Bainsrominois ou Bainsromanais
ou Baigneurs Romains, bref rentrez tous et que le dernier ferme la
porte. N'oubliez quand même pas que vous étiez tous Saint-Eugènois
et que nous avions, vous comme nous, nous les Deux-Moulinois, le même
maire pendant trente deux et quelques années, Raymond Laquière,
en l'occurrence
Moi, personnellement, je
ne me rendais aux Bains-Romains qu'avec l'O.D.M, l'Olympique Deux-Moulinois,
pour y rencontrer l'O.C.T., l'Olympique Côte Turquoise, l'adversaire
de ce championnat d'Alger de volley-ball entraîné un
temps par le grand Rousselet, dont j'oublie, aujourd'hui, le prénom !
Les rencontres avaient
lieu sur la petite place qui servait aussi aux boulistes quand nous
nous n'y trouvions pas dans l'exercice du palovollo, comme disent les Transalpins de mes origines.
Nous avions d'ailleurs
toujours gagné, les Soubès, les Lassus,
les frères Schmeltz et consorts, que nous
retrouvions toujours comme adversaires pour les tournois d'été
avec la plage de La Trappe tandis que nous restions fidèles
à nos couleurs deux-moulinoises.
La première année
de ces Tournois de plage, organisés par la Firme Philips et
l'ami Claude Rancurel, nous nous étions retrouvés en
finale, La Trappe et nous, sur le terrain derrière " Le
Palladium " de Baïnem. Nous étions seconds au
classement et eux premiers ; le résultat du match donnait
la victoire finale aux vainqueurs. Pour le chroniqueur volley de la
" Dépêche Quotidienne ",
la D.Q, le sieur Bosio, le résultat ne faisait
aucun doute : ils étaient archi favoris avec, chez eux,
une vedette à part entière, Charles Ferrer,
l'international. Mais il faut signaler que toutes sélections
(nationale, régionale ou locale) pénalisaient de points
négatifs l'équipe.
Les parties se jouaient
au temps, deux fois une demi-heure, soit une heure en tout. Ils partaient
avec moins 23, et nous-mêmes à moins 19. En clair, il
leur fallait marquer 23 points avant que le score du tableau d'affichage
affiche enfin 0 (Zéro) et nous dix-neuf ! Disons que cette
heure de jeu effectif leur a été fatale. Nous les avons
gagnés 23 points à 1 ! Nous avions marqué
par conséquent 42 points et eux 24 ! Une véritable
humiliation pour eux et pour le pronostic de Bosio.
Cet été-là,
il faut dire que nous étions particulièrement affûtés
car nous jouions tous les jours sur le terrain de la Madrague, de
la famille Rey, les RUA-istes et ensuite Nice V.B,
avec des personnages : Pierre Coquand, à
l'époque inamovible capitaine du six national, Sider
et autres Garaud, futur capitaine du six national,
nous les Bellan, Stagliano, Nivière
et autres Gallea ou Wassong et ce,
jusqu'à plus soif. Jusqu'à ce que la nuit nous interrompe
car il n'y avait pas de lumière sur ce stade de plage en dur.
Une passion qui, pour Coquand, lui a même fait
perdre son autre passion, Jacqueline Legendre, sa
première épouse : à force de l'attendre,
elle a perdu patience.
Gérard STAGLIANO
VOLLEY-BALL DE PLAGES ALGÉROISES
En Algérie, le championnat de volley-ball sest longtemps
cantonné aux 12 clubs de la seule ville dAlger et de
ses environs. Il y avait donc les deux clubs phares : la B.N.C.I et
le G.S.A Hydra, le premier emmené par Henri Pasqualini qui
a, osons le dire, réinventé le volley-ball nord-africain
tout entier ; le second par Pierre Coquand, un joueur hors du commun,
qui savait tout faire, et qui resta dix ans capitaine de léquipe
de France.
LO.D.M, cétait nous, les jeunes Deux-Moulinois
que lon avait pris sur le terrain de football qui allait
devenir celui du volley-ball pour les initier à ce sport,
le seul de rayonnement mondial inventé par les Américains
du nord, les États-Unis. On était un peu les empêcheurs
de tourner en rond et nous avons toujours terminé troisièmes
de ce championnat dAlger en gagnant ou lune ou lautre
des deux équipes stars algéroises, que ce soit en championnat
ou en coupe dailleurs, mais elles avaient sempiternellement
droit à un revers de nos mains. Plus souvent la B.N.C.I quHydra
sans doute mais elles y avaient droit.
Ensuite on trouvait lA.S Saint-Eugénoise, le Gallia Sport
Algérois, le Racing Universitaire Algérois, lOlympique
Côte Turquoise, des Bains-Romains, lA.S.P.T.T dAlger,
lA.S.H.B.M, de Bab-el-Oued, lE.U Hussein Dey, le R.C Trésor
et les deux satellites lA.M Saint-Eugénoise, constituée
par les anciens de lA.S.S.E, les frères Capo, Nocchi,
les Driguès et autres Sonigo, Torrès etc. Comme létait
du G.S.A.H, le C.S Mustapha Hydra, aux couleurs toutefois différentes,
avec les anciennes gloires dHydra, telle que Zizou Veuve ou
autres Louis Guillaumin.
Le championnat terminé, venait lété, et
là lami Claude Rancurel avait convaincu la Société
Philips, dont il était salarié, dorganiser le
Tournoi de Plages, mais sur terrain dur, et surtout de le doter richement
en rasoirs électriques, la grande vogue de lépoque.
Loriginalité de ce tournoi dété faisait
que lon assistait à un grand brassage des joueurs habituels.
Sauf nous les Deux-Moulinois qui dérogions en restant Deux-Moulinois
même si nous incorporions des Saint-Eugénois pour pallier
la défection de Zizou Bec, parti chez les " Tchouches
" de la plage Moretti. Cest ainsi que Henri, dit Kinoche,
Nivière et Yves Galéa sautaient le pas et se retrouvaient
avec nous. Nous les avons tous gagnés ces tournois de plage
et partant les rasoirs. Coquand, qui mourait denvie de jouer
avec nous, aussi sauta le pas, la dernière année et,
avec lui, ce fut encore plus facile de gagner en dépit dun
handicap surmultiplié. Il faut en effet préciser que
les internationaux et/ou sélectionnés dAlger rendaient
des points, ce qui fait que lon partait avec un nombre de points
négatifs. Nous cétait moins 23, sans Coquand.
Il nous fallait donc marquer 23 points pour arriver à 0 et
commencer à marquer notre premier point car on jouait une heure,
deux fois une demi-heure, en changeant de terrain.
Lors de la première finale, disputée derrière
létablissement " Le Paladium " , à Baïnem,
contre la plage de La Trappe où évoluaient de nombreux
bons joueurs et notamment " Charlot " Ferrer, linternational,
nous nétions pas favoris, selon " La Dépêche
Quotidienne " et son chroniqueur , un dénommé Bosio.
Mais, nous les avons humiliés les Trappistes avec un 23-1 au
final, cestà-dire que nous avions marqué
46 points en une heure de temps, alors queux-mêmes avec
un handicap de 25, à cause de Ferrer et sa cape dinternational,
nen avaient marqués que 26. Le pauvre Bosio avait dû,
le lendemain, ravaler son pronostic, avec son chapeau.
Gérard STAGLIANO