MÉMOIRES DE BAINS ROMAINS

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Faune sous marine
F comme Ferrer
Fête aux Bains Romains
Figuiers
Forêt de Baïnem

 

FRANCIS-GARNIER

Chasseurs sous-marins, nous l’avons toujours été, mon jumeau, Marc, et moi. Avec un grand père chasseur " aérien " devant l’éternel et pécheur par gros temps, nous y sommes tombés très jeune, comme on tombe en religion.

Ténès, dont l’humoriste disait qu’il fallait écarter les poissons pour y apercevoir un peu d’eau de mer, était à quelque 200 km d’Alger dans la direction d’Oran. Francis-Garnier, une charmante petite bourgade, n’était pas à un jet de pierre mais davantage en deçà. Et parmi les camarades du Lycée Bugeaud, un dénommé Gilles Raoux y habitait. Il nous lança l’invitation de venir passer une partie des vacances estivales. Acceptée d’emblée.

Passons sur les péripéties du voyage, en 1955 par là, les événements d’Algérie étaient à leur paroxysme et nous sommes partis, Marc et moi avec la voiture de livraison du Journal d’Alger et un chauffeur maghrébin, à 3 heures du matin, en passant par les plaines de la Mitidja et du Chélif : Affreville, Orléansville et tout le tintouin. En perdant la roue avant droite dans le col d’Affreville avec une attente de deux heures sur la route en pleine nuit.

Néanmoins, nous arrivons, sains et saufs, à Francis-Garnier, une grande plage caillouteuse et poussiéreuse, hérissée de roseaux par endroits, et par une mer démontée, terreuse et lessiveuse pendant quatre à cinq longs jours. Heureusement il y avait la famille Bally et Juliette pour être plus précis. S’en souvient-elle seulement ?

Et puis, miracle, une mer d’huile et claire, seulement chagrinée par un cargo, échoué sur la plage et dont les ferrailles rouillées trouaient la surface. Il y avait une mine de bauxite ou de fer, je ne me souviens plus au juste et un long quai en bois qui allait vers le large avec, au bout, une grue pour charger ledit minerai.

On arrive dans ses ferrailles pour y voir ce que nous n’avions jamais vu. Et que nous n’avons jamais plus vu non plus, des loups vivants (il n’y en avait guère aux alentours d’Alger) en bandes comme les tchelbas, vingt, trente, quarante qui virevoltaient dans la ferraille, on en a cassé nos flèches, ardillons, d’abord, puis perte de la pointe qui se vissait dessus avant que la tahitienne ne les fasse disparaître à jamais.

Une vraie folie sans compter que Marc avait chopé, en s’éloignant de là, une belle daurade de plus de deux kilos. Sans compter aussi que j’avais eu l’outrecuidance de confondre un rouget avec une daurade, tellement il était gros, plus du kilo sans doute, et que j’ai – de surcroît – raté lamentablement.

J’ai aussi raté, je ne sais plus trop quel menu fretin et alors que je remontais du fond, un énorme denti de 15 kilos, qui me surnageait, me regarda, lui dédaigneux, moi ridicule avec ma flèche à la main et la ficelle pendouillante, de son œil mauvais en s’éloignant. Je ne vous dirai pas l’effet que fait une telle bête quand on n’en a encore jamais vu in live, j’en suis encore impressionné, et le serai encore longtemps sans doute.

Francis-Garnier, c’était aussi l’ïle de la Doumia (fourmi en arabe) que nous avions choisie pour notre première chasse nocturne, avec lampes, parfaitement illégale. Quand on arrive en bateau sur le site, les dauphins jouent leur merveilleuse sarabande tout autour et les fous de Bassan plongent de 40 mètres pour émerger quelque 40 secondes plus tard, le bec plein. Dans ces conditions, surtout de nuit, on hésite un peu à se mettre à l’eau, mais on y va quand même pour visiter… un véritable désert, notre plus grande déception à croire que les fous et les dauphins avaient sinon tout boulotté, du moins fait fuir la faune aquatique au sens large. Sauf une cigale de 1,800 kg, la plus grosse que nous ayons jamais attrapé mon jumeau et moi. Francis-Garnier, un merveilleux souvenir de grands espaces sous-marins, rien à voir cependant avec Charles Garnier, architecte génial, auteur de trois Opéras prestigieux, ceux de Paris, de Monaco et… d’Alger ! Eh oui, il était beau notre Opéra, qu’en reste-il aujourd’hui ?

