MÉMOIRES DE BAINS ROMAINS

Île de France

 

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Une cache d'armes à l'Île de france !!!! Non, ce n'est pas possible ...!!!

Bandes rivales, Armes de destruction massive et Garera

Nous habitions à Miramar dans la propriété de nos Grands Parents maternels Bernard. Cette propriété avait été baptisée " Bouquet des Bains Romains" par notre arrière Grand Père en raison du nombre important d’amandiers qui fleurissaient chaque année au mois de janvier et s’agissant d’amandes " princesse" les fleurs étaient d’un rose soutenu.
Lorsque nos Grands Parents s’étaient installés au début du XX ème siècle venant de Guyotville où leurs ancêtres avaient eu une concession, il n’y avait pratiquement pas de constructions à Miramar et de ce fait le "Bouquet" se voyait de la route et du petit train.
Au cours des années 40, malgré l’urbanisation qui faisait de Miramar l’une des banlieues d’Alger, il restait encore beaucoup de place pour qu’une bande de garnements, dont nous faisions partie, puisse établir en pleine nature un camp retranché constitué de branchages et de roseaux position de repli que nous pensions inexpugnable et destinée à nous mettre à l’abri d’une bande rivale avec laquelle nous " faisions la garera ".Comme chacun le sait la garera est un combat à distance dont les armes sont les bras des combattants et les projectiles, des pierres ramassées sur place. Lorsque les bandes rivales sont d’égale force et le combat équilibré chaque projectile peut servir de multiples fois dans un sens puis dans l’autre, ce qui fait la supériorité de la garera sur un combat classique ou les projectiles ne servent qu’une fois ce qui nécessite une intendance. On notera au passage, que seul un terrain caillouteux peut convenir pour ce type d’échanges guerriers.

Généralement nos combats se terminaient sans vainqueurs ni vaincus, la fatigue seule mettant un terme à la confrontation.

Mais en ce jour dramatique du printemps 1943 nos adversaires eurent le dessus, nous bousculèrent sans ménagement , envahirent notre camp retranché et le détruisirent.
Un conseil de garera fut tenu sur la vengeance qui s’imposait car notre honneur en avait pris un coup, sans compter quelques déchirures de vêtements et horions et la perspective d’un accueil triomphal chez les parents.
Nous avions la chance d’avoir dans notre équipe le fils d’un militaire d’active qui en matière de stratégie et de tactique nous semblait être le plus idoine pour préparer la revanche. Malheureusement il se révéla lui aussi incapable de nous trouver une solution. Mais il nous confia qu’il allait prendre conseil de son père… Nous étions déjà presque rassurés …
Lors du Conseil de garera suivant nous eûmes la divine surprise de voir notre ami nous ramener une nouvelle stupéfiante : il existait aux Bains Romains et plus particulièrement à l’Île de France des armes de destruction massive qui pourraient nous être prêtées.
Confidentiellement notre camarade nous dévoila qu’il s’agissait de mitrailleuses à pois chiches….
Pour nous enfants de 8 à 12 ans l’Île de France devenait toutes proportions gardées les États Unis d’Amérique dont nous constations régulièrement la puissance au travers des impressionnants convois de Liberty Ships passant à quelques encablures de l’Îlot (de Miramar ou des Bains Romains ?) et les mitrailleuses à pois chiches ces batteries de DCA dont notre Côte Turquoise était truffée et qui nous protégeaient des raids de l’aviation allemande.
Nous avons imaginé que notre revanche était à portée d’arbalète…. Mais notre informateur semblait chaque fois un peu plus gêné lorsque nous lui demandions la date de la prochaine livraison des armes (pour les munitions nous aurions pu nous débrouiller seuls !).
Longtemps après nous nous demandions toujours si ces mitrailleuses viendraient un jour …. Et nous avons ainsi
atteint l’âge où d’autres centres d’intérêt ont fait passer les gareras au second plan …
Le rêve était passé mais 60 ans après ,il nous arrive d’évoquer, avec beaucoup d’émotion, cette époque où tout nous semblait possible !

GARERA : il serait souhaitable que l’un des lecteurs du site, à défaut de nous envoyer une mitrailleuse à pois chiche, puisse préciser si l’orthographe est correcte. Merci.

Jacques , Charles et Nanot Schmeltz

En ce qui concerne l'orthographe de Garera j'aurais tendance à l'écrire “Garrera“, il n'y a rien dans le Roro de Roland Bacri, mais dans le dictionnaire du pataouète il n'y a pas garera, mais "garrecho qui est une brimade infligée aux gamins d'un clan adverse Faire le garrecho, infliger cette brimade. Le garrecho consistait, et consiste, je crois encore, à capturer un garçon du clan adverse, à lui arracher tous les boutons de braguette et à lui appliquer sur le sexe un cataplasme de boue épaisse."

Chounet

 

 

 

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