins tendre selon leur degré de séchage, plus ou moins large selon leur degré de maturité, est très compact, difficile à désolidariser mais particulièrement souple sous nos pieds d’enfant.
Un mur d’algue se construit par touffes successives, si possible disposées en quinconce avec une base assez large dont l’épaisseur se réduit proportionnellement à l’augmentation de la hauteur.
Mais s’il n’est pas demandé trop d’efforts à un mur d’algue, il joue bien son rôle d’isolant aussi bien du bruit que des regards indiscrets.
Vous l’aurez compris, nous étions très bien dans nos cabanes, plage des algues. Nos premières cigarettes se sont consumées là et nous ne risquions pas de mettre le feu.

Chounet

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Les osselets

Le jeu. Ensemble des photos collection FBB.

Ce matin, Chounet, je me suis longuement promenée aux Bains Romains. Tu sais que malgré mon appartenance aux "Plages Est" j'aime bien ton coin et encore plus depuis que nous nous fréquentons (sic). Et j'ai vu que vous parliez des jeux, trouvant pas là même que vous parliez beaucoup de jeux de garçons et moins de jeux de filles. Il est vrai qu'à la mer, à la plage, les jeux de filles c'était moins pratique. Sans être à la mer, ni à la plage, mais tout simplement à la récréation d'une heure, avant le chapelet et quand les beaux jours étaient là, nous jouions sur le petit mur qui séparait la cour du jardin, nous jouions aux osselets à Sainte Chantal à Belcourt.
Et les osselets, étaient pour nous l'occasion de mesurer notre adresse, notre rapidité, et de gagner, puisque gagner est généralement le but du jeu. Dois-je te rappeler les osselets ? Non, mais "au zot's"? ceux du Nord ?
Il fallait donc manger d'abord cinq gigots car il fallait pour ce jeu, cinq osselets. Et demander au boucher lorsqu'on l'achetait de nous laisser la rotule, autrement dit l'osselet.
Ensuite, on faisait bouillir cette portion d'os à part, dans une petite casserole. Bien cuit, les tendons écartés, les alvéoles faciles à atteindre, on le rafraîchissait et on le nettoyait soigneusement en grattant avec la pointe d'un couteau toutes les petites aspérités, les petits filaments, qui unissaient cette superbe rotule aux os de la cuisse et de la jambe du mouton. Pour faire vite et au lieu d'attendre d'avoir dégusté cinq gigots, on pouvait à la rigueur demander au boucher de vous en mettre tout de suite cinq de côté.
Les cinq osselets dûment nettoyés, bien lisses, rangés dans le petit sac en vichy à carreaux, reste de tabliers ou de serviettes, avec un lacet d'espadrille pour le fermer, étaient maintenant à notre disposition pour attaquer les jeux de l'après-midi. Lorsqu'on l'ouvrait, se dégageait une légère odeur de mouton dont nous savions qu'elle faisait presque partie du jeu.
Quand la longue lecture des "Enfants du Capitaine Grant" ou de la "merveilleuse vie de Sainte Bernadette ou de Sainte Thérèse", au réfectoire pendant le déjeuner était terminée, nous sortions (en rang bien entendu) et une fois dans la cour, scapa de tous les côtés. Et scapa très vite pour avoir une place sur le petit mur. A califourchon (très rapidement d'ailleurs parce que à califourchon ce n'était pas très convenable) l'une en face de l'autre, nous sortions notre jeu d'osselets et commencions à jouer. Énoncer exactement les règles du jeu mettrait ma mémoire à mal. Mais je sais que dans un premier temps on devait lancer un osselet en l'air et attraper au fur et à mesure d'abord un par un puis deux par deux puis trois et un puis les quatre ensemble, sans faire tomber l'osselet jeté en l'air. Phase deux, il fallait jouer les bosses. On jetait les cinq et s'il y avait une bosse on avait le droit de jouer, si non on passait la main. Il fallait alors retourner les trois autres dans le bon sens, c'est à dire du côté de la bosse et toujours sans faire tomber l'osselet en l'air et terminer en ramassant le tout. Même cas de figure pour les creux, les rois et les valets et avec eux c'était beaucoup plus difficile puisque rois et valets étaient sur la tranche donc plus instables. Cela durait vraiment longtemps d'autant que l'on continuait d'une main, puis de l'autre et on terminait par l'omelette en lançant les quatre osselets pour ramasser le dernier.

