Histoire avec un grand "H"
Voilà une carte postale de
Bains Romains, qui date de 1900, découverte par Dominique Müller,
et qui, à priori, ne résonne d'aucun souvenir. Et pourtant,
c'est certainement un des plus vieux bâtiments du Bains Romains
d'aujourd'hui, en tout cas du Bains Romains de 1990,
date à laquelle nous avons la certitude qu'il existait encore.

Il y a des choses dans la vie
qui font couler beaucoup d'encre, en 2003 nous avions la quasi-certitude
que l'hôtel des Bains Romains était devenu l'école
des Bains Romains, en 2004
les choses ont changés et se sont orientées dans la direction
d'une propriété dite du Vert Cottage, fin 2004 cette hypothèse
se confirme sérieusement. Donc pourquoi pas, notre vocation est
de rechercher la ou les mémoires et dans le cas présent
nous pouvons dire que nous remplissons notre contrat.
Chounet
LE VERT COTTAGE
Quelle était l'origine de cette propriété
? C'est en interrogeant mes amis, Jacques NUSBAUMER et Claude MORRACHINI
né FRIANG, que j'ai réussi à glaner les informations
qui vont suivre. Ce sont les derniers propriétaires des lieux
par le jeu des successions. Mme FRIANG Mathilde ayant eu 2 enfants :
un fils décédé à la guerre et n'ayant eu
qu'une fille Claude FRIANG et une fille, épouse NUSBAUMER, ayant
donné naissance à un fils Jacques.
En remontant avant l'année I934 on s'aperçoit que le "Vert
Cottage" était la propriété de la famille
SARRU, en l'occurrence Mr. François SARRU, époux de Élise
MULLER. A son décès la propriété est revenue
en partie à son épouse, en partie à sa fille Mathilde
SARRU (devenue plus tard Mme Ernest FRIANG) ..
Donc, en I934, on retrouve comme co-propriétaires :
- Mme MULLER Élise, veuve SARRU
- Mme SARRU Mathilde, épouse FRIANG
toutes deux domiciliées au " Vert Cottage ".
A la suite d'une vente par licitation amiable aux enchères publiques
(à la bougie !!) le I8 Septembre I934 la propriété
devient le bien propre de Mme SARRU Mathilde épouse FRIANG; c'est
donc à partir de cette date que l'on parle de la " propriété
FRIANG ".
La propriété avait une superficie de 5.500 m2 environ,
était limitée d'un côté par la propriété
RICARD, par la route de Guyotville, par le ravin dit "Oued El Affroun"
(donc pas de maison DEMEURE à l'époque) et par la mer.
Les constructions occupaient une superficie totale de 66O m2 répartie
en 5 appartements en rez-de-chaussée et de 2 appartements à
l'étage. Cela conforte donc l'idée que nous en avons d'un
ancien hôtel à l'origine, qui aurait été
par la suite restructuré en appartements par le choix de nouveaux
propriétaires. On sait avec certitude que jusqu'au 3O mars I889
la propriété a appartenu à Mr. TARRY Harold Félix,
date à laquelle la propriété a été
acquise par Mr. SARRU. .
Pour mémoire, et pour ceux que cela peut intéresser, en
I934 les locataires du "Vert Cottage" étaient :
- Mr. FOURNIER
- Mr. LOUDIMER
- Mr. DEMEURE
- Mr. VERGNEAUD
- Mr. CABOUIS
Que ce soit Jacques NUSBAUMER ou sa cousine germaine Claude FRIANG,
tous deux ont toujours entendu leurs grands parents parler d'un relais
de poste existant à l'époque. Pour preuve, Jacques se
souvient d'anneaux en fer incrustés dans le mur d'entrée
de la propriété qui auraient pu servir à attacher
des chevaux.. Je me souviens personnellement de cette entrée
qui était relativement grande avec une grande porte à
deux battants. Cela pourrait donc bien être une entrée
ouverte à des diligences. Quant à l'hôtel à
quelle époque a t'il existé ? la carte postale avec l'inscription
" hôtel des Bains Romains " ne laisse aucun doute sur
son emplacement, je reconnais parfaitement le "coin des NUSBAUMER"
avec ses pergolas ajourées. Les robes des clientes qui posent
pour le photographe situeraient la photo aux alentours de I87O / I9OO
????
J'ai adressé la fameuse carte postale "grand hôtel
des Bains Romains" à Jacques NUSBAUMER et, pour lui, il
n'y a aucun doute, il s'agit bien de la partie du vert cottage où
il a passé son enfance. En fait la carte postale représente
l'angle ouest de la propriété FRIANG (côté
villa DEMEURE plus tard).
La carte postale indique : "Mr. BOURNAT propriétaire".
Donc l'origine ne peut remonter qu'avant l'année I889, date à
laquelle Mr. TARRY en était le dernier propriétaire connu
d'après nos recherches.
Et là s'arrêtent mes connaissances, je laisse la suite
à ceux dont la mémoire pourrait remonter aussi loin !!!!
J'ai éprouvé un réel plaisir à faire cette
recherche, ce qui m'a plongée dans des souvenirs bien lointains
mais quelle richesse de retrouver ainsi ces merveilleux moments de notre
jeunesse ! Merci à Jacques d'avoir bien voulu me laisser consulter
ses archives familiales sans lesquelles nous en serions encore à
faire des suppositions plus ou moins justes !
