MÉMOIRES DE BAINS ROMAINS

U comme ...

 

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U.R.S.S.

Non, je ne parlerai pas de politique dans ce papier. Ce n’est pas et ne sera jamais le propos de ce site. Mais la lettre U de notre abécédaire est restée vide et je tiens à ce que les 26 lettres de l’alphabet soient utilisées.

Ceci étant dit, je voudrais revenir sur l’une de mes marottes que j’ai surtout évoquée dans Couleurs, et quelques part ailleurs, dans Époque.
Je veux parler des trésors que nous avions à notre disposition dans cette jeunesse dorée que nous avons vécue en Algérie au chaud soleil de notre beau pays. La Méditerranée tout d’abord et toute la flore méditerranéenne : oliviers, orangers, eucalyptus, lentisque, vignes, ciste-labdanum et leurs senteurs, sans vraiment les apprécier à leur juste valeur, alors qu’aujourd’hui - à la vieillesse – nous les apprécions mille fois plus, la nostalgie aidant.
La lumière de « Couleur », par exemple, nous était si proche, si habituelle que nous ne la voyions pas.
Et bien, de ce côté-ci de la Méditerranée, nous jouissons depuis quelque trente années de la société de consommation, dont certains se plaignent parfois si fort. Regardez mieux l’exubérance des étals de nos supermarchés, dans la spécialité propre à la France, les produits lactés, à commencer par nos trois cent fromages hexagonaux. Les voyons-nous vraiment ? Les apprécions-nous à leur juste valeur ?

C’est la question que je me suis posée en voyageant en tant que journaliste avec l’A.S. Cannes. Nous allions ce jour-là à Turin, en car pullman du plus grand confort.
Avec nous dans ce car, licencié à l’A.S Cannes et assis à mes côtés, une star mondiale du volley-ball de tous les temps, Sacha Sorokholet, capitaine de l’équipe d’U.R.S.S. et champion du monde de la spécialité, je ne sais plus combien de fois avec son pays. Il venait d’arriver, avec son épouse Gallina et son fils, et me disait son émerveillement devant la profusion de nourriture, dans les supermarchés français.
C’était d’ailleurs son principal intérêt en découvrant l’Ouest. Il se baladait dans les supermarchés pour dévorer déjà des yeux, notamment les produits lactés, les yaourts en particulier. Il me disait : « On les achète tous, on veut tout goûter, avec Gallina ; il nous en faut de toutes les couleurs et de toutes les marques. On se ruine à tous les manger. »
Nous qui les avons, non seulement sous les yeux à chacune de nos emplettes, mais à disposition, apprécions-nous vraiment la chance que nous avons de vivre dans l’un des sept pays les plus riches du monde, les plus médicalisés également qui fait que nous pouvons aujourd’hui vivre dix, vingt, et demain trente ans de retraite heureuse.
Il faut que des étrangers arrivent et nous décillent les yeux pour le voir.
J’avoue humblement que dans ce car, Sacha, le brave Sacha m’avait laissé bouche bée.
Et j’ajoute qu’il n’est plus jamais reparti dans son Pays. Il entraîne aujourd’hui Martigues Sport. Mais quel joueur c’était aussi, le « capitaine » Sorokholet.
Gérard STAGLIANO

     
 
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