 

Bosse

Creux

Roi

Valet

J'allais oublier une phase très importante, lorsqu'il fallait jeter un osselet en l'air et le rattraper sur le dos de la main !!! Très difficile phase de jeu où on donnait son tour assez souvent. Généralement nous n'avions jamais le temps de finir la partie mais quelques fois, les plus acharnées, notaient le moment où l'on s'était arrêté et on reprenait le jour suivant. La cloche sonnait, nous savions que nous allions réciter le chapelet autrement dit que nous allions gentiment digérer notre déjeuner, dans les senteurs de cire et de bougies de la chapelle et dans le murmure des ave maria égrenés par une Mademoiselle auxquels nous répondions, je l'avoue, un peu machinalement. Rêvions nous à nos osselets ? au cours qui reprendrait dans un moment ? Je ne m'en souviens plus mais je sais avoir passé ici des moments de bonheur qui ont émaillé ma vie d'écolière bien longtemps.
A propos de jeux et particulièrement de jeux de garçons, je veux malgré tout te préciser qu'il existe un jeu auquel je me suis longtemps livrée, l'été, à Suffren, à cette période où les filles ont un côté garçon, sans pour autant être hermaphrodite et où le clan des filles ne savait que faire pour détruire les garçons, à coup de boules de terre bien séchées et que nous balancions dans les haies de roseaux, devenues champs de batailles acharnées.

Françoise

j'ai apprécié l'article si bien écrit de Françoise en particulier.
Mais il manque les scoubidous et le hula-hoop dans les jeux de filles, quoique j'ai vu beaucoup de garçons faire des scoubidous et même des méharistes en colonne sur leurs chameaux!!!

Solange Dietsch

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"Faire les pieds" et jouer aux osselets étaient aussi très en honneur à Paris à la même date. En 1950, grosse explosion d'osselets, fabriqués comme il est dit, après commande chez le boucher ; puis soudain, l'âge industriel : des osselets en terre - quelle horreur - et finalement en plastique - une honte ! Nos correspondants oublient de nous dire que l'un des 5 osselets était teinté (on le plongeait dans du thé)
et s'appelait "le père"..

Amitiés à tout le monde

Pierre Clinquart

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La marelle

Parmi les jeux de filles, il y avait aussi le jeu de marelle. On traçait un grand rectangle à la craie, sur le sol cimenté de la cour de l'école ou de mon jardin des Bains Romains. Ce grand rectangle était divisé en 6 carrés. On devait faire avancer de carré en carré une boite métallique, genre boite de pastilles pour la gorge remplie de sable ou de gravier pour la lester, en sautant à cloche-pied. Il ne fallait ni marcher sur un trait, ni que la boite s'y arrête.
Au début du jeu, on lançait la boite sur la première case, puis sur la deuxième et ainsi de suite.
Il me semble que sur la quatrième case, on posait les deux pieds. Sur les autres cases, il fallait rester sur un seul pied.
Quand la boite arrivait dans un coin ou tout près d'un trait, il fallait faire preuve d'une grande virtuosité pour la remettre dans le droit chemin.
Tant qu'on n'avait pas fait de fautes, on continuait à jouer. Dès la première erreur, c'était au tour de la joueuse suivante, la gagnante étant celle qui arrivait la première à faire le parcours complet. Mais ensuite, il y avait des variantes : sauter une case par exemple. Là, la mémoire me manque...

Je me souviens aussi des jeux de corde à sauter, accompagnés de chansons: "Quand Jeannette allait garder ses va-a-ches..."

Quand Jeannette allait garder ses va-a-cheus,
Elle était bien plus jolie,
Elle portait chapeau de pa-a-illeu,
Et ruban de trois couleurs,
Bleu
Blanc
Rouge.

La corde à sauter est tenue par deux filles face à face qui la font tourner en chantant. Une troisième fille fait deux petits sauts en cadence à chaque tour de corde. À l'annonce du "Bleu", cela se corse. Les deux filles qui tiennent la corde lèvent le bras et la font tournoyer une fois au-dessus de la troisième fille qui s'est arrêtée de sauter pour s'accroupir. Puis, grand tour de corde et un saut.
"Blanc", fille à nouveau accroupie, la corde tourne en l'air. Encore un grand tour de corde et un saut.
"Rouge", elle s'accroupit une dernière fois et laisse la place à la suivante.
Toute cette gymnastique doit, bien entendu, s'effectuer sans faute. Celle qui saute ne doit pas marcher sur la corde et doit s'accroupir suffisamment pour que la corde ne touche pas sa tête lors du Bleu, Blanc, Rouge.

Camille Delpla

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