Gérard Stagliano

Index Mails

"Erreur de ma part, l'Opéra d'Alger comme le magnifique boulevard front de mer dit Boulevard de la République de style Second Empire avec les arcades (aujourd'hui boulevard Che-Guevara) est l'œuvre à part entière de l'architecte en chef de la ville d'Alger de l'époque, le Baron Frédéric Chassériau. Dont acte."

Gérard STAGLIANO

Je me suis retrouvé par pur hasard sur votre site en glanant des informations sur mon village natal Françis-Garnier. Je dois vous dire que j'ai surfé avec un réel plaisir comme sur notre belle Méditerranée. Je me suis retrempé dans le passé et j'ai retrouvé les noms des familles qui y ont vécu. C'est alors que m'est venue l'idée de retrouver un ami d'enfance. Il s'agit de Espi Gérald qui a vécu à Françis-Garnier de 1950 à 1962.
Je demande à toute personne pouvant donner de ses nouvelles de me contacter à mon adresse :

mokranabed@hotmail.com

Grand bonjour d'Alger,

Je viens de lire votre courrier. Il faut que je vous dise que je suis entrain de faire mes premiers pas sur Internet. Je ne suis abonné que depuis 15 jours. Je découvre. Je me rappelle de la famille Raoux dont le père était aux ponts et chaussées et la famille Bally qui habitait à 100 m en contrebas de chez moi. Mr Fons dont vous parlez était le maire-instituteur du village. Il s'appelle Marçeau Fons. Mais par contre je n'ai pas souvenance de la famille Henry. Il faut dire que je suis né en 1948, alors calculez.
Il y avait les familles Bortollotti, Martinez, Tado, Pérez, Carillo qui tenait un magasin d'alimentation générale, Pierrat le patron pêcheur et Curien qui habitait au port. Si vous vouliez d'autres informations je suis disponible puisque retraité. A propos de Gérald Espi si vous pouviez publier mon message je vous en serais reconnaissant.
J'habite Alger, mais mes vacances se passent toujours à Françis-Garnier, Béni-Haoua aujourd'hui.

Salutations.

mokranabed@hotmail.com

Et oui, Beni-Haoua, les fils des sœurs puisque nombre de vos concitoyens avaient les yeux bleus et les cheveux blonds, la rumeur voulait qu'un bateau de sœurs, de nonnes ou religieuses, hollandaises s'étaient échoué et que par la force des choses elles étaient devenues les épouses ou compagnes de mâles locaux dont la descendance était blonde aux yeux bleus.

En ce qui concerne Fons, je ne sais pas s'il se prénommait Marceau, moi je parle d'un jeune (à l'époque) de mon âge, natif comme moi de l'année 1936 ou 37 ou 38, il était comme nous à l'époque adolescent, Gilles Raoux était comme nous de 1936 mais il est mort en voiture, dans un accident de la circulation, dans la région francilienne (Île de France, autour de Paris), à Vanves pour être précis où il était instituteur, ou plutôt comme l'on dit maintenant en France, Professeur des Écoles. Vous, natif de 1948, vous n'aviez que 7 ans à l'été 1955, on n'a pas dû vous voir beaucoup car nous étions déjà âgés de 19 ans.

Gérard Stagliano

J'ai lu avec beaucoup de plaisir votre dernier message à propos de Fons avec qui vous avez passé votre week-end à Françis-Garnier chez les Raoux dans les années 50, vous avez raison, il ne s'agit pas de Marceau qui était d'ailleurs mon instituteur mais de son frère Guy. Il est né aux environs des années 37,38 comme vous le dites. C'est une information que j'ai recueillie auprès de mon frère qui a le même âge.

Au plaisir de vos lire et à bientôt.

mokranabed@hotmail.com

     
 
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