
MÉMOIRES DE BAINS ROMAINS |
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La présence Romaine en Algérie selon Charles -André Julien "Histoire de l'Afrique du Nord - Des origines à 1830" : .La Maurétanie au temps d'Octave Au lendemain de l'assassinat du dictateur, le fils de Masinissa, Arabion, qui avait suivi les pompéiens en Espagne, reconquit le royaume de son père sur Sittius, dont il se débarrassa, et sur Bocchus. Mais il fut assassiné par le gouverneur romain Sextius qui, victorieux grâce à son concours, redoutait son influence, et Bocchus II put récupérer ses possessions. Il les agrandit même des territoires de Bogud, qui avait pris le parti d'Antoine contre Octave. Dès lors, la Maurétanie s'étendit de l'Atlantique à l'Ampsaga (Rhummel). À la mort de Bocchus II (33) qui ne laissait pas d'héritier, Octave, sans annexer officiellement la Maurétanie, la gouverna, peut-être par l'intermédiaire de deux préfets. Il en profita pour fonder, dans la Maurétanie de Bocchus, six colonies près d'anciens ports, à Igilgili (Djidjelli), Saldae (Bougie), Rusazus (Azeffoun ou Port-Gueydon, sur le littoral de la Grande Kabylie), Rusguniae au cap Matifou, près d'Alger), Gunugu (Koubba de Sidi brahim, près de Gouraya, à 28 km à l'ouest de Cherchel), Cartennae (Ténès), et trois à l'intérieur, à Tubusuptu (Tiklat, à 29 km au sud-ouest de Bougie), Aquae Calidae (Hammam Righa), Zucchabar (Miliana). Il créa dans la Maurétanie de Bogud les colonies Zulil (ou Zilis ?, Arzila, entre Tanger et Larache), Babba Campestris (site inconnu, près d'Ouezzan) et Valentia Banasa (sidi Ali bou Djenoun, sur l'oued Sebou, entre Port Lyautey et El-Ksar El-Kebir). ( Pages 150-151) Les Gordiens, empereurs africains Avec la proclamation des Gordiens commença une ère de désordre qui dura jusqu'à l'arrivée des Vandales. Ce sont donc les deux premiers siècles de l'occupation romaine (40-244) qui représentent la période la plus prospère qu'ait traversée l'Afrique, celle où se développa le plus librement la colonisation, dans les cadres de l'organisation impériale . (Page 161) La frontière du 1er siècle et son limes Au 1er siècle, l'occupation en Libye actuelle se bornait aux ports et à une étroite bande littorale. À l'ouest de Gabès, elle s'arrêtait au nord du chott el-fedjedj. Puis la frontière remontait vers le nord, par Capsa (Gafsa), Thelepte (Fériana), Theveste (Tébessa), contournait au nord le massif de l'Aurès, se dirigeait au nord-ouest par les plaines de Sétif et de la Medjana, peut-être jusqu'à Auzia (Aumale), piquait à l'ouest pour atteindre Berrouaghia, suivait la vallée du Chélif par Oppidum Novum (Duperré) et Castellum Tingitanum (Orléansville), franchissait la Mina non loin de Relizane, l'Habra à Castra Nova (perrégaux), le Sig à tasaccora (Saint-Denis-du-Sig) et, après s'être rapprochée de la côte, traversait la Moulouya presque à son embouchure et aboutissait à la mer à Rusaddir (Melilla). Au-delà du Rif, qui échappait à l'emprise impériale, le territoire romain reprenait à Tingi (Tanger) et se prolongeait jusqu'à Sala (Chella) (Page 162) Un des facteurs du développement économique de l'Afrique romaine fut l'extension de son réseau routier, dont on retrouve encore les tronçons. Plusieurs voies furent aménagées par la main-d'uvre militaire, entre autres celles d'Ammaedara (Haïdra) à Tacapae (Gabès) (14 après J.-C) ; de Theveste (Tébessa) à Hippo Regius (Bône) sous les Flaviens ; de Théveste à Thamugadi (Timgad) sous Trajan ; de Lambaesis (Lambèse) à Gemellae sous Trajan (?) ; de Carthage à Theveste et Lambèse sous Hadrien ; de Sitifis (Sétif) à Auzia (Aumale et aux portes de la vallée du Chélif, voie commencée sous Hadrien; de Gadaum ou Cadaum Casta (Saint-Aimé ?) à Tasaccora (Saint-Denis-du-Sig) et Albulae (Aïn Témouchent), voie construite aussitôt après la conquête de la Maurétanie (40) ; de Cohors Breucorum (près de Tagremaret) à Numerus Syrorum (Lalla Maghnia) sous Septime Sévère; de Tingi (Tanger) à la Sala (Chella) et de Tingi à Volubilis (Ksar Pharaoun), Tocolosida (Akbet el-Arabi, 23 km de Meknès) et peut-être, à Anosseur (à 50 km au sud de Fès). ( Page 187) Les débuts de la colonisation impériale Auguste donna une impulsion vigoureuse à la colonisation de l'Afrique. Ses créations furent inspirées par le besoin soit de surveiller les indigènes, comme en Maurétanie où les colonies militaires de Cartennae (Ténès), Gunugu (près de Gouraya), Saldae (Bougie), Tubusuptu (Tiklat) et Rasazus (Azeffoun) guettèrent le royaume de Juba encore indépendant, soit d'installer ses vétérans ou des colons de la péninsule italique qu'il avait expropriés. (Page 189) On ne sait exactement à quelle époque, antérieure à Trajan, furent constituées les colonies Minervia Chullu (Collo), Veneria Rusicade (Philippeville) et Sarnia Milev qui formèrent, avec Cirta, la confédération des quatre colonies (res publica IIII coloniarum Cirtensium). Celle dont le vieux marché berbère de Sicca (Le Kef) était le centre, devenue Cirta nova, comprenait également plusieurs bourgs. (Page 190) Les villes de Maurétanie césarienne En Maurétanie césarienne se succédaient
de nombreux petits ports, Igilgili (Djidjelli), Saldae (Bougie), Iomnium
(Tigzirt), Rusuccuru (Dellys), Rusguniae (Matifou), Icosium (Alger), Tipasa
(Tipasa), qui conserve dans un admirable paysage les reste d'un forum,
d'une basilique judiciaire, d'un théâtre et d'édifices
chrétiens, Gunugu (Kouba de Sidi Brahim, à 4 km de Gouraya),
Cartennae (Thénès), Portus Magnus (Saint-Leu), Ad Frates
(Nemours). La principale ville littorale était évidemment
la capitale, Caesarea (Cherchel), où les monuments abondaient,
mais sont pour la plupart recouverts par la ville actuelle, à l'exception
d'un théâtre transformé en amphithéâtre
et de thermes. On sait quelle place tenaient les bains dans la
vie des Romains et, par extension, dans celle des indigènes romanisés.
Le bain complet impliquait une série d'opérations : sudation
dans une atmosphère surchauffée, nettoyage à l'eau
chaude, séjour dans une température modérée,
passage dans l'eau froide, massage et frictions à l'huile. |
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