Régine GUICHERD
Index Mails
Pour résumer nous pouvons dire que, en ce qui concerne
la carte postale ci-dessus, la photo est prise de la route nationale
en venant d'Alger à l'entrée de Bains Romains (et non
en sortie comme nous le pensions). Mon père dit que lorsqu'il
était tout petit (né en 1925, je le rappelle), il n'y
avait aux Bains Romains côté mer que la maison de sa grand-mère,
construite fin XIXème, et l'hôtel devenu ensuite propriété
Friang nous dit Camille ; la propriété de l'arrière
grand mère de Camille serait en amont de l'hôtel. En bout
de route, sur l'image, à droite la future rue Benoît Bernardo,
à gauche la future placette et si nous continuons sur le même
trottoir, un peu plus loin, le café Ripoll.
Voilà ce que nous pouvons en dire aujourd'hui et si d'autres
réactions apparaissent, elles viendront compléter cette
page.
Voir
la carte de 1873
Chounet
J'ai compris à ma manière le descriptif
des confronts de la maison Friang : pour moi, la propriété
Ricard est à l'est, le ravin El Affroun à l'ouest ; "le"
Ravin, pour moi, était celui où, à l'ouest d'Eden
et de Taboni, on avait vaguement aménagé un "Abri"
en cas d'alerte aérienne ; je me souviens d'y être descendu
une fois ou deux dans la nuit. Et la maison Demeure a, je pense, été
construite sur le flanc du Vert-Cottage, pas forcément sur une
parcelle d'icelle. Qu'en pensent les intéressés, plus
compétents que moi ?
Pierre.
Salut Pierre,
Je suis ravie que mon récit sur le Vert Cottage
vous ait donné quelque émotion et rappelé quelques
souvenirs de notre enfance qui était très privilégiée
! Nous sommes enfin arrivés à percer le mystère
de cette propriété, du moins en partie, puisque nous n'avons
pu établir la date d'implantation de l'hôtel qui se situe
cependant avec certitude avant 1889, mais que de suppositions entendues
!!!!!!
Finalement j'ai réussi à convaincre Jacky Nusbaumer de
participer à notre "aventure " et depuis il a eu de
nombreux contacts par le site et projette pour bientôt des retrouvailles
dans le midi avec des anciens,il est heureux comme un gosse, et il me
tarde de récolter ses commentaires.
Vous parlez du ravin El Affroun comme d'un abri pendant la guerre C'est
exact, mais il n'y avait pas eu d'aménagement spécial.
Chacun se contentait d'amener parfois sa petite chaise pliante et comme
tout le monde se connaissait c'était un " brouhaha "
constant dans le noir le plus total. Défense passive oblige !!
Nous les mômes nous étions agglutinés à l'entrée
du tunnel (en bas de l'immeuble Demeure), en admiration devant les feux
croisés de la D.C.A. des bateaux au large. Car dans la majorité
des cas, la sirène sonnait lorsque les convois américains
étaient attaqués. Mais le bonheur le lendemain pour beaucoup
d'entre nous à bord de nos pastéras : nous allions à
la récolte des poissons tués pendant la nuit par les explosions
et qui flottaient sur l'eau. En période de restriction, personne
ne faisait la fine bouche croyez-moi !!!
Une chose m'intrigue cependant : ce tunnel avait été creusé
pour l'écoulement des eaux de pluie en cas de gros orages, cela
voudrait-il dire que cet abri nous était interdit pendant l'hiver
? Il faut bien avouer que cet " abri " était bien primaire
et que nous y allions faute d'autre chose !!
Je n'ai pas connu la transformation du ravin en boulodrome. J'ai quitté
l'immeuble des Demeure autour de mes I5 ans (La famille MARI semble
avoir été les nouveaux locataires). J'ai donc basculé
vers la plage Martin et la villa occupée par ma tante VERDU/MIGLIACCIO
et mon cousin Ritou dont j'étais très proche.
A bientôt peut-être pour de nouveaux échanges de
souvenirs.
Régine
Bonjour à tous,
Donc, si j'ai bien compris, une fois de plus j'ai tenté de
tirer la couverture à moi en situant le ravin El Affroun à
l'Est du Vert Cottage, donc vers chez moi.
Mais s'il est à l'Ouest, peut-être a til un rapport
avec l'égout
de Robert (voir en page d'accueil du site "lieux de mémoire",
puis lettre "E": "L'égout, voyage dans les sous-sols
de mon village"). Peut-être est-ce là qu'un abri avait
été aménagé pendant la guerre ?
Camille
Merci à vous deux pour ces précisions. L"égout
de Robert", qui n'était pas un égout, était
donc bien sans doute le Ravin de l'Abri, ni du marin, ni du veau marin,
mais des bainrominois, qui n'ont d'ailleurs pas souffert, que je sache,
des bombardements, contrairement aux Algérois ; on disait que
les bombardiers vidaient leurs soutes un peu au hasard au retour de
leurs missions ; je ne sais pas si c'est vrai, mais en tout cas, il
y a eu des destructions et des morts, par exemple le proviseur du lycée
Bugeaud. Les détails que vous donnez, Régine, sont très
savoureux ; je ne connaissais pas le coup des poissons.
J'aimerais bien voir revenir à la surface les souvenirs du Vert-Cottage.
Oui, vie difficile pendant la guerre, toutes les pénuries possibles,
mais tout de même privilégiée sur cette côte
magique, ses eaux transparentes, sa lumière, ses couchers de
soleil. Jacky et Régine, vous devriez faire un papier à
deux sur cette belle propriété, son histoire (à
creuser, évidemment, car elle est peut-être la plus ancienne
des BR, si l'on en croit le père de Camille ; on pourrait ainsi
remonter à la création du village), ses habitants ; son
nom même : d'où vient-il ? Avec d'autres avis, pourquoi
pas ?
Pierre