MÉMOIRES DE BAINS ROMAINS

Jardin disparu

 

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MON JARDIN DISPARU

C’était un petit jardin…La chanson de Jacques Dutronc me trotte dans la tête depuis que j’ai vu l’une des photos que Robert Mari a prises en Juin dernier aux Bains Romains.
Mon petit jardin se situait au 134 Avenue Général Leclerc, en face de la carrière.
On le repérait de loin, grâce aux deux immenses araucarias plantés par mes arrière grands-parents le jour de leur mariage, au début du XXème siècle.
Au fil du temps, ils prenaient de la hauteur, et, dans ma famille, trois générations firent leurs premiers pas sous leurs branches.
Dans ce jardin, croissaient aussi quatre palmiers, deux bananiers, un bougainvillier exubérant, une vigne généreuse qui grimpait sur une tonnelle, et, bien sûr, un figuier qui nous régalait de l’odeur de son feuillage avant de nous donner ses bons fruits mûrs.

Photo collection Camille Delpla.

Mon petit jardin autrefois, au 134 avenue Général Leclerc aux Bains Romains.

Camille

Robert a photographié l’emplacement de mon jardin. Maintenant, un immeuble de trois étages occupe les lieux.
Coupés ou arrachés, les arbres centenaires ! Mais pouvait-on extirper des racines si longues qu’elles partaient en tout sens, jusque sous la route et vers le jardin voisin ? Non, bien sûr. Elles sont donc toujours là, sous cet immeuble, lequel a été greffé en quelque sorte sur des racines en voie de fossilisation.
Indéracinables ces racines… Cela ne vous rappelle rien ?
Nul ne soupçonne leurs traces et pourtant, elles sont là-dessous, au fin fond de notre terre natale, au fin fond de notre mémoire, si discrètes, que, tout entiers tournés vers l’agitation du temps présent, nous les oublions presque…
Sectionnées, mais toujours là, elles continuent leurs épousailles avec la terre qui les a fait croître.
Au-dessus de cette lente alchimie, l’immeuble de trois étages, presque aussi haut que feu les deux araucarias, bourdonne d’un nombre d’habitants bien plus important qu’au temps du petit jardin.

Photo collection Robert Mari.

Aujourd’hui, le petit jardin a disparu sous l’immeuble de trois étages, à gauche de la photo. A droite, la villa Fiol-Odièvre n’a pas beaucoup changé et m’a servi de point de repère.

Camille

Côté route, on ne voit personne. Ils sont tous côté mer. Et que contemplent-ils ? Le Rocher des Moineaux, bien sûr, juste en face, et vers la gauche, celui des Rats.
Robert a pris la photo le matin : les balcons sont ensoleillés. En fin d’après-midi, ils seront à l’ombre et les habitants, encore tous de l’autre côté, admireront le coucher de soleil à l’horizon.
La vie continue…

Camille Delpla (Dumont-Desgoffe)

Photo collection Robert Mari.

Le Rocher des Moineaux reste immuable et accueille toujours les rêveurs solitaires.

Camille

Les rochers, eux aussi, doivent avoir des racines indéracinables, car s'il nous arrive de les oublier, ils finissent par remonter à la surface pour notre plus grand bonheur.

Chounet

 

 

 

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